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FACE A — LES 34 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Pendant deux mois, Spent-A a eu peur d'un chiffre : 130 000 mots.

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

On y revenait à chaque séance de mars et d'avril. Il écrit Silicium et Sang, une saga de science-fiction, et son premier tome dépasse largement les 100 000 mots. Je le répète souvent : les blocages qui paraissent les plus bêtes cachent les plus gros. On aurait pu balayer le chiffre d'un revers de main, et la peur serait revenue en juin, puis en juillet.

Alors on a creusé. Sous les 130 000 mots, il y avait la peur que son message soit mal compris, tordu ou critiqué. Cette peur a fini par prendre un visage : Random Guy, un inconnu sur Reddit qui démolirait son livre. En le regardant de près, Spent-A s'est rendu compte qu'il n'avait aucune envie de parler à ce lecteur-là.

« On reste accroché à cette peur-là parce que ça nous évite de bosser sur d'autres trucs derrière », résume-t-il au micro.

Dans le RÉVÉLATEUR, on travaille cette question avec l'Écho : identifier ton lecteur idéal. Quand tu sais pour qui tu écris, l'avis de Random Guy pèse beaucoup moins lourd.

Spent-A raconte tout le reste dans l'épisode, à écouter là où tu écoutes tes podcasts.

#OseEcrire #coaching #writersofinstagram

LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE — CLIQUE UN SLIDE POUR L'AGRANDIR

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Tu cherches un passage précis ? La table d'écoute passe les transcripts de tous les épisodes au peigne fin.

Introduction

Ybelion — Hello les amis, épisode très particulier, j'accueille Spenta, nom de plume d'un auteur que j'ai accompagné. On revient sur son parcours et sincèrement, il y a aussi beaucoup de rigolade en plus de l'émotion dans cet épisode parce que vous verrez, il y a une vraie déa d'auteur et c'est incroyable, c'est totalement dans les intentions que son livre porte. Je vous laisse découvrir, bonne écoute. Moi c'est Sam, Ibeléon de Mon nom de Plume. Je suis écrivain, coach ICF et j'ai créé Ose Écrire, un accompagnement pour celles et ceux qui veulent enfin accomplir leur rêve d'écrire un livre. Ce podcast a la même intention, c'est ton rendez-vous inspiration, discipline et passage à l'action. Et si ça te parle, abonne-toi, mets 5 étoiles et partage autour de toi parce que plus il y a de gens qui osent, plus d'autres oseront à leur tour. Allez, c'est parti et bonne écoute. Tu sais qu'en fait là j'ai l'impression d'enregistrer avec Yakuza. Voilà, je te le dis.

Yakuz'hack et les pseudos des années 2000

Spent-A — Ah c'est ça ! C'est incroyable. Yakuza. C'est incroyable.

Ybelion — C'était... Tu sais que ça m'avait fait trop rire dans le bouquin quand t'avais mis les noms en mode XXX avec les zéros, les E et tout comme ça. J'étais là putain, c'était vraiment mes pseudos Call of Duty.

Spent-A — Mais oui, c'est trop les pseudos qu'on avait genre au début 2000 et tout, les trucs bien pourris, les trucs un peu nazes genre Creeper littéralement pour Minecraft. Des trucs comme ça.

Ybelion — Moi, mon pseudo que j'avais sur ma Xbox et que j'avais après que j'ai pris sur LOL, c'était Airbose. A, I, R, B majuscule 0Z. Mais initialement, sur la Xbox 360, je dois avouer qu'il y a peut-être des XXX qui sont se balader au début et à la fin.

Spent-A — Ouais, c'est un truc fou sur Skyrock aussi. Ah putain, c'est pire. Il y avait beaucoup de trucs comme ça. Et quand tu regardes un peu l'histoire du hack, tu vois, les pseudos sont nus à chier. Genre Someone in the Dark, par exemple. Littéralement, je trouve ça à chier et ça me faisait rire, en fait.

« Mon imposteur voulait me protéger »

Félicitations pour le courage dans la tempête

Ybelion — Du coup, je t'introduis quand même, même si je te passerais la main après. Mais j'ai retrouvé dans ton écriture beaucoup de ma culture geek. Et c'est ça qui m'a fait plonger aussi dans l'histoire, au-delà du fait aussi que forcément, on a travaillé ensemble pendant longtemps. Donc, tu vois, je voyais aussi tout ce que toi, tu avais traversé dans tes personnages, tu vois. Et donc, comme à mon habitude, je commence par te féliciter. Même si je sais que ce n'est pas toujours évident de recevoir du feedback positif, mais on s'améliore. Et je voulais te féliciter pour le courage avec lequel tu avais plongé dans le processus, malgré toute la, je dirais, la tempête de ta vie à ce moment-là et au début de quand on a commencé à travailler ensemble. Et malgré tout ça, en fait, tu as traversé cette tempête. Et puis, tu nous as écrit quelque chose que je te souhaite de voir porter très loin parce que c'était vraiment très cool à lire. Donc, je suis ravi de pouvoir te permettre d'en parler aussi. Alors évidemment, on va parler de ton parcours, mais on va aussi pouvoir parler de ce que tu as écrit. Si tu as envie d'en dire un petit peu plus, de teaser. Parce que du coup, tu as commencé au Ticacom sur Instagram. Et ce, suite à ces félicitations, je te laisse les présentations. Raconte-moi, comment te présenterais-tu ?

Spent-A — C'est dur.

Ybelion — Surtout avec l'ADA du personnage qui est très cool au demeurant. Comment tu te présentes, du coup ?

Un galérien qui avait des choses à dire

Spent-A — Comment je me présenterais ? Je dirais, en vrai, que je suis un peu un galérien. Dans le sens où j'avais beaucoup de choses dans ma tête et j'avais surtout beaucoup de choses à dire. Et ces choses-là, en fait, comment dire ? Tu sais, je viens d'un milieu pas forcément hyper favorisé, tout ça, tout ça. Et mine de rien, ça façonne ton chemin de vie, ça façonne ton rapport aux autres et surtout à certains domaines. Et en particulier l'art, tu vois. J'ai toujours voulu écrire. C'est un truc qui m'a toujours... Putain, je respire tellement mal là-dedans, putain. Ça passe pour prendre des photos, mais alors putain. Je suis en mode... Il suffocait, je vais crever. J'en ai pas mal de chiés par rapport à ça, à me sentir illégitime, etc. Mais j'avais beaucoup de choses à dire. Il y a un truc qui me porte beaucoup et du coup qui est vachement dans la saga et qui sera montant là-dedans et surtout dans le domaine. C'est que les gens ont tendance, en fait, à pas vouloir affronter leurs problèmes, à passer à côté, en fait. C'est quelque chose qui m'en supporte. Et j'ai envie que les gens... Et tu vois, un peu comme finalement il s'est passé avec ce parcours. J'ai accepté, comment dire, d'enfoncer certaines portes. C'est très inconfortable sur l'instant. Mais les bénéfices sont là, tu vois. Et je pense qu'il y a des gros problèmes sociétaux, qu'ils soient mondiaux ou pas. Si on ne prend pas le taureau par les cornes, si on ne cherche pas à agir tout de suite, en fait, ça va être de pire en pire. Surtout que, je veux dire, il y a des gens derrière. Voilà. Il y a des êtres humains, en fait, qui souffrent. Et c'est des trucs, ça. Tu vois, ça me tire à cœur. Il y a des choses que j'ai vécues. Il y en a que je n'ai pas vécues, mais qu'on a parlé, des choses comme ça et tout. Et du coup, forcément, c'est... On ne peut pas... Enfin, je ne pouvais pas rester silencieux face à ça. Et comme l'écriture, c'est quelque chose qui m'a toujours porté, bah voilà. Donc Spenta, finalement, c'est qui ? C'est un galérien qui a toujours écrit. Et qui s'est dit, fuck les conventions. Au bout d'un moment, ma voix, elle est tout aussi importante que les autres. Et je n'ai plus envie de croire ce que... Comment dire ? La soupe populaire qu'on nous sert encore et encore. Je n'ai pas envie de recracher les mêmes trucs. Je veux... Voilà. Je veux montrer que, même si on n'est personne, notre voix compte tout autant. On reste des êtres humains. Et c'est important de parler, en fait. Voilà. C'est important et il faut ouvrir sa gueule parce qu'il y a des choses qui doivent changer. Et ces choses-là, elles ne changeront que si on ouvre notre gueule, en fait. Voilà. En résistant. Et du coup, c'est ça que je transporte. C'est une certaine colère. Mais je pense que c'est une émotion très saine quand on sait pourquoi on se bat, de quelle manière et pourquoi on le fait, quoi.

S'autoriser sa voix

Ybelion — Tu sais que c'est intéressant parce que là, je t'entendais parler et je prends conscience de quelque chose que je réalise là, maintenant. C'est que, tu vois, t'as effectivement une manière de... T'as une plume, en tout cas, qu'on note. Qu'est-ce qu'elle est... Elle a un truc en particulier. Je laisserai les gens découvrir. Et ça rejoint énormément le truc de s'autoriser sa voix. Tu vois, OK, la clarté d'identité. Qui j'ai envie d'être en t'écrivant. Et qui j'ai besoin... De quoi j'ai besoin pour m'autoriser à l'être. Et ça intègre pas mal ce que tu disais. Et tu m'as tendu une perche et je vais m'engouffrer dedans, forcément. T'as parlé des portes qui étaient à enfoncer. Avant qu'on commence à travailler, c'était quoi les portes que t'osais pas ouvrir ?

La fausse modestie, une façon de se déresponsabiliser

Spent-A — J'adore échanger encore une fois la réponse par rapport à ce qu'on s'est dit avant. Mais je vais pas troller. Mais en vrai... Encore une fois, je vais revenir là-dessus. Mais c'était sur la fausse modestie. J'étais conscient, en fait... Comment dire ? Que... Que je me cachais derrière ça, en fait. Genre... Voilà, quand tu me faisais des... Comment dire ? Quand tu m'encourageais. Ou que tu... Comment dire ? Tu complimentais. C'est le terme que j'ai. Mais en gros, ma ténacité, ma punacité... Voilà, le fait que j'essayais de... Enfin, que j'avançais malgré tout. Des trucs comme ça et tout, tu vois. J'étais en mode... Ouais, mais non. Enfin, ouais, tranquille. Ah, ça va. C'est pas si incroyable. Enfin, bon, voilà. Et en fait, c'est totalement... Pfff... C'est une très mauvaise chose à faire. C'est quelque chose dans lequel on s'engouffre. Parce que c'est... Parce qu'on peut pas s'autoriser, déjà, à voir le taf qu'on fait. Déjà. Donc ça, c'est une mauvaise chose en soi, déjà. Mais en plus de ça, enfin... C'était plus facile pour moi de dire... Mais non, si je m'en sors, c'est parce que c'est uniquement grâce à toi. C'est uniquement grâce à mon entourage. C'est parce qu'il y a ces gens-là qui me portent, etc. Et en fait... Je m'engouffrais là-dedans, comme ça. Et du coup, je me déresponsabilisais totalement du taf que je faisais. J'étais en mode, mais non, c'est pas grâce à moi, c'est grâce aux autres. Et du coup, je faisais aussi, entre guillemets, vous n'avez peut-être pas vécu comme ça, mais... Ça vous donne une charge, en fait, que moi, je ne prends pas. Alors c'est une charge positive, certes, mais... Qui était stupide, en fait, d'agir de cette manière-là, parce qu'on a besoin de... Comment dire ? De prendre en considération ce qu'on fait. Je l'avais très bien dit tout à l'heure. Mais là, j'ai plus les mots. Mais en gros, ouais, voilà. Que... Ouais, j'ai plus les mots sans déconner. J'ai plus ce que je voulais dire.

Ybelion — Ce que j'entends, et c'est effectivement ce que tu me partageais quand on a fait le bilan un petit peu plus personnel et profond de ton parcours, c'est... Et je vais le dire de manière un peu cash. Tu te cachais beaucoup derrière cette fausse modestie. Et c'était... Tu portais quelque part cette déresponsabilisation de dire... Non, mais en fait, toutes les qualités que j'ai ne sont pas les miennes. Elles sont dues aux autres. Elles sont dues à ci ou à ça. Et... Et quand t'as commencé à entendre ce que je pouvais te dire de positif, mais je le disais pas, et ça, c'est important de le préciser aux gens, parce que faut pas confondre... Je suis pas un... Je fais pas de la bobologie, tu vois. Je suis pas là pour simplement te dire... Oui, t'inquiète. C'est bien ce que tu fais, etc. Moi, tout l'objectif, c'est justement que... Tu t'autorises à dire ça, parce que c'est ça qui va créer de l'autonomie aussi sur la suite. Et c'est ça qui typiquement te connecte au fait que tu kiffes écrire la suite et le tome 2 et tout ce qui viendra après. Oui, c'est ça. Et donc, j'étais obligé, c'était de ma responsabilité, quand je te voyais faire des choses positives, de te les faire remarquer et de dire, est-ce que tu vois là qu'il y a un truc qui vient de se passer ? Et au début, effectivement, t'avais tendance à t'enfoncer dans ta chaise et à changer de sujet. Et petit à petit, tu t'es aussi autorisé à te le dire toi-même. Et en vrai, le plus bel exemple, c'est qu'est-ce que... Une fois que t'as terminé ton livre, qu'est-ce que t'as ressenti ?

Écrire « fin » et se sentir accompli

Spent-A — J'ai ressenti un accomplissement comme Jaja. C'est vraiment... Quand j'ai eu fini, que j'ai écrit fin, je t'en me disais, oh, ça merde ! Oh, putain ! Et j'avais l'impression que d'un coup, en fait, tout ce que j'avais vécu, en fait, m'a mené à cet instant. Et je me suis dit, putain, mais... Ouais, je me sentais accompli. Presque complet, en fait. Et encore une fois, j'avais la sensation d'enfin ne plus me trahir pour une fois dans ma vie. Et... Ouais, c'était fort. C'était... C'était très fort parce que... Je me disais que j'étais pas légitime. Et... Puis j'ai fait ça, en fait. Et... Et en plus, j'adore ce que j'ai écrit. C'est un livre que je voudrais lire. Donc c'est... Enfin... C'est... Ouais. J'ai porté ce projet, quoi. Je me suis dit, c'est moi qui l'ai fait. C'est ouf, quoi, tu vois. Un peu comme un parent quand il a fait son mob, là. Et qu'il se dit, putain, c'est moi qui ai fait ça ? Et ben, c'était un peu pareil. J'étais en mode, oh putain, quel beau bébé et tout, c'est le mien. Et du coup, j'étais... Vraiment, enfin... Accompli. Un sentiment d'accomplissement et qui fait que j'ai envie d'y retourner, quoi. C'est comme une drogue, un peu, tu vois. La création, ça peut être ça aussi, j'ai envie de dire, mais... Il y a un côté très... Un petit goût de reviens-y, tu vois, qui te dit... Oh putain, faut revivre ça, quoi. Et... En plus, moi, j'adore... Alors, c'est chelou parce que je sais qu'il y a beaucoup d'auteurs et d'autrices qui préfèrent la... Comment on dit ? La réécriture. Moi, ce que j'adore, c'est vraiment le premier G. Vraiment, et on passe par toutes les émotions possibles. C'est... Vraiment, c'est très agréable. Et... Vraiment, pour le coup, quand j'ai fini le premier G, donc... Et même si la réécriture a été bien parce que j'ai quand même réécrit deux chapitres, il y en avait un qui n'existait pas là-bas, c'était le chapitre 24. Voilà, ça ne dit rien à personne, mais ils sauront plus tard. Mais le premier G, j'ai vraiment adoré. Et donc, quand j'avais terminé le premier G, je me suis dit, ça y est, j'ai fait 90% du livre, en fait. Je le savais parce que je le sentais. Et... Oh là là, c'était... C'était trop bien, quoi. Même avoir mon permis, c'était moins bien. C'était moins bien. Franchement, c'était fou. Vraiment, c'est... Je me souviens de la sensation que j'ai eue que je t'ai envoyé un message direct. Et j'ai envoyé un message un peu à tout le monde. Même à des gens à qui je ne parlais plus. Oh putain, j'ai écrit un livre et tout. Je suis trop content. Voilà, du coup, c'était... C'était trop bien. Je crois que ça fait partie maintenant d'un des plus beaux moments de ma vie, en vrai.

Ybelion — Je suis trop heureux de t'entendre dire ça. C'est que... C'est marrant parce que je... Tu vois, est-ce que t'aurais cru ça tout au début ?

Écrire un livre, un destin depuis l'enfance

Spent-A — Non. En vrai... Il y a des trucs bizarres dans la vie. Je sais pas si toi, ça te le fait. Mais il y a des trucs où t'es persuadé que ça fait partie de ta destinée, tu vois. Parce que genre, en tant qu'être humain, c'est cool de se dire que j'ai un destin et tout. Et depuis que je suis gamin, j'étais toujours en mode... J'écrirais un livre plus tard. Enfin, j'écrirais des livres. J'écrirais... Puis j'ai tout le temps écrit. J'ai fait du roleplay. J'ai fait du JDR, etc. Et j'étais en mode... Ouais... J'écrirais un jour... Alors, du coup, quand je suis venu vers toi en novembre, j'étais en mode... Comment dire ? J'étais dans l'optique d'écrire. Donc vraiment, dans mon esprit, j'étais en mode... Je vais écrire un livre, c'est sûr. Et avec eux, en particulier. Mais... Je pensais pas que ça ferait un tel effet, tu vois. Je pensais que j'allais genre... Chialer, marasser, tout. Mais j'ai pas pleuré, enfin... J'étais juste... Je sais pas comment... Tu as connu la Coupe du Monde en 98 ou pas ?

Ybelion — J'avais 3 ans, donc... Je me rappelle... Tu vois, j'ai un souvenir très vague de mes parents qui sont heureux, tu vois.

Spent-A — T'as connu du coup le passage à l'an 2000 ?

Ybelion — Pouah... Franchement, j'aurais du mal... Je suis là, pour le coup, tu vois, j'ai quasiment pas de souvenirs, en vrai. Passage à l'an 2000. Putain !

Spent-A — Par contre, pour 98, un peu plus.

Ybelion — 98, ouais, j'ai l'impression que ça m'a plus marqué que le passage à l'an 2000, ouais.

Spent-A — Ah putain !

Ybelion — En vrai, j'ai peu de souvenirs de quand je suis petit, en vrai de vrai aussi. Ah ouais ? Quand j'y réfléchis, ouais.

Les émotions de 98 et du passage à l'an 2000

Spent-A — Ah ouais, c'est peut-être ça. Mais du coup, moi, je me souviens de l'émotion, en fait, en particulier. Que ce soit de la Coupe du Monde 98 ou le passage à l'an 2000, ça a été une teuf de fond furieux, mais j'étais minot aussi. Je veux dire, genre, le passage à l'an 2000, je devais avoir 6 ans. Mais je m'en souviens bien. C'est... Les émotions, elles m'ont marqué. Je les ai un peu épongées, quoi. Et... Ben, c'était ça, en fait. C'était... C'était le tour, les 14 juillet rassemblés, les bons 14 juillet rassemblés. C'était les Coupes du Monde gagnées. C'était tout ça, quand j'ai fini d'écrire mon bouquin. C'était un peu toutes ces émotions-là, tu vois. Et jamais j'aurais pensé que ça ferait ça. Quand je suis venu te voir. Je pensais que ce serait comme un gosse que t'avais dans ton... Voilà, c'est trop cool quand t'as un gosse et tout, mais... Enfin, jamais j'aurais pensé que ça me ferait... Me procurerait des telles sensations. Mais après, encore une fois, j'ai toujours eu ce truc que j'écrirais. Voilà. Depuis toujours, en fait.

Ybelion — Et j'entends, effectivement, c'était un rêve que tu portais depuis très longtemps. Qu'est-ce qui t'a poussé à venir me voir, en fait ?

Des personnages pressés d'exister

Spent-A — En vrai... Ça va te paraître choulou, mais... C'est très bizarre. Je sentais que... C'est comme si mes personnages me pressaient un peu. Et qu'en fait, j'avais plus le choix. C'est-à-dire que c'était des personnages qui n'avaient rien à voir avec ce que j'avais pu faire avant. Avec un ancien projet qui a avorté. Et finalement, que j'ai un peu saboté aussi. Comme d'hab. Mais du coup, à ce moment-là, un ancien projet que j'avais. Et en fait, ce... Voilà, je vais le nommer, mais nous avons nommé Sejiro. Qui est arrivé dans ma vie en 2023, genre en octobre. Qui est un peu de poupée dans ma tête au moment où je regardais One Punch Man. Très important, parce que Saitama est chauve et Sejiro aussi. Et... J'ai senti que c'était un personnage qui me bousculait beaucoup. Et plus j'apprenais à le connaître. Plus j'apprenais à connaître son jumeau. Et plus je me suis dit mais il ne tienne pas en place. Ce n'est pas possible. Ce n'est juste pas possible. Il faut que je fasse quelque chose. Et je sentais que ça pressait. Ça pressait de plus en plus. Et je ne pense pas que ce soit leur loge biologique non plus. Parce que c'est à peu près à ce moment-là que j'ai atteint 30 ans. mais je veux dire... Genre... Tiens, tiens. Putain, il faut que je crie mon livre ! Non, mais voilà. Non, j'ai senti... L'empressement des personnages, leur envie d'exister. Voilà. En dehors de ma tête. Et je suis tombé par hasard sur toi, sur Instagram. Il y avait d'autres personnes aussi sur lesquelles je suis tombé. Avant de toi, j'avais vu une autre personne qui... C'était différent ce qu'elle proposait. C'était très intéressant, mais... Je ne sais pas. Quand on a discuté, toi et moi, il y a eu un truc. Tu vois ? Il y a eu un feeling, tout ça.

Arrivé fragile, reparti en confiance

Spent-A — Et... Et en fait, je suis arrivé fragile et vulnérable vers toi. Et t'as été... Bah, t'as été là, quoi. Je veux dire... Sans me forcer, sans... Voilà. En m'écoutant, c'est tout. Et j'ai eu confiance. Et puis j'ai eu le bon fleur, finalement. Donc...

Ybelion — Tu sais que ça me touche trop, ce que tu dis, parce que tu ne me l'as jamais dit.

Spent-A — Non, on n'en a jamais parlé. On est en entrecopines, maintenant. Donc on peut discuter de ça. Mais effectivement, je ne sais pas... Comme on est arrivé à la fin du parcours, je me dis, il y a des trucs à dire, quoi. Donc je l'ai dit.

Ybelion — Putain, ouais. Franchement, je suis touché. Parce que, tu vois, je ne savais pas. Et... Ouais, je... Merci. Et franchement, tu vois, c'est marrant. Je dis ça à chaque fois, mais c'est bien de le répéter. Mais le coach, il est censé, tu vois, se décorréler du résultat. Parce que c'est toujours la co-responsabilité, garant du processus, et puis le coaché garant du résultat, tu vois. Mais tu ne veux pas savoir comment je suis trop fier de te voir arriver au bout. Genre, c'est... C'est vraiment un sentiment... En fait, je suis trop heureux et je te souhaite vraiment le meilleur avec ce texte. Et je crois que ce qui m'impressionne, c'est qu'en plus, tu as beaucoup écrit. Tu vois, c'était pas... C'est pas... Tu n'as pas écrit un roman de 50 000 mots, tu vois. Non. Ça fait plus du double, tu vois. Et donc, tu as vraiment beaucoup écrit avec une... Alors, tu vois, forcément, moi, je suis très SF aussi. J'aime beaucoup le cynisme et la crasse avec laquelle tu dépeins le monde dans lequel vivent Sejiro et Sakutaro, notamment. Et voilà, moi, j'ai ma petite préférence pour notre ami Sneferu. Mais...

Spent-A — C'est le même petit début. Non.

Ybelion — Ouais. Mais voilà, en plus, ça a vraiment touché mon cœur de lecteur, même si en vérité, je suis touché, évidemment, par les livres de tous ceux que j'accompagne. Mais le tien touche en plus, je suis dans ta cible, au sens propre dans lequel j'aurais pu acheter ton bouquin en librairie et passer un très bon moment. Et ouais, putain, tu vois, tu m'en fais perdre mon français avec ce compliment. Je suis trop content. Merci.

Spent-A — Tu m'as fait exprès, en réalité. Peut-être que ça fait partie de mes calculs. Tu m'as surpris.

Ybelion — Putain, incroyable.

Spent-A — Non, mais c'est sincère. C'est vrai qu'on n'en a pas parlé tout à l'heure, mais il y a eu tellement de problèmes techniques que du coup, j'ai été ailleurs.

Les coulisses techniques de la DA

Ybelion — Oui, parce que, petite parenthèse, pour installer toute la DA de notre ami Spenta, il en a fallu du temps. Parce qu'on a eu des galères de micro, de comment la voix passe et le casque, etc. C'était trop drôle.

Spent-A — Puis en plus, je n'étais même pas censé être là. J'étais censé être dans le bureau en bas. Il y a mes putains de voisins qui font une fête. Alors du coup, ouais. Ah putain, c'était trop relou.

Seijiro et Sakutaro, des jumeaux miroirs

Ybelion — Incroyable. Est-ce que, tiens, ça me fait penser, puisque tu parlais de ça, tu as parlé des personnages qui t'ont poussé ? Moi, ce qui m'a marqué, alors c'est toujours le cas en vérité, tu vois, les personnages sont toujours très représentatifs de ce qu'on traverse. Mais moi, ça m'a particulièrement marqué avec toi. Notamment, c'est Giraud, qui était toujours beaucoup le reflet des enjeux que tu pouvais traverser. Et je voulais savoir, toi, ce qui t'avait marqué particulièrement vis-à-vis de ça.

Spent-A — C'est-à-dire ? Qu'est-ce qui m'avait marqué ?

Ybelion — Les parallèles que tu as pu observer entre tes personnages et toi ?

Spent-A — J'allais rigoler, mais j'allais dire « Oh, notre perte d'emploi, peut-être ! »

Ybelion — Oui, parce que c'est vrai qu'il y a eu cette galère-là aussi, je me rappelle. Putain, c'est vrai. C'est vrai. Finalement, et en plus, en plus, ça arrive quand même plutôt au début. Plutôt au début. Donc, c'est raccord. C'est raccord.

Spent-A — Non, mais c'est... C'est de bois, tranquille. Non, c'est vrai que... C'est Giraud et Sakutaro, en particulier, c'est des jumeaux. Donc, c'est une pièce avec deux facettes. Et c'est vrai qu'ils... Voilà. Je veux dire, ils me représentent vachement bien tous les deux. Et je les appelle à la question, du coup, avec toutes ces codes. Je ne sais plus ce qu'on disait.

Ybelion — Je suis désolé. T'inquiète. Qu'est-ce qu'ils t'ont appris sur toi ? De quel parallèle tu t'es rendu compte entre toi et eux ? Non, c'est dit.

Spent-A — Deux choses en particulier qui m'ont vraiment marqué, chez l'un comme chez l'autre. C'est Giraud, c'est la manière dont il voit... Enfin, comment dire ? Il avançait, il faisait des trucs... Sans spoiler. Il fait des trucs, mais il ne se rend pas compte autour, en fait, de ce que ça peut provoquer comme merdier. Et en fait, il se fuyait beaucoup. Il pensait agir. Il pensait faire des trucs et tout, en mode trop une rockstar et tout, il est incroyable. Alors qu'en réalité, pas du tout. Il ne faisait que fuir. Il s'en rend compte au bout d'un moment, du coup. En changeant de pseudo, tout ça, etc. Je ne sais pas si j'ai spoilé là, j'espère pas. Mais on va dire qu'il accepte enfin de faire face et de faire front. Et ça, c'est quelque chose dont je me suis rendu compte dans la manière dont je me sabotais. Il se sabote aussi, en fait, énormément. Et pourtant, on était persuadés, lui comme moi, d'être dans notre bon droit, tu vois. On était persuadés d'avancer et de faire en réalité les choses et tout. Alors que pas du tout, mais pas du tout. Et on a souffert de ça. On a fait souffrir les autres de ça. Et ça, c'est un truc vraiment... Quant à Sakutaro, c'est vraiment le gars qui fuyait absolument tout parce que c'était insupportable, insoutenable. Puis finalement, un jour, il s'est dit je vais poser mes couilles sur la table, let's go. Un petit peu entre guillemets. Ce n'est pas vraiment comme ça que ça s'est passé, mais vas-y, on se sait. Et du coup, je dirais que ça, le côté Sakutaro qui se dit bon, allez, c'est un peu à chaque fois qu'on avait des séances, en particulier mars, avril, où j'étais un peu pété les burnes avec les 130 000 mots et ma peur de faire 130 000 mots là. Mais en vrai, vraiment, j'y repense. Je suis en mode, vraiment. Il est patient parce que vraiment, froid, ultra relou. J'arrêtais pas de parler de ça.

130 000 mots et Random Guy sur Reddit

Ybelion — Après, tu vois, c'est souvent ce que je dis. Les blocages, peut-être les plus gros, sont toujours ceux qui paraissent les plus stupides. Et effectivement, derrière ces 130 000 mots, il y avait beaucoup de choses. Et notamment la fameuse... Moi, ça a été... C'est vrai qu'on en a reparlé en plus un peu avant, mais moi, c'était la séance qui m'a le plus marqué. Parce que comme je te racontais, à ce moment-là, j'étais en co-animation de formation. C'était juste après. Donc, tu sais, j'étais full coaching dans ma tête. Parce que ça faisait trois jours qu'on ne parlait que de ça. Et là, je t'avais eu toi et une autre personne. Et je me rappelle que là, sur les deux, j'avais été vraiment en mode... Le coach, tu sais, challengeant, bienveillant, mais challengeant. Et je me rappelle qu'il y avait eu tout ce truc autour de la peur du regard des autres. Et notamment la peur du regard des gens à qui tu n'as pas envie de parler. Qui s'est incarné avec le fameux... Je ne sais plus comment l'avait appelé sur Reddit.

Spent-A — Random Guy.

Ybelion — Ouais, Random Guy. Voilà, Random Guy sur Reddit qui critique ton bouquin alors qu'il n'est pas du tout la personne à qui tu as envie de parler. Et tu vois, en fait, c'est fou parce que ces 130 000 mots, ils cachaient ça, en fait. Et si on s'était juste arrêté à dire non, mais 130 000 mots, on s'en fout, ce n'est pas grave, voilà, et qu'on n'avait pas creusé, en fait, ça serait revenu encore et encore et en juin et en juillet et peut-être qu'aujourd'hui, ça te commencerait encore. Et au contraire, tu vois, d'oser aller creuser ce truc-là derrière, ok, les 130 000 mots, en fait, c'est la peur de ce qu'on pourrait dire. Et donc, c'est beaucoup plus large. C'est la peur que mon message soit mal compris ou tordu ou critiqué, etc. Et qu'on creuse et qu'on creuse et qu'on se rend compte qu'en fait, ben, en fait, elle n'a pas lieu d'exister parce qu'en fait, ça parle de gens à qui tu n'as pas envie de parler. Et la conclusion, il gigaconne presque, tu vois. Mais en fait, il y avait besoin de passer par là, tu vois. Et ce jour-là, full courage, en vrai, de m'entendre.

Les peurs bêtes qui cachent l'essentiel

Spent-A — Mais tu vois, c'est ce que je te disais tout à l'heure par rapport à l'angoisse, les pensées anxieuses, etc. Et des trucs comme ça. C'est vraiment à chaque fois stupide. Ça montre quelque chose de vrai derrière, tu vois. Il ne faut pas pouvoir cette pensée-là. C'est quand même les gens, voilà, qui... C'est comme avoir peur du soleil qui va exploser alors que c'est dans des millions d'années et qu'on sera déjà six pieds sous terre depuis longtemps, tu vois. Mais on se concentre sur un truc-là et en réalité, ça nous permet de ne pas voir le reste derrière. Du coup, on reste accroché à cette peur-là parce que ça nous évite en fait de bosser sur d'autres trucs derrière. C'est le pire truc.

Ybelion — Ouais, si tu l'as très bien résumé, c'est exactement ça. C'est des œillères. Ouais. Ouais, non, il n'y a que ça. Non, tant que je n'aurais pas réglé que mon chapitre, il est trop long ou trop court, il se note the subject, en fait. Effectivement, il faut aller voir à côté. Mais ouais,

Spent-A — c'est une dédicace d'ailleurs à quelqu'un qui change quatre fois les prénoms de ses personnages.

Ybelion — On lui fait un bisou. On a légèrement parlé de toi juste avant.

Spent-A — grand cœur, voilà, je sais pas si ça se voit bien, mais on time, non ?

Ybelion — Ah là là, incroyable. Ça a été quoi, toi, le moment le plus marquant, je pense, du parcours entier ?

Apprendre à lâcher prise

Spent-A — Euh... Du parcours entier ? Je sais pas trop dans tout le parcours, mais je dirais que c'est les moments où j'ai appris à lâcher prise parce que des fois, ça se faisait d'un coup. Je sais pas, dans certaines séances, il y avait des moments où tu me parlais, tu me montrais des évidences, puis d'un coup, tu vois, il y a tout qui redescendait, et je suis en mode, bah ouais, c'est débile, mais je me fais chier pour rien en fait, enfin... Et vraiment, je te jure, c'était une évidence, ça me sautait aux yeux soudainement comme ça, je suis en mode, enfin... Bah oui, enfin... C'est comme si, je sais pas, je sais pas comment l'exprimer, mais... C'est comme si j'étais terrifié à l'idée de pas savoir combattre un tigre alors qu'on s'en bat les steaks, enfin, je suis dans le chair, quoi. Normalement, y a pas de tigre, tu vois, autour de moi et tout, et un peu, c'est un peu comme si tu me le disais, bah en fait, mec, t'es dans le chair, quoi, t'as vu, y a pas un tigre, tu vois, dans les champs, tu vas pas te battre contre lui, enfin... Et là, je fais, ah ouais, putain, c'est vrai, bah ça va mieux, bah c'est un peu ça, en fait. Et du coup, c'est... Je me sentais des fois, mais... Comment dire ? Je suis complètement con, enfin, je me suis stressé sur des trucs, et c'est ça, en fait, qui me marquait le plus, c'est la manière dont j'ai appris à lâcher prise, parce que, vraiment, je sais pas, il y a des gens qui doivent être plus rudes que moi, mais je suis ultra rude envers moi-même, et du coup, ce lâcher prise-là, que j'ai appris, et c'est vraiment grâce à ce parcours, pour le coup, ça m'a... sauvé... pour l'écriture, mais dans ma vie de tous les jours, c'est un changement radical, vraiment. Et ça, c'est important.

Ybelion — Quel regard tu portes sur le... le non lâcher prise, du coup, dont tu pouvais faire preuve avant ?

Spent-A — Pardon, je suis pas... Je suis bien de me rappeler que j'avais une voix modifiée et que t'entends ça depuis tout à l'heure. Du coup, je me suis dit, ça se trouve, des fois, il se marre à cause de ça.

Ybelion — En vrai, j'avoue, ça me fait un petit peu rire, mais je peux pas dire la vérité, donc...

Regarder son passé sans se juger

Spent-A — Ouais. Du coup, le regard que j'ai aujourd'hui sur la rudesse d'avant, le manque de lâcher prise d'avant, du coup...

Ybelion — Ouais.

Spent-A — Je... je sais pourquoi c'était comme ça. Donc, je vais pas me juger. Je vais juste me dire... Je vais me faire une petite tape-tape dans le dos, comme ça, en mode, ça va aller. c'était pas agréable. Mais... Du coup, je vais pas me juger. Mais je vais me dire, sors-toi les doigts du cul, quand même. Parce qu'au bout d'un moment, tu peux pas rester comme ça. C'est pas possible, quoi. C'est... Stagner, ça fait pas avancer étonnamment. C'est même dans la définition. Donc...

Agir plutôt que rester un PNJ

Spent-A — Tu vois, un truc, voilà, un truc aussi qui me marque beaucoup dans notre parcours, c'est le fait de... d'agir. Et c'est marrant, parce que ça rejoint vachement la maladie que j'ai développée. On est obligé de bouger. Parce que si on bouge pas, en fait, la maladie, elle progresse encore plus vite. Tu vois ? Du coup, il faut qu'on soit actif. Et en fait, le fait que tu me disais, et même que tu le dises à chaque fois, que ce soit dans toutes les stories que je vois passer, etc., de Ose Écrire, c'est que... Il faut bouger. Il faut, en fait, initier l'action. Parce que si tu n'inities pas l'action, ben, en fait, tu vas juste rester là, comme ça, comme un PNJ, et tu vas rien foutre, en fait. Et... Et agir, c'est ce qui sauve la vie. Et vraiment, ça m'a sauvé, dans l'écriture, comme le sport met énormément pour éviter la progression de la maladie. En fait, l'être humain doit agir. Toujours. Il ne doit rien laisser... Voilà. À part mijoter en plat, mais ça, c'est différent, tu vois. Je veux dire, il y a des moments où, voilà, il y a des moments où il ne faut vraiment pas agir, et il y a des moments où il faut agir. Et il y a quand même beaucoup de moments où il faut agir, et il y a beaucoup de gens qui ne veulent pas le faire. Et d'ailleurs, c'est aussi ce que je veux dire dans Silicium et 100, il faut se bouger, voilà, il faut sortir les doigts du cul, en fait, les gars, au bout d'un moment, hein, au bout d'un moment, ben, c'est pareil. Tu sais,

Un livre sur l'action et la synchronicité de Jung

Ybelion — c'est ce que j'allais dire, parce qu'en vrai, le parallèle avec ce que tu racontes dans ton livre, pour le coup, c'est exactement ça. Et je ne sais pas si j'ai le droit de parler de la base de l'univers avec la techno qui est en place.

Spent-A — Je suis là-dessus, je pense.

Ybelion — Parce que justement, tu vois, tu as toute cette histoire d'un plan qui, quelque part, nous prive de l'action, quelque part. Et tu vois, je ne peux pas m'empêcher de noter la synchronicité entre toi, la thématique principale que tu adresses dans ce livre, qui est justement, ben, ouais, tout ce fait de bouger, en fait, de faire quelque chose, et le fait que toi-même, enfin, dans le processus d'écriture, tu sois allé vers ça, tu vois. Et tu vois, je le note maintenant, et ouais, comme quoi, il n'y a pas trop de hasard sur les thématiques qu'on choisit.

Spent-A — C'est la théorie de la synchronicité de Carl Gustav Jung. Voilà.

Ybelion — Ouais, putain, c'est vrai qu'on avait parlé de ça aussi. Moi, c'est un... D'ailleurs, je me rappelle qu'on avait... J'avais déjà partagé des trucs de ce bouquin que tu m'avais dit que tu avais lu aussi. Il parle beaucoup de ça, ouais, c'est vrai. C'est vrai.

Spent-A — Ah bah... Oui. Mais c'est vrai, c'est marrant. Vraiment, il y a des trucs, des fois, c'est rigolo dans la vie. Ça m'arrive tout le temps et puis étonnamment, ça fait écho à tout le reste et je suis en mode « Oh bah, c'est cool » parce que moi, j'y étais allé comme ça en mode yolo, mais cool, j'aime bien. C'est cool, cette synchronicité. Elle est pratique.

Ybelion — Ouais, carrément. Et puis, en fait, ce qui est assez fou, c'est qu'elle arrive que quand tu es dans l'action. Tu la manipules pas avant, en fait. Tu peux pas la déclencher, tu vois. C'est pas un truc que tu demandes comme ça. C'est en faisant et puis « Oh putain, c'est fou comme par hasard ». C'est ce truc grisant du « Comme par hasard ».

Spent-A — Ouais, c'est trop bien. C'est trop bien. Quand tu recoupes tout, après là, t'es un détective, c'est trop agréable.

Une écriture instinctive, le premier jet avant tout

Ybelion — Ça, ça me fait écho aussi. Je trouve, alors tu vas me dire ce que t'en penses et tu vas me raconter un peu ça, mais je trouve que t'as une manière d'écrire, dans le processus, j'entends, très instinctive.

Spent-A — Moi, je suis un animal sauvage. Moi, je suis sauvage. Non, mais c'est vrai, c'est... Je... Je sais pas pourquoi. C'est peut-être aussi de là où on vient aussi qui permet ça, tu vois. Où il fallait réagir assez vite, où il fallait agir avec son flair, quoi, tu vois, des trucs comme ça. Peut-être, voilà. Il y a peut-être ce côté-là aussi qui fait que, tu vois, qui transpire après dans mon approche artistique, que ce soit... Comment on me rend cette cagoule ? Que ce soit dans l'écriture ou que ce soit dans le dessin. Mais c'est totalement instinctif. D'ailleurs, c'est pour ça que... Enfin, il me semble que je te l'avais dit que j'étais très étonné que mon premier G, avec tout bêta lecteur, bêta lectrice, soit en mode non mais good, parce que franchement, en termes de réécriture, vraiment, je n'ai pas fait grand-chose à part réécrire deux chapitres, entiers certes, mais du coup, j'étais assez étonné, j'étais en mode mais pourquoi ? Et c'est là où tu m'as dit bah, t'as une approche instinctive quand même, donc c'est pas étonnant que tu préfères faire les premiers G, et c'est vrai, en fait, finalement. Et il y a ce côté, je sais pas, tu découvres un peu, tu vois. Je sais pas trop comment dire, tu...

Jardinier et architecte à la fois

Ybelion — Mais en fait, c'est ça qui est assez fascinant chez toi, c'est que t'as un côté très instinctif dans l'acte d'écrire, mais t'as un côté très organisé à côté. Tu me racontais, tu vois, par exemple, avec le planning, je me rappelle qu'aussi, tu planifiais beaucoup, tu vois, tes chapitres en avance pour y voir clair, et je trouve que la manière avec laquelle tu fonctionnes, elle est très rassurante quand on essaie toujours de se coller une étiquette de est-ce que je suis jardinier ou architecte, tu vois. Déjà, voilà, moi, mon avis, c'est que je pense que c'est une connerie de vouloir se ranger d'un côté du spectre ou de l'autre, et je trouve que, voilà, ton approche et, enfin, en tout cas, le rythme qu'on a fini par trouver, tu vois, en avançant ensemble, il est très rassurant parce que t'as cette liberté instinctive très animal sauvage, effectivement, dans le déroulé, et d'ailleurs, ça se ressent beaucoup dans ta manière d'écrire. Il y a des phrases, des vraies envolées un peu piquantes où tu sens que ça vient de, presque d'un orateur qui se laisse emporter, tu vois, et c'est ça qui touche juste aussi. Mais par contre, t'as le côté, voilà, rationnel aussi de l'architecte qui vient, bien toujours mettre les pierres pour aller toujours vers l'intention qu'il a, quoi.

Spent-A — Il faut que ça reste cohérent, en fait, c'est ça.

Écrire comme un travail, de 8h à 18h

Ybelion — Comment tu décrirais, toi, le système, ou en tout cas, le rythme qu'on a pu mettre en place et que tu, du coup, que tu continues à utiliser maintenant sur le tome 2, mais...

Spent-A — Ouais. Comment je pourrais le décrire, en gros ?

Ybelion — Ouais.

Spent-A — Euh... Oh, putain. Un peu comme un travail, finalement. En fait, c'est comme faire le métier de sérieux. C'est pareil. Tu vois ? Je faisais vraiment du... Comment dire ? Presque du... du 8h-18h. Enfin, c'est même pas presque, c'est... Voilà, on emplie du temps, mais... Euh... Et puis, généralement, je bossais la semaine, du coup. Parce que je rappelle, du coup, je me suis fait jeter mon taf. Ouais.

Ybelion — À cause de la maladie dont tu parlais juste avant. Ce qui est vachement sport de la part de l'employeur.

Spent-A — Oh, mais c'est une entreprise très humaine. Vraiment.

Ybelion — Grosse pas dédicace.

Spent-A — Gros big up pas à vous, du coup. Mais voilà, et du coup, fatalement, je me suis dit, n'ayant plus de travail et tout ça, je crois que c'était quelqu'un qui m'avait soufflé l'idée en vrai. Et qui m'avait dit, mais en vrai, sinon tu fais ça comme si c'était ton taf. Et là, j'ai fait, c'est pas quoi. Et du coup, effectivement, j'ai agi comme si c'était le taf de mes rêves. Et puis, en plus, c'est incroyable parce que ce serait le taf de mes rêves. excuse-moi à l'interne. Du coup, oui, effectivement, j'avoue que le programme qu'on a fait et l'emploi du temps que je me suis fait avec sort-toi les doigts du cul, tout ça, parce qu'on a besoin de phrases piquantes dans la vie, en fait, je le voyais un peu effectivement comme un taf. Et mine de rien, ça m'a beaucoup aidé parce que, je le rappelle, juste, voilà, au cas où, j'avais plus de travail. Alors du coup, la société pointait un peu du dos en mode, oh mais, t'es un peu une sous-merde. Et comme en plus de ça, effectivement, j'ai développé une maladie chronique, donc, voilà, qui va pas guérir, quoi, mais, voilà, qui, on vit avec, mais bref, ben du coup, je me sentais assez inutile, voilà, ce qui est assez drôle, parce qu'en plus, je parle vachement de problèmes sociétaux dans mon livre. et du coup, je me suis dit, ben, en vrai, écrire un livre, c'est un travail, c'est tout à fait un travail, en fait. Et certes, il n'y a pas beaucoup d'écrivains et d'écrivaines qui gagnent leur vie grâce à ça, bon, on n'expliquera pas pourquoi, il y a tellement d'explications là-dessus qui sont d'ailleurs luminaires, parce que franchement, c'est assez impossible. c'est un livre. Je pense, ouais, en dit-homme, à peu près, une encyclopédie, quoi. Mais voilà, bref, ça devrait être un travail rémunéré pour tout le taf qu'ils font, parce que c'est monstrueux le travail qu'on a bas pour écrire un livre ou une saga ou peu importe, enfin bref. Et du coup, je l'ai vu comme, effectivement, de cette manière-là, tout en me disant, en plus, je fais un truc que j'adore, c'est comme mener le projet, en fait, de sa vie, quoi. Et, bon, j'avais pas le salaire avec, mais on va dire qu'il y en avait un autre, voilà, un salaire spirituel magnifique. Mais du coup, ça m'a aidé parce que dans ma tête, j'étais quand même utile. Ce que je faisais, c'était pas rien, surtout que j'ai un but derrière, c'est les maisons d'édition. Donc, je me disais, en fait, que c'était un bon investissement, ce temps-là, d'utiliser pour écrire le bouquin. Voilà. Donc, j'allais faire un parallèle dégueulasse, mais du coup, je le ferais pas, parce que...

Ybelion — au pire du combat. Ça restera pour notre petit secret, ça.

Spent-A — Non, mais du coup, le parallèle, c'est comme faire un gosse, tu vois. Pour le capitalisme, c'est un bon investissement, ces neuf mois, tu vois, de gestation, finalement, quelque part. C'est surtout pareil pour l'écriture. Voilà. C'est un bon investissement. Bon, après, ça fonctionne, ça fonctionne pas, mais ça, c'est autre chose. C'est pareil avec les gosses, hein.

Dans le livre, Spent-A sans filtre

Ybelion — Ce que j'adore, c'est que tu incarnes aussi la déa du livre, tu vois. On retrouve aussi cet humour-là dans le bouquin.

Spent-A — C'est pour ça que... Désolé, je t'ai coupé, j'avoue, putain. Vas-y. Non, t'inquiète. En fait, il faut savoir que la personne dans le bouquin, c'est vraiment moi sans filtre, en fait. Et c'est pour ça que ça faisait rire mes potes ou ça faisait rire d'autres personnes parce qu'en fait, vraiment, tu me retrouves sans filtre. C'est vraiment, vraiment... voilà, il y a des moments où vraiment, je peux m'emporter comme ça, dans une conversation autour d'un apéro, c'est fini, quoi. Je veux dire, ça, c'est moi. C'est vraiment pour le coup, sans le masque social, voilà.

Écrire pour soi avant les maisons d'édition

Ybelion — Tu parlais de lâcher prise tout à l'heure et là, avant que ça reparte de mon esprit, je le note. C'est effectivement... En fait, je crois même que dès le début, tu avais déjà l'idée de dire, OK, à la fin, mon objectif, ça sera quand même les maisons d'édition. Et je trouve que le premier lâcher prise dont tu as fait preuve, c'est celui de dire, ce livre, OK, c'est le chemin que j'aurais envie de lui faire suivre, mais avant tout, c'est un accomplissement pour moi. Et je pense que je suis impressionné par ce lâcher qui n'est pas évident pour beaucoup, mais toi, tout de suite, ce n'était plus une question. Et d'ailleurs, c'est quand on a fait le révélateur au début sur tous les moments un peu challengeants où il y avait des questions sur OK, quel chemin j'emprunte ou ce genre de choses. La question a toujours été toujours réglée en disant, OK, en fait, je le fais pour moi avant tout. Et ça, c'est un... Tu vois, tu peux le rajouter à ta liste de lâcher prise avec un petit pouce en l'air. Parce que c'est, tu vois, ce n'est pas évident. Ça peut être très dissonant, tu vois. Et au contraire, là, ça a été limpide et maintenant, du coup, c'est beaucoup plus facile d'aborder l'étape d'après sereinement. et ça, c'est trop cool. C'est trop cool. Du coup, raconte-moi un peu où tu en es maintenant avec, je dirais, à la fois ce livre-là, qu'est-ce que toi, tu as envie d'en faire et aussi, du coup, dans quoi tu te lances avec l'autonomie qu'on a pu bâtir tous les deux ?

Correction, dossier de soumission et tome 2

Spent-A — Bah déjà, maison d'édition, ça c'est sûr. Voilà. Ouais, ça va partir en correction normalement lundi et pendant ce temps-là, en fait, je vais faire le dossier de soumission et en même temps, écrire le tome 2 parce que, mine de rien, j'ai juste trop hâte d'y replonger. Enfin, comme je te disais, enfin, je... putain, je me sens tellement bon moi, j'ai l'impression, en fait, ouais, quand j'écris vraiment et notamment sur cet univers-là parce que là, en ce moment, c'est une saga, du coup. Donc, le tome 1, il est écrit, là, j'écris le tome 2 et voilà, normalement, il y aura un troisième tome aussi et vraiment, enfin, je me sens exister et je pense que c'est vraiment le but de tout être humain, c'est de se sentir vraiment mais exister, tu vois ? Et, c'est pour ça, j'ai tellement hâte. Je vais garder, finalement, ce programme que j'avais mis en place et que tu m'as aidé à mettre en place, c'est-à-dire, c'est mon taf, finalement. Et puis, j'ai trop hâte, en fait, parce que c'était vraiment... C'est assez rigolo parce qu'on aime vivre avec les autres, on aime les autres, etc. et tout, mais ça, c'est cet instant vraiment juste de moi avec mon univers, mes personnages, etc. et c'est vraiment des trop, trop bons moments et où je me sens vraiment existé, quoi. Je sens le poids de mon existence, en fait, dans ce monde à ce moment-là, même s'il y a des bougues, voilà, au Mexique qui n'ont aucune idée que j'existe, tu vois. Mais j'ai pas... Je m'en prie, j'ai aucune idée qu'ils existent, finalement. Mais moi, je me sens vraiment existé à ce moment-là. Je me sens vraiment là, bien. Et c'est trop... C'est comme une drogue, quoi. Je crois que je l'avais dit plus tôt, ça. Et vraiment, aucune envie d'y retourner. Donc voilà, mon projet, là, tout de suite, c'est de terminer les 2-3 modifs à faire, dans le tome 1, les fautes de frappe, les trucs, les répétitions, les machins. Et que ça parte en correction, je fais en même temps le dossier de soumission et je continue avec le tome 2, vu que, encore une fois, désolé, j'ai mis pas mal de trucs dans mes carnets, mes post-its et compagnie, là. Et voilà, trop, trop hâte, en fait.

Ybelion — Incroyable. J'ai hâte d'avoir la suite aussi parce que j'ai bien envie de savoir où ils vont tous nos amis, là.

Spent-A — C'est vrai que ça se termine un peu de manière, voilà.

Ybelion — On ne dira rien.

Spent-A — Non.

Le lâcher-prise au-delà de l'écriture

Ybelion — Et tu disais tout à l'heure quand tu m'as fait perdre mes mots parce que tu disais des trucs trop gentils, là, que ça t'avait aidé au-delà de simplement l'écriture. Est-ce que tu peux me raconter, du coup, où est-ce que ça s'est répandu aussi, tout ce lâcher-prise, toute cette fierté ? Ouais. Qu'est-ce que ça a touché d'autres ?

Spent-A — Ça va être... Comment on dit ? Je peux t'en parler si tu veux. Ça ne me dérange pas. Ça peut paraître triste, quoi, tu vois. Mais le lâcher-prise, on va dire que... ça a touché par rapport au cercle familial. Voilà, je viens d'une famille forcément défaillante. Et il s'est passé beaucoup de choses, là, récemment, dans cette partie de la famille. Et en fait, ce lâcher-prise, il m'a aidé parce que, en fait, j'ai dit balèque. En fait, je... tout ce que je laissais miroiter, mijoter, tu vois, depuis des années, en mode « Non, mais vas-y, sois patient, vas-y, laisse couler, vas-y... » En fait, j'ai dit « fuck ». Et depuis, je me sens mieux dans ma tête. Et surtout, je priorise beaucoup plus les choses importantes et je priorise beaucoup plus l'instant présent. Parce que, en fait, quand tu lâches pas prise, t'es constamment dans le futur, t'anticipe en permanence. Et quand tu lâches pas prise, t'es aussi souvent en arrière, dans le passé. Et le truc, c'est que les rétroviseurs, c'est fait pour regarder en arrière de temps en temps pour éviter de se faire, voilà, plus ou moins enculer par une bagnole si tu veux, par exemple, dépasser ou autre. Et... Mais le problème, c'est qu'on a tendance à souvent regarder ces rétros et on ressasse, on ressasse, on ressasse. Et puis du coup, après, on fait un bond dans le futur. Et on se dit « Ah mais du coup, il va se passer ça, il va se passer ça, ça va être horrible et tout, blablabla. » Et... Quand tu lâches prise, ben en fait, tu regardes juste la route. De temps en temps, tu regardes le rétro pour t'assurer que tout va bien. Tu regardes au loin en te disant « C'est là-bas que je vais. » Mais tu restes dans l'instant présent. Tu restes là, t'es... Je sais pas comment dire, mais t'es là. T'es passion qui vive, t'es pas à ressasser, à ruminer, etc. T'avances, tranquille, t'es un pas après l'autre. Tu peux pas être déjà à l'arrivée si tu fais pas ces pas-là et si t'as pas conscience des pas que t'es en train de faire, en fait. Et c'est ça qui m'a aidé dans la vie, tu vois.

Les rétroviseurs et le virage d'après

Ybelion — J'aime beaucoup l'image de la voiture. Quand tu la racontais, je me suis imaginé à penser effectivement, si tu fais que regarder tes rétros, ben tu te manges le mur ou tu rates le virage. Et si tu fais que te demander ce qu'il y a dans le virage d'après, ben en fait, t'as les yeux en l'air perdus dans tes pensées et tu rates le virage qui est important qui est celui qui arrive. Et ouais, c'est une belle métaphore de plein de choses. Et le processus, alors, en fait, c'est valable pour tous les projets qu'on conduit. Et là, on parle d'écriture parce que c'est ça qui nous passionne. Et forcément, quand on agit de cette manière-là à simplement regarder ce qui s'est passé et par exemple, ça peut être ça fait dix ans que j'échoue à écrire mon livre et si tu ressasses que ça, ben ça va en faire onze, douze, treze, quatorze, quinze, etc. Et puis, si tu regardes que le futur en te disant mais comment je vais faire si je veux le publier et comment je vais écrire la fin alors que t'as pas écrit le début, ben tu rates le plus important qui est, ok, avec le rêve que t'as, qu'est-ce que t'as envie de faire aujourd'hui en fait quoi. Et là, ça te permet d'éviter le mur parce que du coup, tu le vois et le mur, ça peut être un obstacle, ça peut être tout et n'importe quoi et c'est pour ça que c'est très itératif dans le processus quoi. C'est ok, prenons mur après mur et virage après virage. Ouais. Très belle métaphore. Tu disais tout à l'heure que au toit du début, tu lui mettrais une petite table dans le dos en lui disant tout va bien se passer qu'est-ce que tu lui dirais d'autre ?

Ce qu'il dirait à celui qu'il était

Spent-A — Je lui dirais que tout va bien se passer. C'est un mauvais moment quoi, tu vois. C'est pas agréable évidemment et tout puis on a vécu des trucs pas agréables etc. Mais ces choses pas agréables etc. ça fait partie de nous c'est des choses à accepter et comment dire on va y arriver tout va bien en fait. Genre tout va bien.

Ybelion — C'était un autre pardon, ça me fait encore écho tu vois à tes personnages. Tu disais le côté accepté que tout ce qui t'est arrivé de négatif puisse être une opportunité ou une force.

Tout se traverse, sauf la mort

Spent-A — Ouais, exactement, c'est ça. C'est en gros je comment dire il y a une phrase que je trouve pas ça dingue c'est ce qui ne te tue pas te rend plus fort je suis pas tout à fait d'accord. Par contre il faut pas fuir ce qu'on a vécu c'est pire parce que quand ça revient ça revient genre plus tu vois et en même temps faut pas ruminer non plus. En fait c'est un juste milieu comme toujours et il faut accepter ce qui s'est passé dans le sens où il y a des choses qui sont incompréhensibles mais qui se passent voilà ça fait partie malheureusement des fardeaux humains et ces choses là en fait elles font partie de notre vie et il faut les accepter dans le sens où de toute façon tu peux rien changer voilà malheureusement il n'y a pas il n'y a pas de Death Note il n'y a pas de pouvoir divin qui font que du coup tu es obligé de les accepter et c'est à toi de savoir ce que tu en feras après et personnellement ce que j'ai pu vivre ou autre peu importe je préfère l'utiliser comme des repères on va dire des radars ou quoi que ce soit pour protéger les gens vulnérables et aussi peut-être pour prévenir en fait et effectivement ça peut effectivement devenir des armes redoutables contre ces fléaux là en fait et quand tu acceptes ces choses là que tu acceptes ce qui s'est passé peu importe ce que ça peut être que ce soit des accidents catastrophes naturelles ou pire voilà des agressions ou quoi que ce soit ou des attaques le tout c'est effectivement d'accepter ce qui s'est passé que tu peux rien y changer tu peux rien y faire ça s'est passé c'est fait voilà par contre bon déjà il y a de la thérapie ça c'est clair mais après en fait à toi de transformer ces choses là et soit effectivement t'en fais des armes pour protéger pour prévenir ou soit tu te laisses bouffer mais bon l'idée c'est de pas se laisser bouffer parce que le problème c'est qu'après tu stagnes et de toute façon voilà c'est toujours la même chose quand t'as souffert soit tu décides de plus bouger parce que t'as peur t'as mal et tout soit du coup tu décides d'avancer tu vas souffrir mais tu vas guérir voilà mais évidemment ces choses là elles restent en toi c'est pas des choses que tu peux effacer mais c'est des choses que tu peux transformer

Ybelion — j'aime beaucoup j'aime beaucoup ça me fait écho à une citation de je sais plus si c'était Aurel San qui disait René comme un phénix René comme un zombie la défaite c'est comment tu la gères tu vois j'ai toujours bien aimé cette phrase et évidemment tu vois le message derrière tu l'as bien rappelé c'est pas de dire ce qui t'arrive n'est pas grave ou pas important au contraire c'est de dire c'est grave c'est important et c'est pour ça que t'es légitime d'en faire quelque chose quoi que tu veuilles et surtout ça se traverse à la fin quoi

Spent-A — ouais tout se traverse

Ybelion — ouais c'est beau

Spent-A — sauf le mort désolé non mais faut être rationnel au bout d'un moment désolé non mais faut être lucide si tu meurs tu peux rien faire après c'est foutu mais voilà justement

Ybelion — ça pourrait être dans le bouquin franchement c'est un truc que le narrateur ou ses giraux pourraient lâcher

Spent-A — franchement ouais large ouais je pense

Ybelion — tout se traverse trois secondes de silence sauf la mort par contre excusez moi sans vouloir ajouter vos petits grains de sel

Spent-A — je remets l'église au milieu du village voilà

Ybelion — ah j'adore et paradoxalement c'est peut-être parce que la mort se traverse pas que tout le reste est important donc voilà

Spent-A — c'est bien ça le truc en fait on a quand même un repère tu vois on a quand même un marqueur assez bien chez l'être humain c'est ça c'est mourir quoi il faut vraiment même toi tu l'utilises quand tu dis bah qu'est-ce que tu voudrais qu'il soit marqué sur ton épitaphe ouais

Son épitaphe, avant et après

Ybelion — carrément et bah tiens très bonne question qu'est-ce que t'écrirais maintenant et qu'est-ce que t'aurais écrit avant

Spent-A — avant j'aurais peut-être mis été victime d'injustice et n'a pas su non ça n'a pas su mais ça l'a foudroyé

Ybelion — et

Spent-A — aujourd'hui je mettrai je dirais ça me rappelle un peu Arthur dans Kaamelott quand il disait j'ai peut-être merdé j'ai fait des trucs j'ai pas fait les bons choix mais je veux pas fondir ce que j'ai pas essayé et en fait c'est un peu ça c'est un peu ce que dit Cégyro aussi finalement c'est voilà je fais les choix peut-être pas les bons mais je les fais quand même et advienne que pour moi de toute façon ça m'amènera quand même au cercueil ça changera rien à partir du moment où je suis de mal à personne tranquille

Ybelion — c'est une belle évolution quand même et on sent principalement le lâcher prise je trouve

Spent-A — ça fait du bien sans déconner

Le syndrome de l'imposteur veut te protéger

Ybelion — qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un aujourd'hui qui hésite à sauter le pas pour venir travailler avec moi

Spent-A — je lui demanderais pourquoi cette personne ne bouge pas en fait parce qu'il y a plusieurs raisons au fait qu'on stagne et qu'on fasse pas les choses bon la plupart du temps c'est qu'on a peur vraiment c'est ça en fait je crois qu'il y a même pas plusieurs trucs la plupart du temps c'est qu'on a peur ou qu'on a été blessé mais du coup si on a été blessé on a peur d'être blessé de nouveau donc finalement en fait le ouais c'est ça le coeur nodal de ce genre de problème c'est vraiment la peur si les gens ils osent pas c'est parce qu'ils ont peur en fait et il faut je pense creuser cette peur pour comprendre pourquoi elle est là tu vois une fois on a regardé ensemble pourquoi il y avait ce syndrome de l'imposteur et tu m'avais fait prendre conscience que l'imposteur c'est pas quelqu'un qui te veut du mal au contraire c'est quelqu'un qui veut tellement te protéger qui te dit non mais vas-y le fais pas t'imagines enfin ou alors oui il va te le dire sous des remarques très acernes un peu comme un parent toxique tu vois en mode non mais tu vas pas faire ça t'as pas les compétences pour tu vas quand même pas aller je sais pas tu vas pas tenter d'être ingénieur c'est stupide tu pourras jamais nanana en réalité derrière c'est j'ai pas envie que tu te plantes ça me ferait chier de voir que voilà que tu sois déçu parce que finalement tu te rends compte qu'il n'y arrive pas et le syndrome d'imposteur c'est ça en fait c'est quelqu'un qui te dit non mais n'y va pas t'imagines les gens ils aiment pas ce que tu fais t'imagines les gens ils te jugent ils te regardent ils sont trop nuls et tout enfin voilà et c'est ça en fait le syndrome de l'imposteur et en fait quand tu le comprends au bout d'un moment tu regardes l'imposteur et tu lui dis ça va aller tranquille tout va bien et en fait c'est un peu pareil pour les gens qui osent pas oser écrire je pense que il y a beaucoup de peur et il faut juste savoir après on va dire domestiquer la bête voilà

Domestiquer la bête

Ybelion — c'est tout le travail le travail d'apprendre à domestiquer la bête mais c'est intéressant parce que t'as vraiment très bien expliqué ce que c'est domestiquer la bête c'est pas la tuer et très souvent ces petites voix qu'on peut avoir dans la tête on se rend compte qu'elles sont très souvent là pour nous protéger c'est comme t'as parlé du syndrome de l'imposteur qui veut t'éviter le ridicule mais qui du coup t'empêche de réaliser tes rêves c'est pareil pour le perfectionnisme parce qu'il faudrait vraiment pas que ça déborde et qu'on puisse mal te comprendre qui du coup te permet même pas de t'exprimer et c'est exactement ça c'est ok j'entends cette peur mais qu'est-ce qu'on va en faire et une fois qu'on remarquera qu'en fait elle veut la même chose que toi comment on l'utilise en force et c'est là que ça devient que le hop on se sent libéré et quelque part c'est pour ça que le plus important c'est pas tellement de ne pas avoir peur c'est d'être ok avec le fait qu'il va y avoir des peurs à traverser et ça je me rappelle que toi t'étais tellement lucide sur ça au début de dire ouais c'est bon je suis prête à y aller je sais que ça va être dur c'est ce que tu disais juste avant en plus je sais que ça va être dur mais vas-y go et bravo t'es arrivé au bon endroit

Spent-A — ouais grave

Se féliciter avec un buffet à volonté

Ybelion — comment attention c'est la question piège mais spécialement pour toi super comment tu te féliciterais aujourd'hui

Spent-A — ah ouais en restant tout à fait lucide attends en restant tout à fait lucide en vrai et sans blague vraiment comment je me féliciterais là actuellement putain je me ferais un buffet à volonté mais vraiment c'est à dire que là j'ai qu'une envie c'est de faire alors pas de péter champagne parce que j'aime pas ça mais je sais pas de faire péter une bouteille de coca et d'arroser ça tu vois en plus là j'attends la couverture de mon livre qui avance bien avec un super artiste putain je sais plus parler que je mettrai sur mon compte qui est vraiment il est génial ce gosse il est trop bien et je vois le travail que j'ai abattu bah j'ai mon domaine il touche c'est trop cool et avec cette couverture qui arrive en plus là mais oui j'ai envie de me féliciter et franchement j'ai envie de me féliciter ouais avec un putain de buffère

Ybelion — bah c'est tout ce que je te souhaite on raccroche le micro et on va faire on va se faire péter le bide au but allez

Spent-A — c'est parti allez

Conclusion

Ybelion — merci beaucoup d'avoir pris le temps de cet échange et je te réitère mes félicitations et je remets en avant le courage dont t'as fait preuve c'est vrai qu'on l'a rapidement évoqué tout à l'heure en faisant une petite dédicace à la personne qui change les prénoms de ses personnages mais t'inspires toi-même beaucoup les gens qui t'entourent de par ce que t'as osé faire et je crois que c'est peut-être ça qui me touche le plus aussi c'est que t'incarnes aussi ce que t'es devenu et bravo pour ça

Spent-A — merci bah ouais j'espère encore inspirer les gens si ça peut les aider

Ybelion — merci d'être là épisode après épisode si ce podcast t'inspire t'aide ou te mets du baume au coeur t'abonner mettre 5 étoiles et le partager c'est le meilleur moyen de m'aider à toucher le plus de gens qui ont un livre en eux parce qu'après tout plus il y a de livres écrits et mieux le monde se porte à très vite pause écrire desapare

Épisode 153 avec Spent-A

AU MICRO AVEC

Spent-A

Spent-A est le nom de plume d'un auteur qui se présente casqué, la voix modifiée. Il écrit Silicium et Sang, une saga de science-fiction dont il a achevé le premier tome au fil de son accompagnement Ose Écrire. Il y met une colère assumée contre les problèmes de société, un humour sans filtre et une culture geek qui va des pseudos des années 2000 aux mangas.