Un sculpteur ne taille jamais un bras de marbre puis se demande si c'est joli avant de continuer.
Alex Clark en est à son 7e roman. Elle a appris en chemin que demander un avis sur un premier jet à moitié écrit, ça revient à demander à quelqu'un de juger une silhouette qu'on n'a même pas commencé à dégrossir.
Souvent, sous la demande d'avis, il y a autre chose. Une procrastination active déguisée en sagesse. Une envie de refiler le bébé à un bêta-lecteur. Une recherche silencieuse de permission : la permission d'arrêter, de douter, de fuir.
Le seul avis qui compte vraiment au premier jet, c'est le tien. Quand toi tu kiffes ce que tu écris, tes lecteurs finiront par kiffer aussi. Quand toi tu n'aimes pas ce qui sort de tes doigts, aucun bêta-lecteur ne réussira à sauver le manuscrit.
Alex le résume parfaitement dans l'épisode : « écris ton premier jet sans demander l'avis à personne. On ne modifie pas quelque chose qui n'est pas fini. »
À écouter en entier dans l'épisode 115.
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LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE
CAROUSEL À VENIR
Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.
Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Introduction
Ybelion — Bienvenue dans cet épisode où j'accueille Alex Clark, autrice de romans Safik. On parle de son dernier livre, Storm Between Us, de son processus créatif, de critiques, de flots et de thèmes puissants à explorer. Je vous laisse avec cet épisode passionnant et je vous souhaite une très bonne écoute. Moi c'est Sam, Ybelion de Monde en Plume. Je suis écrivain, coach ICF et j'ai créé Ose Écrire, un accompagnement pour celles et ceux qui veulent enfin accomplir leur rêve d'écrire un livre. Ce podcast a la même intention, c'est ton rendez-vous, inspiration, discipline et passage à l'action. Et si ça te parle, abonne-toi, mets 5 étoiles et partage autour de toi. Parce que plus il y a de gens qui osent, plus d'autres oseront à leur tour. Allez, c'est parti et bonne écoute. Et j'ai trop envie de savoir comment c'est de vivre en Espagne, d'écrire en Espagne.
Alex Clark — C'est trop bien, franchement c'est trop bien. Il y a encore une semaine là, je suis partie en France pour le salon du livre lesbien. Et j'avais qu'une hâte c'était de revenir chez moi ici en Espagne. Donc vraiment non, c'est une douceur de vivre qui est incomparable forcément. Et c'est beaucoup plus chill, j'ai envie de dire. Les gens sont plus chill, plus cool. C'est vraiment, c'est pas un mythe quoi. C'est vraiment l'Espagne, c'est tranquille quoi. Donc en plus je suis dans le sud de l'Espagne. Donc pour le coup j'ai de la chance, il fait beau vraiment toute l'année. Là ça va me faire mentir parce qu'il y a des nuages. Mais sinon non, il fait beau toute l'année, on a trop de chance. Donc c'est juste un régal de vivre en Espagne. Ça va faire 4 ans je crois.
Ybelion — 4 ans ouais. Ok. C'est trop bien en vrai. Je te le dis avec une petite admiration. Parce que moi j'ai toujours trouvé ça trop cool. Les gens qui osaient partir, tu vois, s'installer dans un pays étranger. C'est trop bien.
Alex Clark — En vrai c'est cool mais c'est pas si compliqué que ça.
Ybelion — Ouais, mais oui.
Alex Clark — De franchir le pas.
Ybelion — Je pense que je m'en fais une montagne, tu vois. Je me dis voilà tout ce qu'il faut gérer alors qu'en vérité il y a juste à prendre ses bagages et puis après advienne que pourra quelque part. C'est ça. Et est-ce que t'as...
Alex Clark — Puis ça reste l'Espagne, tu vois, c'est l'Europe. C'est pas... Je suis pas dans un pays où je comprends rien comme le Japon, des trucs comme ça. C'est... Les cultures c'est assez similaire quand même.
Ybelion — Ouais, ok. Est-ce que t'as ressenti un changement dans ta manière d'écrire quand t'es passée du coup d'un environnement... Enfin, à un environnement qui te correspond beaucoup plus ?
L'Espagne, le burn-out et l'écriture qui revient
Alex Clark — Alors, d'autant plus que je n'écrivais pas. Quand j'étais en France, j'écrivais pas, j'étais pas sur les réseaux sociaux. Ok. Et en fait, quand je suis... J'ai fait un burn-out avant de partir de France. Et du coup, toute ma vie, ça a un petit peu chamboulé. Je me suis remis en question. Je savais plus trop ce que je voulais faire. Même qui j'étais. Enfin, des questions un peu bateau. Mais quand on fait un burn-out, on remet un peu toute sa vie en question. Et je suis restée du coup entre mes deux emplois un mois sans travailler. Et ça ne m'était pas arrivé depuis mes 17 ans, je crois. Et du coup, ça fait bizarre. Je ne sais pas si t'as déjà connu le sentiment. Mais ça fait bizarre de rien avoir à faire. Et du coup, on a juste à penser. Et tout ce qu'on garde forcément à l'intérieur de nous, qu'on repousse un peu plus loin. Genre en mode, j'ai pas le temps d'y penser. Genre tout remonte. Et forcément, là, on se prend un peu une claque dans la tête. En disant que toutes les choses qu'on n'avait pas voulu pointer ou qu'on n'avait pas voulu faire attention avant, forcément, là, c'est le moment. Ton cerveau, il te dit, ah bah, t'as plus rien à faire, t'as plus rien à penser. Bah, pense à ça. Donc voilà. Et en fait, depuis toute jeune, je faisais des scénarios dans ma tête, etc. Et en fait, c'est venu d'un truc hyper bâton. À ce moment-là, je faisais que de lire, que de lire, que de lire pour m'échapper un petit peu de mon ressentiment à ce moment-là. Et du coup, un jour, j'ai dit à ma femme, j'ai dit, putain, mais j'arrive pas. Je m'endors trop vite. Je m'endors avant que je puisse continuer mon scénario. Déjà, phrase très bizarre. Et elle m'a dit, bah, écris genre ton truc. Comme ça, tu reprends à partir de ce que t'as écrit. Du coup, je faisais, ouais, bah, ok. Et à ce moment-là, je lisais. Je pense que tu connais la plateforme Wattpad. Ouais. Du coup, je lisais à ce moment-là sur ça. Et elle m'a dit, bah, écris ton truc et publie-le là-dessus. Et j'étais là dans ma tête. J'ai dit, mais qui va aimer ce qui se passe dans mon cerveau ? Vraiment. Et j'ai commencé à écrire comme ça. Et en fait, les gens, ils ont kiffé. Ils ont vraiment adoré. J'avais des super bons retours. Alors forcément, mon niveau d'écriture à ce moment-là et mon niveau d'écriture maintenant n'était pas du tout même. Il s'est passé quatre ans. Mais en fait, ça m'a donné vraiment ce truc en mode, ah ouais, il y a des gens qui aiment, en fait, ce qui se passe dans mon cerveau. Très bizarre. Et du coup, en fait, ça m'a un peu lancée. Et le fait d'être en Espagne, de connaître personne. Tu sais, un peu son entourage quand on grandit. Surtout que j'ai fait mon coming out pas très longtemps avant de partir de France. Il y a quelques années de ça. Parce que j'avais déjà vécu aux Etats-Unis. Et du coup, j'étais dans un environnement un peu qui ne me plaisait pas. Et du coup, d'être libérée de tout ça, ça m'a un peu fait renaître. Et être vraiment qui j'étais. Et c'était vraiment trop cool. C'est un peu létonné de la question. Désolée.
L'environnement libérateur et la naissance de Captain Queen
Ybelion — Non, au contraire, c'est trop cool. Et merci de le partager parce que c'est hyper inspirant. Et en fait, j'aurais tellement de choses sur lesquelles rebondir. Je ne sais pas par où commencer. Je crois que ce qui m'a touché en premier dans ton partage, c'est qu'il y a l'ennui au début. Ce moment de flottement où quelque part, tu ne te retrouves que toi et toi-même. Et là, tu as l'ennui qui revient. Et du coup, tu as l'imagination qui repart. Et hop, ça déclenche. Et derrière ça, ce que je trouve encore plus beau, c'est que c'est finalement ta femme, donc celle avec qui tu partages ta vie, qui te met sur un chemin que tu n'aurais peut-être pas exploré si elle n'avait pas été là.
Alex Clark — Complètement.
Ybelion — Et ce truc, en fait, à chaque fois, j'hallucine parce que ça paraît hyper bête de juste dire à quelqu'un pourquoi tu ne m'écris pas à l'écrit. Et pourtant, ça change tout. De ouf.
Alex Clark — Parce que quand on est tout seul face à ça, on se dit absolument pas. Personne ne va aller lire ce qui se passe dans ma tête. Ça paraît complètement what the fuck en plus. Et au final, tu te dis genre ah ouais. En fait, il y a une phrase très humaine, c'est que tout ce qu'on vit, quelqu'un d'autre l'a déjà vécu. Et peu importe dans tous les domaines, dans tout ce qui se passe, il y a forcément quelqu'un qui va se sentir vu par rapport à ce que tu écris, par rapport à ce que tu traverses et tout. Et juste pour rebondir par rapport à ça, tu vois, excuse-moi, des fois quand j'écris des choses, je verse des larmes. Des fois, je pleure quand j'écris mes livres beaucoup parce que je fais des personnages qui n'ont pas eu des vies franchement très faciles. Et quand je reçois des dizaines de messages qui m'ont dit mais merci en fait, parce qu'en fait, j'ai mis les mots sur ce que tu as écrit, j'ai mis les mots sur ce que je vivais au quotidien ou ça m'a touché parce que je me suis sentie vue et tout. Et c'est la meilleure des récompenses franchement.
Ybelion — Ouais, c'est inestimable. Et je sais pas, du coup, je suis curieux de savoir toi, ce que ça t'a fait la première fois. Parce qu'en fait, effectivement, je trouve qu'on s'en rend pas compte. On le sait, tu vois, on le dit. Oui, l'histoire que tu as traversée, quelqu'un d'autre l'a aussi forcément traversée. Mais qu'est-ce que tu ressens la première fois que quelqu'un te dit, merci d'avoir écrit sur ça, je me suis vraiment reconnu et ça m'a fait du bien, tu vois ?
Alex Clark — D'un côté, je me sens très reconnaissante. Et à la fois, je me sens un petit peu triste, forcément, pour cette personne, parce que je me dis que ce que j'ai écrit dans un personnage et ce que j'ai potentiellement traversé avec eux, c'est pas des choses très faciles. Donc, je me dis, si j'ai pu les aider un peu dans leur chemin de vie vers la guérison ou vers quelque chose d'autre, bah franchement, trop bien. Tu vois, même là, tu vois, sur l'histoire d'Emma, donc dans Capitaine Queen, qui intègre l'armée et tout, et qui a énormément de traumas sur son passé, j'ai eu des militaires qui m'ont écrit et qui m'ont dit franchement, merci et tout. Alors forcément, moi, j'ai pris des raccourcis dans mon histoire, parce que je suis pas là pour faire un manuel, tu vois. Donc forcément, j'ai pris des raccourcis cinématographiques, pour que ça rende mieux. Mais quand même, j'ai des gens qui m'ont dit, ouais, c'est merci, en fait, c'est ce que je vis au quotidien, mais en même temps, c'est d'écrire là-dessus, ça m'a vraiment touchée et je me suis sentie vue et genre, ça m'a plu, quoi.
Les retours bouleversants des lecteurs
Ybelion — Donc, c'est trop bien.
Alex Clark — C'est très bizarre en même temps, mais c'est bien.
Ybelion — Ouais, c'est ça, je suis d'accord. Il y a un sentiment... Mais c'est un peu ce que tu partageais tout à l'heure en disant, attends, mais il y a des trucs dans ma tête qui vont résonner chez d'autres et c'est assez fou, ouais. C'est assez fou. Mais du coup, c'est ça, l'autre chose qui m'était venue après. C'est quelle première idée, du coup, que t'as écrite ? Enfin, finalement, les premiers scénarios que tu te faisais ?
Alex Clark — C'était Capitaine Quinn, du coup. Mon premier scénario parce qu'avant de rencontrer ma femme, j'avais la volonté d'intégrer l'armée. Donc, j'étais un peu... Alors, je n'idéalisais pas, attention, mais les... C'est très bien ce que je veux dire. Les femmes en uniforme, etc. Genre, ça m'a toujours plu. Et je trouve comme ces typologies de métiers quand même incroyables. Les gens, ils mettent leur vie vraiment en parallèle, enfin, en peau sur le côté. Ils se donnent, enfin, corps et âme à quelque chose. Et en fait, du coup, j'avais tout le temps le scénario. Alors moi, j'écris toujours par scène. Enfin, je pense toujours un livre par scène ou par scénario, comme j'ai expliqué dans une interview que j'ai fait pour mon dernier roman. J'imagine comme si c'était un film dans ma tête. Et après, j'écris les scènes. Et d'ailleurs, ce qui est très marrant avec ça, c'est que quand je lis, je fais la même chose. Et ce qui fait que l'autre jour, j'étais en train de lire un livre et je me dis, ah, mais j'ai déjà vu cette scène dans un film. Et moi, je me dis, mais n'importe quoi, c'était pas dans un film, c'était dans un livre. En fait, moi, je m'en rappelle comme si je l'avais vu en film. Du coup, des fois, je peux dire, si ça, je l'ai vu en film. Pas du tout. Donc, le premier, c'était Capitaine Coulé.
Ybelion — OK, OK. Et le... Qu'est-ce que ça a changé quand tu l'as terminé ?
Alex Clark — Déjà, un sentiment de... Ça a changé beaucoup de choses parce que je suis quelqu'un qui aime faire beaucoup, beaucoup de choses et je me lasse très vite des choses. Et en fait, quand j'ai écrit ce livre, je me suis rendu compte que je pouvais passer des heures et des heures et des heures à écrire et à imaginer et à mettre... Enfin, à coucher, pas sur papier parce que je n'écris pas la main, mais sur l'ordi, vraiment, mes idées, mon âme et tout. Et c'est vraiment quelque chose que j'ai découvert en découvrant l'écriture. Avant, je ne pouvais pas rester concentrée plus d'une heure et demie, quoi. Ça me saoulait. J'avais envie de faire autre chose. Mon cerveau, il était ennuyé. Fallait que ça aille vite. Et quand j'ai découvert l'écriture, je me suis dit, je peux rester genre sept heures de suite. Enfin, vraiment, des fois, j'ai faim, tu vois. Tu fais ça. Mais je peux rester genre super longtemps hyper concentrée et dans le flot, quoi. Vraiment, je suis dans... Même des fois, je ne suis même plus en train d'écrire. Je suis en train juste de vivre le truc. Et du coup, quand quelqu'un me coupe, j'ai l'impression que je mets sur pause sur mon film, quoi. Et c'est vraiment ça. Et ce flot-là, je l'ai vraiment découvert avec ça. Donc ça, ça a été vraiment quelque chose de dingue. Et quand j'ai fini cette histoire, je me suis dit, mais en fait, je veux continuer. Je veux continuer à écrire. Et en fait, tous les scénarios que j'ai dans ma tête, parce que je suis quelqu'un forcément... Je suis très, très... J'ai beaucoup, beaucoup d'imagination. Et du coup, je me suis dit, mais en fait, je ne veux jamais m'arrêter. Je ne veux jamais m'arrêter d'écrire et je veux continuer. Et aussi, quand j'ai terminé Capitaine Coul, je me suis dit, bon, il faut que je reprenne tout depuis le début parce que certes, les gens qui étaient sur boîte pas disent aimer, mais je pense que je peux l'améliorer encore.
Découvrir le flow d'écriture à 27 ans
Ybelion — C'est impressionnant dans ton partage parce que j'entends du coup que ça fait quatre ans à peu près que tu as commencé à écrire vu que c'était le moment où tu arrives en Espagne. J'ai l'impression que tu as trouvé très vite cet état de flot quelque part avec l'écriture.
Alex Clark — Oui, c'est ça qui était très bizarre. En fait, je n'avais jamais connu ça de ma vie. Du coup, quand j'ai commencé à écrire, je me rappelle avoir dit à ma femme, il aurait fallu attendre 26 ou 27 ans de ma vie à ce moment-là pour découvrir ce que c'est d'avoir une passion. D'avoir une passion qui t'anime, en fait. Je pouvais passer des heures et des heures et des heures à être dans le flot. Plus rien ne se passe autour de moi.
Ybelion — Ça me donne les frissons quand tu dis ça parce que c'est marrant parce que chacun s'est assez... Ça coince à des endroits différents pour chacun. Et toi, quelque part, c'était simplement de te remettre en contact avec ça et puis pouf, ça t'a libéré le champ des possibles. C'est incroyable, en vrai.
Alex Clark — Surtout que ce n'était pas du tout écrit, entre guillemets. J'ai été une enfant où ce n'était pas forcément facile à l'école parce que j'étais ennuyée très rapidement. Du coup, je n'écoutais pas forcément ce qu'on me disait. Je faisais un peu mes trucs de mon côté. Mais du coup, quand tu n'écoutes pas très jeune, il y a des choses qui ne rentrent pas. Et donc, je n'ai pas toujours été très bonne en orthographe, en français, etc. Et donc, quand j'ai commencé à écrire, même, je me rappelle de réflexion de ma famille ou quoi, qui disaient que tu n'es pas douée en orthographe, tu fais des fautes tout le temps et tout. Et en fait, je crois que c'est ma femme qui m'avait dit ça ou qui m'avait dit mais en fait, vaut mieux un écrivain qui n'est pas très doué en français pur et dur sur les orthographes et tout. Mais ça, ça s'apprend. Ça s'apprend, ça se développe et ça se... Plutôt que quelqu'un qui n'a pas d'imagination ou qui a tout un monde à construire et que l'un va pas... Quand tu es très bon en français mais tu as zéreuré d'imagination, être écrivain, c'est compliqué. Quand tu as énormément d'imagination et que tu arrives à développer, tu regardes mes écrits que j'ai sorti Storm Between Us et tu regardes Capitaine Queen, c'est le jour et la nuit. C'est le jour et la nuit, très honnêtement. Mais ça, ça branle.
Ybelion — C'est... En fait, cette croyance de... C'est marrant, c'est toujours soit les profs de français, soit les... les proches, quelque part. Donc, tant mieux aussi que ta femme, elle t'ait partagé ça. Mais vraiment, le truc de dire il faut que l'orthographe soit parfaite, j'ai pas... J'ai pas suffisamment lu de classique ou que sais-je. Tout ça, c'est des... C'est des... C'est vraiment des croyances qu'il faut réussir. Enfin, il faut. Que j'invite les gens à re-questionner parce que... Parce que... Elles disent vraiment rien de nous, quoi. Et après, moi, je suis...
Comment choisir l'idée d'un livre
Alex Clark — Croyances limitantes à fond, quoi.
Ybelion — Ouais, de fou. Et moi, du coup, je suis... Tu vois, je vais même de ce côté-là vis-à-vis de l'imagination. Je pense que... En fait, que... L'enfant qu'on est, tu vois, au fond, il est très créatif. Et malheureusement, dans le processus de vie, il y a des moments où on nous prive de ça ou en tout cas, on nous incite très fortement à l'oublier, tu vois. Et c'est un processus qui est plus long, tu vois. Mais je pense qu'on peut se reconnecter à sa créativité et petit à petit la développer, tu vois. Et après, chacun a un niveau de fourmillement, d'imagination différent. Il y en a, tu vois, c'est très ponctuel et ils ont tout de suite une intention très claire de la direction dans qu'il veut partir. Et après, moi, j'avoue que je suis un peu comme toi. Moi, ça fourmille, ça explose dans tous les sens. Et là, du coup, le plus compliqué devient de dire OK, laquelle je choisis parce que je ne vais pas pouvoir toutes les faire.
Alex Clark — Qu'est-ce que je fais en premier ?
Ybelion — Exactement.
Alex Clark — Oui.
Ybelion — Exactement. Et comment, d'ailleurs, ça me fait venir une question parce que, du coup, toi, tout de suite, tu as Capitaine Queen, donc tu fonces et puis après, tu en fais plusieurs. Comment tu choisis, tu vois, le thème sur lequel tu as envie d'écrire, l'idée que tu as envie d'exploiter ?
Alex Clark — C'est une très bonne question. Comment j'ai choisi, déjà, les autres ? Déjà, je pense que sur mes idées, j'essaye de, par exemple, tu vois, si l'idée, elle vient d'une scène ou d'un personnage, etc., j'essaye de réfléchir si c'est vraiment très exploitable. OK. Parce que, tu vois, l'autre jour, j'ai eu une idée qui était intéressante, mais j'ai commencé à écrire dessus et je me suis dit, faire 500 000, 500 000, n'importe quoi, 50 000 mots, 60 000 mots, dessus, ça me paraît un peu compliqué. Ça me paraît un peu compliqué, ça va être redondant et ça va être un peu pas assez profond. Donc, tu vois, pourtant, l'idée de base me paraissait intéressante. donc, j'essaye, en fait, de me dire, OK, si j'exploite cette idée, quel pourrait être le background un peu de mes personnages ? Est-ce que ça pourrait être intéressant ? Est-ce que le thème n'est pas aussi très redondant ? Parce que, je suis une grande lectrice, donc des fois, tu vois, j'ai un peu envie d'écrire sur des tropes ou des thèmes que j'adore moi-même, mais je me dis, ça peut être un peu redondant pour mes lecteurs. Donc, j'essaye de, comme tu dis, de développer un peu cette imagination et de partir dans des choses et dans des voies un petit peu différentes. Donc, comment je choisis ? Je regarde si l'idée, elle est exploitable. J'essaye aussi de, alors, j'ai une pensée aussi un peu entrepreneuriale aussi, donc j'essaye de voir à quel moment, combien de temps ça me pourrait me prendre d'écrire potentiellement cette idée, à quel moment je pourrais la sortir et j'essaye, par exemple, si j'ai six mois ou sept mois avant l'été, d'écrire une romance qui est plus légère que je pourrais sortir en été et sur des choses début d'année ou fin d'année plutôt quelque chose d'un peu plus, je me permets, d'un peu plus sombre. Donc, c'est comme ça que je choisis en vérité. Ou des fois, il y a des personnages qui m'animent vraiment plus que d'autres. Ça dépend. Ou des fois, je me fais hyper par des copines et je me dis, si, écris ça.
Ybelion — le petit craquage amical. En vrai, c'est le... Je suis hyper impressionné par ta manière de fonctionner parce que je trouve que tu as beaucoup de recul sur les idées que tu peux avoir et tu arrives à faire le tri avec des vraies choses qui, toi, te parlent. Et tu vois, tu parlais de la fibre entrepreneuriale. Effectivement, c'est quelque chose qu'on peut prendre en compte. Tout le monde ne le fait pas. Mais quand tu as envie aussi de faire des histoires qui sont, en tout cas, pour un lectorat cible, effectivement, tu es obligé de penser à ça. Et c'est même important parce que ça t'aide à faire le tri. Et c'est... Bravo d'avoir ce recul sur ta manière de choisir les histoires. Ça, tu vois, par exemple, c'est mon rapport très personnel à l'écriture, mais je t'ai très admiratif parce que ça, c'est quelque chose que moi, je n'arrive pas à faire. Alors après, je n'arrive pas, mais tu vois, ça ne me pose pas de problème. Donc dans le fond, je m'en fous un peu. Mais c'est trop cool, je trouve, que tu essaies aussi cette réflexion vis-à-vis de ton lectorat.
L'âme exposée à la foule : le rapport à la critique
Alex Clark — Mais en même temps, c'est un peu à double tranchant cette pensée parce que des fois, je me dis ça et des fois, après, je lis les commentaires qu'on fait sur mes bouquins. Alors dans la 90% des cas, c'est très positif. Et des fois, il y a des commentaires qui me touchent plus que d'autres ou qui remettent en cause ce que j'écris ou quelque chose que j'ai fait. Et je me dis, c'est quand même très bizarre de... Quand on prend juste le truc en mode, on met notre âme et notre trip dans un livre et on le présente à la foule un petit peu. Et là, la foule dit, non, je n'aurais pas fait ça comme ça. Tu sais, c'est le rapport aux avis. J'en parlais avec une très bonne amie à moi et on disait, c'est quand même un peu... C'est quand même un peu bizarre, tu vois, de mettre toutes ses tribes et toute son âme et de laisser après et de dire, tenez, je ne veux plus voir. Et tu regardes un peu quand même et tu te dis, ça, ça fait mal. Je ne sais pas si tu vois ce que je vais dire, mais c'est très bizarre.
Ybelion — c'est le partage le plus vulnérable qu'on puisse faire. L'écriture, ça porte tellement de choses en nous qu'effectivement, c'est pour ça qu'être écrivain ou écrivaine, c'est un courage de dingue en vrai parce que tu oses aller adresser des sujets et puis les montrer aux autres, tu vois. comment tu les gères, toi, les commentaires qui peuvent parfois... Alors, j'entends évidemment les commentaires constructifs, tu vois, les gens qui sont là pour te dire ouais, c'est nul. Quelque part, ceux-là, ça nous fait une belle jambe et ça en dit vachement plus long sur la personne qui fait commentaire que sur l'écrivain, tu vois. Comment tu les gères, toi, les commentaires, je dirais du coup, les critiques constructives quelque part ?
Alex Clark — Alors, ça dépend. genre, par exemple, tu vois déjà, dans un premier temps, quand j'écris mon livre et que je l'envoie en bêta lecture, avant ma bêta lecteur, c'était ma femme. Elle, elle est hyper critique, hyper critique, mais d'une manière constructive parce qu'elle veut pousser le truc, elle veut pousser l'histoire et elle veut me pousser et elle sait de quoi je suis capable et aussi, des fois, elle me dit ça, je sais ce que t'as voulu écrire parce que c'est dans ton cerveau mais tu l'as pas mis parce que moi, je lui explique mon histoire et ça. Elle me dit ça, je sais ce que t'as voulu faire mais là, ça matche pas avec ce que tu m'as dit. Donc, je suis quand même ouverte à la critique et ouverte aux modifications, etc. Mais après, quand le livre est fini et que c'est sur mes premiers livres, la critique, ça dépend. Comme tu dis, si c'est de la critique constructive, je peux me remettre en question sur certaines choses et je me dis, ouais, c'est vrai, ils ont raison, j'aurais plus dû mettre ça ou ça ou... Après, des fois, c'est très... c'est un opinion, tu vois, en mode, j'aurais préféré ci, j'aurais préféré ça. Bah, pas moi et ça reste mon histoire donc... Donc, ok. Mais c'est vrai qu'il y a, surtout sur ma dernière histoire, celle que je viens juste de sortir. J'avoue, je sais pas pourquoi, mais les critiques négatives ou un peu moins positives me font un peu plus mal parce que je me dis, c'est pas vrai. Il y a des choses que c'est pas vrai. Et peut-être que comme j'ai vraiment... On a vraiment travaillé très longtemps sur... Enfin, très longtemps, assez longtemps sur ce projet et que j'y ai vraiment mis beaucoup, beaucoup. Peut-être que le rapport à la critique est un peu plus touchy, on va dire. Mais j'ai essayé de prendre toujours en tout cas les critiques constructives en me disant ok, pour le prochain, j'essaierai de prendre en considération ce qu'on me dit.
Ybelion — C'est vrai que j'aurais pu faire la distinction dans ma question. Effectivement, des critiques constructives sur un projet qui est terminé, bon bah oui, ça te fait... Quelque part, tu peux que les accueillir en te disant bon bah ok, peut-être qu'il y a certains retours que je pourrais intégrer sur la suite. Et après, t'as fait la bonne distinction. Effectivement, t'as des choses, c'est des opinions. Et ça arrive même pour les bêta-lecteurs, en vrai. parfois, ils te partagent en disant bah moi, j'aurais préféré ça. Et j'ai adoré ton truc de dire bah ouais, c'est cool, mais moi, c'est mon histoire. J'adore. C'est bien,
Alex Clark — ton avis sympa.
Ybelion — Comment t'arrives à te détacher autant du... Ouais, du... Enfin, finalement, du regard des autres, tu vois ?
Alex Clark — Je pense que ça a été un gros travail sur moi-même aussi et je pense que le fait d'avoir ma femme en bêta-lecteur m'a vraiment désensibilisée et de me dire c'est pas vraiment ma personne qui est touchée. C'est un instanté ce que j'ai réalisé, ce que j'ai produit où des fois, je vais réagir à chaud, je vais dire non, c'est pas vrai. Et après, je vais consulter ça parce que je vais dire peut-être t'as la raison, quoi. Et je vais revenir là-dessus. Donc, ça va être un petit peu en deux phases où je vais être un peu en mode de toucher dans mon égo en me disant absolument pas et après, je pense que ça a été un travail... Après, j'ai 30 ans cette année. Je pense que plus on mûrit, plus on s'éloigne un petit peu du regard des gens et de ce que les gens peuvent penser de nous parce que les opinions, tout le monde en a. Ça ne veut pas forcément dire qu'ils sont bons et ça dépend en plus. Tu vois, par exemple, j'ai eu une critique sur mon dernier livre qui me disait déjà précision le livre est une romance. Prends ça en considération et dans la catégorie romance. Et la personne me disait oui, il n'y a pas assez d'action ou... C'est quand même une romance catastrophe mais... Il n'y a pas assez d'action, j'aurais préféré plus d'action et un peu moins de romance ou quelque chose comme ça. J'ai envie de dire ok, très bien mais c'est dans la catégorie romance donc si j'avais mis plus de tempête et moins de romance, les gens m'auraient dit il y a trop de tempêtes il n'y a pas assez de romance. Donc tu vois, c'est un peu... Tout le monde aura une opinion différente. Il y a des gens, c'est... Quelqu'un va te dire ah ça j'aime bien et l'autre personne va te dire ah ça j'aime pas. Bah, si tu écoutes tout le monde, tu ne fais plus rien. Et d'ailleurs, c'est ce que je dis aux personnes qui me contactent en DM, en me disant est-ce que tu as des petits conseils et tout à me donner ? Alors oui, écris ton premier jet sans demander la vie à personne déjà parce que tu ne modifies pas quelque chose qui n'est pas fini. Et c'est comme un sculpteur, il ne va pas commencer à sculpter un bout, faire les finitions et puis continuer dans l'autre bout, faire les finitions. Non, il sculpte tout d'abord et après il fait les finitions. Et c'est pareil pour un texte.
Ybelion — Dieu merci Alex pour ton partage. Vraiment, tu as tellement raison. C'est peut-être un des meilleurs conseils qu'on peut donner à quelqu'un. C'est vraiment écrit jusqu'au bout sans le faire relire à personne. Puisque d'ailleurs, en plus, ça cache, ça, c'est quelque chose que j'ai pu remarquer chez certains auteurs que j'ai accompagnés, mais parfois, le fait de vouloir aller chercher un avis quand tu es en train d'écrire le premier jet, c'est un peu de la procrastination active en mode, je refile le bébé, c'est bon, je suis en vacances et je peux faire une petite pause. Et effectivement, c'est tellement cool d'être au clair sur ce que tu as envie d'accomplir avec ce livre. Avant tout, tu le fais pour toi. En tout cas, je pense que dans la grande majorité des cas, un primo auteur, il le fait avant tout pour lui. Après, évidemment, dans une deuxième phase, tu peux avoir des considérations de, OK, est-ce que j'ai envie de le partager, et de rentrer dans une démarche très commerciale qui est totalement différente de la démarche artistique ? Mais à partir du moment où tu as ce truc, OK, je le fais pour moi, franchement, qu'importe tout ce qu'on pourrait te dire, tu vois, si toi, tu kiffes, c'est le principal.
La métaphore du sculpteur : finir avant tout
Alex Clark — Mais c'est le premier objectif, de toute manière. Un livre, s'il ne te plaît pas, il ne plaira pas aux autres. C'est avant tout, chacun de mes livres, c'est des livres que j'aurais kiffé lire. Vraiment, je finis le livre et où je relis en, des fois, je suis folle peut-être, mais je relis des fois mon, en première réécriture et je suis là en mode, ouais, c'est cool, genre, qu'est-ce qu'il se passe après ? Je me dis, concentre-toi, genre, vraiment, c'est des livres que tu dois kiffer et que tu t'aurais voulu lire. Et si c'est un livre qui ne te plaît pas et que tu dis, ouais, mais parce que je pense qu'il va plaire. non, arrête, ça va pas te faire.
Ybelion — Ouais, non, en vrai, c'est trop drôle parce que moi, je suis totalement comme toi, il y a des moments où tu te relis et tu fais, putain, je suis vraiment trop fort.
Alex Clark — Masterclass !
Ybelion — Ouais, et en vrai, ça fait tellement du bien, tu vois, mais effectivement, après, ça n'empêche pas d'avoir l'honnêteté intellectuelle, de regarder ce que tu peux améliorer et d'encher dans le processus de réécriture et tout, mais c'est important d'avoir aussi quelque part cette joyeuse naïveté de se trouver absolument génial, quoi. Bien sûr. Et des fois aussi,
Alex Clark — j'écris parce que dans le premier, la première écriture, je veux dire, j'ai pas de bêta lecteur avant un certain, un certain, une certaine phase, pardon, et du coup, j'écris moi-même des commentaires. Mais du coup, j'écris, c'est nul, genre réécris ce paragraphe et après, je me relis et je suis en mode, OK, c'est hyper pas pertinent, genre, j'aurais pu m'apporter plus d'éléments, genre comme si c'était moi ma bêta lecteur, je dis merci pour le conseil, juste, c'est nul. OK.
Ybelion — Ça me donnerait presque, parce que moi, effectivement, c'est quelque chose, je trouve que c'est très bien ce que tu fais là, par exemple, de, plutôt que quand t'es dans ton premier jet, de corriger, tu sais, de te mettre des petits commentaires en disant, bon, ben voilà, comme ça, je les intégrerai après. Ça serait trop drôle de faire un top 10 des pires commentaires que tu te fais à toi-même, tu vois, dans le processus. Je sens qu'il y aurait des trucs tellement drôles à faire.
Alex Clark — Attends, je crois que j'avais écrit un truc. Ah oui, je crois, enfin, c'est pas les pires, mais des fois, tu sais, tu te relis, je suis un peu dyslexie des fois sur les bords. Et j'avais écrit, elle l'empale, au lieu de, elle l'appelle. Et du coup, j'étais en mode, quoi ? Qu'est-ce que t'as voulu dire ? J'étais vraiment, je pense que j'étais fatiguée. J'étais, mais qu'est-ce qu'elle a voulu dire ?
Elle l'appelle.
Ybelion — Plus tout à fait le même thème, là, du coup.
Alex Clark — On ne passe pas dans le... Sur de l'horreur, là, l'empale. Oh putain. Violent. Incroyable. Et aussi, oui, ce que t'as dit, c'est très important de pas mettre de commentaires pendant que t'écris. Parce que des fois, ça m'arrive, ou des fois, ça m'arrivait avant, de... J'écris, par exemple, la moitié d'un chapitre et je commence à relire. Ça casse, en fait, le flow et ça casse l'énergie que tu as parce que t'es plongée dans quelque chose que tu fais et tu vas relire plus haut et ça te casse, en fait, ton élan. Voilà, c'est le mot que je cherche.
Ybelion — C'est très vrai et le... La vraie subtilité qui est hyper intéressante à capter dans ton partage, c'est quand tu fais les choses en conscience, tu vois. Toi, j'entends dans ton fonctionnement que le flow est hyper important pour ta créativité et pour que t'avances. Et bien, effectivement, si tu vas relire juste pour relire, tu vas vraiment tout casser, quoi. Donc, c'est très important de savoir pourquoi tu fais les choses quelque part. Et c'est pour ça que quelqu'un qui, dans un premier jet, me demanderait en plein milieu si je peux relire, moi, tout de suite, très challengeant, je lui dirais, OK, qu'est-ce que tu viens chercher en me demandant de relire là maintenant ? Est-ce que t'as vraiment besoin d'un avis sur un point très spécifique auquel cas, explique le moi ? Ou alors, est-ce que c'est juste une manière détournée de me dire que t'as un petit peu peur de ce qu'on pourrait penser de ce que t'écris ou que t'as pas trop confiance en ce que t'écris, etc. Et auquel cas, on travaille pas le même sujet, quoi. Et ça, c'est mettre de la conscience sur ce qu'on fait.
Alex Clark — Mais c'est encore pire, je pense, de pas avoir confiance en soi et de demander un avis extérieur alors que t'as pas fini ton premier jet. Parce que, d'une part, les avis que toi, tu peux avoir ou que moi, je peux avoir, par exemple, on a écrit, enfin, du coup, j'écris, je suis en mon septième livre. Donc moi, je suis hyper critique avec moi. Donc quand je vois les écrits de quelqu'un d'autre, j'ai envie d'être autant critique pour aider cette personne. Sauf que 90% des gens ne sont pas prêts à recevoir des critiques aussi poussées, on va dire, parce que ça fait mal, en vrai, de lire des critiques et tu te dis, pfff, fais chier, ça me perd dans mon élan et je dois recommencer ci, je dois recommencer ça. Donc vraiment, et en plus, des fois, t'arrives, comme tu dis, au milieu du manuscrit, je trouve que t'arrives à des points pivots où ça se trouve, tu vas écrire la fin et tu vas dire, ah ouais, mais j'ai d'autres idées en fait que je pourrais remettre au début et que je pourrais remettre au milieu. Donc non, au final, ce personnage-là, je vais le donner plus d'intensité, machin. Et en fait, toi-même, tout seul, tu vas trouver ou tu vas avoir des idées sur ton début, mais il faut vraiment que tu finisses, quoi. Après, des fois, je fais de l'alpha lecture donc j'écris en même temps que quelqu'un est son manuscrit, mais je capte pas ses commentaires, quoi. J'avance.
Si toi tu kiffes, les autres kifferont
Ybelion — Exactement. Et puis en fait, après, à force, tu vois, toi, t'es à ton septième roman et donc quelque part, t'as un niveau de conscience de ton fonctionnement qui est très, très élevé. Et donc en fait, tu peux te permettre de demander une alpha lecture, une bêta lecture en plein milieu parce qu'en fait, tu sais très bien comment tu fonctionnes. Effectivement, quand tu le sais pas, c'est intéressant de creuser les vraies questions et effectivement, tu vois, plutôt que d'aller chercher un retour, de capter qu'en fait, c'est peut-être parce que t'as pas confiance en ton texte et alors là, d'aller travailler ce sujet de la confiance et après, ça dépend de chacun et là, pour le coup, j'ai travaillé ce sujet avec suffisamment d'auteurs pour te dire que c'est difficile de donner une réponse universelle à comment trouver la confiance en soi dans son texte, tu vois. Mais ouais, mettre la conscience sur le texte.
Alex Clark — Mais juste, peut-être, je veux dire que des sujets, non, t'inquiète, les sujets dont la personne parle, parce que j'ai beaucoup de personnes qui me disent oui, mais je sais pas si ça va intéresser quelqu'un ou quoi, si ça te touche et si toi, toi-même en tant qu'écrivain, t'as envie de partager ce sujet et c'est quelque chose que toi, t'as traversé ou c'est une émotion que, oui, que t'as traversée et t'as envie de partager un bout de toi ou de quelque chose, ça va forcément résonner dans quelqu'un d'autre. Et c'est avant tout comme ce qu'on a dit au tout début, faut faire la chose pour toi avant de même penser ouais, mais est-ce que ça va plaire aux autres ? En fait, on s'en fout. Si ça te plate, toi, ça plaira aux autres. Normal. Carrément.
Ybelion — Et ça fait une très belle transition vers tes livres et tes thématiques qu'est-ce que tu peux me raconter sur ton dernier roman du coup ?
Alex Clark — Ok. Plein de choses. Non, en vrai, on va suivre
Dakota.
C'est pour ça que je t'avais la porte de vous. On va suivre Dakota Sullivan qui est une chasseuse de tornades qui est très solitaire. Elle fait sa vie toute seule, qui est dans sa petite Jeep, qui est tranquille qui a sa chaîne YouTube Storm Rush pour un petit peu vivre forcément de son activité. Et en même temps, elle travaille pour des chaînes d'infos où elle leur vend des reportages. Donc, c'est quelqu'un de très solitaire qui n'a pas eu une très bonne relation ou un très bon passé avec ses parents. Et d'ailleurs, ce que j'aime beaucoup dans ce roman, c'est que tout au long du roman, il y a des flashbacks de son enfance qui sont assez corsés, mais qui sont hyper intéressants pour comprendre son personnage. Parce que ça va être un personnage où au tout début, on va se tirer un petit peu genre, elle est rude, ou pourquoi elle réagit comme ça, ou détends-toi. Et en fait, au fur et à mesure, elle va se détendre et en plus, on va avoir des flashbacks de son enfance, de son histoire. On va dire, ah putain, mais c'est pour ça qu'elle réagit comme ça ou c'est pour ça qu'elle fait ça. Et d'ailleurs, je le fais dans chacun de mes livres, c'est que tout le monde voit la vie selon son propre prisme à soi et les réactions, comment on va réagir à quelqu'un d'autre, ça va être fait par rapport à ce qu'on a vécu. Et l'autre personne, pareil. D'ailleurs, quand l'autre personne a tendance à nous blesser, c'est plutôt que l'autre personne est... C'est plutôt... C'est pas nous le problème, c'est l'autre personne qui a un problème. J'ai vraiment très résumé le truc, mais je pense que tu vois ce que je vais dire. Et donc, d'un côté, on a Dakota, tout le livre est du point de vue de Dakota parce que c'était un personnage qui était ultra intéressant pour moi et du coup, que je voulais vraiment développer. Et d'ailleurs, ma mère m'a dit que je ressemblais beaucoup à Dakota, donc ça m'a fait beaucoup parce que ma mère a lu le livre. Elle l'a adoré d'ailleurs. Et donc, on a Samantha de l'autre côté qui vient un petit peu en... en Ying et Yang par rapport à Dakota. Et donc, c'est quelqu'un qui est très strict, très dans le contrôle, qui a besoin que ça soit carré, qui a besoin que ça soit expliqué par des chiffres et démontré. Donc vraiment, tout l'opposé, finalement, de Dakota. Sauf qu'elles vont être amenées à travailler ensemble sur une tornade. Et sauf qu'une tornade, c'est un élément de la nature qui est quand même très violent où il faut être préparé. Et il y en a une qui est pour l'instinct et l'autre qui est pour la science. Donc après, la science contre l'instinct, si l'une ne s'écoute pas, si l'une et l'autre ne vont pas s'écouter, ça va donner quelque chose de très dramatique mais de très sympa à lire. J'allais dire à regarder, tu vois. À lire. Et on va apprendre à décortiquer ces deux femmes qui sont extraordinaires et qui, je pense, il y a beaucoup de personnes qui m'ont envoyé des messages qui m'ont dit je me suis beaucoup vue dans un ou l'autre des personnages. Et du coup, je me suis dit ah ouais, mais les autres peuvent penser ça ou ça de moi alors que non. Alors tu vois, ça j'adore. Quand les gens se remettent en question en se disant ah putain, mais si je suis comme ça, en fait, les gens, ils peuvent être blessés par mon comportement alors qu'au fond de moi, c'est moi qui ai mal ou c'est moi qui ai pas envie de m'ouvrir mais sauf que la personne, elle peut penser que c'est elle le problème. Donc, c'était hyper intéressant à écrire. Et voilà, je sais pas si ça a répondu à tes questions, mais...
Storm Between Us : Dakota face à Samantha
Ybelion — Ah bien sûr, je... Encore une fois, le... Déjà, tu vois, je saisis beaucoup plus le titre Storm Between Us parce que du coup, c'est le sujet de ce qu'elles vont étudier quelque part et puis tu sens très bien dans ce que t'en parles, je trouve que tu le transmets très bien que t'as finalement ces deux personnalités, une qui est très instinctive et une qui est très tête, très rationnelle, etc. et ça, ça fait... Alors ça, ça fait très souvent des étincelles, effectivement, et du coup, ça fait... T'as la tornade à plusieurs niveaux, quoi. Et... Et c'est ça qui est très cool déjà dans le titre. Et il y a quelque chose, du coup, une question que j'aurais envie de te poser. Du coup, tu disais, ta maman, elle a dit « Ah, tu ressembles pas mal à Dakota. Qu'est-ce que... Qu'est-ce que ce livre, il t'a appris sur toi ? »
Alex Clark — Je pense qu'il m'a appris que j'ai mûré, que j'ai changé aussi. S'il y a beaucoup de réactions, c'est vrai que j'aurais pu avoir comme Dakota, très... Très en mode... Je sais pas comment dire. Très blessée rapidement, très susceptible dans certaines choses et très un peu tête brûlée, j'ai envie de dire. mais j'étais potentiellement comme ça avant et je pense que ça m'a montré que... Aussi, je l'écris, mais aussi, même moi, ça me fait des leçons de vie que la communication, c'est hyper important. Les gens ne sont pas dans notre tête et ça... Ça a fait 8 ans que je suis avec ma femme donc on parle beaucoup, beaucoup de sujets comme ça et à chaque fois qu'on a des... des petits accrochages ou des trucs comme ça, ce qui est très rare, elle me dit je suis pas dans ta tête. Et c'est très important. Les personnes qui sont très en dedans ou qui... montent vite à l'intérieur, j'ai envie de dire, ou les émotions montent vite à l'intérieur, ben on n'est pas dans votre tête et du coup, c'est... Je m'inclus dans vous et c'est important d'exprimer ce qu'on ressent et de... Même d'exprimer ce qu'on a ressenti pour... pour un peu enlever la soupape et que ça sert, quoi. les images sont nulles mais je pense que t'as compris le... le sujet.
Ce que Dakota lui a appris sur elle-même
Ybelion — Au contraire, le sujet. Au contraire, c'est une très bonne image cette soupape ou cette cocotte minute. C'est vraiment si tu... si tu... à un moment ne permet pas la vapeur de partir, le truc explose, quoi. Et... Et bah quand ça explose, ça fait rarement du bien à soi et en plus de ça aux gens qui sont autour de toi.
Alex Clark — Complètement.
Ybelion — C'est... C'est une belle leçon une belle leçon que... que t'as tiré de... de ton... de ton roman. Pour quelle raison tu... tu choisis de... d'exploiter seulement le point de vue de Dakota et de pas partir dans... dans le point de vue de la personne en face dont j'ai oublié le... le frénom.
Alex Clark — Samantha. T'inquiète. Non, ça... Ça dépend de mes livres. Des fois, je fais des doubles points de vue et des fois, je fais un seul point de vue. Alors, j'ai envie de dire, ça dépend vraiment des personnages. Et là, je trouvais que Dakota, elle méritait vraiment son livre entier. Vraiment, elle... C'est un personnage qui a un arc narratif et qui a une évolution qui est tellement importante. Du coup, je voulais vraiment lui donner toute cette place. Et on voit l'évolution de Samantha et... à travers Dakota, forcément. Mais... mais je trouvais que... C'est une personne... C'est une personne... Un personnage qui était un peu torturé et qui méritait vraiment d'éclore sur tout le livre. Et en plus, c'est hyper touchant de ce qu'elle vit parce que... elle a pas trop une famille ou une famille vraiment très, très bancale. Et en fait, au fur et à mesure du livre, il va y avoir des personnes qui vont être là pour elle. Et en fait, elle va trouver un petit peu cette famille aussi. Et c'est hyper beau, en fait. Elle va s'ouvrir au monde et elle va se dire que tout n'est pas... tout n'est pas gris ou noir, quoi. C'est... Et du coup, elle méritait son livre entier. C'est pour ça que j'ai... Elle m'appelait plus, je sais pas. J'avais envie de plus me mettre dans sa peau pour écrire que dans la peau de Samantha. Peut-être par facilité, je sais pas.
Ybelion — C'est trop cool, en vrai. Ouais, alors... Tu vois, c'est marrant parce que... Peut-être par facilité ou au contraire parce que c'était... C'était ça dont t'avais besoin aussi, toi, dans ton exploration personnelle, tu vois. Tu partageais ce qu'avait pu t'apprendre Dakota. Peut-être que... que c'était exactement de ça dont t'avais besoin aussi, tu vois. J'aime bien le voir comme ça. Et quelque part, tu vois, pourquoi je te pose cette question ? Parce que je suis toujours assez bluffé de... des choix inconscients qu'on fait et qui sont très révélateurs de ce qu'on avait envie de profondément d'explorer, tu vois. Complètement. Ouais.
Alex Clark — C'est une forme de thérapie d'écriture de toute manière.
Ybelion — Ouais, ça, c'est... ça, carrément, c'est... Ouais. J'ai même du mal à rebondir sur ça parce que je suis tellement d'accord avec toi. Et pourquoi les tornades, du coup ?
Alex Clark — Parce que j'ai toujours adoré les films catastrophes avec les tsunamis et tout. Vraiment, j'adore. J'ai hyper peur. Pardon, vraiment, je ne quipperai pas. Oh là là, 2012 au cinéma. C'était incroyable. Je pense, en plus, on est dans la même génération, toi et moi. Ouais, moi,
Ybelion — je suis 95. Donc, tu vois, j'ai eu 30 ans l'année dernière.
Alex Clark — Voilà, je suis à 30 ans en novembre 95, 96. Et donc, j'ai adoré vraiment ces univers-là. Et j'en avais jamais lu en livre. Et comme j'imagine énormément mes livres en cinéma, je me dis que ça serait incroyable. Et ça m'est venu de quelque chose de vraiment bateau. Je sortais de mon ancienne agence où je travaillais et il y avait un ciel hyper orageux, vraiment hyper, hyper orageux. Et en fait, j'ai regardé le ciel et il y a eu un éclair violet et tout, vraiment un truc un peu catastrophe. Et je me suis dit, oh, j'aimerais trop écrire sur ça. J'aimerais trop écrire sur un truc de tornade et tout. Et j'ai dit, j'ai jamais vu ou j'ai jamais lu un film de tornade avec des lesbiennes.
Let's go !
Et c'est venu comme ça. Et je crois que c'est le livre que j'ai écrit le plus rapidement. Bien sûr, je ne l'ai pas écrit en une semaine, mais je pense que, je ne sais pas, j'ai dû l'écrire en deux mois, deux mois et demi. parce que j'étais constamment dans le flot, constamment, constamment dans le flot et c'était un des livres où j'étais plus dans le flot, je pense. Même mes doigts n'écrivaient pas assez vite ce que ma pensée. Limite, j'avais envie de dicter ce que je disais pour aller plus vite.
L'éclair violet qui a fait naître le roman
Ybelion — C'est incroyable, en vrai. Qu'est-ce que, le moment où tu vois l'éclair violet, que tu as le truc de, attends, je n'ai jamais vu de romans sur des tornades et avec des lesbiennes, c'est quoi l'émotion qui apparaît à ce moment-là ?
Alex Clark — Ah, je me dis, c'est une super idée, je pense que ça pourrait être incroyable et j'adorerais le lire, déjà. Je me suis dit, j'adorerais trop lire quelque chose comme ça. Du coup, je me suis dit, déjà, je pense que ça n'existe pas ou peut-être, je ne sais pas, je n'ai pas la connaissance mais je me dis, ça serait incroyable et en fait, plus j'ai ce truc et plus il y a d'idées qui germent et même quand, beaucoup quand je suis en voiture et que j'écoute de la musique, des fois, rien qu'une musique, ça va me donner toute une histoire, ça va me donner toute une idée d'histoire et tout. Mais après, je pense que je suis comme toi, après, il faut se calmer, quoi. Écris dans tes notes, pas autre chose, tu vas voir, putain.
Ybelion — Ouais, après, il faut, ouais. se canaliser, c'est après toujours un enjeu, tu vois, mais c'est aussi hyper beau de voir qu'un éclair peut te donner une idée et puis après, en deux mois, tu as juste le flow continu et qui amène un livre que tu publies en plus, donc c'est trop cool. et comme tu es très cinématographique, première question, est-ce que tu es du genre à attacher tes personnages genre à des acteurs, tu vois ? Et du coup, deuxième question, si oui, est-ce que tu vois précisément qui pourrait jouer Dakota ou Samantha ?
Alex Clark — Ok, alors ça dépend. Des fois, quand je vois un personnage, je me dis, oh, ce personnage-là, il serait incroyable dans une histoire, telle ou telle histoire. Donc des fois, je fais comme ça et pour Emma et pour Capitaine Queen, oui, j'ai eu, par rapport à des personnages, au départ, c'était une fanfiction. Donc j'ai eu par rapport à des personnages et après, je me dis, donc je crée les personnages de toutes pièces dans ma tête qui n'ont rien à voir avec des acteurs et après, je me dis, mais je pense que des fois, tu sais, je regarde sur Pinterest, j'ai des idées dans ma tête un peu floues. Je me dis, genre la personne, par exemple, pour Samantha, j'avais envie qu'elle ait des origines un peu, qui ne reflète pas tellement ce qu'il y a dans le livre mais visuellement, j'avais envie qu'elle soit un petit peu un mat de peau, qu'elle ait les cheveux très foncés et du coup, j'ai tout de suite pensé à quelqu'un. Je ne sais pas si tu as vu la série Manifest. Je crois que ça s'appelait Manifest.
Personnages, acteurs et fibre cinéma
Ybelion — Non, ça ne me dit rien.
Alex Clark — C'est avec un crash d'avion où les gens, ils se crashent. Enfin non, ils ne se crashent pas. L'avion disparaît, il réapparaît cinq ans après. Sauf que pour les gens qui étaient dans l'avion, ils ont l'impression de réapparaître genre dix minutes après. Et donc, ils arrivent, ils atterrissent et en fait, tout le monde leur a dit vous avez disparu pendant cinq ans. Et donc, c'est assez stylé comme série. Et donc, il y a une femme qui joue là-dedans, une scientifique. pour moi, ça a direct matché avec Samantha. Et une autre qui est dans la série Silo, je crois. La blonde, je ne sais plus comment elle s'appelle. Mais pour mon personnage, Dakota, un peu brute même d'extérieur. Attends, je pense que je peux retrouver la photo. Un peu brute d'extérieur où tu te dis qu'elle ne doit pas forcément être commode alors qu'elle est très gentille. Mais
Ybelion — j'ai Rebecca Ferguson.
Alex Clark — Pour répondre à ta question, oui. Oui, voilà. J'ai des tableaux Pinterest
Ybelion — avec
Alex Clark — et j'ai 12 000 tableaux bien évidemment pour m'imaginer mes scènes et tout. Le même Ben, il a les gens qui je ne sais pas si c'est filmé ton interview mais là je ne sais pas si tu vas lire mon livre si tu le lis. Voilà Ben. Il va mourir très
Ybelion — ok incroyable.
Alex Clark — Assez tôt dans le livre mais Ben était là.
Ybelion — Tu vois, tu vois, tu fais en fait c'est marrant parce que moi au premier abord je ne suis pas trop consommateur de romances et en même temps c'est ça qui m'impressionne c'est que des autrices qui écrivent de la romance je commence à en avoir reçu tu vois quand même et en fait ça me donne j'ai envie de découvrir ton univers parce que tu m'as partagé tout ce que tu m'as partagé tu vois ce que le déclencheur d'écriture que t'as quand t'arrives en Espagne parce que tu t'ennouies le fait que ta femme quelque part t'invite aussi à explorer un chemin que t'aurais peut-être pas exploré sinon et puis c'est vrai qu'on en a pas trop parlé mais du coup tiens si t'as quelques mots aussi à dire sur la thématique plus large tu vois de la romance lesbienne ou sa fic bah moi je trouve que ça donne envie de découvrir cet univers et donc ouais moi je découvrirais Storm Between Us avec grand plaisir
Alex Clark — si t'aimes les films catastrophes je pense que tu vas adorer mais en fait moi ce que j'adore avant tout c'est alors certes je suis consommatrice de romances mais la romance pure et dure m'ennuie très rapidement donc parce que moi j'ai besoin qu'il se passe quelque chose j'ai besoin qu'il y ait une qui ait une thématique ou qui ait un problème ou qui ait vraiment quelque chose en background ou vraiment ou que ça soit l'inverse que la romance soit en background et qu'il y ait vraiment quelque chose qui se passe devant et c'est le cas pour Capitaine Quinn puisqu'elle part en mission en Irak et tout elle se fait enlever enfin bref il se passe plein de trucs pour Eugène Toshka aussi elle part en Russie faire un road trip enfin pas faire un road trip mais partir à la recherche de ses origines donc il se passe plein de choses après les romances que j'écris l'été un peu moins du coup pour la cible c'est un peu moins c'est plus romance il y a toujours des thématiques etc. mais c'est un peu moins ça mais moi ce que j'adore c'est écrire des histoires et dans ces histoires il y a de la romance donc ça combine les deux mais oui c'est un bit of news il y a plein de gens qui m'ont dit j'ai l'impression d'avoir vu un film yes
Romance, histoires et représentation sapphique
Ybelion — ça effectivement c'est un trop beau compliment et j'aime beaucoup ta manière de voir la romance plutôt qu'un genre en soi de penser l'histoire et d'avoir quelque part la romance qui sert cette histoire c'est vrai tu vois j'avais pas j'aime beaucoup cette manière de voir ce genre là tu me fais bien réfléchir
Alex Clark — bah parce que moi j'adore quand même la romance et mais que la romance des fois oui ça m'ennuie donc mais après des fois je pars même dans ma tête quand l'histoire germe je peux avoir quand même une romance entre deux personnages mais après je vais dire ok comment ça peut s'inscrire dans une histoire donc ça c'est hyper important et pour répondre à ta question de la romance saffique forcément bah moi j'aime les femmes donc quand j'ai commencé à lire j'ai lu j'ai lisé beaucoup plus quand j'étais plus jeune mais il y avait rien qui m'accrochait j'ai adoré à l'époque c'était quoi nos étoiles contraires des choses comme ça enfin il y a des il y a des livres un peu un peu emblématique où j'avais vraiment adoré mais où j'ai j'espérais un petit peu tu vois que l'autre personnage soit une femme et quand j'ai commencé à vraiment lire de la romance saffique je ne connaissais pas encore la maison d'édition avec laquelle j'ai été édité et du coup j'avais lu des écrits mais c'était très littéraire donc littéraire poétique alors pas que je n'aime pas ça mais c'est il faut avoir le temps où c'était où c'était très dans la délicatesse machin où ça ne me ressemblait pas en fait voilà c'est surtout ça où je ne me sentais pas je ne me sentais pas je ne reconnaissais pas moi-même dans un personnage et du coup quand j'ai commencé à vraiment lire une romance saffique où là j'ai commencé à me reconnaître je me suis dit ah ouais ça c'est ça c'est génial et c'est là dessus que je veux écrire en fait donc forcément j'écris que de la romance saffique parce que c'est ce que j'aime et c'est ce que j'aimerais lire et je pense qu'on n'y en a pas encore assez sur le marché et qu'il y a plein d'autres jeunes filles ou de jeunes femmes ou de femmes tout court qui ont envie de lire ça et j'ai plein d'hétéros aussi à tous ceux qui pas que des personnes qui aiment les femmes qui lisent mes écrits pour l'histoire pour la romance pour plein de choses donc ça c'est vraiment une grosse réussite aussi
Ybelion — c'est très c'est très cool en vrai parce que effectivement il y a il y a alors déjà ça peut plaire à tout le monde tu vois c'est à n'importe qui et c'est ça qui est trop cool parce que justement l'objectif est de raconter une histoire après qu'importe les personnages qui sont dans cette histoire et d'ailleurs tu vois ça me fait penser ça me fait retilte j'avais accueilli un auteur qui on avait parlé de ces questions de genre etc et il me disait quelque part moi je crée une histoire avec des personnages et après je pourrais presque jouer à pile ou face sur savoir si c'est un garçon ou une femme tu vois et je trouvais ça m'avait vraiment ouvert les yeux sur ce côté en fait le principal c'est qu'on raconte des histoires et après que les personnages soient hétéros ou pas ou en fait quelque part on s'en fout quoi et par contre il y a quand même un aspect qui est trop cool c'est que c'est quand même important parce que tu vois là quand tu parlais des films que tu pouvais regarder quand tu étais petite moi j'étais en train dans ma tête en train de me dire ce que je regardais quand j'étais petit et je crois que en étant petit il y avait zéro j'ai pas le souvenir de personnages tu vois et en fait c'est hyper important en fait ouais
Alex Clark — bah puis en plus ce que je disais je parlais de ça je ne sais plus à qui je dis c'est pas parce que tu as de la représentation que ça te fait devenir la représentation et c'est tout pour ce que je crois d'avoir que j'avais lu un truc
Ybelion — ah non ah laisse tomber ça c'est le grand truc des détracteurs de ça c'est oh là nos enfants vont lire une romance sa fille ils vont tous devenir homosexuels mais vous êtes malade enfin si ça marchait comme ça tout le monde serait hétéro en fait donc calmez-vous tu vois vraiment c'est ça
Alex Clark — j'avais zéro contenu homosexuel quand j'étais plus jeune bah spoiler alert je le suis donc vraiment ça n'a aucun au contraire je pense que du coup t'es moins tu te poses moins 12 000 questions à l'intérieur de toi en te disant genre est-ce que j'ai un problème genre est-ce que pourquoi je veux pourquoi quand ma poitrine a commencé à pousser je me suis dit oh non mon bus il va plus ressembler à un bus de petit garçon tu vois des trucs un peu que quand t'es enfant tu te poses des questions vraiment lunaires mais du coup quand t'as de la représentation je pense ou que c'est normal bah en fait t'as plus ce genre de questions et je trouve que la génération après nous la génération des 2003 ma petite soeur je trouve qu'ils sont bien beaux bien plus ouverts là dessus et pour eux genre c'est un non sujet je trouve à mon sens pour eux ils sont vraiment beaucoup plus ouverts d'esprit et ils sont en mode ouais bah c'est une fille ou un garçon je m'en fiche genre vraiment ils sont vraiment beaucoup plus ouverts et je suis contente que ça aille dans ce sens là
Ybelion — c'est carrément vrai et je pense que typiquement les auteurs et les autrices comme toi qui prennent le temps d'écrire sur ces sujets là aident aussi beaucoup à ça et en fait ça fait beaucoup de bien aux jeunes qui arrivent quelque part
Alex Clark — bien sûr et il y en a plein je sais qu'avec Capitaine Queen je sais que j'en ai plein qui se sont mis à lire qui m'ont dit je ne lisais jamais de ma vie j'arrivais pas à me concentrer plus d'une page et je l'ai dévoré en un jour et demi deux jours merci grâce à ça je me suis mis à la lecture ça m'a donné envie d'en lire plus enfin c'est trop bien c'est lire c'est vivre les yeux ouverts genre vivre un imaginaire les yeux ouverts c'est incroyable
Ybelion — putain j'allais te j'allais te demander de voir de tirer une conclusion mais quelque part lire c'est voyager les yeux ouverts c'est pas mal c'est pas mal mais je te laisse quand même le mot de la fin qu'est-ce que t'aurais envie de conclure et de raconter sur Storm Between Us ah on est on est interrompu par
Alex Clark — mon robot il a décidé de
Ybelion — l'attaque du robot
Alex Clark — l'attaque du robot conclure c'est pas facile de conclure qu'est-ce que je pourrais dire je pourrais dire que mes histoires sont universelles et que tout le monde peut les lire tout le monde peut se reconnaître dedans parce que c'est des sujets et c'est des problématiques c'est des histoires qui peuvent parler à tout le monde et si vous aimez bah les films catastrophes mais pas que la romance les histoires un peu punchy parce que les personnages ils sont vraiment drôles entre eux mais ils sont pas très sympas entre eux au départ et bah je pense que vous aimerez Storm Between Us en plus la couverture est super cool on dirait une couverture de film catastrophe et puis voilà allez lire mes écrits j'en ai encore plein dans ma tête à vous partager donc allez lire c'est super cool
Mot de la fin
Ybelion — merci beaucoup Alex et je rejoins ton partage sur la couverture elle m'a effectivement fait un feeling de film catastrophe et ça rejoint je comprends mieux du coup le côté très cinématographique que t'as à la fois dans ta représentation de l'écriture et dans ta pratique ta pratique de l'écriture merci beaucoup d'avoir de t'être ouverte et d'avoir partagé tout ça avec nous
Alex Clark — avec grand plaisir merci à toi de m'avoir accueilli c'était hyper cool et puis bah peut-être à bientôt pour un pour une seconde partie merci
Ybelion — merci d'être là épisode après épisode si ce podcast t'inspire t'aide ou te mets du baume au coeur t'abonner mettre 5 étoiles et le partager c'est le meilleur moyen de m'aider à toucher le plus de gens qui ont un livre en eux parce qu'après tout plus il y a de livres écrits et mieux le monde se porte à très vite ose écrire