Ep 151 · Introduction et les créatures fantastiques des Caraïbes00:00
Dans le roman de Mélodie Joseph, on arrête un monstre en lui lançant des grains de riz.
CE QUE RACONTE CET ÉPISODE
Ce monstre s'appelle le jumbie, un esprit malveillant du folklore caribéen qui doit s'arrêter pour compter chaque grain de riz, de sable ou de sel. Enfant, Mélodie adorait cette histoire, qui la faisait toujours rire.
Pendant des années, elle s'est demandé comment écrire une fantasy inspirée des Antilles, et ses premiers essais s'arrêtaient au bout de quelques chapitres. Dans Les Mémoires du sel, elle part de ce qu'elle connaît : la faune et la flore de Saint-Martin, où elle a grandi, le créole, les remèdes à base de plantes.
Sa magie est née par association. Soualiga, le nom autochtone de Saint-Martin, signifie l'île au sel, et le jumbie se laisse arrêter par des grains : la magie du sel était là. En faisant ses recherches, elle a redécouvert le folklore de chez elle, des créatures qu'elle ne connaissait que de nom, et elle s'est beaucoup amusée à inventer les siennes.
Au micro, je lui ai dit qu'une bonne histoire pouvait partir d'un bocal de riz dans un placard. Je vais en mettre quelques grains dans ma poche, sait-on jamais.
Et toi, quelle histoire de ton enfance attend son roman ?
#OseEcrire #creativite #bookstagram
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Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Tu cherches un passage précis ? La table d'écoute passe les transcripts de tous les épisodes au peigne fin.
Introduction et les créatures fantastiques des Caraïbes
Ybelion — Aujourd'hui j'accueille Mélodie, qui nous offre une plongée fascinante dans la création littéraire et la fantaisie. On discute de mémoire, de liberté, et surtout de cet univers et de ses personnages de fantaisie inspirés des Caraïbes. En passant évidemment avec ses défis d'autrice et ses challenges d'auto-édition, après avoir connu l'édition classique justement. Je vous souhaite une bonne écoute, et je vais mettre des grinderies dans ma poche, sait-on jamais. Moi c'est Sam, Ibéléon de Mon Amplume. Je suis écrivain, coach ICF, et j'ai créé Ose Écrire. Un accompagnement pour celles et ceux qui veulent enfin accomplir leur rêve d'écrire un livre. Ce podcast a la même intention. C'est ton rendez-vous inspiration, discipline et passage à l'action. Et si ça te parle, abonne-toi, mets 5 étoiles et partage autour de toi. Parce que plus il y a de gens qui osent, plus d'autres oseront à leur tour. Allez, c'est parti, et bonne écoute ! Je suis hyper content de t'accueillir et de pouvoir échanger autour des Mémoires du Sel. parce que ton univers m'a accroché l'œil instantanément. En fait, c'est justement au moment où tu as partagé le post sur les créatures fantastiques des Caraïbes. Moi je suis un grand fan des animaux, de la mythologie, tout ça. Et quand tu as montré les différentes créatures de l'univers caraïbéen, je me suis dit, ça va être incroyable. Et petit à petit, je voyais en plus qu'après, c'était vraiment de la fantaisie. Les dessins aussi sont hyper cool. Il y a tout l'aspect avec les plantes aussi. Donc ça va être trop cool. Donc bravo d'explorer tout cet univers-là. Et je suis trop content de pouvoir en discuter avec toi.
Mélodie Joseph — Merci, ça me fait vraiment très plaisir. Donc moi aussi, j'aime beaucoup tout l'univers, donc des créatures fantastiques caribéennes. Et comment dire, on ne les voit pas beaucoup en fantaisie. Je ne connais pas beaucoup d'œuvres où elles sont mises en avant. Alors je voulais vraiment jouer avec le folklor caribéen, avec des créatures qu'on n'a pas l'habitude de voir dans ce roman. Donc ça me fait plaisir de savoir qu'il y a d'autres personnes qui sont intéressées aussi et qui aimeraient les découvrir aussi peut-être dans une histoire de fantaisie.
Écrire une fantasy inspirée des Antilles
Ybelion — Ah ouais, carrément, ça j'ai trop hâte. Écrire sur l'univers caraïbéen, c'était quelque chose que tu avais en tête depuis longtemps ? Ou finalement, c'est venu après aussi plusieurs autres romans que tu as pu écrire ?
Mélodie Joseph — Non, c'est quelque chose que j'avais en tête depuis un certain temps maintenant. J'ai travaillé sur l'afrofuturisme lorsque j'ai fait ma maîtrise, donc lorsque j'ai écrit mon mémoire de master. Et j'aimais déjà la fantaisie à ce moment-là. Je lisais déjà beaucoup de fantaisies. Et donc c'est un peu ça qui m'a menée aussi à travailler sur l'afrofuturisme. C'était de voir les liens entre la science-fiction, la fantaisie et la représentation. Et à ce moment-là, j'ai réalisé qu'il y avait très peu de romans francophones, surtout de fantaisie, vraiment qui se passent dans un univers imaginé, mais inspiré avec des éléments finalement antillais, caripéens. Et donc je me suis dit, ça pourrait vraiment être intéressant de créer quelque chose comme ça. Mais je me suis aussi demandé si c'était possible. Et donc ça, c'est quelque chose que j'avais en tête depuis très longtemps. Je me demandais comment faire quelque chose comme ça, parce que la culture caribéenne, la culture antillais, c'est une culture qui est, je pense, très ancrée dans le réel. Et généralement, lorsqu'on parle de fantaisie, pour tout ce qui est romans antillais, c'est beaucoup du fantastique. Donc ça va être de la réalité avec des éléments surnaturels qui s'entremènent au quotidien des personnages. Donc je me demandais si c'était possible de créer un univers qui soit différent d'une autre, donc parallèle au nôtre, mais avec des éléments tirés de la culture caribéenne. Et de faire en sorte, en fait, que les gens qui lisent le livre puissent quand même voir l'inspiration antillais, même si on est dans un univers qui n'est pas tout à fait le nôtre. Et j'essayais de réfléchir depuis, ça faisait plusieurs années que je réfléchissais à une manière d'écrire ça et de regarder comment mettre ça en place. Et c'est comme ça que je suis arrivée aux Mémores du Seil. J'ai fait plusieurs essais. Donc il y a eu d'autres œuvres que j'ai essayé d'écrire avant les Mémores du Seil, mais ça ne fonctionnait pas tout à fait. J'ai aussi écrit une nouvelle qui a été publiée dans un recueil il y a environ deux ans, aussi dans un univers inspiré des Antilles, un peu de la fantasy. Mais ce n'était pas non plus tout à fait ça. Je ne pouvais pas aller plus loin avec ça. Je ne pouvais pas vraiment écrire un roman à partir de cette idée. et finalement, je suis arrivée aux Mémores du Seil et ça fonctionnait bien. Ça m'a semblé bien fonctionner. Donc voilà.
Ybelion — Ça a été quoi le déclic qui t'a fait dire « Ok, là c'est la justesse pour justement explorer tout le monde des Caraïbes dans un univers de fantasy ? »
Mélodie Joseph — Ça a été vraiment d'arriver au bout. Donc pour mes autres projets, j'avais du mal au bout d'une dizaine de chapitres, cinq, huit chapitres, ça n'avançait plus vraiment ou alors je m'éloignais beaucoup de l'aspect caribéen de l'histoire. Je m'en éloignais tellement qu'on ne sentait plus l'inspiration caribéenne dans l'histoire. Et là, j'ai réussi à maintenir tout du long en fait ces références et aussi à construire un univers sur lequel je pouvais bâtir une intrigue sur le long terme. Donc une intrigue qui allait vraiment jusqu'à la fin. Donc c'est là que j'ai compris que ça, peut-être que ça allait fonctionner avec ce projet-là.
« Sans plan, je ne me fais pas confiance pour finir »
Créole, madras et plantes : ancrer un monde imaginaire
Ybelion — Incroyable. Et c'est quoi les éléments qui caractérisent du coup les Caraïbes dans une histoire de fantasy ?
Mélodie Joseph — C'est ça, c'est ce qui est très compliqué. Dans les mémoires du sel, j'ai décidé d'utiliser la langue et aussi d'utiliser différents éléments culturels propres aux Antilles. Donc par exemple, il y a beaucoup de vêtements traditionnels dans ce roman qui sont des vêtements traditionnels qui existent vraiment dans notre monde. Des vêtements vraiment utilisés dans différentes îles et différents pays des Caraïbes. Donc par exemple, il y a le madras qui fait référence à la Martinique. Il y a aussi le tissu chambré qui fait cette fois-ci plus référence à Haïti. Donc disons que j'ai pris, c'est ça, des petits éléments culturels comme ça, que j'ai entremêlés à l'histoire. Les personnages parlent aussi créole. Le créole est très important dans l'histoire. C'est la langue dite vénérable. Donc c'est la langue qui permet de parler avec les divinités. Donc ça m'a permis, c'est ça, grâce à la langue, je fais aussi des références aussi aux instruments de musique. Donc ils utilisent beaucoup différents tambours dans l'histoire. Donc toutes ces petites choses-là, ça m'a permis en fait d'entremêler la culture caribéenne à l'histoire, donc de cette histoire. L'histoire se passe aussi à Alit, qui est une île imaginaire. Mais toute la faune, la flore, c'est une faune, une fleur qu'on retrouve notamment à Saint-Martin, où j'ai grandi. Donc il se trouve, c'est ça aux Antilles. Mais il y a aussi des références à des plantes de la Guyane, des plantes de la Guadeloupe, de la Martinique. Donc aussi, il y a beaucoup, donc c'est ça cet aspect. Il y a un aspect aussi de la médecine des plantes. Donc rimaide rasier, ce chose-là, c'est très présent dans l'histoire. Et donc ça, ce sont des vrais remèdes, de vrais, comment dire, c'est vraiment comme ça que les plantes sont utilisées dans différents endroits aux Antilles. Donc c'est pour ça que, comment dire, c'est de cette manière que j'ai voulu tisser des références et bâtir cet univers de fantasy inspiré des Antilles.
Ybelion — Ça me donne envie de plonger dedans. Alors là, je vais devoir me concentrer sur autre chose que le lore et l'univers, parce que je trouve ça vraiment passionnant. en fait, ce qui m'intrigue le plus, c'est comment, quelque part, naît toute la fantasy de tous ces éléments réels, comment ils s'entremêlent, et puis après, forcément, toute l'histoire autour, tu vois. Mais je trouve que quand tu as ces petits détails inspirés de la réalité qui t'ancrent aussi toi-même, tu as vraiment l'impression d'y être, quoi, dans ce monde de fantasy, même si c'est de la fantasy. Et là, ça donne envie. Ça donne envie. Tu as toujours écrit de la fantasy de ton côté ?
Pourquoi la magie revient toujours dans ses histoires
Mélodie Joseph — Oui, c'est vraiment le genre qui m'a toujours le plus intéressée et le plus attirée. J'écris moi aussi beaucoup de fantastiques quand j'étais plus jeune, mais je pense que c'est parce que c'est ce que je lisais le plus. Et puis, en grandissant, je me suis mise à lire beaucoup plus de fantasy et donc, j'ai l'impression que naturellement, ça m'a amenée à en écrire plus. J'ai beaucoup de mal à écrire dans un univers qui est très ancré dans le réel, dans lequel il n'y a pas de surnaturel, créature fantastique, plutôt de magie. Je finis toujours, même si j'essaye, je finis toujours par faire en sorte qu'il y ait de la magie qui arrive à un moment donné dans l'histoire. Je ne sais pas pourquoi, ça revient naturellement. Je me dis toujours « Oh, ce serait tellement plus intéressant et amusant s'il y avait quelque chose de surnaturel qui se passait dans cette histoire. » Je suis très attachée à ce genre.
Ybelion — Il a quelque chose d'assez extraordinaire aussi pour, je trouve, s'évader et soi-même rêver. Il n'y a rien de mieux que d'écrire de la fantasy pour se rompre avec le quotidien et puis se libérer l'esprit.
Mélodie Joseph — Ça, exactement. J'aime beaucoup le fait de pouvoir voyager ailleurs et aussi, j'aime le fait que la fantasy ouvre tellement de possibilités, finalement. Il y a tellement de choses qui sont possibles en fantasy et donc, souvent, quand je lis un roman de fantasy qui est très intéressant avec un univers auquel je n'aurais jamais pensé, je me dis toujours « Ah oui, et si ça, c'était possible ? » Donc, ça ouvre vraiment un champ du possible et c'est pour ça que j'aime autant ce genre littéraire.
Afrofuturisme, afrofantasy et œuvres politiques
Ybelion — Alors, évidemment, je ne suis absolument pas d'accord avec ça et c'était un sujet qu'on avait abordé justement avec Lydie sur le fait, parfois, qu'on dit « Oui, la fantasy, c'est imaginaire, donc ça ne porte pas de sujet important. » Toi, comment tu vois la fantasy pour justement véhiculer des messages importants ? C'est quoi tes messages importants, toi ? Et aussi, je suis curieux que tu parlais tout à l'heure de l'afrofuturisme, c'est ça ? Je suis curieux que tu me dises aussi ce que tu mets derrière. Enfin bref, voilà, un peu tout ça. Désolé, j'ai posé plein de questions à la fois.
Mélodie Joseph — Je vais commencer par l'afrofuturisme. Donc, l'afrofuturisme, c'est un courant artistique qui permet de parler du futur, d'imaginer ce qui pourrait être possible à partir des histoires de la diaspora, africaine. Donc, c'est vraiment, c'est un courant qui est très politique et très militant. Donc, l'afrofuturisme, c'est un courant artistique qui est militant en soi. Donc, il est né parce qu'il y avait ce désir d'imaginer le futur et de pouvoir se projeter dans le futur à partir des réalités actuelles, donc des afro-descendants et des africains. Et donc, c'est très intéressant à étudier parce que c'est un courant artistique qui remonte il y a maintenant, disons que le terme afrofuturisme est apparu pour la première fois dans les années 90, mais qu'il y avait déjà des œuvres inspirées, comment dire, par cette idée d'écrire le futur avec cette perspective-là de longtemps avant. Donc, les œuvres ont existé. Après, il y a eu l'idée de créer un terme pour les définir et ensuite, à partir du terme, il y a eu d'autres œuvres qui sont nées. Donc, j'ai beaucoup aimé travailler sur ça. Disons que le film qui représente l'afrofuturisme actuellement, c'est Black Panther, mais ça a existé depuis longtemps avant. C'est vraiment que Black Panther a rendu ça très populaire. Mais l'afrofuturisme, je pense que c'est plus en lien avec la science-fiction que la fantasy, même s'il y a beaucoup d'entrecroisements parce qu'il n'y a aucun genre qui existe complètement dans sa petite case. Donc, il y a beaucoup d'entrecroisements entre les deux. Et je ne pense pas que les mémoires du sel, c'est de l'afrofuturisme. En tout cas, je n'ai pas écrit le roman en me disant que je voulais écrire de l'afrofuturisme et je n'ai pas l'impression que ça rentre non plus dans toutes les cases parce qu'il n'est pas vraiment question de futur dans l'histoire. Donc, moi, je serais plus vraiment dans la fantasy, peut-être dans l'afrofantasy avec ce roman-là. Donc, un roman inspiré de cultures afro-descendantes pour parler de fantasy qui se passe vraiment dans un monde différent d'une autre, etc. Au niveau des messages plus politiques, donc, effectivement, dans l'afrofuturisme, l'idée de l'afrofuturisme, c'est vraiment de véhiculer un message militant. C'est de reprendre le contrôle, en fait, de l'histoire, des archives historiques, de la manière dont l'histoire a été racontée, souvent par les peuples qui ont colonisés plutôt que par les peuples qui ont été colonisés. Et pour pouvoir se projeter dans le futur, imaginer le futur, parce que souvent dans les œuvres futuristes, la science-fiction, il n'est pas souvent question de qu'est-ce qui se passe dans les pays africains, qu'est-ce qui se passe aux Antilles. Donc, ça donne l'impression que est-ce que ces nations existent toujours ? Qu'est-ce que ces gens sont toujours là dans le futur ? Donc, c'est pour ça que je trouve ça vraiment très intéressant. Après, tout œuvre est politique. Donc, je pense que c'est impossible de créer une œuvre artistique sans véhiculer qu'on le veuille ou non un message politique. parce qu'on est des êtres finalement politiques. Donc, on existe. Le simple fait de vivre dans une société fait que notre manière d'être, de penser, notre manière de créer va être influencée, qu'on le veuille ou non, par la société dans laquelle on vit et par nos valeurs qui sont influencées justement par la société dans laquelle on vit. mais après, c'est ça. Il y a des cours artistiques qui sont vraiment plus portés vers ça et c'est impossible de s'y inscrire sans avoir un message fort à porter. Personnellement, dans mes œuvres, je suis vraiment dans une optique de divertissement souvent, même si j'ai des messages aussi que je souhaite apporter. il y a des thèmes qui reviennent beaucoup. Donc, dans la Sommesse de Vents et dans les mémoires du sel, je parle de mémoire, de transmission, de générationnelle, de cette mémoire, de comment la mémoire peut être réécrite et véhiculée d'une manière différente en fonction de qui raconte, qui est le passé, qui raconte l'histoire. Donc, ça, c'est un thème que j'aime beaucoup et forcément, c'est un thème que c'est difficile de parler de ce thème-là sans que ce soit un peu militant, sans qu'il y ait quelque chose derrière. mais j'aime écrire mes histoires surtout dans un but de divertissement parce que, et c'est aussi un acte un peu politique, finalement, parce que souvent, les histoires avec des héros racisés, des héros afros, c'est souvent des histoires qui sont très dures, c'est souvent des histoires qui sont finalement très ancrées dans la douleur, dans un passé difficile et il y a peu de divertissement. Donc, quand j'étais plus jeune, je m'éloignais souvent de ce genre d'histoire parce que moi, je voulais quelque chose de fun, je voulais m'amuser, je voulais avoir des étoiles plein les yeux, je voulais imaginer des choses extraordinaires aussi et je trouve ça dommage que j'avais besoin de m'éloigner d'histoires avec des héros racisés pour avoir, en fait, la liberté d'imaginer quelque chose d'autre, de m'amuser. Donc, c'est pour ça que j'ai envie de proposer ça, de proposer des histoires un peu plus légères, un peu plus amusantes dans lesquelles on peut juste voyager, même si les personnels vivent des choses sérieuses, même s'il y a des sujets sérieux, je veux quand même qu'il y ait la possibilité de s'évader, donc, dans mes récits, qu'on ait la possibilité, c'est ça, de s'évader et d'imaginer quelque chose de joyeux et de merveilleux.
Écrire pour divertir avec des héros racisés
Ybelion — J'entends dans ton partage que il y a aussi, tu es allé chercher ce que toi, tu n'avais pas trouvé en tant que lectrice et c'est vrai que c'est toujours un premier pas vers l'écriture de dire, mais ce truc-là n'existe pas et si, je l'écrivais finalement et j'ai beaucoup aimé ce que tu as partagé sur la mémoire et effectivement, du coup, ça me donne envie, je me note la question sur le choix du titre que tu as pris mais effectivement, la mémoire, ça porte plein de choses, c'est évidemment un sujet très politique et en même temps, c'est un sujet très personnel, très familial aussi, tu vois, il y a tout, récemment, je parlais avec une autrice qui avait écrit une histoire sur sa grand-mère donc de tout ce qu'elle avait découvert en fait, en écrivant cette histoire de choses qui, au fur et à mesure, osent être démêlées, osent être dites et je trouve que c'est, en fait, dans la mémoire, il y a tellement d'histoires et il y a tellement de versions d'histoires parce que chacun a sa version de l'histoire justement et c'est ça qui est assez passionnant, je trouve, avec ce thème de la mémoire. Ça me donne envie, tu vois, de réfléchir encore plus à ça. C'est cool.
La mémoire et le déni, ses thèmes de prédilection
Mélodie Joseph — Oui, c'est vraiment un sujet que j'adore. Je finis toujours par revenir vers ça. C'est quelque chose que j'aime beaucoup écrire, c'est... j'aime beaucoup parler de le concept du déni, donc les histoires qu'on se raconte à nous-mêmes pour pouvoir accepter certaines réalités et j'ai l'impression que des fois, ce déni peut nous amener à... Enfin, c'est lié finalement à nos perceptions aussi différentes du monde et puis ça peut peut-être... Des fois, on force une certaine perception pour pouvoir ignorer certaines choses et c'est juste un concept que je trouve très intéressant. J'adore l'explorer dans mes différentes histoires parce que ça peut être une source de motivation. dans la semesse de vent, il y a aussi beaucoup question de vengeance parce que c'est aussi un thème que j'aime beaucoup, la justice, le concept de la justice, etc. Mais il y a aussi un côté un peu le personnage principal de la semesse de vent, elle a aussi un côté où elle vit un peu dans le déni. Il y a certaines choses qu'elle refuse d'accepter et donc elle se force dans une direction, elle s'oblige à maintenir, elle s'accroche à certaines croyances pour pouvoir continuer d'avancer. Et donc, elle vit dans le déni mais le déni, comment dire, les autres personnages autour d'elle ont aussi leur propre déni. Donc il y a aussi des choses auxquelles ils s'accrochent, des choses qu'ils préfèrent ignorer et faire comme s'ils n'en étaient pas conscients pour pouvoir aussi c'est des sujets que j'adore explorer, j'adore écrire aussi des personnages comme ça parce que je trouve toujours ça très intéressant puis aussi de les pousser dans leur dernier étrangement et de voir, ok, arriver dans une situation où ils ne peuvent plus nier qu'est-ce qu'ils font, qu'est-ce qui va arriver à ces personnages. c'est ça que j'aime beaucoup.
Ybelion — C'est une super construction en plus parce que toute cette mécanique du déni, c'est celle-là qui provoque aussi les conflits de valeurs internes quand tu te racontes des histoires et qu'à un moment tu ne peux plus te la raconter, il y a comme le miroir qui se brise et c'est là que, en plus c'est ça qui est passionnant en tant que lecteur, c'est quand tu vois, quand tu comprends avant le personnage qu'il est dans le déni et tu dis mais ce n'est pas possible, réalise ça ou rends-toi compte d'eux et tu vois quelque part ce personnage qui se perd un petit peu et puis après qu'il se retrouve ou pas en fonction de l'art qu'on choisit. Mais ouais, c'est très intéressant. en fait, le déni est un peu une clé essentielle de l'évolution des personnages parce que ça nous en dit beaucoup sur d'où ils partent, où ils vont. C'est très intéressant. Et tu dirais, toi, j'ai entendu là du coup, la thématique de la mémoire, la thématique, le déni, la vengeance plutôt dans la semeuse de vent. Dans les mémoires du sel, tu dirais que c'est quoi les grandes thématiques qu'on y retrouve ?
Les thèmes des Mémoires du sel
Mélodie Joseph — Il y a aussi beaucoup le côté de mémoire. Il y a mémoire du sel, le sel, beaucoup. C'est, comment dire, dans la semeuse de vent, l'histoire est racontée, des événements importants ne sont pas racontés dans la semeuse de vent. Mais c'est à cause beaucoup d'une question, il y a beaucoup de questions derrière le fait que beaucoup de choses ne sont pas racontées. Principalement une raison politique pour pouvoir faire en sorte que la société reste comme elle est, pour faire en sorte qu'il y ait des coupables faciles par rapport à quelque chose de terrible qui est arrivé. Dans les mémoires du sel, c'est différent. C'est qu'effectivement, l'histoire n'est pas tout à fait racontée. J'essaie de ne pas trop en dire. Oui, elle n'est pas trop en dire. L'histoire n'est effectivement pas tout à fait racontée. Les choses ne sont pas racontées comme elles se sont vraiment déroulées. Mais ce n'est pas parce qu'il y a un désir particulier de maintenir le statu quo. Ce n'est pas parce qu'il y a quelque chose en lien avec ça. Il y a d'autres raisons derrière ça. Et voilà, c'est tout ce que je veux en dire. Mais c'est quelque chose de très important dans l'histoire. Et aussi, je voulais, avec les mémoires du sel, parce qu'en fait, c'est une histoire qui est dans... Comment dire ? C'est une histoire assez complexe à écrire, parce que beaucoup de choses se sont passées dans le passé et beaucoup de choses se passent dans le présent. Et les choses qui se sont passées avant influencent énormément ce qui se déroule dans l'histoire. Sauf que c'était difficile pour moi de faire référence à ces événements passés de manière fluide, sans créer trop de flashbacks, sans faire en sorte qu'il y ait trop d'informations qui ne soient pas forcément pertinentes pour ce qui se passe à ce moment-là dans l'histoire. Donc, j'ai pour cela décidé d'utiliser, au début du chapitre, de mettre un petit texte qui fait référence à ce qui se passe avant et de raconter les deux histoires en parallèle. Donc, il y a des personnages qui racontent quelque chose dans ces petits textes et ce sont des personnages qui ont vécu longtemps avant le début de l'histoire. Mais ce qu'ils ont vécu est très important pour comprendre vraiment qu'est-ce qui se passe dans le récit. Donc, avec cet entrecroisement, je parle aussi finalement un petit peu de mémoire, du fait que cette mémoire qui a été effacée essaie de remonter finalement à la surface. Donc, ça, c'est, je dirais, le thème le plus important dans les mémoires du sel. Et aussi, un autre thème très présent, je pense, c'est la liberté. C'est le fait que tous les personnages dans l'histoire sont à la recherche d'une forme de liberté. C'était, pour moi, une manière de lier les personnages parce qu'on a un groupe de personnages principaux qui partent dans ce long voyage, c'est une longue quête, en fait, les mémoires du sel. C'est des personnages qui sont très différents les uns des autres, qui sont unis par un même objectif. Bien sûr, ils ont une vision différente de ce qui doit être fait et ils ont des valeurs différentes, mais ils ont quand même un même objectif. C'est juste que les raisons pour lesquelles ils ont cet objectif sont différentes. et je voulais créer une, comment dire, quelque chose d'autre qui les unit et qui les oblige à faire fi de leurs différences pour vraiment travailler ensemble. Et donc, ils sont tous liés, finalement, par ce désir de liberté. Ils ont tous des raisons de vouloir être libres, de vouloir se libérer de certaines choses. Et donc, c'est quelque chose, c'est ça qui revient aussi beaucoup dans le livre.
Ybelion — Ça m'intrigue énormément. En plus, je trouve... Alors là, tu vois, c'est moi qui fais une interprétation. Je découvrirai ça quand je lirai ton livre. Mais tout l'aspect de liberté est aussi très lié à la mémoire parce que tu as tout ce rapport au poids des traditions, au poids de la famille, bref, à tout ça. Et donc, derrière, il y a tout ce rapport à OK, est-ce que mon passé m'emprisonne ou au contraire me libère et je trouve que ça, c'est hyper intéressant. Ces deux notions qui peuvent paraître ne pas aller ensemble, au contraire, est-ce qu'elles ne vont pas très bien ensemble ? Ça donne envie de découvrir. Incroyable.
Mélodie Joseph — Super. Non, je voulais juste dire, comment dire, dans mes univers aussi, disons que je grossis beaucoup le trait avec les thèmes. Donc, la mémoire, le livre va s'appeler Les mémoires du sel ou la liberté et puis mes personnages sont enfermés sous un dôme. Donc, il y a, comment dire, je grossis beaucoup le trait par rapport à ça. Donc, c'est tout ce que je voulais dire.
Partir d'un thème, d'un univers ou d'un personnage
Ybelion — C'est normal aussi. C'est comme ça. C'est important. C'est important. De toute façon, on est comme ça. On grossit toujours parfois un peu les traits. mais c'est... Toi, tu es plutôt du... Quand tu construis une histoire, tu es attentive... Je dirais, pardon, je reformule ma question. Ce qui te fait te lancer dans l'écriture d'un projet, c'est plutôt, tu te dis, OK, j'ai une thématique, une intention très claire, je vais là-bas. Ou alors, plutôt, tu as un univers et tu te dis, OK, je vais voir ce que je peux faire avec cet univers. Ou alors, tu as un personnage ou alors même complètement autre chose.
Mélodie Joseph — Ça dépend vraiment des projets. J'ai certains projets, je vois tout de suite le thème et c'est les personnages et l'univers naissent du thème. Donc, il y a un sujet sur lequel j'ai quelque chose à dire et subitement, j'ai un univers et des personnages. Et il y a d'autres histoires où je ne sais pas du tout qu'est-ce que je veux, pourquoi je veux raconter l'histoire, qu'est-ce que je veux dire. Mais j'ai des personnages et j'ai un univers et j'aimerais beaucoup en parler. J'aimerais beaucoup, en fait, explorer ces personnages et cet univers. Donc, pour les mémoires du sel, je n'avais pas de thème précis. Je savais juste que je voulais essayer de raconter une fantasy antilleuse. Et j'avais aussi ces personnages, surtout les personnages principaux. Donc, il y a Ima et Adi. Je savais que je voulais raconter quelque chose sur ces personnages-là. Mais je ne savais pas encore exactement qu'est-ce qu'il y avait dans ces personnages. Donc, leurs désirs les plus profonds, pourquoi ils faisaient ce qu'ils faisaient. Je voulais juste explorer et voir ce que je pourrais dire, en fait, sur ces personnages, ce qu'il y avait à dire sur eux. Et c'est comme ça que je suis arrivée à l'histoire. Pour la semeuse de vent, c'était différent parce que j'avais... Comment dire ? La semeuse de vent, ça a été un processus très particulier puisque j'avais des bouts d'image et j'ai combiné. Je savais que je voulais parler d'îles flottantes parce que j'avais eu cette idée pour des îles flottantes longtemps avant. J'avais l'idée d'une petite fille qui sort de la brume et puis je savais que je voulais parler de bateau pirate, de bateau volant parce que j'avais l'idée des îles flottantes. Et donc, j'ai tout mélangé. Et au fur et à mesure que j'explorais cette petite fille, je en suis venue à la réalisation que je voulais beaucoup parler de mémoire. Et c'est comme ça, après que tout le reste de l'histoire est arrivé. Mais donc, c'est ça. Je ne sais pas ce qui est arrivé en premier, plus ou moins. J'avais quelques images, le thème, et puis à partir du thème, les images, il y a l'autre, le reste qui est arrivé. Donc, c'est plus difficile à dire ce qui est arrivé en premier. Pour les mémoires du sel, c'est venu après le thème.
Tout planifier avant la première ligne
Ybelion — Et quand tu es dans le processus d'écriture, toi, tu fonctionnes comment quand tu es en train d'écrire ?
Mélodie Joseph — Je planifie tout avant de commencer. Donc, je planifie vraiment tout de A à Z, chaque chapitre, maintenant chaque scène, je suis une très grande architecte, si j'ose dire. Donc, je serai vraiment la définition. J'ai besoin de savoir exactement ce qui va se passer dans l'histoire avant d'écrire la première ligne parce que sinon, je ne me fais pas confiance pour finir l'histoire. Je sais qu'au bout de cinq chapitres, parce que pendant très longtemps, j'avais beaucoup de difficultés à terminer ce que je commençais. Et c'était toujours au bout de cinq, six chapitres que j'abandonnais. Et donc, je sais qu'à partir de là, je vais avoir besoin de savoir qu'est-ce que je veux raconter après. Et c'est pour ça que je planifie tout. Donc, quand j'ai... Je passe beaucoup de temps à avoir des petits morceaux d'idées comme ça. Je les prends en note. Et puis après, lorsque je me sens prête, c'est là que je crée le synopsis. Donc là, j'essaie vraiment de savoir quelle est l'histoire que je veux raconter avec les différentes étapes de l'histoire. Et après, je commence à m'inspirer de structures narratives pour essayer d'organiser ces éléments pour former une intrigue intéressante et cohérente. Et vient ensuite le moment de créer le plan par chapitre. et je peux passer beaucoup de temps puisque c'est finalement le moment où je me raconte vraiment l'histoire où là, je commence vraiment à imaginer à quoi les scènes vont ressembler, qu'est-ce qui va vraiment se passer dans l'histoire. Quand j'écris le synopsis, j'ai déjà une assez bonne idée, mais il y a rarement des liens qui connectent tout. Donc souvent, je vais avoir un événement, un événement après, mais je ne sais pas du tout qu'est-ce qui fait qu'on passe de cet événement à l'autre événement. Donc, j'ai besoin de créer ces liens lorsque je fais mon plan. Et c'est là que je commence à vraiment imaginer les choses. Et je peux passer beaucoup, beaucoup de temps à faire le plan. Disons, ça peut me prendre un an là pour faire un plan. Mais une fois que le plan est fait, disons que l'écriture, j'ai rarement connu, je n'ai pas vraiment connu de syndrome de la page blanche parce que je sais ce que je veux écrire. Donc, je m'assoie, j'écris et puis voilà.
Résister à l'envie d'écrire pendant le plan
Ybelion — C'est passionnant. Je suis toujours fan d'entendre le processus d'écriture. Comment tu fais, toi, pour ne pas tomber dans le piège de la surorganisation ? Et donc, à un moment, de te dire, OK, là, je peux basculer dans l'écriture. Et deuxième question qui est un peu liée, c'est comment tu fais pour, quelque part, gérer le fait de ne pas écrire quand tu es en train de faire le plan et donc d'être tout à fait OK avec le fait que ça peut prendre du temps de mettre un plan au clair ?
Mélodie Joseph — C'est extrêmement difficile. Je dois vraiment lutter contre la tentation d'écrire. Mais oui, pour la surorganisation, ça vient, comment je dirais, ça vient naturellement parce qu'une fois que mon plan est terminé, souvent, j'ai tellement hâte de pouvoir enfin écrire. Donc, je peux m'arrêter parce que je sais que je vais enfin pouvoir écrire, le plan est fait, c'est bon, je suis, je sais que c'est bien fait. Aussi, je n'aime pas passer non plus, disons que la planification, ce n'est pas forcément quelque chose qui me passionne non plus. Je préfère écrire l'histoire. Mon étape préférée, c'est toujours l'écriture du premier, j'ai l'écriture de l'histoire. C'est juste une étape qui est obligée pour moi. J'ai besoin de passer par cette étape-là parce que je sais que sinon, je ne vais pas finir l'histoire ou je ne vais pas arriver à la fin de l'histoire ou j'ai besoin d'avoir le plan parce que je sais qu'une fois que j'ai le plan, même si je ne finis pas le premier jet, c'est parce que probablement l'histoire ne fonctionne pas. Mais ce n'est pas que je n'ai pas la motivation, ce n'est pas qu'il me manque quelque chose et que l'histoire ne fonctionne pas. C'est pour ça que j'ai besoin d'avoir ce plan-là. Comme ce n'est pas ma partie préférée, une fois que c'est terminé, c'est facile pour moi de passer à l'écriture. Pendant que je fais le plan lui-même, je dois vraiment me battre pour ne pas commencer à écrire. Des fois, j'écris des petits bouts pour voir à quoi les personnages, quelle est la voix des personnages, comment ils s'expriment, comment ils pensent. Et juste par plaisir parce que je les imagine déjà, je vois déjà comment ils peuvent se comporter. Donc à ce moment-là, j'écris des petits paragraphes, des petites scènes. Mais j'essaie de ne pas me lancer parce que je me connais. Je sais que je suis déjà à abandonner, à passer d'un projet à un autre et à ne jamais rien terminer quand je me laisse aller.
Ybelion — J'ai beaucoup aimé ton partage sur l'organisation. En fait, tu vois, parce qu'il m'a quelque part étonné parce que très souvent, les gens que je... Enfin, en tout cas, les auteurs avec qui je peux échanger qui ont ce besoin d'organisation, en fait, ils adorent l'organisation. Et du coup, pour eux, c'est un enjeu d'un moment, tu vois, oser basculer dans l'écriture. Et toi, c'est marrant. J'entends que, en fait, tu as quelque part contrecarré un peu cet effet trop créatif en me disant, OK, là, j'ai besoin de me cadrer. Et quand je suis tout à fait cadré, OK, là, je peux me jeter dans l'écriture. C'est cool.
Apprendre à terminer ses histoires
Mélodie Joseph — Oui, c'est... Comment dire ? J'ai eu beaucoup de... Comme je disais, j'ai eu beaucoup de difficultés à terminer, apprendre à terminer ce que je commençais parce que j'ai commencé à écrire il y a plusieurs années et j'ai écrit beaucoup d'histoires et il y en a beaucoup que je n'ai... Enfin, la majorité, je ne les ai jamais terminées. Donc, il m'a fallu des années pour apprendre à terminer et c'est là que j'ai compris que j'avais besoin d'un cadre, j'avais besoin d'un plan parce que sinon, je n'allais jamais réussir à aller au bout d'un projet. Et comme mon rêve, ça avait toujours été d'être autrice, de publier des romans, je me disais, j'ai besoin de terminer quelque chose si je ne veux pas réaliser ce rêve. Donc, c'est là que je me suis dit, OK, on va s'asseoir, on va planifier du début jusqu'à la fin et puis on va essayer de se concentrer pour terminer un projet. Et ce que j'essaye aussi de faire, c'est de ne pas travailler sur plusieurs projets en même temps parce que je sais que je me laisse souvent distraire et à ce rythme-là, ça, je n'avance pas. lorsque je me mets à travailler sur un premier G, je travaille juste sur cette histoire, sur le premier G, disons, de cette histoire. Je peux corriger quelque chose en parallèle et planifier quelque chose en parallèle mais pas écrire un autre premier G en parallèle parce que je sais que je ne vais pas, je ne vais m'éparpiller.
Ybelion — Oui, moi, je suis comme toi. Moi, c'est un piège, je connais, je l'ai éprouvé aussi. Du coup, maintenant, à chaque fois, juste, je me décharge de l'idée, tu vois, je la pose dans un coin et puis après, je ne la regarde plus. Sinon, je ne suis pas comme toi, moi, je me perds, tu as tout de suite envie, tu es embarqué par l'émulsion du début et du coup, à la fin, tu ne finis par rien faire. C'est vrai. Tu disais que c'était un rêve que tu avais depuis petite d'être autrice. Qu'est-ce que ça fait de voir son livre publié pour la première fois, de le tenir en main quand on a eu ce rêve-là depuis petite ?
Tenir son premier livre publié
Mélodie Joseph — C'est vraiment incroyable. Un peu, comment dire, j'ai mis beaucoup de temps à réaliser parce que c'est arrivé, comment dire, j'ai signé mon contrat avec une maison d'édition et ça a pris un an et demi, je dirais, après pour la publier l'éducation du livre. Donc, comme ça a été un long processus, il m'a fallu beaucoup de temps pour me rendre compte que c'était un livre que j'étais en train de publier, que le livre allait sortir et qu'il allait être disponible, d'autres personnes allaient l'acheter. Et je ne m'en suis rendue compte que lorsque j'ai eu des retours de lecteurs qui m'ont parlé de mes personnages et là, j'ai vraiment réalisé que d'autres personnes avaient découvert le livre, l'avaient acheté et c'était vraiment incroyable. Et jusqu'à, encore aujourd'hui, c'est toujours incroyable quand je vois d'autres personnes qui me parlent de mes personnages. Donc là, j'ai envoyé des services presse des Mémoires du Cell et je reçois les retours des chroniqueurs et je me dis, d'autres personnes ont découvert ces personnages et puis ils ont lu mon livre et tout. Disons que j'ai des bêta lecteurs mais ce n'est pas le même sentiment. Ce n'est pas la même chose.
Ybelion — Oui, ce n'est pas la même chose parce qu'ils sont là pour apporter un regard critique quelque part et quand tu as simplement un retour de lecteur, là, c'est trop cool. Tu es contente des premiers retours de SP que tu peux avoir ?
Mélodie Joseph — Oui, je suis vraiment contente. Comment dire ? C'est super intéressant parce qu'il y a certains éléments, je ne sais pas, j'assume que tous les auteurs sont un peu comme ça où au moment où on les écrit, on sait à peu près, on sait comment ça va être perçu, on sait à peu près quels sont les éléments qui vont ressortir un peu dans les chroniques et là, je suis vraiment heureuse parce que c'est exactement ça. Donc, je me suis préparée, j'ai l'impression de me mettre bien préparée au retour et dans l'ensemble, c'est très positif donc je suis vraiment contente. C'est une histoire qui me rend un peu anxieuse parce que c'est aussi une histoire extrêmement personnelle puisque c'est vraiment, comment dire, les Antilles, c'est là où j'ai grandi, c'est comment je perçois, disons, en quelque sorte, pas entièrement, mais comment je perçois la culture antillaise et il y a beaucoup de, comment dire, pas de références mais il y a des choses que j'ai vues, j'ai vécues, etc. dans l'histoire. Donc, il y a un côté très personnel parce que c'est très proche de moi contrairement à Sommez-de-Vent où c'était beaucoup plus fictif même si au niveau des thèmes et des personnages, j'ai mis une part, bien sûr, je mets une part de moi dans tout ce que j'écris mais là, j'en ai mis un petit peu plus et donc ça me stressait beaucoup et là, je vois des premiers retours et je me dis, ah, ça va !
Ybelion — trop cool, bravo ! et c'est quoi que t'as découvert sur toi en écrivant les mémoires du sel ?
Mélodie Joseph — ma découverte ? très bonne question, je suis pas sûre ! j'ai découvert que j'étais vraiment très intéressée par le concept de mémoire, je m'en doutais un petit peu avec la Sommez-de-Vent et là, j'ai découvert que c'était vraiment quelque chose que j'adorais écrire, je me souviens avoir parlé lorsque j'ai publié la Sommez-de-Vent, j'avais parlé avec mon éditrice donc à l'époque à qui j'ai travaillé sur le test qui me disait c'est ton premier roman mais tu verras qu'il y a des thèmes qui reviennent toujours dans les romans des auteurs, j'ai hâte de lire des futurs romans et de voir ce qui va revenir et là, je réalise que ouais, ok, je vois, je commence à voir ce qui revient effectivement !
Ybelion — Ah, c'est incroyable ! C'est incroyable ! Et c'est marrant parce que ça, c'est vraiment quelque chose qu'on ne peut pas tellement deviner en avance, en fait, c'est toujours à force, tu écris le deuxième, le troisième, le quatrième et puis là, tu fais, ah ouais, quand même, il y a comme un indice quoi entre tout !
Mélodie Joseph — C'est incroyable !
Le choix de l'auto-édition
Ybelion — Et j'ai vu que pour les mémoires du sel, du coup, tu avais choisi l'auto-édition, qu'est-ce qui a motivé ce choix et qu'est-ce que ça change pour toi dans le processus déjà d'écriture peut-être et puis même là, en période de lancement, qu'est-ce que ça change ?
Mélodie Joseph — Ça change vraiment beaucoup de choses, c'est très différent, donc j'ai voulu passer par l'auto-édition, c'était quelque chose qui m'intéressait depuis très longtemps, ça fait plusieurs années, je suis dans les, comment dire, j'étais dans les communautés d'écriture et d'auteurs en ligne depuis plusieurs années et je voyais beaucoup d'auteurs qui essayaient à l'auto-édition et je me disais, ça a l'air d'être quelque chose de très intéressant, mais ça me faisait toujours très peur parce que ça avait l'air d'être beaucoup de travail et effectivement, ça l'est, mais ça me plaisait beaucoup l'idée d'être aussi proche des lecteurs, mais aussi d'avoir autant de contrôle sur le texte, sur la manière dont on présente le texte au lecteur, donc la couverture, mais finalement, toute la promotion, le fait de pouvoir tout contrôler, parce que disons que j'aime beaucoup aussi avoir beaucoup le contrôle sur les choses, donc ça, c'est quelque chose qui m'attirait beaucoup et avec les mémoires du sel, comme c'est un texte de fantasy, d'inspiration antillaise et disons qu'en édition francophone, j'en connais très peu, j'en ai jamais vraiment lu et j'avais peur d'être obligée de devoir changer le texte pour lui donner une tournure peut-être plus militante ou de devoir modifier certains personnages ou certaines références culturelles simplement parce que dans l'édition francophone, c'est si rare ce genre de texte et j'ai l'impression qu'il y a une certaine, comment dire, peut-être qu'il y a moins envie de publier ce genre de texte, en tout cas, c'est la perception que j'ai en tant que lectrice puisque j'en vois très peu alors que du côté anglo-saxon, il y en a beaucoup plus, comme je suis au Canada, j'ai accès, donc je peux facilement voir les sorties des deux côtés et côté anglo-saxon, il n'y a rien à voir, il y en a énormément, donc je n'avais pas envie d'être confrontée à ça, de devoir modifier mon texte, le retravailler, je voulais que ce soit le plus proche possible de l'idée que j'avais de mon projet en fait d'écrire une fantasy antillaise et donc ça a été ce moment où je me suis dit peut-être qu'il est temps de me tourner vers l'auto-édition, de voir si je suis capable de faire ça et ça change vraiment tout parce qu'on est effectivement au contrôle de tout, c'est ce que je voulais, eh bien je l'ai eu, on contrôlerait vraiment tout ce qui est autour du livre, donc il faut choisir donc la personne, l'illustrateur pour la couverture mais aussi la mise en page, comment ça va être mis en page, comment le livre va aussi, ce à quoi je ne m'attends, ce à quoi je n'avais pas pensé, c'est aussi comment le livre va être distribué donc comment il va être rendu disponible aux lecteurs et ma situation est assez particulière parce que je sais que j'ai des lecteurs au Canada mais aussi en France et donc je voulais que ce soit disponible des deux côtés mais ça rend ça encore plus compliqué par rapport aux prestataires avec lesquels je peux faire affaire. Finalement, le seul prestataire entre guillemets c'est Amazon qui permet d'avoir ce côté international de manière assez facile donc mais je voulais avoir aussi un livre avec jaspage, un beau relié, j'avais beaucoup de rêves quand j'ai commencé ce qui a compliqué beaucoup les choses au final donc c'est à ce moment-là j'ai dû chercher d'autres prestataires qui me permettaient d'avoir ce type de livre mais aussi de pouvoir le vendre à plusieurs endroits et ça a compliqué beaucoup de choses au niveau des taxes de douane j'ai eu affaire à beaucoup d'obstacles j'ai dû affronter beaucoup d'obstacles ces derniers mois mais j'arrive vers la fin et maintenant pour le lancement donc c'est les dernières choses à régler les derniers détails bien sûr il y a des choses auxquelles je ne m'attends pas donc là j'ai eu des chroniqueurs qui m'ont révélé qu'ils ont remarqué des coquilles dans le livre que je n'avais pas remarqué donc heureusement en impression à la demande on peut toujours revenir et puis corriger avant que ça sorte donc merci à eux c'était vraiment super gentil qu'ils me l'aient signalé donc j'ai pu modifier et tout voilà c'est beaucoup de choses à régler je ne regrette pas pour l'instant mais c'est quand même c'est ça je m'attendais à une grande charge de travail et ça l'est effectivement c'est vraiment
Distribution, douane et épreuves : les coulisses
Ybelion — on enfile tellement de casquettes quand on part dans l'auto-édition et c'est ça aussi qui est cool parce qu'on a la totale maîtrise d'absolument tous les aspects mais effectivement tu jongles et je suis d'accord avec toi la partie distribution c'est celle qui est la plus la plus challengeante je dirais parce qu'après quand tu veux faire un bel objet et bah du coup il y a tout il y a tous les histoires de ok comment je l'envoie et là ouais je me rappelle à l'époque c'est marrant parce que moi c'était pour en envoyer un au Canada et on n'avait pas du tout prévu tu vois qu'il y a un livre qui se vende au Canada et là après on était tombé sur le tarif pour envoyer au Canada et là on avait fait alors et en fait en France à l'époque je crois que ça a disparu maintenant mais il y avait un système lettres et brochures ou quelque chose comme ça qui te permettait d'envoyer un livre au Canada pour à peine quelques euros par contre ça mettait genre trois semaines à arriver tu vois et du coup on les avait finalement envoyés comme ça mais c'était ouais c'était vraiment c'est ça c'est la découverte de toutes les casquettes que tu dois porter quand tu te lances dans l'auto-édition
Mélodie Joseph — ouais c'était vraiment quelque chose et aussi j'avais pas prévu une autre chose que je n'avais pas prévu c'était le coût des épreuves mais effectivement j'ai besoin de voir le livre avant de pouvoir le vendre donc c'était à chaque fois la surprise qu'il fallait aussi que je paie les épreuves pour qu'elle puisse venir que je puisse regarder et d'essayer de faire en sorte que le livre soit le plus parfait possible avant de commander l'épreuve donc c'était quelque chose parce que j'ai mon j'ai le grand format ici mais bon il y a une erreur parce que la couverture est plus sombre qu'elle ne le sera en réalité avec le jaspage et donc il est fait au Royaume-Uni et ça complique beaucoup les choses finalement en termes de taxes de douane mais aussi pour le faire venir au Canada pour pouvoir avoir les épreuves c'est le shipping c'est quelque chose c'est vraiment fou donc même pour les lecteurs ça va être difficile les lecteurs au Canada de l'avoir donc je vais le faire venir et je vais le vendre moi-même comme ça rendra les choses plus simples et ça reviendra moins cher aussi pour les lecteurs donc c'était plein de petites choses comme ça auxquelles j'ai dû penser et j'avais pas du tout prévu qu'il fallait qu'elle s'y pense et ça a été la belle surprise quand c'est arrivé
Ybelion — il est magnifique le jaspage avec les fleurs il est vraiment super beau bravo
Mélodie Joseph — merci c'est vraiment un illustrateur avec qui j'ai travaillé donc il a fait la couverture et aussi le jaspage et il y a aussi des endpapers donc des feuilles où c'est des racines comme des racines de palétuvier à l'intérieur dans les marques oui c'est ça exactement donc c'est lui qui a tout fait et vraiment c'est magnifique je suis sûrement content
Ybelion — et lui il sera disponible le 9 octobre c'est ça ?
Mélodie Joseph — oui c'est ça exactement ok
Jumbie, soucougnan et folklore caribéen
Ybelion — ok c'est noté tu m'as trop intrigué j'ai une question tout à l'heure qui me traîne avec mon côté fan de mythologie je dirais il y a du coup est-ce qu'il y a des bêtes fantastiques dans l'histoire enfin en tout cas inspirées de la mythologie caribéenne
Mélodie Joseph — oui ok
Ybelion — est-ce que tu peux raconter enfin donner l'exemple par exemple d'une bête qui ne serait pas très connue alors si ça ne spoil pas l'histoire évidemment mais tu sais qui ne serait pas très connue nous dans le folklore qu'on peut avoir mais qui serait stylée pour nourrir moi ça c'est une question de pure fan de mythologie
Mélodie Joseph — une bête qui ne serait pas très connue je dirais le monstre peut-être qu'il est connu je ne suis pas sûre mais le monstre qui est le plus présent dans le livre c'est le Jambi et je ne sais pas s'il est très connu donc c'est un monstre caribéen qu'on retrouve beaucoup dans les îles anglophones donc très présent en Jamaïque île Vierge etc et c'est en fait il y a plusieurs versions du Jambi c'est pas qu'il y a plusieurs versions c'est une famille donc il y a le Jambi mais au sein du Jambi il y a différentes familles et il y a certains monstres Jambi qui sont connus dans les autres îles donc par exemple le Soukugnan qui est peut-être un peu plus connu je ne sais pas à partir de la famille des Jambi et moi j'ai décidé de m'inspirer de ces différents types de Jambi et de créer mon Jambi spécial en gros c'est un esprit malveillant mais ça peut être une créature un être malveillant et ils ont différents pouvoirs en fonction de celui dont on parle donc le Soukugnan il peut se transformer en boule de flamme on dit qu'il suce le sang des êtres humains donc c'est une sorte un peu vampire à moitié chauve-souris mais il y a aussi le côté boule de flamme et tous les Jambi ont le même point faible donc ils ont quand on leur lance des grains de riz ou des grains de sable ils ont besoin de s'arrêter pour les compter donc c'est ça qui permet de les distraire et de s'enfuir et aussi dans certaines légendes dans certains folklore on dit qu'ils ne peuvent pas franchir les plans d'eau donc si on traverse une rivière ils ne peuvent pas passer par-dessus la rivière ou passer par-dessus un lac pour nous rejoindre et nous attaquer donc j'ai décidé de créer ça mon propre Jambi en m'inspirant de différents attributs des différents types de Jambi qui existent donc mon Jambi il y a il y a des flammes il y a aussi certains Jambis qui ont des chaînes et donc mon Jambi il a des chaînes et il y a des choses qu'il fait avec ses chaînes je ne vais pas non plus trop spoiler je me suis beaucoup amusée à écrire cette créature
Ybelion — c'est trop cool c'est sympa aussi de se je dirais de réinterpréter de s'approprier les mythes et légendes comme ça d'autant plus quand on explore un univers de fantasy il y a plein de choses à faire ça c'est incroyable
Mélodie Joseph — je me suis effectivement je me suis beaucoup amusée et il y avait certains mythes que je connaissais juste de nom mais je ne connaissais pas forcément toutes les versions ni tous les détails et ça m'a aussi permis de mon côté d'en apprendre plus en fait sur le folklore finalement de chez moi donc le folklore de mes parents de la Martinique de Saint-Martin et j'ai pu découvrir plein de choses finalement les créatures que je connaissais le plus c'était donc le soucouni en maman de l'eau mais c'est finalement celles qui sont les plus connues et j'ai réalisé qu'il y avait vraiment tellement d'autres créatures avec lesquelles je pouvais faire tellement de choses il y en a une en particulier que j'aime beaucoup donc Maître Minoui qui est un géant avec ça on raconte qu'il est tellement grand que sa tête disparaît dans les nuages et il erre au niveau des carrefours la nuit et c'est pour en gros ce mythe a été créé pour encourager les gens à ne pas traîner tard le soir les décourager en fait de traîner trop tard le soir dans les rues parce que le simple fait de voir Maître Minoui peut être tellement terrifiant et ça peut tuer quelqu'un de peur donc ça c'est un mythe que je ne connaissais pas et je l'ai découvert en faisant des recherches pour ce livre et j'ai réalisé que j'adorais c'est un mythe préféré et puis il y avait aussi des douaines que je connaissais un petit peu et que là j'ai vraiment pu apprendre à connaître donc des enfants qui entendent des prénoms d'autres enfants et qui les répètent dans les bois pour les égarer ça c'est comment dire j'avais toujours entendu parler de ce mythe mais vaguement et là j'ai pu rentrer un peu plus dans les détails et en apprendre plus donc
Ybelion — je trouve ça en fait ce qui me fascine je crois dans toutes ces mythes et légendes ou ces contes c'est à quel point les gens qui les ont inventés sont créatifs c'est fou c'est quand même fou tu vois j'ai vraiment le coup de lui lancer du riz pour qu'il compte je trouve ça incroyable et tu vois j'aimerais bien je ne sais pas pourquoi c'est peut-être la curiosité mais je me dis j'aimerais trop voir cette scène tu vois qu'est-ce qui s'est passé dans la tête du gars ou de la nana qui a inventé ça à un moment où il s'est dit là je vais ok le piège c'est si on lui lance des grinderies il est obligé de les compter c'est une super idée je trouve ça génial c'est vraiment
Mélodie Joseph — c'est vraiment créatif
Ybelion — ouais
Mélodie Joseph — c'était quelque chose que j'adorais quand j'étais enfant ça faisait toujours rire mais moi aussi je me demande souvent où est-ce qu'ils sont allés chercher toutes ces idées ces concepts parce qu'il y a des choses vraiment très originales
Ybelion — je trouve que ça permet aussi de dédramatiser tu vois toutes les idées les histoires comment on trouve une bonne histoire il suffit d'ouvrir son placard de voir qu'il y a un bocal de riz et puis hop voilà et ça tu peux le faire avec tout et n'importe quoi et c'est je trouve que c'est trop cool tu te dis en fait la créativité c'est partout c'est incroyable et d'ailleurs en parlant de créativité magie du sel donc c'est ça
Mélodie Joseph — oui
D'où vient la magie du sel
Ybelion — comment ça t'est venu cette idée
Mélodie Joseph — c'était lié au Jambi donc au fait qu'on peut lui lancer un bocal de riz de grains de sable mais aussi de grains de sel et puis j'ai réalisé que ça a créé aussi un lien avec d'autres éléments dans l'histoire parce que je me suis beaucoup inspirée donc de Saint-Martin la faune de la flore et aussi finalement de l'île en elle-même pour créer à l'île imaginaire des mémoires du sel et le nom de Saint-Martin le vrai nom autochtone de Saint-Martin c'est Swaliga qui signifie l'île au sel et donc je trouve et en fait c'est en référence au fait que Saint-Martin a beaucoup d'étangs qui sont très riches en sel donc lorsqu'on se balade à Saint-Martin au bord de certaines plages donc il y a beaucoup de mangroves d'étangs je dirais de marais mais c'est pas vraiment ça et puis ils sont tellement riches en sel qu'on voit des dépôts de sel donc des petits tas de sel au bord des rives et donc c'est des éléments comme ça qui m'ont inspirée lorsque j'ai créé l'île de Halit et donc après par association j'en suis venue à penser au jambi au sel peut-être pour l'arrêter et après à une magie qui pourrait peut-être être associée à ça mais la magie d'Halit est assez particulière parce qu'il y a un spoiler dans Magie du sel et c'est une magie qui est interdite donc c'est une magie qui est très secrète et on en apprend au fur et à mesure de l'histoire et c'est vraiment à la fin finalement qu'on sait vraiment c'est quoi cette magie quel est son lien avec le sel etc
Ybelion — ok c'est un trop intéressant en tout cas ça me rend très curieux de découvrir de découvrir ça c'est en fait c'est pareil on peut faire de la magie avec tout et n'importe quoi et ça donne plein d'idées c'est incroyable c'est incroyable tu vois c'est marrant parce que à chaque fois le je me dis ça c'est une idée je l'aurais eu j'aurais été trop heureux et du coup je suis trop content de pouvoir la découvrir sans l'avoir eu parce que du coup je vais être surpris du début à la fin ah c'est trop cool c'est trop cool et j'ai vu dans le que la semeuse de vent c'était une tétralogie c'est ça
La suite de La Semeuse de vents et le prochain roman
Mélodie Joseph — oui c'est ça
Ybelion — et donc ça c'est tu le alors j'ai compris que tu écrivais tu écrivais pas deux projets en même temps et là t'as déjà le prochain projet en tête
Mélodie Joseph — oui donc c'est ça la semeuse de vent les quatre tomes sont écrits et donc les deux premiers sont sortis et les deux prochains doivent encore sortir mais je vais pas trop en dire même si la nouvelle sortira très bientôt mais les deux prochains sont prévus pour 2027 mais je vais pas donner plus d'informations par rapport à ça et je suis en train de travailler sur ce qui viendra normalement après et c'est vraiment très comment dire c'est une histoire qui est très différente de la semeuse de vent ou encore des mémoires du sel ça fait un moment que je voulais écrire sur une magie liée au sport et là je me suis dit je vais écrire quelque chose en lien avec la course à pied parce qu'il y a une période il y a deux ans un an où je faisais beaucoup de courses à pied je courais beaucoup et un jour pendant que je courais j'ai eu une idée pour une histoire et donc c'est ça c'est une histoire qui est basée sur la course mais ça parle de coureuses qui peuvent courir sur l'eau et tout le concept tourne autour du fait qu'il y a des courses durant lesquelles on peut courir sur l'eau et c'est une histoire très particulière toutes les personnes à ce moment-là que je parle un peu de cette histoire les gens me disent c'est un peu bizarre tu es sûre que ça va donner une bonne histoire pour l'instant je pense que oui ça se passe bien je suis en train d'écrire le premier jet pour l'instant ça se passe bien
Ybelion — je ne sais pas si c'est bizarre ou pas mais en tout cas moi encore une fois ça me rend très curieux tu vois j'ai envie de me dire que tu es en magie du sport incroyable c'est trop cool c'est trop cool et c'était quand en fait tu avais fini d'écrire toute la tétralogie avant de commencer à la publier c'est ça ?
Mélodie Joseph — non je l'ai écrit au fur et à mesure donc plus ou moins j'avais à chaque fois un livre d'avance donc c'est ça quand le tome 2 est sorti il y a eu un peu de décalage et donc à ce moment là j'ai terminé le tome 4 et donc ouais
Ybelion — mais t'as été t'as été hyper est-ce que le tome 2 ah non c'était peut-être la version en France qu'elle est sortie début 2025 non ?
Mélodie Joseph — c'est ça effectivement mais il y avait un décalage par rapport au Québec donc un an donc c'est sorti un an avant au Québec ok
Ybelion — et en fait du coup c'est et le premier tome c'était en quelle année ? j'ai pas regardé je suis désolé 2023
Mélodie Joseph — oui à chaque fois on me pose une question et je suis là je ne sais pas je devrais savoir
Un livre par an et le rêve d'écrire à temps plein
Ybelion — c'est du coup t'as une cadence qui est quand même à peu près un livre un livre par an en fait c'est ça ?
Mélodie Joseph — j'essaye de j'essaye de maintenir cette cadence puisque malheureusement j'ai l'impression que dans l'édition actuelle il y a un certain rythme qui est aussi demandé des auteurs pour essayer comment dire de bâtir une carrière en lien avec l'écriture donc moi ça serait ça a toujours été mon rêve j'aimerais vraiment pouvoir être autrice à temps plein même si je sais que c'est tellement difficile et que la majorité pour la majorité des auteurs c'est impossible c'est très difficile à réaliser donc j'essaye de maintenir cette cadence d'un livre par an même si c'est pas toujours facile là je sais que pour l'histoire que je suis en train d'écrire j'ai écrit lentement parce que j'ai plein d'autres projets en même temps donc là il y avait l'apparution des mémoires du sel il va y avoir les deux prochains tomes de la Sommeuse de Vente qui vont sortir aussi très rapidement l'un à la suite de l'autre donc je sais que tout ça c'est pas des distractions mais disons que pour moi tout est une distraction de l'écriture c'est vraiment mon activité préférée donc c'est des choses qui m'éloignent de l'écriture qui m'obligent à faire des pauses plus régulières et je peux pas forcément écrire même si j'aurais envie même parce que mon temps libre est aussi limité puisqu'à côté je dois aussi travailler j'ai d'autres obligations donc je sais que ce livre là va me prendre plus de temps mais j'espère pouvoir le terminer d'ici l'année prochaine pouvoir le terminer l'envoyer à mon agent et commencer à regarder les maisons d'édition qui pourraient être intéressées
Des premières histoires aux fanfictions
Ybelion — incroyable c'est le je sais pas pourquoi elle me revient maintenant cette question parce que j'entends que l'écriture finalement si tu pouvais faire que ça tu ferais que ça a été quoi quand t'étais petite le moment enfin le tu sais la bascule où tu te dis mais en fait je veux faire ça moi aussi je veux faire ça
Mélodie Joseph — j'ai j'étais vraiment très jeune j'ai l'impression que j'ai toujours voulu écrire parce que je me souviens de la première histoire que j'ai écrite et j'étais très jeune puisque c'était une histoire inspirée des livres je sais pas si tu vois de quoi je parle mais il y avait comme des livres qu'on pouvait recevoir mensuellement je sais pas si ça existe toujours et c'était je lis déjà j'aime lire des magazines avec des petites histoires et des bandes dessinées et des jeux et donc j'étais abonnée à je lis déjà donc j'étais vraiment très jeune parce que je pense que c'est adressé 6 ans 7-8 ans 6-8 ans et j'avais écrit une histoire inspirée d'une des petites histoires que j'avais lues dans ce livre là et je crois que c'était la première histoire que j'ai écrite peut-être pas peut-être que je me trompe mais je crois que c'était la première et à partir de là je sais que j'ai jamais vraiment arrêté d'écrire j'écrivais toujours des petites histoires des textes puis en grandissant j'ai découvert j'allais dire j'ai découvert internet mais j'ai découvert le monde comment dire des fanfictions donc j'ai passé beaucoup de temps aussi à écrire des fanfictions en ligne à les partager aussi sur différentes plateformes des fanfictions que je ne terminais jamais puisque j'étais incapable de terminer des histoires à l'époque et je savais que c'était ça que j'aimais faire je savais que je voulais écrire comme j'ai toujours beaucoup aimé lire donc je me suis comment dire pour moi c'était logique d'écrire aussi je ne sais pas dans mon esprit je me disais j'aime lire des histoires j'ai des histoires dans ma tête aussi donc je vais les écrire pour pouvoir le lire ou que d'autres personnes les lisent comme moi et j'aime lire des histoires et puis je ne sais pas à quel moment parce que je sais que pendant une période j'étais consciente que c'était difficile et impossible et ça m'a ralenti dans mon activité dans l'écriture j'écrivais moins parce que je savais que c'était un rêve un peu impossible de vivre de l'écriture donc je me suis tournée vers d'autres professions donc j'ai fait des études en communication et c'est ce que je fais actuellement en dehors de l'écriture mais j'ai toujours écrit quand même à côté même si c'était principalement des fanfictions et il y a eu un moment je pense que c'est lorsque j'ai écrit mon mémoire où j'ai réalisé que non je veux vraiment essayer de publier un livre je veux vraiment tenter ça et voir où est-ce que ça va m'emmener peut-être c'est le fait finalement de lire autant parce que comme mon mémoire était sur l'afrofuturisme de lire autant sur la représentation et j'ai réalisé à ce moment-là que je voulais écrire aussi et apporter quelque chose à ça et c'est peut-être ce qui me manquait finalement pour m'engager complètement dans cette direction c'était d'avoir quelque chose de plus que le simple désir de raconter mes histoires ça déjà c'est important mais là j'avais vraiment une motivation pour partager ces histoires à plus de monde parce qu'à chaque fois je me dis si c'était juste pour écrire j'écrirais je pense pour toujours je ferais ça tout le temps mais partager pour moi c'est secondaire j'adore recevoir les retours de lecteurs j'adore l'idée de pouvoir partager à d'autres personnes mais pour moi c'est toujours secondaire à l'acte d'écrire écrire pour moi c'est quelque chose que j'aime vraiment plus que tout et je le fais naturellement depuis tellement longtemps donc j'avais besoin de cette raison supplémentaire pour me pousser à partager et à vouloir vraiment bâtir une carrière autour finalement de l'acte d'écrire mais aussi de partager avec d'autres personnes et là l'idée de pouvoir et ça contribue à bâtir un imaginaire plus riche ça m'a vraiment ça m'a vraiment motivée ça m'a donné la motivation qui me manquait pour terminer quelque chose et puis vraiment contacter des éditeurs
Ce qu'elle aime dans l'acte d'écrire
Ybelion — c'est qu'est-ce que qu'est-ce que t'aimes-t-on dans l'acte d'écrire ?
Mélodie Joseph — c'est vraiment pas ça vient comme je dis ça vient naturellement mais je pense que c'est parce que je le fais depuis tellement longtemps donc j'ai régulièrement des idées d'histoire et je veux les écrire et puis voir qu'est-ce que ça m'a donné et j'ai aussi souvent comment dire quand je rote vraiment dans une histoire je peux oublier tout ce qui se passe ne pas regarder l'heure qui passe et vraiment oublier de faire autre chose donc c'est vraiment comment dire c'est très c'est ça fait partie de moi c'est ça j'aime le fait de pouvoir m'évader imaginer d'autres personnages mais aussi voir qu'est-ce que ça va donner après parce que même si je planifie mes histoires il y a toujours un élément de surprise parce que je vis vraiment l'histoire qu'en l'écrivant donc j'ai l'impression de vivre vraiment les personnages ce que les personnages vivent et ce que les personnages ressentent au moment où je l'écris et donc il y a toujours cet élément de je me demande qu'est-ce qui va vraiment se passer émotionnellement et je veux aussi le vivre lorsque j'écris et c'est quelque chose que c'est ça que j'adore
Ybelion — c'est tellement je trouve difficile d'expliquer ce qu'on aime tant dans l'acte d'écrire c'est pour ça tu vois je pose toujours la question parce que je crois que moi aussi je cherche la réponse qu'est-ce qu'il y a je te rejoins beaucoup et d'ailleurs c'est intéressant que tu le partages parce que tu as expliqué aussi que tu t'organisais beaucoup et quelque part derrière pourrait se poser la question ah mais donc du coup tu sais exactement tout ce qui va se passer et en fait pas tout à fait il y a toujours ce petit élément de surprise ce petit hasard mais c'est ça c'est la perpétuelle surprise on se surprend en écrivant à un moment le personnage décide tout seul puis c'est comme si tu te réveillais tu te dis c'est quand même marrant là où il m'emmène il y a ouais c'est tu vois j'ai pas les mots parce que je crois que c'est difficile d'expliquer vraiment ce qu'on aime dans ce processus mais ouais quand tu dis le hasard et puis le côté émotionnel ok qu'est-ce que je vais ressentir je pense que là tu commences à toucher quelque chose de très juste quand même
La compassion pour ses personnages
Mélodie Joseph — qu'est-ce que le personnel va me faire ressentir aussi puisque disons que mes personnages des fois je sais qu'ils vivent certains événements c'est tellement étrange de parler comme ça parce que c'est tellement difficile à exprimer mais comment dire ils ont des personnalités différentes de la mienne même si je mets une part de moi en eux et je les écris vraiment j'ai l'impression qu'écrire c'est aussi beaucoup un processus d'empathie de compassion donc j'ai beaucoup de compassion pour tous mes personnages même les personnels les plus horribles dans mes histoires j'ai toujours beaucoup j'ai l'impression que j'ai personnellement besoin de cette compréhension de cette compassion pour pouvoir les écrire d'une manière que je vais trouver satisfaisante et donc j'ai toujours je me demande toujours qu'est-ce que ce personnel va ressentir il me fera ressentir en le ressentant donc c'est aussi beaucoup ça donc ouais
Ybelion — ça c'est super beau ce que tu as partagé sur le besoin d'empathie envers nos personnages je ne l'avais jamais verbalisé comme ça je trouve que c'est super bien dit et parce qu'en fait c'est aussi regarder en fait ça qui est marrant tu vois moi c'est ça qui me fascine dans le processus d'écriture dans ce qui bloque les auteurs etc c'est on se rend compte que tout ce que nos personnages vivent quelque part ça a toujours aussi un rapport avec ce qu'on est en train de traverser et quelque part quand tu fais preuve d'empathie envers tes personnages c'est comme si tu t'autorisais toi-même aussi tes propres faiblesses tu vois ta propre vulnérabilité et donc tu t'autorises à l'explorer et c'est là qu'il y a cette petite étincelle qui t'emmène après ah c'est ah j'aime beaucoup merci pour ce partage
Mélodie Joseph — ça me fait plaisir
Fullmetal Alchemist et Bleach
Ybelion — ça je le noterai je te citerai à chaque fois que je le réutiliserai je trouve ça super cool et j'ai voulu te poser la question tout à l'heure les fanfictions c'était sur quoi ?
Mélodie Joseph — ah sur beaucoup j'ai vraiment été dans tout je vais pas trop en dire parce que je sais qu'il y en a certaines qui traînent toujours en ligne donc mais après au début c'était surtout sur tout ce qui était animé et manga parce que j'ai grandi avec l'animation puis après je suis allée vers les livres et puis plein d'autres choses
Ybelion — c'était quoi le manga qui t'a le plus marqué toi et qui encore aujourd'hui t'inspire beaucoup ?
Mélodie Joseph — il y en a deux donc Fullmetal Alchimist et Bleach c'est vraiment les mangas de mon adolescence je dirais et j'y pense régulièrement je pense que je ne pourrais jamais parce que comment dire il y a vraiment des oeuvres j'ai l'impression même si on sait qu'en grandissant on voit beaucoup les défauts on sera toujours attaché il y aurait toujours quelque chose qui va nous ramener vers ces oeuvres et pour moi ça sera toujours Fullmetal Alchimist et Bleach
Ybelion — je trouve qu'elles ont très bien vieilli pour le coup ces deux là
Mélodie Joseph — oui
Ybelion — je les trouve toujours très actuels dans les thématiques ça fait longtemps que je ne les ai pas que je ne les ai pas lu ceux là ça va trop cool il y a une question que j'aime bien poser pour clôturer après tu m'as déjà franchement l'anecdote des grinderies c'est déjà c'est déjà masterclass mais si tu avais quelque chose de cocasse ou un peu rigolo à raconter sur les mémoires du sel ou sur le processus qu'est-ce que tu pourrais raconter ?
Anecdote : les scènes qui l'ont fait rire
Mélodie Joseph — quelque chose de marrant je ne sais vraiment pas je ne sais pas qu'est-ce que je pourrais dire de marrant il y a certaines scènes difficiles pour les personnages qui m'ont fait beaucoup rire j'ai beaucoup aimé les écrire en les écrivant j'ai beaucoup ri et les personnes donc mon livre j'ai des amis qui ont lu ma soeur aussi a lu le livre et elle m'a dit qu'en lisant ces scènes même si c'était des scènes difficiles elle savait que je riais elle pouvait m'entendre rire en lisant les scènes donc voilà
Ybelion — ah là ça donne une petite mission à ceux qui découvriront les mémoires du sel c'est trouver les scènes où tu as rigolé quand tu les écrivais
Mélodie Joseph — où j'ai rigolé comme un professeur magnifique
Conclusion
Ybelion — je vois très bien incroyable merci beaucoup Mélodie d'être venue partager autour des mémoires du sel et de toutes l'esprit caraïbéen que ça porte sache que tu m'avais déjà convaincu avant mais je suis un grand fan de fantasy donc j'ai vraiment envie d'aller découvrir ce que tu as écrit et bravo pour l'avoir aussi lancé en auto-édition avec ce beau jage-page et je te souhaite vraiment une belle réussite avec ce roman et puis les autres aussi même si la semise devant est déjà une réussite évidemment mais ouais merci beaucoup
Mélodie Joseph — merci ça fait vraiment plaisir cette petite discussion
Ybelion — merci d'être là épisode après épisode si ce podcast t'inspire t'aide ou te mets du baume au coeur t'abonner mettre 5 étoiles et le partager c'est le meilleur moyen de m'aider à toucher le plus de gens qui ont un livre en eux parce qu'après tout plus il y a de livres écrits et mieux le monde se porte à très vite pour écrire
AU MICRO AVEC
Mélodie Joseph
Mélodie Joseph est née en Martinique, a grandi à Saint-Martin et vit à Montréal. Titulaire d'une maîtrise en communication, elle a consacré son mémoire à l'afrofuturisme. Elle signe La Semeuse de vents, série de fantasy parue chez VLB éditeur puis en Folio Fantasy, ouverte par La Respiration du ciel et La Chèvre noire. Avec Les Mémoires du sel, elle choisit l'auto-édition pour une fantasy d'inspiration caribéenne.
Ancien ingénieur en sûreté nucléaire, j'ai tout quitté pour l'écriture. J'anime Ose Écrire et j'accompagne les auteurs autour de trois clartés : le rythme, l'identité, l'intention. Toi aussi, tu as un livre qui attend ?