Ep 68 · Une psychologue qui écrit des messages d'espoir00:00
Et si le problème, c'était l'organisation elle-même ?
CE QUE RACONTE CET ÉPISODE
Inès El Abed est psychologue, elle a monté son cabinet et elle élève trois filles de six ans, quatre ans et un an et demi. La question qu'on lui pose forcément, c'est comment elle s'organise pour écrire. Sa réponse tient en trois mots : je m'organise pas.
Elle suit son énergie. Elle écrit beaucoup par périodes, puis s'arrête complètement, sans frustration et sans culpabilité. Elle refuse le rythme d'un roman par an que le milieu présente comme la norme. Et elle a deux livres publiés.
Ce qui rend sa position solide, c'est le déplacement de vocabulaire qu'elle a opéré. Passer de « il faut que j'écrive » à « j'ai envie d'écrire ». À partir de là, cinq ans, dix ans ou vingt ans lui sont égaux, tant qu'elle arrive au bout. L'écriture redevient ce qu'elle est pour elle : un loisir.
Dans cet épisode, on parle aussi du pire moment objectif où elle a commencé son premier livre, du mois qu'elle a eu pour le terminer sur deadline, et du titre qu'elle avait déjà noté dans son téléphone des mois avant, puis complètement oublié.
LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE
CAROUSEL À VENIR
Les slides de cet épisode arrivent bientôt dans la bibliothèque visuelle.
Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Une psychologue qui écrit des messages d'espoir
Ybelion — Yo yo, c'est Ybelion, vous êtes dans le 68e épisode d'Ose Écrire et aujourd'hui j'ai l'honneur d'accueillir Inès, maman, psychologue et écrivaine. Et écoutez, son parcours est hyper inspirant et surtout les messages qu'elle véhicule remplis d'espoir. Je vous souhaite un très bon épisode et je vous dis à très vite. Moi c'est Sam, Ybelion de mon nom de plume. Je suis écrivain, coach et j'accompagne celles et ceux qui veulent renouer avec leur rêve d'écriture. T'écoutes un podcast dont l'intention est simple, te donner inspiration, outils, motivation, discipline, bref, tout ce qui peut te permettre d'oser écrire. En gros, c'est un peu dans le titre quoi, Ose Écrire.
Inès El Abed — Bah écoute, en tout cas, merci beaucoup de m'accueillir justement, enfin moi aussi ça me fait super plaisir. C'est l'occasion pour moi de rencontrer des nouvelles personnes, des métiers différents aussi, donc c'est intéressant. Et donc moi, comment je m'organise ? Je m'organise pas.
« Je m'organise pas »
Ybelion — J'adore.
Inès El Abed — J'ai vu que c'est plutôt du feeling, mais en fait, on va dire que comment dire ? En devenant maman, il y a un truc que j'ai appris, c'est que c'était essentiel d'écouter mes besoins du moment. Donc justement, c'est pas toujours cadré, pas toujours organisé. Enfin, la vie de maman est très carrée, voilà, pour que tout rentre bien dans les cases. Mais tout ce qui se passe autour, justement, je l'adapte selon mes besoins, mes envies, mon énergie. Enfin voilà. Et c'est ce qui fait que ça marche et que je peux faire des projets, en fait. C'est-à-dire que tant que je suis à l'écoute de mon énergie, ça marche bien. Donc l'écriture, c'est pas tout le temps. Et c'est vraiment selon des périodes. Il y a des moments que je vais écrire beaucoup. Il y a des moments que je vais pas écrire du tout. Et en fait, je le vis plutôt bien parce que pour moi, l'écriture, c'est vraiment un loisir avant tout.
Ybelion — C'est hyper intéressant. Et en fait, ce que je trouve assez admirable dans cette position, c'est que t'es hyper à l'aise avec le fait qu'il y a des moments où t'écris pas, en fait. Et ça crée pas de frustration, entre guillemets, j'ai l'impression. Et est-ce que ça a toujours été le cas ou t'as réussi à apprendre, à lâcher prise quelque part sur ce processus que t'avais, toi ?
« Comment je m'organise ? Je m'organise pas »
Cinq ans, dix ans, vingt ans : peu importe
Inès El Abed — En fait, ça a toujours été... Je me suis jamais pris la tête avec l'écriture, vraiment. C'est-à-dire que je me suis toujours dit, ouais, j'ai ce rêve d'écrire un livre. Mais en même temps, ça prend le temps que ça prend. Et l'essentiel, c'est que j'arrive au bout. Donc je me disais, même si ça prend 5 ans, 10 ans, 20 ans, je m'en fiche tant que j'arrive au bout. C'était ça mon objectif. Donc je me mettais pas la pression. Et je me disais, de toute façon, chaque fois que j'écris, j'avance un petit peu. C'est un petit pas de plus vers l'objectif. Après, je me pensais pas vraiment capable d'arriver au bout la première fois. Il y a eu des doutes en route, ça c'est sûr. Je pense que ça fait partie du chemin de tous ceux qui écrivent. Mais le fait d'avoir réussi une première fois, après, j'avais confiance. C'est-à-dire que le deuxième, pour le coup, je savais que j'en étais capable. Et pareil, je me mettais pas la pression. Parce que maintenant, j'avais compris comment ça fonctionnait, comment je fonctionnais avec l'écriture. Et du coup, c'était beaucoup plus fluide, en fait.
Ybelion — Et le premier, du coup, que t'as écrit, tu l'as écrit en... Enfin, ça a duré combien de temps, du coup ?
Inès El Abed — Alors...
En fait, déjà, pour le premier, j'étais pas toute seule. J'étais dans un groupe. Ok. En fait, ce qui s'est passé, c'est que je venais d'avoir ma petite-fille, donc ma première. Parce que du coup, moi, j'ai trois enfants, j'ai trois petites-filles. Ok. Elles ont, là, actuellement, elles ont bientôt six ans, bientôt quatre ans, et un an et demi. Elles sont petites.
Ybelion — Ah oui. Ok, ouais. Voilà.
Inès El Abed — Et moi, j'ai commencé à écrire quand ma première, elle avait six mois.
Ybelion — Ok.
Post-Covid : le pire moment pour se lancer
Inès El Abed — Donc, c'était en période... C'était après le Covid. Moi, je cherchais du travail. En plus, j'étais vraiment dans une période où, on va dire, c'est pas du tout le moment de commencer un projet, en fait. Là, le projet, c'était déjà d'avoir un travail. Et en fait, post-Covid, il y avait quasiment rien. Donc, je cherchais et tout. Et puis là, je me suis dit, bon, il n'y a personne qui veut m'embaucher. Tant pis, je vais me lancer à mon compte. Donc, là, je me suis lancée à mon compte. C'était déjà un challenge en soi. Et pile à ce moment-là, il y a une opportunité qui se présente. Une femme qui m'inspire beaucoup, qui est psychologue aussi, et qui a écrit déjà plein de livres, et qui proposait un accompagnement pour écrire son livre. Et je me suis dit... Trop bien. Bah voilà. Je me suis dit, elle, j'ai hyper confiance. Je sais qu'avec elle, je vais y arriver. Donc, j'ai pris son accompagnement, même si c'était challengeant aussi, et de me dire, mais je suis complètement folle. Attends, on vient de déménager. On a un bébé de six mois. Je me lance à mon compte et je me lance dans l'écriture d'un livre, mais ça va pas la tête.
La rencontre qui déclenche tout
Ybelion — Vas-y, pardon, je te laisse terminer.
Inès El Abed — Non, non. Mais du coup, voilà, je me suis dit, mais qu'est-ce que je fais ? Donc ça, j'en ai parlé à personne de l'écriture du livre. Parce que je voulais pas m'engager, m'avancer trop tôt. Je voulais voir déjà si j'en étais capable. Et je savais que c'était vraiment un défi un peu fou.
Ybelion — Ouais. Tu sais que j'adore que tu partages ça, parce que ça résonne beaucoup en moi, forcément. Parce que moi, je fais le même métier que la personne qui t'a accompagné, tu vois, justement, à accompagner les gens à écrire leurs livres. Et donc, déjà, je trouve ça trop cool qu'il y ait d'autres personnes qui le fassent. Parce qu'en plus, le coaching, c'est très des... Comme toi, tu connais la thérapie avec un psy, c'est pareil. C'est très... T'es connecté avec la personne qui t'accompagne. C'est très des vibes. Donc, en fait, plus il y a de gens qui font ce métier-là, plus il y a de gens qui font le livre, tu vois. C'est évident. Et c'est très courageux de ta part d'avoir pris cette décision. Effectivement, ça fait un peu peur. Et je vois ça chez certains qui s'engagent avec moi. Au début, ça fait peur, tu vois, de se dire « Attends, mais en fait, là, mon rêve va vraiment prendre vie. Et genre, je vais vraiment me lancer dans le vide. » Et là, d'un coup, on se rend compte que ça a beau être notre rêve, ça fait un petit peu peur. Donc déjà, bravo vraiment d'avoir osé ça. Et en plus, c'est trop inspirant parce que tu l'as fait à un moment où en fait, d'un point de vue extérieur, ça ne paraît pas être le bon moment. Mais c'est ça qui est magnifique. C'est qu'en fait, le seul bon moment, c'est presque maintenant, quoi. Et c'est quand tu décides que c'est le bon, quoi. C'est tout à fait ça.
Inès El Abed — En fait, je ne sais pas, c'est comme un alignement de planètes, entre guillemets. Quand on le sent à l'intérieur, c'est-à-dire que je me suis quand même beaucoup questionnée. J'en ai parlé à mon mari, je lui ai dit « Mais tu crois que je peux ? C'est abusé si je me lance ? » Il dit « Bah, je ne sais pas. Fais-toi confiance. Qu'est-ce que tu penses ? » Je dis « Bah, je ne sais pas. J'ai l'impression que c'est le moment, en vrai. Ça tombe bien, quoi. Enfin, ça ne tombe pas bien, mais ça tombe bien à la fois. » Et je me dis « Je pense que je le regretterais si je ne tentais pas. » Et en plus, cette personne a été adorable. Elle m'a permis justement de démarrer. C'est-à-dire que moi, financièrement, c'était compliqué. Et donc, elle m'a fait une remise, en fait. Elle m'a dit « Inès, je sens que tu en as envie. J'ai envie de t'aider à ce que tu y arrives. Allez, vas-y. » Mais du coup, ça m'a donné un objectif. Elle me disait « Voilà, ça te fait tant de patients par semaine. Si tu fais cet accompagnement, est-ce que tu penses que tu en es capable ? » Et du coup, ça me motivait aussi sur l'aspect professionnel. Me dire « Bah ouais, du coup, je vais remplir mon planning. Donc, je vais travailler. Et l'argent que je vais gagner va me permettre ensuite de réaliser ce rêve aussi. » Donc, c'était tous mélangés plutôt bien, en fait.
Ybelion — C'est vrai, tu as raison. Parce que c'est toujours... La vie est bien faite. Et quand tu t'alignes avec le rêve que tu as envie d'atteindre, bizarrement, tout se met à bien tourner autour de toi. Et c'est vraiment l'histoire de dire « Ok, quand tu as une direction claire dans ta tête, quelque part embrasse ce chemin, lâche un peu prise aussi sur ce qui va se passer. Et la vie t'offre à ce moment-là des opportunités pour que tout se passe bien. Et évidemment, rien n'est dû et te tombe dans les mains comme ça. Mais soyons ouverts, soyons curieux. Et quand on est aligné, généralement, c'est là que ça toque fort. Les choses apparaissent comme ça un peu. Moi, j'aime bien ce côté-là un petit peu... C'est peut-être un petit peu spirituel, mais ça me parle pas mal.
Inès El Abed — Moi, ça me parle très bien aussi. C'est vrai que moi, personnellement, je crois pas du tout au hasard. Et je me dis que souvent, les rencontres, elles sont au bon moment, quoi. Donc voilà. À ce moment-là, c'est vrai que justement, ça m'a permis de prendre conscience qu'il n'y avait pas de bon moment. D'ailleurs, j'ai rien fait au bon moment, moi. C'est-à-dire que j'ai fini mes études. Au moment où j'ai passé ma soutenance et tout ça, j'étais enceinte de trois mois déjà. Et j'étais en pleine nausée, vomissement et tout. C'était génial. Le lendemain de ma soutenance, on a déménagé. Donc quand j'ai eu mon titre de psychologue, le lendemain, on a déménagé. Et deux semaines après, on se mariait. Et je pense qu'honnêtement, à 23 ans, en fait, j'étais la seule. J'en avais pas beaucoup.
« J'ai rien fait au bon moment »
Ybelion — C'est génial. Mais c'est ça aussi, tu vois. C'est de chacun, chacun est unique. Chacun a son parcours de vie. Et c'est aussi pour ça qu'après, toutes les histoires qu'on écrive sont si particulières. Et du coup, donc tu rentres dans le processus d'écriture du premier livre. Et quelque part, tu réussis à écrire ce premier livre. Et puis du coup, après, t'en fais un deuxième. Oui, c'est ça.
Inès El Abed — Mais le premier, il m'a quand même pris un certain temps. Parce que justement, j'avais des pauses, que j'avais quand même ma vie de maman, mon activité, tout ça. Comme je disais, je me suis laissée porter, sachant qu'à la fin de l'écriture de mon premier, je suis retombée enceinte, du coup. Donc, pareil, à nouveau. Moi, j'étais malade à chaque début de grossesse. Donc, c'était hyper dur d'écrire. Je me revoyais encore. J'étais en train d'écrire. Et avec envie de vomir. C'était vraiment top. Et du coup, dans ces moments-là, je me suis dit, non mais là, je fais une pause. C'est là où je disais, en fait, que c'est important de s'écouter. Donc, ouais, j'ai fait ce processus, mais je n'étais pas seule. Donc, c'était avec un accompagnement, un groupe, on était plusieurs. Et on avait des vidéos tous les mois. On se retrouvait, on partageait nos avancées, nos questionnements et tout ça. Et ça permettait justement de garder le cap et de se dire que même si on doutait, même si c'était dur, en fait, on allait y arriver ensemble. Donc, l'accompagnement était sur un an. Et à ce moment-là, au bout d'un an, j'avais fait à peu près, je ne sais pas, la moitié de l'écriture, je dirais. Donc, je n'avais pas tellement avancé en un an. Je faisais lire tous mes chapitres à la personne qui m'avait accompagnée parce qu'en fait, elle aimait bien mon histoire et elle voulait connaître la suite. Donc, de manière gracieuse, entre guillemets, en fait, elle lisait mes chapitres. Elle me faisait de temps en temps des retours en me disant, tiens, ça, ça pourrait être amélioré ou ça, c'est hyper intéressant ou juste pour me motiver, me dire ça, c'est top et tout. Et donc, arrivé à un moment donné, j'ai repris pas mal l'écriture vers le mois de mai. Donc, on était en 2020 quand j'ai commencé et j'ai repoussé jusqu'en mai 2021. Non, 2022 plutôt. Mes demi-vente-neux. Et à ce moment-là, j'avais donc ma deuxième qui était née. Et donc, elle me dit, Inès, écoute, je vais lancer une maison d'édition et je vois que tu te remets à écrire beaucoup. Est-ce que tu te sens de finir ton livre dans les un mois qui viennent et d'intégrer la maison d'édition pour le lancement parce qu'on va lancer 11 livres et tu serais le douzième ?
Un mois pour finir son livre
Ybelion — Ok.
Inès El Abed — Donc, je lui dis, ok, challenge relevé. Et là, dès que j'avais un moment, j'écrivais entre midi et deux pendant ma pause, le soir quand mes filles étaient couchées, pendant leur sieste le week-end. Dès que j'avais un temps toute seule, j'écrivais. Et j'ai fini l'écriture. Puis après, on s'est lancé dans toutes les démarches de correction qui ont été très rapides aussi. Donc, c'était vraiment très challengeant. Et en septembre, le livre est sorti avec le lancement de la maison d'édition et les 11 autres livres d'autres personnes. Bravo.
Ybelion — Et c'est fou parce qu'il y a ce côté quand tu te fixes une date, forcément, inconsciemment, tu te mets à avoir un objectif vraiment très clair. Et donc, ce qui était du rêve devient de l'ordre de la réalité. Et là, c'est beaucoup plus facile d'agir de manière congruente entre ce que tu as envie d'accomplir et ce que tu fais au quotidien. Et donc, une fois que tu as traité tous tes impératifs, t'occuper de tes enfants, etc., à prendre soin de toi, à la fin, sur le temps libre, tu te dis, mais en fait, attends, j'ai mon rêve, j'ai ma date, hop, c'est bon, je me mets à écrire. Et c'est pour ça que se fixer un objectif, c'est hyper important, pas pour se mettre la pression, mais pour ancrer le rêve dans la réalité quelque part.
Inès El Abed — C'est ça. Donc oui, j'avais ce truc de je me laisse le temps, peu importe le temps que ça prend, mais arriver vers la fin, c'est vrai que forcément, quand ça traîne un peu trop, on perd en motivation quand même. Et quand il y a quelqu'un qui nous dit, Inès, ton livre, il peut exister, il va être édité, et voilà, il faut juste que tu mettes un petit peu un coup de pied aux fesses. Bah du coup, oui, à ce moment-là, j'ai été capable de le faire. Parce que je savais qu'il y avait un truc, un objectif, effectivement, final, qui m'attendait. Donc, comme quoi, on est capable de se donner les moyens, quel que soit le compétence.
Ybelion — bien sûr,
Inès El Abed — bien sûr,
Ybelion — bien sûr. Et c'est pour ça qu'à chaque fois, ça me fait rire, mais le... Tu sais, à la fois, je suis coach, et à la fois, je suis donneur de coups de pied aux fesses professionnels, tu vois. Parce qu'en fait, c'est souvent, c'est aussi ça dont les gens ont besoin pour aller terminer, tu vois.
Inès El Abed — Mais c'est clair.
Ybelion — c'est trop cool que tu aies réussi. Et du coup, ce premier livre, j'avais noté les titres, c'est À l'arrivée, tu comprendras, c'est le premier ça ? C'est ça.
Inès El Abed — Je l'ai sous la main, si tu veux.
OK.
Ybelion — Et qu'est-ce que t'aurais envie... J'aime bien laisser le champ ouvert, mais qu'est-ce que t'aurais envie de raconter sur ce livre, sur ce qu'il est ?
« À l'arrivée, tu comprendras » : le titre oublié
Inès El Abed — Déjà, le titre, en fait, c'est marrant parce que je l'ai cherché pendant longtemps. Enfin, j'ai vraiment passé du temps à l'écrire, alors qu'au tout début, j'avais noté quelques idées au pif, et puis ensuite, j'avais ouvert... Enfin, je me suis fait des notes dans mon téléphone avec des idées de titres. Puis j'ai laissé passer le truc, j'ai fini l'écriture de mon livre, et arrivé vers la fin, on me demande « Maïna, c'est quoi le titre de ton livre ? » Et je me pose, et je réfléchis, je pose des questions avec mon mari qui m'a aidée et tout. Je lui ai dit « Ouais, qu'est-ce que je peux dire ? » Machin, mon livre, il parle de ci, il parle de ça, qu'est-ce qu'on va faire ? Et à la fin, je note « À l'arrivée, tu comprendras. » Et je dis « Ah, j'aime bien, ça match bien. » Et là, je revois mes notes et en fait, je l'avais déjà écrite des mois auparavant. Je me dis « Ok, je l'avais complètement oubliée, mais bon, apparemment, c'était une évidence. » Et en fait, c'est fou quand même d'avoir cherché autant, alors qu'à la fin, c'était évident que c'était ça, parce que l'histoire, en gros, c'est, sans rentrer trop dans le détail, mais c'est deux femmes qui sont complètement différentes, opposées, etc. Et en fait, elles traversent chacune à un moment donné une épreuve, ça parle de maternité. Normal, je l'ai écrit, je venais d'être maman, donc moi, ça parlait beaucoup de ça. Mais c'était aussi un moyen de parler de la question de résilience et le fait d'accepter que la vie, elle ne nous met pas toujours sur le chemin qu'on imagine, mais que c'est peut-être le bon chemin pour nous. Donc, ces deux femmes, il y en a une qui veut que son rêve, c'est d'être maman, de fonder une famille, etc. En fait, elle apprend qu'elle ne va peut-être pas pouvoir avoir d'enfant. Et la deuxième, elle, elle est très carriériste et les enfants, pas du tout, elles tombent enceintes. Et donc, elles ne se connaissent pas du tout, mais elles vont se rencontrer et en même temps, vont grandir ensemble quelque part. Et l'idée, c'est vraiment, à travers ce livre, de se questionner sur le fait que, justement, la vie est bien faite, que parfois, il arrive des choses qu'on ne comprend pas, mais que si on laisse les choses se faire, qu'on se laisse porter par les événements, qu'on prend soin de soi, qu'on apprend à guérir de nos blessures, bien souvent, ça nous emmène exactement là où on devait être. Et c'est donc à l'arrivée qu'on comprend. Voilà un peu l'idée.
Ybelion — Tu sais que, c'est... En fait, ça résonne beaucoup en moi, ça me touche beaucoup ce que tu dis. Parce que je remarque ça aussi dans ma vie, tu vois. Et c'est vrai, t'as raison. c'est... La vie est bien faite, tout est juste quelque part. Et on emprunte des chemins qu'on ne pensait pas devoir emprunter. Et on est confronté à des blessures ou des démons qu'on ne pensait pas devoir affronter et qui étaient bien plus pratiques à, entre guillemets, cacher sous le lit ou dans le placard. Et quelque part, la vie nous aide, nous offre ces opportunités d'aller adresser ces sujets et de les guérir. C'est un très beau message. un très beau message que t'as mis dans ton livre. Merci. Et à quel point ton métier, du coup, de psychologue, il a pu t'aider dans... peut-être dans la construction de l'histoire. Parce que derrière ce message, je sens aussi un petit peu ton métier, tu vois, qui permet aux gens d'aller guérir peut-être certains sujets, tu vois.
Psychologue et romancière : soigner par la fiction
Inès El Abed — Ouais, mais je pense que... En fait, je ne savais pas trop au début quel était mon style, mon truc à moi. j'en avais pas conscience jusqu'à ce que j'écrive le deuxième et qu'à chaque fois on me fasse des retours en me disant « Ah, bah, je te reconnais bien derrière avec tes petites métaphores et tout. » Parce que moi, je suis une grande fan de métaphores, j'en fais tout le temps dans mon travail, en fait. Et même dans mes livres, du coup, j'en mets beaucoup. Et c'est vrai que là, j'ai réalisé que ce que je voulais à travers l'écriture, c'était aussi permettre aux gens de réfléchir à leur vie, à leur situation, à des événements de vie douloureux peut-être et de... Bah oui, en fait, de faire comme une thérapie mais de manière différente, c'est-à-dire d'incarner en quelque sorte des personnages à travers les personnages que j'écris, de ressentir ce qu'ils peuvent ressentir, de traverser avec eux les difficultés, de s'identifier à eux et de se rendre compte qu'il y a des moyens pour en sortir, en fait. Donc oui, c'est totalement en lien avec mon métier mais c'est vrai que je ne m'en suis pas rendu compte quand je l'ai fait. C'est vraiment après avoir fait le deuxième où là, c'était clair, enfin, le sujet était tellement précis, mais on en parlera peut-être après, que c'était évident que là, il y avait un souhait, un désir d'aider volontaire et dans le premier, je ne m'en suis pas rendu compte, en fait, qu'il y avait un message derrière de... Bah oui, de résilience en fin de compte. Donc oui, mon métier, il m'aide beaucoup dans l'écriture quand même.
Ybelion — Ouais, je comprends, je comprends. Et ce côté, la résilience dont tu parles, c'est vrai que ça fait plusieurs fois que tu l'amènes, c'était, quand tu as commencé à écrire ton premier livre, c'était, tu savais que tu voulais parler de ce thème-là ou quelque part, tu avais plus juste une idée en... Enfin ouais, ma question, pardon, du coup, je la reformule, c'est, quand tu as commencé à écrire, est-ce que tu avais une idée très précise de ce que tu voulais raconter ou tu t'es aussi beaucoup laissée porter par, finalement, ce que tu traversais au quotidien ?
L'idée née en regardant sa fille de six mois
Inès El Abed — Alors, pour le premier, je ne savais pas du tout dans quoi je m'embarquais au début. C'est-à-dire que je me suis lancée dans l'accompagnement et je me suis dit mais en fait, c'est bien beau, je vais écrire un livre, mais quoi ? Ce qui est sûr, c'est que je voulais écrire un roman. Même si je suis psychologue et que je pouvais très bien écrire des livres professionnels, ce n'était pas mon souhait parce que moi, j'adore les romans et j'avais vraiment envie d'écrire un roman parce que pour moi, on ressent tellement de choses et ce que j'adore, c'est les émotions, c'est un sujet qui me passionne beaucoup en psychologie et j'avais vraiment envie que les gens ressentent des choses à la lecture et donc, je voulais faire un roman. Donc ça, c'était la seule certitude que j'avais. Après le thème, j'y ai réfléchi un certain temps et en fait, c'est venu, j'étais en train d'aller, elle était ma fille donc qui était quand même toute petite, elle avait six mois et je la regarde et puis je me dis quand même, c'est fou, comment serait ma vie si elle n'était pas là ? Aujourd'hui, c'est comme si elle avait toujours été là mais ça serait quoi ma vie si elle n'était pas là ? Et de dire et si je ne l'avais pas voulu mais qu'elle était là quand même ? Et si je l'avais voulu mais qu'elle n'était pas là ? Enfin bref, dans ma tête, ça a fait comme ça et c'est là que j'ai eu l'idée de me dire bah ouais, en fait, je pourrais parler de ça tout simplement que la maternité, ça change, ça chamboule, etc. Et en fin de compte, en écrivant, j'ai mis plein d'autres choses, c'est le premier, c'était un peu... Donc il y a plein de thèmes qui sont arrivés sur la question du deuil, du suicide, donc de la maternité, de la famille, de la maladie, enfin bref, j'ai mis plein de choses dedans mais au final, ce qui en ressort, c'est cette question de résilience, de dire oui, la vie met des choses douloureuses sur notre chemin, c'est une évidence, il y a peu de chances qu'on passe à côté à un moment donné et en même temps, c'est peut-être, c'est super dur mais ça ne veut pas dire que notre vie s'arrête à ce moment-là et on a encore des choses à faire derrière et peut-être même à travers ce vécu, on peut en faire quelque chose. Voilà.
Ybelion — Ça me... Ça me parle beaucoup... Tu sais, je suis vraiment genre premier degré touché par ce que tu dis... J'en perds mes mots, j'en perds mes mots. Je trouve ça... Je trouve ça de manière... Enfin, en fait, je suis assez passionné, c'est pour ça aussi que j'avais adoré la discussion avec Oran et je pense que c'est aussi pour ça qu'elle m'a parlé de toi après. Je trouve que... Alors du coup, toutes les deux, en tout cas, vous avez beaucoup de recul du coup sur le côté très humain qu'ont les êtres humains quelque part et ça se ressent quand vous parlez de vos textes, on sent qu'il y a beaucoup de choses personnelles et du coup, je suis très admiratif que vous arriviez à... entre guillemets de votre métier en ressortir que des messages d'espoir et que du positif malgré le fait qu'au quotidien, vous devez aussi voir des gens forcément qui ne vont pas bien ou qui traversent des périodes difficiles et que vous soyez capable d'en ressortir toujours dans vos livres des messages d'espoir en disant on peut traverser des épreuves difficiles sans sortir, etc. Je trouve ça trop bien et bravo. Donc, c'est pas vraiment une question, c'est plus un partage.
Inès El Abed — C'est gentil. Merci, ça me touche.
Ybelion — Et le deuxième, du coup, il est un peu dans la même veine, un peu différent ?
Violences conjugales : écrire un livre utile
Inès El Abed — C'est différent dans le sens où celui-ci, il y a un thème vraiment très précis, c'est le thème des violences conjugales.
Ybelion — Ok.
Inès El Abed — Et là, donc, violences conjugales, mais ça a dévié quand même un petit peu sur, de manière générale, la question de l'emprise dans la relation de couple. Et donc, ce que je voulais, c'était un livre préventif, informatif, engagé, et aussi qui permettent, par exemple, aux jeunes filles, aux jeunes hommes de comprendre ce qu'était une relation saine par rapport à une relation toxique, de faire la différence entre les deux. Et en même temps, c'était un livre que je voulais vraiment, qu'il soit un message d'espoir, toujours, pour les personnes qui peut-être ont vécu des relations toxiques et douloureuses et qui sont encore en reconstruction parce que ça met énormément de temps pour se reconstruire après ça. Et je voulais leur montrer que c'était possible, leur permettre de changer les schémas de pensée qu'ils avaient sur eux-mêmes, du style, c'est moi qui suis nul, je ne suis pas assez bien, je ne vais jamais y arriver, etc., ce genre de choses, et de leur montrer que si ces personnes ont ces pensées-là, ce n'est peut-être pas pour rien, c'est qu'il y a aussi quelqu'un dans leur vie qui à un moment donné leur a fait beaucoup de mal et leur a mis ça dans la tête et que, en fait, ça ne veut pas dire que c'est la vérité pour autant. Donc voilà, les amener à questionner peut-être la relation qu'ils ont eue ou qu'ils ont encore et de se dire qu'en fait, il y a des choses pas normales, je ne mérite pas ça, ce n'est pas une bonne chose pour moi, il faut que je m'en sorte, je dois sortir de ça et ce n'est pas moi qui ai fait quelque chose de mal. Donc vraiment, je voulais vraiment mettre l'accent dessus.
Ybelion — C'est très clair les intentions que tu as avec ton roman et du coup, sur ce processus de deuxième livre, c'était plus facile entre guillemets que le premier ?
Un seul bêta-lecteur : son frère
Inès El Abed — Franchement, ouais, je pense, mais c'était différent, c'est-à-dire que là, j'étais toute seule du début à la fin, enfin toute seule, je mets des guillemets parce que du coup, pour moi, il y a une chose essentielle pour réussir à écrire, c'est qu'il ne faut pas être tout seul à 100%. Moi, j'avais mon frère, je lui envoyais mes chapitres à la fin, à chaque fois que je les finissais et il me les lisait et il me faisait des retours. Donc la bêta lecture au final où elle fait, je ne sais pas, bon, quelqu'un qui lit nos chapitres au fur et à mesure pour ne pas lâcher et donc, à chaque fois que je lui transmettais, il les lisait, il me faisait des retours en plus toujours très positifs, enfin ça faisait du bien quoi, je ne dis pas que j'avais envie d'être brossée dans le sens du poil, mais il avait l'air sincère quand même et donc, ça fait du bien, ça permet de, si on doute, de se dire, non allez, lui il a envie de connaître la suite donc il y a au moins une personne qui le lira, c'est sûr, donc il faut que je finisse et c'est vrai que tous ces moments où on se dit, mince, mais en fait c'est pourri ce que je fais, qui va lire ça, ça va servir à rien, mais pourquoi je suis partie là-dessus et bref, et au final les moments où je doutais le plus, ils me disaient, c'est incroyable que tu aies parlé de ça, j'adore, j'ai trop aimé ce passage, ah bon, merci, donc pareil, ça encourage, donc voilà, mais ça a été beaucoup plus facile dans le sens où je savais que j'étais capable, donc là en fait, j'avais enlevé tous les doutes quant à ma capacité d'arriver au bout, par contre, le fait de ne pas avoir de deadline ou quoi, on a vite tendance à se relâcher et tout, donc souvent je me faisais des petits challenges moi-même où je me disais, bah allez, je vais écrire le plus possible jusqu'à telle date, je vais écrire, je sais pas, tant de chapitres, et du coup, je me mettais à fond dans l'écriture et pendant plusieurs jours, j'écrivais, j'ai fait, je sais pas, 6, 7, 8, 12 chapitres en quelques jours, mais parce que j'étais à fond dedans et voyant que ça avançait bien, bah c'était motivant, donc je continuais et je sais même pas comment je suis arrivée au bout, finalement, mais ça s'est fait.
Ybelion — Je, c'est trop cool, ça se sent que t'as réussi à trouver ton, ta manière de fonctionner et justement, je trouve que ça, c'est un message qui est hyper important à faire passer à tout le monde, c'est justement cette, un moment, c'est intéressant d'avoir envie de trouver sa manière de fonctionner sans vouloir aller copier ce que peuvent raconter tout, enfin, n'importe qui sur les réseaux sociaux et ce qui est marrant, c'est que, tu vois, de prime abord, quand tu, je croiserais un auteur qui me dirait, bah moi j'écris un chapitre, je le fais relire et puis j'écris de manière sporadique comme ça à droite à gauche, tu vois, j'irais, j'irais assez naturellement avec ce que j'ai pu observer en moyenne, aller le challenger sur, ok, pourquoi il a besoin de faire relire ses chapitres de manière très régulière, pourquoi il fonctionne sans deadline et pourquoi il va pas chercher à un peu pérenniser entre guillemets son approche de l'écriture et en fait, ce que je trouve très beau, c'est que même si ces questions que je pose derrière peuvent révéler des vrais blocages, des vraies peurs qui font que les gens arrivent pas au bout, à la fin, une fois que t'as réussi en fait, à écrire ton premier livre et à te connecter à ton amour de l'écriture et à t'inscrire dans le processus, tu commences à te connaître et à savoir comment toi, tu fonctionnes et là, ça peut être intéressant quand tu fais les choses en conscience de justement mettre tout ce qui fait que toi, ça fonctionne et donc effectivement, là, de dire, bon ben en fait, moi, avoir un retour sur chaque chapitre, ça me permet d'avancer encore plus vite et ça me lance pas dans des boucles perpétuelles de correction parce que très souvent, en fait, je pose des questions à des auteurs qui sont toujours bloqués au premier jet parce qu'ils ont eu 50 retours sur 50 chapitres et ça a fait 50 puissance, 50 modifications dans leur texte donc c'est une boucle infinie de corrections et ça, et aussi, se connecter aux métriques d'avancement et de dire, bon ben en fait, voilà, ok, ben là, je vais me mettre un petit défi et voilà, je vais être contente à la fin parce que je vais avoir écrit beaucoup de chapitres en peu de temps etc. et ça, c'est trop bien donc je suis ravi parce que ça prouve que tous les spectres sont possibles en termes de discipline mais que du coup, il faut s'interroger au début sur, ok, de quoi j'ai besoin en moi, qu'est-ce qui est important pour moi, qu'est-ce qui me permet de ressentir mon amour de l'écriture etc. Et voilà, bon après, ça c'est une approche très coaching et c'est celle que je défends donc forcément je prêche pour ma paroisse mais je trouve que c'est extrêmement intéressant comme manière de fonctionner.
Inès El Abed — Merci, mais c'est vrai que, enfin comment dire, moi je ne relis pas mes chapitres c'est-à-dire que j'écris et je passe à autre chose enfin j'écris la suite. Le seul moment où je relis en fait, c'est juste à la limite les derniers paragraphes du chapitre précédent pour me remettre dans l'histoire, me rappeler comment ça s'est fini et ensuite enchaîner sur la suite. Mais je ne relis pas, je ne corrige pas en fait. C'est mon premier jet il est, comment dire, en fait j'écris comme j'ai envie de lire. Donc, c'est très spontané et quand je suis en mode bug, c'est-à-dire sur ma page et qu'elle est blanche, la fameuse page blanche là, ce moment où je suis en mode mais qu'est-ce que je vais raconter ? Bah j'essaye de pas rester bloqué sur qu'est-ce que je vais raconter et je me dis bah allez je me lance et j'écris trois mots comme ça et ça n'a aucun sens et c'est comme ça que j'ai fait des passages que je sais même pas d'où ils sont sortis. C'est-à-dire que je n'ai pas réfléchi. J'ai fait, dans le premier par exemple, il y a une métaphore, à un moment donné, la fameuse métaphore, je ne sais pas ce que j'ai raconté mais c'est parti de nulle part et au final, j'étais contente, ça rendait bien et je me dis bah je ne me suis pas bloquée quoi.
« Je ne relis pas, je ne corrige pas »
Ybelion — C'est génial. C'est génial et tu as totalement raison, ça fonctionne très bien le lâcher prise de se connecter un peu à cette écriture intuitive quelque part quand on est en page blanche, ça libère et du coup, quand tu demandes par exemple des retours à ton frère, c'est-à-dire que quand tu es dans le processus du premier jet, tu finis un chapitre, tu lui envoies et en fait, les retours qu'il te fait, tu en fais quoi ? Tu t'intègres tout de suite ou finalement, c'est juste que tu les gardes pour après ? En fait,
Inès El Abed — comment dire, c'est que moi, quand je lui ai demandé de lire mes chapitres, ce n'était pas pour me faire un retour sur l'orthographe, la syntaxe, la section, mais sur l'histoire, sur ce qu'il ressentait, sur ce que ça lui faisait vivre, ressentir. Donc, c'était vraiment plus sur qu'est-ce que tu ressens quand tu lis, est-ce que tu t'attaches au personnage, est-ce que tu comprends ce qui se joue entre eux ? Donc, c'était vraiment plus là-dessus qui me faisait des retours et moins sur tout ce qui est vraiment de l'ordre de la langue, en fait.
Ybelion — Ouais, et de la technique ou du détail. OK. Ah, c'est hyper intéressant parce que justement, ça s'inscrit bien dans une démarche de demande de relecture. Ce que moi, tu vois, de manière assez catégorique, de manière globale, je dis aux gens, sur votre premier jet, n'allez pas chercher des commentaires, voilà, parce que ça va juste vous embrouiller et relancer une machine de correction infinie de laquelle, justement, on essaie de sortir. Par contre, toi, on sent que ça s'inscrit dans une démarche de, OK, en fait, de quoi j'ai besoin pour avancer ? J'ai besoin d'avoir un retour honnête et sincère sur, OK, qu'est-ce qu'on ressent quand on lit ? Et si ça, c'est un bon moteur, tu vois, justement, je trouve que là, ça s'inscrit dans une démarche de dire, OK, les choses sont faites en conscience et hop, ça permet d'alimenter la machine. C'est trop intéressant.
Inès El Abed — Mais c'est aussi pour ça que je prends pas 40 personnes, c'est une personne. Une personne de confiance à qui je dis le thème du livre, que je sois certaine que ça l'intéresse quand même, que ça rentre un peu dans son style de lecture et que les retours soient effectivement sincères mais surtout qu'il parle du ressenti. Parce que moi, mon but quand j'écris, c'est que les gens ressentent des choses, en fait. Donc, moi, je veux m'assurer que là-dessus, je suis sur la bonne voie et bon, honnêtement, il n'y a pas eu de moment où il m'a dit que ça ne lui avait rien fait. la seule chose, c'était à la fin, la toute fin, sur l'épilogue. Il m'a dit « Ah, j'ai un sentiment, il manque un truc quoi ». Et c'est la seule fois où il m'a fait un retour comme ça et là, je me suis dit « Ah non, alors c'est pas possible, je ne vais pas rester sur une fin qui est bof quoi ». Surtout s'il a aimé tout le reste. Il dit « Ouais, ça retombe un peu plus ». Je dis « Oh, alors non, non ». Donc là, par contre, j'ai passé beaucoup de temps à retravailler ma faim. Mais c'était bénéfique et c'était une bonne chose. Donc au contraire, c'est bien d'avoir quelqu'un d'honnête, mais effectivement, bien préciser peut-être à la personne, en tout cas, que je ne veux pas que tu me dises si c'est mal écrit, je ne veux pas que tu me dises si telle phrase tu l'aurais mise à tel endroit, je ne veux pas que tu me dises si c'est trop lourd ici, juste dis-moi ce que tu ressens quand tu lis. Et voilà.
Ybelion — Oui, c'est parce que toutes ces questions-là, en fait, elles ont aussi, enfin à mon sens, elles ont de sens qu'au regard de l'entièreté aussi du texte et donc du premier jet. Et c'est tout le processus de bêta lecture à la fin du premier jet, de demander à quelqu'un ok, alors lis toute l'histoire et ensuite fais-moi des retours en disant ok, au regard de l'intention que tu peux avoir avec le livre, moi je pense que ce passage-là, peut-être que machin, etc. Et c'est ça qui est dangereux quand tu le fais en cours de premier jet. C'est pour ça que c'est très bien. Justement, tu précises que toi, tu as mis un cadre en disant bon ben voilà, déjà c'est une personne et c'est sur un truc très précis, le ressenti. Et là, ça permet d'avancer en bonne intelligence, je dirais. Et ouais, trop bien. C'est très intéressant comme processus. Et du coup, c'est un processus que tu es en train de répéter sur un troisième livre en ce moment ? Là,
La correction, l'étape qui dégoûte
Inès El Abed — j'ai fait une petite pause après l'écriture du deuxième. En fait, honnêtement, les corrections elles m'ont dégoûté. C'était tellement long. C'était tellement répétitif. Moi, c'est vraiment une étape que je n'aime pas. Enfin, je le dis comme ça parce que moi, ce que j'aime, c'est le côté créatif. C'est-à-dire l'écriture. J'adore écrire, j'adore être inspirée ou pas d'ailleurs et faire du pif total. J'adore voir les personnages prendre vie, leurs relations, se lier, les messages se transmettre. Ça, j'adore. Par contre, la correction. Mais c'est une horreur parce qu'en fait, moi, je me rends compte de tous les défauts du livre. Je connais le truc par cœur. Du coup, j'ai l'impression que c'est nul, que ce n'est pas intéressant, qu'il n'y a aucune surprise, qu'on ne ressent rien. C'est quelque chose qui, du coup, me fait perdre complètement confiance. Et puis, en plus, de se rendre compte qu'on y repasse une fois, deux fois, trois fois, il y a quand même toujours des fautes. C'est très frustrant. Donc, vraiment, cette étape-là, elle a pris en plus du temps et j'ai principalement mené la correction. Je n'étais pas toute seule mais il n'y avait pas de correctrice professionnelle à ce moment-là. Et donc, c'était un peu lourd de faire ça moi-même demanderai, j'exigerai, je ne sais pas. En tout cas, j'espère qu'il y aura quelqu'un qui s'occupera de la correction parce que vraiment, je vérifierai que les corrections conviennent mais je ne veux pas tout mener. C'est horrible de relire un milliard de fois son propre manuscrit et de se dire que c'est nul. Donc, ça m'a un peu calmée et là, je me suis dit que je ne me sens pas prête à me relancer dans le processus. Je vais me laisser du temps mais les idées, par contre, sont là donc j'ai au moins deux idées de deux livres en tête et je sais que j'ai envie de me remettre là. Ça revient depuis un moment mais j'ai du mal à me relancer mais par contre, je pense qu'une fois que je me relance, ça devrait aller vite parce que je sais déjà de quoi je vais parler. J'ai trop hâte en plus de le faire. Je suis trop excitée à l'idée de l'écrire. Donc, je n'arrête pas du tout d'écrire mais c'est juste que pour l'instant, c'est une pause qui je pense est nécessaire par moment mais encore une fois, je le vis bien parce que je ne suis pas dans cet objectif à tout prix d'écrire tous les ans, de faire un roman par année. Je préfère écrire quand je suis prête et que le rendu me plaise plutôt que de me précipiter, de ne pas être bien dedans et de ne pas apprécier le résultat final.
Ybelion — J'adore parce que tu décris un truc qui est extrêmement important c'est que quand tu écris tes premiers bouquins, tu es à la recherche de ton cadre aussi de fonctionnement et quand tu as terminé, là, il peut y avoir un passage difficile en disant attends, mais j'écris plus est-ce que je ne vais pas tout perdre ce que j'ai fait etc. Alors qu'en fait, ce qui est trop bien en définissant son cadre, c'est que tu sais qu'il existe et que quand tu auras envie d'écrire un roman, tu as juste à retourner dans ce cadre-là et hop, ça roule tout seul. Et là, tu touches un truc hyper trop cool, c'est que tu es juste connecté à ton amour de l'écriture et quand elle va revenir toquer, tu vas dire ok, en fait, cette idée-là, j'ai trop envie de l'écrire, hop, je replonge dans le cadre que je me connais et avec lequel je sais un roman, quoi. C'est sûr.
Inès El Abed — Mais c'est vrai. Et maintenant, je sais que c'est possible en fait. Encore une fois, ça fait toute la différence. Le premier, j'ai beaucoup douté et maintenant, surtout après le deuxième parce que pour le coup, je n'avais pas d'accompagnement autour de ça. La seule chose, c'est que mon frère, il a quand même lu tous mes chapitres mais clairement, j'étais entre guillemets toute seule quoi et du coup, je suis fière de ça aussi de me dire mais maintenant, j'en suis capable et pour n'importe quel sujet que j'ai envie de faire et je suis libre de le faire comme je veux et c'est trop bien et du coup, ça, j'adore et me dire ouais, il y a des moments pour tout et là, cette année, j'avais besoin de vraiment travailler sur mon entreprise, de travailler sur ce que je fais, de changer un peu les formats d'accompagnement que je propose donc je me suis beaucoup concentrée là-dessus et je savais que l'écriture, j'y reviendrai plus tard mais je ne pouvais pas tout faire en même temps et je vais revenir à l'écriture quand ça sera stabilisé au niveau professionnel que j'aurai atteint les objectifs que je m'étais fixés donc je fonctionne beaucoup comme ça et c'est comme ça que j'organise en fait les différents trucs de ma vie il y a des périodes pour me consacrer à ma grossesse, ma vie de famille, mes enfants il y a des périodes où je me consacre sur l'évolution de ma vie professionnelle et il y a des périodes où je vais avoir envie d'écrire juste vraiment pour le plaisir l'envie de partager de transmettre des choses et voilà, ça s'organise un petit peu selon les besoins du moment les ressentis mais ce qui est sûr avec l'écriture c'est comme je disais je le considère comme un loisir et pas tellement comme un travail donc si j'ai envie de le faire en plein milieu de n'importe quoi d'autre bon je le ferai et voilà.
Ybelion — Et ça a toujours été tu l'as toujours vu comme un loisir ou alors au départ c'était tu te mettais peut-être la pression ou non ? Finalement ça a toujours été un...
Envie d'écrire, jamais « il faut »
Inès El Abed — Pour le premier j'avais la pression parce qu'on était un groupe et que les autres avançaient donc j'avais pas envie de ne pas y arriver moi et j'avais un peu la pression de me dire mais est-ce que je me suis engagée et est-ce que vraiment je vais y arriver ? Donc c'était plus dans le sens est-ce que j'en suis capable ? Je veux me prouver moi-même que j'en suis capable mais voilà. Mais par contre le fait d'écrire ça reste un plaisir et je veux pas que ça devienne autre chose. C'est... J'ai pas envie justement que la pression de quoi que ce soit rende ce moment vraiment pesant que je me dise bon il faut que j'écrive. Non j'ai pas envie qu'il faille écrire j'ai envie d'écrire c'est tout et voilà.
Ybelion — Ouais c'est effectivement c'est marrant c'est toujours les trucs en coaching il y a toujours à la fin quand tu parles sur la tu vas titiller la prise de conscience parfois les gens ils disent il faut que et là tu fais ok bon et s'il fallait pas qu'est-ce que t'aurais envie de faire tu vois ? Et c'est vrai que c'est quand tu passes de dire j'ai envie d'écrire il faut que j'écrive t'es plus dans l'injonction et t'es dans quelque chose de très positif en fait et tout le travail que tu peux faire avec les gens amène à ça justement et c'est très intéressant et dans je t'ai pas posé la question au début mais est-ce que t'as toujours écrit dans ta vie ou pas ?
Fanfictions, blogs et la graine plantée
Inès El Abed — Franchement oui mais c'était comment dire je pense à commencer j'étais en primaire j'avais écrit des petits textes et tout ça enfin des petits trucs par-ci par-là je m'étais fait un petit cahier un petit livre j'avais plié des pages et puis j'avais écrit dedans et j'avais fait une histoire qui était hyper glauque mais ça on passera mais j'avais écrit une petite histoire que je n'ai jamais terminée bien sûr après arrivé au collège alors moi je suis une grande fan des mangas du Japon et tout pour moi c'est vraiment c'est une passion quoi et donc au collège là j'étais vraiment dans ma phase manga et j'avais écrit des fanfictions je sais pas si tu connais mais sur les blogs il y avait des fanfictions et moi j'ai créé un blog pour écrire ma fanfiction pour faire des histoires d'amour parce que j'adore les histoires d'amour et qu'est-ce qu'il y a ?
Ybelion — sur quel manga ?
Inès El Abed — One Piece et Naruto
Ybelion — ah ok trop bien
Inès El Abed — là c'était ma période où j'étais à fond dedans donc là dessus j'ai beaucoup écrit à cette période là pour le plaisir toujours et puis arrivé au lycée là j'avais envie d'écrire un truc un peu plus romancé et d'avoir mes propres idées donc j'ai lancé un autre blog les blogs c'était vraiment très pratique donc j'ai lancé un blog c'est ça oh là ça fait vieux ça y est on passe pour des vieux
Ybelion — ouais
Inès El Abed — mais donc j'ai créé ce blog sans grande conviction c'était pas vraiment pour avoir des avis mais c'était plus pour moi par écrire quoi et donc j'ai commencé une histoire comme ça et en fait j'ai eu pas mal de succès sur ce blog entre guillemets moi j'étais choquée il y avait quand même plus de 1000 visiteurs des 1000 commentaires et tout ouais ça a bien marché trop bien et voilà et moi c'était vraiment pour le plaisir mais les gens ils commentaient ils disaient j'adore ce que tu fais c'est trop bien quand est-ce qu'on a la suite et tout et il y a ce commentaire que je n'oublierai jamais et que je partage à chaque fois qu'on m'interviewe sur la question c'est on m'a dit un jour dans les commentaires j'adore ce que tu fais si un jour tu écris un livre je l'achèterai mais en fait ça m'avait même pas traversé l'esprit je ne me pensais même pas capable d'écrire un livre donc à ce moment là la petite graine était plantée de me dire ah mais c'est vrai je pourrais écrire un livre en fait donc l'idée était dans ma tête et de me dire mais en fait là j'ai quand même écrit une vingtaine de chapitres si je le finis ça me fait un livre en soi donc bon j'ai jamais fini l'histoire les pauvres lecteurs en plus il y en a qui continuaient d'y aller même des années après quand j'avais lâché ils attendaient la suite donc je n'ai jamais fini cette histoire par contre là après ça quand je suis arrivée à la fac c'était plus dur d'écrire quand même parce que j'avais mes cours et tout mais j'ai quand même tenté des petites écritures par-ci par-là et je voulais écrire là un roman donc je commençais chapitre 1 je commençais à écrire et puis je finissais pas et puis je commençais un autre truc chapitre 1 chapitre 2 je finissais pas et c'était frustrant mais en même temps c'était juste pas le moment je pense donc j'ai lâché un peu mais sans perdre l'idée qu'un jour j'aimerais le faire et quand ça s'est présenté du coup c'est là où je me suis dit bah en fait ça y est c'est le moment là je vais le faire mais je vais vraiment aller au bout donc c'est comme ça que ça s'est fait
Ybelion — et du coup il y a un truc qui est magnifique il y a beaucoup de trucs magnifiques dans cet enregistrement aujourd'hui mais le fait tu vois que quelqu'un te dise t'as mais en fait tu pourrais écrire un livre et que ça plante une graine et inconsciemment ça a dû te suivre toute ta vie et ça je trouve ça magnifique tu vois et c'est vraiment le pouvoir des mots on se rend pas compte d'à quel point les mots qu'on a peuvent impacter la vie des gens et c'est pour ça que il faut toujours faire de son mieux pour là je vais citer les accords Toltec quelque part mais faire de son mieux pour avoir sa parole impeccable parce que en fait tu sais pas ce que ça peut générer chez les gens et on a tous des exemples dans notre vie de phrases d'inconnus qu'on a jamais revues et on serait peut-être même pas capable de les dessiner ou d'avoir leur nom mais ils nous ont dit un truc qui a impacté toute notre vie et c'est pour ça que c'est important de se rendre compte de la puissance des mots et pour faire le parallèle avec un livre dans un livre il y a beaucoup de mots et donc c'est pour ça que ça a autant d'impact sur la vie des gens et voilà donc osez écrire quelque part c'est clair après je suis une convaincue
Inès El Abed — je suis entièrement d'accord et vraiment c'est les mots ouais ils ont une puissance incroyable et justement à travers nos mots on choisit de transmettre des choses positives ou non et à nous de faire notre choix en tout cas moi j'ai choisi de faire de mon mieux pour que ce soit positif et vraiment c'est vrai qu'on a l'impression d'avoir quand même un pouvoir entre les mains quand on écrit mais on peut en faire quelque chose de bien et je trouve ça beau parce que oui tout le monde ne va pas lire notre livre on le sait c'est pas grave mais ceux qui vont le lire et ceux que ça va impacter positivement mais c'est juste une récompense incroyable quand je vois des avis des retours quand on me dit enfin sur mon deuxième j'ai beaucoup de retours qui me disaient ton livre est thérapeutique je me dis c'est quand même exceptionnel ça fait trop plaisir c'est exactement quelque part ce que je voulais mais je pouvais même pas espérer autant donc des retours positifs comme ça de se dire que waouh en fait les mots que j'ai écrits ils ont un impact sur une personne sa vie sa vision des choses enfin c'est génial quoi donc ouais c'est une baguette magique un peu
Ybelion — ouais carrément j'adore et j'ai eu envie de te poser une question tout à l'heure mais j'ai pas voulu t'interrompre t'as parlé des mangas et moi aussi c'est un univers qui m'inspire beaucoup et j'avais deux questions pour toi si tu pouvais me donner genre ton top 3 des mangas que tu préfères et la question ensuite ça serait de dire comment ça comment tous ces univers là peuvent t'aider dans ton écriture de romans finalement très contemporains est plutôt inscrit dans la réalité très loin de Naruto ou de One Piece ouais
Top 3 mangas et messages cachés
Inès El Abed — mais c'est marrant parce que tu dis très loin et moi je trouve que c'est pas très loin dans le sens où que j'adore en fait dans les mangas dans les animés tout ça c'est qu'il y a toujours plein de messages derrière des messages d'amour des messages d'amitié beaucoup d'amitié des messages de résilience où on continue on avance on abandonne pas il y a beaucoup cette culture japonaise que j'adore qui est hyper dans le respect de la nature dans le respect des autres dans le respect de soi-même aussi enfin du coup pour moi c'est hyper inspirant c'est vraiment une culture que j'adore mais c'est pas pour rien et les mangas ce que j'aime c'est que déjà ils me font ressentir des choses et comme je disais j'adore ressentir de manière générale donc chaque fois je ressens plein de choses je m'attache aux personnages ils ont une capacité à avoir vraiment chacun leur histoire même les méchants entre guillemets ils ont une histoire on peut éprouver de l'empathie envers eux enfin je sais pas comment dire mais c'est tellement bien fait enfin moi ça me voilà tu parles à la passionnée là et donc mon top 3 moi là je dirais que numéro 1 je suis obligée de mettre One Piece parce que c'est mon gars de collège c'est celui avec lequel j'ai quelque part commencé même si à l'heure actuelle je dirais plus que c'est le premier mais bon coup de coeur normal il est dans mon coeur quoi mais honnêtement là ces dernières années moi j'ai Demon Slayer là dans mon coeur j'adore les personnages l'histoire mais surtout le héros Tanjiro je sais pas si tu connais mais qui est vraiment voilà c'est un personnage que j'adore il est tellement gentil voilà c'est voilà j'aime bien et là je suis à fond aussi dans les carnets de la poticaire Pépite ok un manga hyper intéressant où c'est une jeune fille qui a une personnalité qui sort de l'ordinaire et qui mène des enquêtes elle est hyper intelligente et en même temps elle est un peu brute et ça se passe dans la Chine impériale c'est hyper intéressant aussi au niveau culture voilà donc ça c'est vraiment là je dirais en ce moment mon top 3 même si vraiment One Piece en fait je le mets en 1 mais en vérité je le mettrai plus en 3 maintenant mais c'est juste que voilà sur le podium de ma vie il est obligé d'y être quoi
Ybelion — tu sais tu as soulevé quelque chose de très important tu as raison c'est des mondes qui sont éloignés au sens nous on n'a pas de bras qui s'allongent on ne peut pas faire du multiclonage mais effectivement dans les valeurs dans les messages ça transmet plein de choses et justement ces mondes qu'on pourrait rattacher à de la fantaisie sont au contraire des très bons moyens pour faire passer des messages surtout à des plus jeunes en fait et c'est fou je pense que c'est des mangas qui ont inspiré beaucoup de gens aussi
Inès El Abed — après il y a même tous les films les films de Yaomi Asaki
Ybelion — ah bah oui bien sûr une base
Inès El Abed — qui dénonce beaucoup de choses ce que j'adore aussi dans les mangas c'est qu'il dénonce plein de choses aussi d'ordre politique ça me fait toujours bien réfléchir je me dis c'est hyper intéressant ça fait tilter un peu la question du bien et du mal aussi qui est beaucoup questionnée dans les mangas je ne sais pas il y a vraiment un univers qui est passionnant on peut faire plein de choses avec tout ça moi j'adore il y en a un franchement
Ybelion — oui non vas-y je te laisse terminer
Inès El Abed — non excuse-moi c'est qu'il y en a un qui je pense enfin vraiment je pourrais recommander même à des ados c'est Fruit Basket je ne sais pas si tu connais
Ybelion — je connais ouais c'est vieux ça aussi ça a été remis
Inès El Abed — au goût du jour ils ont fait en plus la totalité du manga mais ça je l'ai regardé effectivement quand j'étais au collège ou au lycée je ne sais plus et ce que j'aime beaucoup c'est que c'est des personnages qui sont gentils mais qui vivent des moments difficiles et ils ont un gros manque de confiance en eux ils se font harceler ils n'arrivent pas à accepter qui ils sont et en fait à travers les rencontres et l'évolution ils apprennent petit à petit à s'aimer à s'accepter et donc ça à la période d'adolescence c'est vraiment confit donc pour le coup quand j'ai des adolescents qui viennent et qui aiment les mangas je leur recommande ce manga parce que je sais que ça peut leur faire du bien je trouve que c'est bien fait donc voilà
Ybelion — tu sais que là ça a lancé tellement de trucs dans ma tête je repense aux mangas que j'ai pu lire à ceux que je peux avoir chez moi je me dis putain mais en vrai c'est fou à quel point c'est des univers qui sont riches qui transmettent tellement de choses et puis quelque part la manière de construire les histoires aussi est différente ça peut nous apprendre beaucoup de choses sur la manière de construire les nôtres aussi et ouais très bon top One Piece moi je fais partie des gens qui connaissent la plupart des personnages parce que c'est de l'inconscient collectif maintenant One Piece mais j'ai jamais lu beaucoup et jamais eu le courage de regarder non plus et Demon Slayer j'ai commencé j'ai pas fini mais j'ai commencé et effectivement c'est très sympa Carnet de la Petite Car je connais de nom mais j'ai pas ni lu
Inès El Abed — franchement je pense que celui-là il est voué à avoir un grand succès non franchement après il y a Death Note aussi qui est hyper bien
Ybelion — ça c'est peut-être on est un peu de la même génération Death Note était vraiment un ovni par rapport à tous ceux qui avaient à l'époque c'était dingue et encore aujourd'hui c'est un chef-d'oeuvre presque ah mais il est incroyable
Inès El Abed — vraiment incroyable
Ybelion — c'est vraiment incroyable
Inès El Abed — et justement ça questionne tellement sur la question du bien et du mal c'est trop bien donc non franchement on peut tout à fait s'en inspirer après chacun avec sa propre histoire chacun avec sa propre vision des choses mais quand on écrit de toute façon on s'inspire forcément de quelque chose de quelque part et moi je sais que ce que j'aime c'est des choses qui font vivre ressentir et j'aime aussi comme je te disais des choses qui transmettent des messages qui permettent de réfléchir sur soi-même donc dans le fond c'est ce que j'écris aussi et c'est pas pour rien moi-même j'en suis inspirée de ces choses-là
Death Note, le gris et la profondeur des personnages
Ybelion — ça vaudrait le coup de faire un épisode tu parles que de manga mais c'est vrai que Death Note moi typiquement quand je réfléchis c'est pas le seul mais c'est un des bouquins qui m'a fait prendre conscience du côté non manichéen des choses et ça c'est quelque chose que je ressens beaucoup quand j'écris le besoin d'avoir le gris tu vois de pas opposer le blanc et le noir et toujours perpétuellement placer les personnages face aussi à leurs contradictions et c'est vrai que ça vient Death Note tu vois c'est vraiment un truc qui vient Death Note
Inès El Abed — ouais et puis en fait ça fait du lien même avec mon travail parce que j'invite toujours les personnes à rester dans un équilibre c'est le plus dur on est d'accord mais c'est pas toujours dans les extrêmes qu'il soit aucun extrême n'est bon et donc moi justement j'essaye d'amener les personnes à tendre vers un équilibre à être un peu moins dans les extrêmes parce que c'est comme ça aussi qu'on est bien tout simplement et c'est vrai que c'est intéressant cette question du gris de dire que oui même nos personnages quand on écrit en fait ils n'ont pas qu'une facette oui peut-être qu'en apparence ils sont comme ça mais à l'intérieur c'est plus profond d'ailleurs j'ai un de mes personnages dans mon premier roman que j'ai adoré écrire parce qu'elle avait une personnalité hyper hautaine et tout d'extérieur assez supérieur et à l'intérieur elle a plein de blessures et justement c'est ce côté profondeur des personnages c'est à dire que oui il n'y a pas qu'une face visible il y a d'autres choses derrière donc c'est trop intéressant
L'insolite : une fin qu'elle ne connaissait pas
Ybelion — ouais carrément et je vois l'heure tourner je sais que tu dois y aller du coup je te pose juste une dernière question c'est si tu devais me raconter j'aime bien cette question quelque chose d'un peu insolite sur un de tes deux bouquins que ça soit dans ce que tu racontes ou dans le processus voilà pour conclure sur un de tes deux livres voilà
Inès El Abed — ben je dirais la première chose qui m'est venue qui est insolite c'est que quand j'ai écrit mon premier je ne savais pas du tout quelle serait la fin et jusqu'à la fin je ne savais pas quelle serait la fin
Ybelion — ok ça m'intrigue ça me donne envie de lire ça parce que ça c'est des histoires qui sont très connectées à l'intention initiale et tu peux avoir une intention très claire et une fin qui change avec la même intention et ça se découvre au moment où tu écris et en fait c'est un peu ton inconscient et tes personnages qui décident pour toi exactement et ça c'est génial
Inès El Abed — c'est tout à fait l'impression que j'ai eu c'est de se dire mais ils ont pris le contrôle et c'est eux qui vivent leur vie et moi je ne fais que retranscrire ça fait très bizarre on peut passer pour des fous mais vraiment cette impression que ben ils ont décidé tout seuls de la fin et moi je ne savais pas jusqu'au bout je n'avais aucune idée de comment ça allait se finir je pense que je l'ai su ben en fait quand je l'ai écrit voilà
Ybelion — trop bien ben écoute merci beaucoup Inès pour ces beaux messages et ce bel échange et au plaisir de te réaccueillir