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Pochette de l'épisode 143 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 143AVEC INVITÉ16 SEPTEMBRE 202642 MIN

Je détestais demander de l'aide - Discussion avec Kevin

ClartéRythmeLe comment : la discipline, la régularité, le processus, la méthode, l'organisation, les outils.
SujetsCoaching & transmissionLa posture de coach, l'accompagnement Ose Écrire, le révélateur, les outils, ce que le podcast transmet et ce qu'il ne promet pas.
BlocagesProcrastinationProcrastination & évitement. Remettre à demain, fuir dans les écrans ou l'administratif, fonctionner en tout ou rien, culpabiliser le soir.Syndrome de l'imposteurImposteur, illégitimité & comparaison. « Qui suis-je pour écrire ça », pas d'études, pas capable seul, la comparaison aux autres auteurs et à soi-même.Discipline fragileDiscipline fragile & attente de la condition idéale. Une régularité installée puis perdue, attendre la motivation, l'inspiration ou la condition idéale, des plannings qui paralysent.
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FACE A — LES 23 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Le rituel d'écriture parfait, celui des autres, finit par te faire exploser en vol.

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

Kevin est ingénieur en cybersécurité. Il a lu des livres et écouté des podcasts sur la bonne façon d'écrire, et il a tout appliqué à la lettre. Il se levait à 5 heures, écrivait deux heures, enchaînait sa journée de travail. Ça marchait un temps, jusqu'à ce que le manque de sommeil gagne. Après, il ne touchait plus à ses textes pendant deux jours, une semaine, des mois entiers. Ses projets sont restés en chantier pendant des années.

Je connais bien ce mécanisme, je l'ai vécu. Le corps finit toujours par rattraper le rythme qu'on lui impose. C'est comme la vaisselle sale qu'on laisse dans l'évier : plus le temps passe, plus la pile monte, et le courage nécessaire pour s'y remettre aussi.

Pendant nos cinq mois de travail, Kevin a d'abord proposé d'écrire tous les deux jours. Ensuite on en a parlé de moins en moins. Il écrivait dans les transports, quarante minutes à la fois, ou en attendant devant l'école. Ces moments qu'il tenait pour perdus ont porté son manuscrit, et il l'a terminé.

C'est ça, la Clarté de Rythme : une discipline d'écriture durable qui s'intègre à ta vie, sans tout sacrifier. Le rythme qui a tenu, pour Kevin comme pour moi, est celui qui nous ressemble.

Son texte est parti en correction. L'épisode complet est à écouter là où tu écoutes tes podcasts.

#OseEcrire #ecriture #writersofinstagram

LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE — CLIQUE UN SLIDE POUR L'AGRANDIR

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Tu cherches un passage précis ? La table d'écoute passe les transcripts de tous les épisodes au peigne fin.

Introduction

Ybelion — Petite introduction rapide à ce podcast où j'accueille Kevin, avec qui j'ai travaillé, ingénieur, papa et désormais écrivain. Je vous laisse avec cet échange passionnant et je vous dis à très vite. Moi c'est Sam, Ibeléon de Mon Implume. Je suis écrivain, coach ICF et j'ai créé Ose Écrire, un accompagnement pour celles et ceux qui veulent enfin accomplir leur rêve d'écrire un livre. Ce podcast a la même intention. C'est ton rendez-vous inspiration, discipline et passage à l'action. Et si ça te parle, abonne-toi, mets 5 étoiles et partage autour de toi. Parce que plus il y a de gens qui osent, plus d'autres oseront à leur tour. Allez, c'est parti et bonne écoute. Pour désacraliser le démarrage, je vais te refaire mes félicitations. J'aime bien commencer comme ça en fait. Et c'est exactement ce que je te disais un petit peu avant dans le bilan qu'on a fait. Mais j'ai adoré travailler avec toi. Je suis... Alors c'est bizarre de dire ça comme ça, mais parce qu'un coach est censé se décorréler du résultat. Mais je suis très fier d'avoir participé au texte que tu as pu écrire. Et j'ai été assez admiratif de... Je te le répète du coup, mais ça ne fait pas de mal de le réentendre. J'ai été très admiratif de l'humilité avec laquelle tu es arrivé. Et du courage dont tu as fait preuve pour écouter les questions parfois un peu piquantes que j'ai pu te servir. Donc je commencerai comme ça. Bravo. Et maintenant, je te passe la balle. Simplement, comment tu te présenterais aujourd'hui ?

Kevin, ingénieur en cybersécurité, loin du milieu littéraire

Kevin — Ouais. Je m'appelle Kevin. Je suis ingénieur en cybersécurité. Donc un peu loin du milieu littéraire ou même de la création en tant que tel. Quoique, on peut faire toujours des parallèles. Enfin moi, j'en fais. Même au travail, j'arrive à en faire. Donc voilà. Et donc, ça fait, on va dire, des années que j'ai des projets en chantier. Des projets en chantier qui, alors des projets d'écriture, des projets de scénario, plein de choses. Et ça fait des années que ces chantiers restent des chantiers. Et il y a cinq mois, j'ai décidé de faire appel à toi. Alors, ça n'a pas été facile parce que je suis de nature très solitaire. Et je déteste demander de l'aide. Peu importe le sujet. Et encore moins dans des sujets qui traitent de la création. Parce que la création, ça vient de toi. Donc tu n'as besoin que de toi. Et tu fais appel qu'à toi. C'est ton problème, pas celui des autres. Et j'ai quand même pris mon courage à deux mains. Je t'ai contacté. Et on a mis en chantier, enfin, lancé le process pour essayer d'accoucher, on va dire, de ce projet créatif qui est l'écriture d'un texte. Qui fait à peu près 130 ou 140 pages, quelque chose comme ça. Ce n'est pas un gros projet. Ce n'est pas un gros projet d'écriture. Mais c'est un projet qui a pu naître grâce à notre collaboration.

« Un livre pour survivre à mon nom »

Le lever à 5 heures et les chantiers qui restent des chantiers

Ybelion — Et c'est quoi qui te bloquait le plus avant qu'on commence à travailler ensemble ?

Kevin — Avant qu'on travaille ensemble, ce qui me bloquait le plus, c'était... Il y a deux choses. C'est déjà le côté organisation. Je n'étais pas du tout organisé au niveau du temps. C'est-à-dire, je faisais quand je pouvais. J'essayais de m'imposer des principes drastiques. Qui est, tu te lèves à 5 heures du matin, tu travailles pendant 2 heures et après tu fais ta journée. Ça marchait. Ça marchait un certain temps. Jusqu'à que le manque de sommeil ou la fatigue faisait que... Après, je ne le faisais plus pendant 2 jours. 3 jours, 1 semaine, 2 semaines. Des fois, des mois où il n'y a plus rien. Donc, il y a ce gros problème d'organisation. Et ce problème où... Alors, pas de problème de créativité. Je n'ai pas de problème de page blanche. J'ai un milliard d'idées. Je n'aurai pas assez d'une vie pour pouvoir tout faire. Mais c'était vraiment l'organisation qui me posait problème. Et donc, ce qu'on a pu voir ensemble, c'est... Toi, déjà, tu m'as expliqué que la méthode des autres, ce n'est pas forcément ta méthode. Ok. C'était tout le contraire de ce que je faisais. En fait, j'ai écouté combien de livres j'ai lus, combien de podcasts j'ai écouté sur comment est-ce qu'il faut faire. Et bien, j'essaie de l'appliquer à moi-même. Donc, tu m'as bien expliqué que moi, je ne suis pas les autres. Les autres, ce ne sont pas moi. Et donc, en fonction de mes impératifs professionnels, familiaux, on a essayé de définir un temps. Un temps sur lequel je pouvais écrire. Et ça m'a aidé à m'organiser.

Le rythme imposé devient punition, la vaisselle dans l'évier

Ybelion — Dans un premier temps. Ouais, dis-moi. Non, j'allais partager. Ça me fait beaucoup sourire ce que tu as partagé là du rythme qu'on s'impose et qui se transforme en punition. Parce que, évidemment, si je partage ça aujourd'hui, c'est que je l'ai bien vécu moi-même. Et effectivement, à un moment, le corps te rattrape. Et dans les impératifs, je dis toujours qu'il y a aussi la santé, prendre soin de soi, etc. Et bien, ça, ça ne manque pas. Quand on s'impose un truc qui n'est pas nous, à un moment, on explose en vol. Et quand on explose en vol, après, on passe plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois à ne pas écrire. Et c'est comme quand on laisse la vaisselle sale dans l'évier. Plus le temps passe, plus il y a de vaisselle sale dans l'évier. Et le temps pour s'y remettre ou pour corriger tout ça est exponentiel. Donc, effectivement, ça passe par trouver son rythme à toi, à soi.

Kevin — Et il y a la frustration aussi, la frustration de ne pas aller au bout de ses projets. Qui fait, on a toujours ce truc au-dessus de la tête qui dit, ah ben, ça, tu as commencé un truc, tu ne l'as pas fini. Tu n'as pas été jusqu'au bout. Et ce n'est pas en semaine, c'est en mois. Là, ça faisait des années. Ça faisait des années que j'avais des boulets que je tirais derrière moi. et que je n'arrivais pas à relever et à éliminer, en fait. Et là, j'ai réussi à aller jusqu'au bout de quelque chose grâce à notre travail.

Le déclic : la frustration et le temps qui passe trop vite

Ybelion — Et encore une fois, bravo. Et tu vois, ça rejoint l'humilité dont je te parlais. Parce qu'effectivement, notamment cet égo que tu peux avoir que moi, je n'ai pas du tout senti. Ça a été quoi le déclic, du coup, qui t'a fait venir me voir ? Ou justement, quelque part, tu as mis aussi l'égo de côté pour venir jusqu'à moi ?

Kevin — C'est toute cette frustration. Alors, surtout au niveau du temps qui passe. Le temps passe très, très vite. Et chaque fin d'année, chaque début d'année, on fait le bilan sur qu'est-ce que tu as fait. Et c'était plutôt, surtout, qu'est-ce que tu n'as pas fait ? Et les choses s'accumulent. Et à un moment, j'ai réfléchi et je me suis dit, bon, comment est-ce qu'on fait maintenant ? Soit tu restes comme ça et tu continues, tu essaies de te faire violence par toi-même. Soit tu tentes autre chose et te faire appel à quelqu'un. Et donc, j'écoutais déjà tes podcasts. Mais même quand je t'écoutais, c'est venu très, très tard. Jamais je me suis dit, je peux être à la place de cette personne qui témoigne. Jamais je m'étais dit ça. Et à un moment, je me suis fait violence et je t'ai appelé. Donc, le déclic, c'était vraiment la frustration d'aller nulle part et de ce temps qui passe trop vite. Et c'était très utile parce que le temps passe toujours trop vite. Mais quand on l'a passé sur 4-5 mois à avancer ensemble sur un projet et aller jusqu'au bout, et avoir un point final avec le mot fin, le temps qui a passé, il n'a pas passé de la même manière que quand on n'a rien fait et on n'a pas avancé sur quelque chose. Donc, elle est là, on va dire, l'apaisement de la frustration que je pouvais avoir durant les années précédentes.

Ne plus subir les anniversaires

Ybelion — Et quel rapport tu vois maintenant, toi, avec le temps qui passe ? Qu'est-ce qui a changé dans ce rapport-là ?

Kevin — Eh bien, autant avant, je ne l'acceptais pas. Je n'acceptais pas que le temps passe. Je déteste fêter mes anniversaires parce que c'est encore un signe que le temps passe et faire un bilan de ce que tu as fait l'année précédente. Et tout le monde te le rappelle. Et on le fête. On le fête. Et maintenant, je vois les choses différemment parce que mon prochain anniversaire, donc en janvier prochain, quand je ferai le bilan, ce sera différent. Ce sera différent parce que j'aurais été au bout de quelque chose. Donc, autant pour ce projet-là et maintenant les projets à venir, et c'est aussi psychologique. c'est devenu... Enfin, ça devient un moyen pour moi de me soigner par rapport à cette frustration ou ce mal-être du temps qui passe. Eh bien, fais quelque chose. Fais quelque chose de ce temps-là, quelque chose qui reste. C'est aussi, si tu veux, on peut en parler sur ce que je veux laisser, en fait, sur cette terre. Ça permet un peu de me soulager de tout ça.

Laisser une trace, un nom que personne ne reprendra

Ybelion — Ça, c'est effectivement... Je veux bien, si tu veux raconter ce que tu m'as déjà partagé, mais l'envie de laisser quelque chose.

Kevin — Ouais. Le premier, alors ça a beaucoup évolué justement durant notre phase, nos échanges et la phase d'écriture. Autant, au départ, c'était toujours acte de résistance au temps. Voilà, un jour, je vais mourir. Qu'est-ce qui va rester de moi ? Des biens immobiliers. Des biens immobiliers, en fait, il ne va rester que ça si je laisse quelque chose. Et c'est tout ? Non, ce n'est pas foufou. Par contre, un projet créatif, quelque chose qui va perdurer, quelque chose que mes enfants pourront consulter, peut-être que leurs petits-enfants, leurs petits-petits-enfants, pourront lire, voir. Donc, ça veut dire, dans des décennies, Kevin, il sera peut-être encore un peu là. Donc, acte de résistance au temps, c'est une façon aussi de me soulager sur ce point-là. Donc ça, c'était au début. C'était vraiment le début. Il y a d'autres choses qui sont venues ensuite. C'est par rapport à mon nom. Mon père est venu de l'île Maurice, en France, dans les années 70. Il a eu un fils, c'est moi, avec mon nom. Donc, je m'appelle Kevin, Kevin Parimanen. Donc, je suis le seul. Il y en a plein d'autres à Maurice, mais ils sont à Maurice, ils ne sont pas en France. C'est le seul. Je suis le seul avec ce nom-là en France. J'ai deux filles. Il y a peu de chances qu'elles reprennent mon nom. Donc, en fait, qu'est-ce qui va rester de moi et mon nom ? Plus grand-chose. Et bien voilà, double objectif. S'il n'y a pas de perpétuité dans l'art généalogique au niveau de mon nom de famille, il restera des livres. Et on me trouvera quand même à travers ce que j'aurais créé. Voilà. Et ça, c'est venu pendant ces derniers mois.

Ybelion — Ça, c'est vrai que je l'ai remarqué, que c'est venu petit à petit. Et tu vois, ce qui me vient là comme ça, c'est que je pense aussi qu'au moment où tu as commencé à voir que tu avais justement de l'emprise sur ce temps et que du coup, tu pouvais produire quelque chose, quelque part, ça lève le voile aussi sur tous les autres enjeux qu'on n'avait pas vus au début. Et typiquement, cet enjeu du nom, de qu'est-ce qui restera de moi, c'était quelque chose que quelque part, tu ne t'autorisais pas à voir aussi parce que c'est effrayant de voir ça et de réaliser ça. Et au fur et à mesure, c'est aussi pour ça, je pense que c'est venu petit à petit, au moment où tu reprenais le contrôle, de dire, en fait, cet enjeu-là, je peux le traverser aussi. D'ailleurs, tu l'as très bien traversé. Et en plus, l'hommage est beau parce que tu as écrit du coup un texte qui parle de l'île Maurice. Donc, quelque part, la boucle se boucle.

Kevin — Oui, alors il y en a d'autres qui vont arriver derrière. Mais effectivement, c'est ça. Et pour terminer sur cet aspect-là, c'est thérapeutique en fait. Thérapeutique sur le court terme. Parce que le fait d'écrire, de mettre sur écran ou sur papier toutes les idées que tu as, ça fait un bien fou. Ça fait un bien fou aussi quand on prend du recul sur ce projet fini et ce que ça apporte sur la vie en général.

Du dossier caché sur le disque dur au partage

Ybelion — C'est une très bonne transition parce que je repensais à la présentation que tu as faite là récemment où du coup, tu as dit que tu écrivais. Ça, j'aimerais bien que tu le partages parce que je trouve ça très précieux. Comment c'était ton rapport à l'écriture et au partage au début et maintenant, ce qui a changé et du coup, ce que ça t'a fait comprendre sur toi ?

Kevin — Le partage au départ, c'était très simple. Il n'y en avait pas. Il n'y en avait pas du tout. Je partageais ça avec personne.

Ybelion — J'ai mis un faux système.

Kevin — Oui, voilà. En fait, il y a beaucoup de choses que j'ai pu écrire mais qui restent dans un dossier de mon disque dur qui n'est pas partagé. Pourquoi je fais ça ? Ça va aussi avec ma personnalité, très timide et aussi la peur de décevoir, la peur qu'on me dise ce que tu as fait, c'est un peu de la merde. Donc, garde-le pour toi. Avant d'avoir quelque chose qui me convenait vraiment bien, je ne partageais rien. Je n'ai jamais rien partagé en termes d'écriture. Et le fait d'avoir travaillé avec toi et vraiment d'avoir été au bout du truc parce que c'est vraiment quelque chose qui ne m'est pas arrivé depuis très longtemps, d'avoir été au bout d'un projet, côté créatif, ça m'a redonné confiance dans le fait de pouvoir dire Kevin, en fait, il écrit des trucs. Kevin, il écrit des trucs, il aimerait bien vous le faire partager, il aimerait bien votre avis, ne pas avoir plus peur d'avoir l'avis de quelqu'un, même si en te transmettant les choses, j'ai une petite appréhension. Bien sûr. Ça va, tu m'as un peu rassuré. Et en fait, non. Il faut savoir, la leçon que ça m'a donnée, c'est qu'il faut savoir accepter ce qui vient de soi. Et quoi que ce soit, ça ne peut pas plaire à tout le monde. Ça ne peut pas toucher. Il y a peut-être des personnes qui sont vraiment absolument insensibles à ce que je raconte parce qu'on n'a pas la même culture, on n'est pas du même monde, tout simplement. Et ça, jusque-là, ça m'a gêné parce que souvent, quand on a envie de faire quelque chose, on a envie que ça plaise à le plus de monde possible. Mais en fait, non. En fait, maintenant, je m'en tape. Je m'en tape. Je fais vraiment ce qui me tient à cœur. Et ça touche des personnes, tant mieux. Ça touche personne. Ce n'est pas grave. Ce n'est pas grave. Ça t'a touché. Ça t'a touché, toi. Donc, ça a marché normalement. Exactement.

Le troisième personnage, la deadline et le brouillard

Ybelion — C'est ce que j'allais dire. Et puis, ça témoigne aussi du lâcher prise dont tu as fait preuve. Et c'est toujours très intéressant parce qu'évidemment qu'on espère toucher des gens en écrivant. Mais il faut toujours attention où on place le curseur. Et tu vois, cette question qu'on a adressée quand on a fait le révélateur au début, notamment l'intention personnelle que tu portais. C'est quoi le plus important pour toi ? Que le texte te touche, toi ? Ou que le texte touche plein de monde, mais pas toi ? Et ça a été la même question à la fin quand tu m'as dit « Je ne sais pas si je rajoute un troisième personnage. » Ok, Kevin à la fin, qui est fier de son livre, qu'est-ce qu'il a fait ? Est-ce qu'il a bâclé la fin pour tenir la deadline ? Ou est-ce qu'il prend quelques jours pour réfléchir à ce troisième personnage ? Et le plus intéressant, et ça, tu vois, moi, ça m'a marqué dans ton parcours, c'est que tu as finalement choisi de rajouter le troisième personnage. Donc, tu as choisi un peu le hard way. Mais en fait, tu as quand même tenu la deadline. Donc, comme quoi, le seul truc qui bloquait à ce moment-là vis-à-vis de la deadline, c'était le nœud mental et le brouillard que tu te créais toi-même en te disant « Putain, je suis partagé entre mon envie de terminer vite parce que le rapport au temps que tu as amené et aussi l'envie de bien faire parce que c'était important pour toi. » Et c'est en réunissant les deux que tu fais « Ah non, mais en fait, le chemin, il est tout droit. » Oui, carrément.

Kevin — Oui, carrément. Et oui, ça revient à ce que tu viens de dire. C'est écrire pour... Enfin là, l'objectif, c'était me faire plaisir, faire des choses qui me tiennent à cœur à moi. Et si effectivement, je sentais, et effectivement, c'était vraiment, comme tu as dit, c'était le brouillard total où j'avais mon histoire qui tenait sur deux pieds et il en manquait un autre pour que ça tienne sur un trépied. Et je l'ai rajouté et heureusement que j'ai rajouté ce troisième personnage. Ça apporte quelque chose. Et en fait, je ne vois plus cette histoire sans ce troisième bonhomme. Donc c'est là où le process, nos échanges et nos ateliers ont été utiles. Parce que tu se posais la question, ouais voilà, se poser la question tout seul, bah en fait, la réponse, en fait si, la réponse, je les ai toujours. Mais je ne me pose pas les bonnes questions. C'est ça.

Regarder au bon endroit

Ybelion — Et tu ne regardes pas au bon endroit. Exactement. C'est ça qui est assez fascinant dans le processus. C'est que, tu vois, on parlait des deadlines tout à l'heure et je te disais, moi je te pose juste les questions pour que ça soit toi qui te les fixe. En fait, c'est ça. C'est-à-dire que toutes les réponses, évidemment, c'est toi qui sais ce qui est le plus important pour toi. C'est toi qui maîtrise ta vie. Comme on dit, c'est toi qui es l'expert de ta vie. Mais, ce n'est pas forcément évident de regarder au bon endroit. Et mon travail, c'est quasiment que ça en fait. C'est de te faire regarder au bon endroit pour que tu regardes vraiment ce qui te coince. Et ça m'a fait penser, là je te partageais, on a parlé du brouillard, ça m'a refait penser à quelques moments qu'on a eu ensemble. Toi, c'est quoi le moment qui t'a le plus marqué ou tu as l'impression qu'il s'est passé le plus gros déclic ? Qu'est-ce que tu choisirais ?

Le moment où il a vu que c'était presque fini

Kevin — C'est un déclic qui s'est fait, alors ce n'est pas vraiment un déclic, mais ça s'est fait en douceur. Mais c'est vraiment quand j'avais le sentiment d'avoir fini, d'avoir été jusqu'au bout. c'est un grand mot parce qu'il y a encore des étapes qui vont suivre, mais la construction de l'histoire et les principaux chapitres, les principales scènes existaient. Et à un moment, j'ai regardé l'ensemble, je me suis reculé, j'ai regardé l'ensemble, je me suis dit mais c'est quasiment fini. Donc j'ai été jusque là et ça c'était très satisfaisant. Ouais. Parce que voilà, manque de confiance en soi, etc. Et arriver à cet état de finalité où je me posais la question à ce qu'un jour je vivrais ça, ces émotions-là en me disant ben voilà, t'as terminé quelque chose, j'y croyais, j'y croyais plus, j'y pensais même plus en fait.

L'émotion de terminer et la fierté qu'il n'aime pas dire

Ybelion — Et alors, c'est quoi l'émotion quand on termine quelque chose ?

Kevin — Ah ben c'est génial, c'est génial. Parce que vraiment on reprend, on a un peu plus, alors moi comme j'ai plus tendance à toujours voir le verre à moitié vide qu'à moitié plein et comme on dit tout à l'heure, là je l'ai vu, je l'ai pas vu plein mais je l'ai vu au trois quarts remplis. Donc je me suis dit la confiance que j'ai en moi, elle s'est beaucoup plus étoffée. donc c'est de la fierté, de la fierté d'avoir été jusque là.

Ybelion — Je suis taquin, je te le fais re-répéter parce que je sais que c'est pas facile. Ouais mais j'aime pas.

« C'est moi qui ai écrit ça ? »

Kevin — Non, j'aime pas, j'aime pas qu'on me le dit, j'aime pas me le dire mais effectivement là, sur ce coup là, c'était de la fierté. Et surtout, alors pour revenir un petit peu aussi sur l'aspect créatif, purement créatif, c'est quand je relisais ce que j'avais écrit parce que comme je t'avais dit, je baigne pas dans le milieu littéraire, j'échange pas avec des gens qui écrivent 90% de mes interactions, c'est professionnel, amical avec mes amis ou familial. Donc je ne parle pas de création en tant que tel. Et quand je me relis, plusieurs fois je me suis posé la question ah mais c'est moi qui ai écrit ça ? Et je m'étonnais moi-même. Donc ça aussi, c'est satisfaisant dans le sens où je me dis je suis capable de, on va dire, d'extraire des choses qui ne sont pas trop dégueu.

Ybelion — C'est trop cool que tu partages ce petit truc. Putain, c'est moi qui ai écrit ça quand tu te trouves génial comme ça. Ça, c'est un bon indicateur.

Kevin — Je n'avais pas jusqu'à dire génial, mais pas trop dégueu. Voilà, comme ça, je reste entre les deux.

Ce qui a marqué Sam : deux nouvelles devenues une histoire

Ybelion — Je continuerai à taquiner sur ça. Moi, il y a, alors effectivement, le partage que tu fais là sur le moment où tu te rends compte que tu as fini, ça m'a marqué. Moi, il y en a, il y en a quelques autres qui m'ont marqué. il y a tout au début, alors, il y a plusieurs choses. Je te fais du coup plusieurs partages. Il y a déjà, effectivement, tu es arrivé avec la volonté de vouloir te mettre le pied à l'étrier et donc de terminer un projet quelque part le plus vite possible. Et donc, tu es arrivé avec la volonté de faire deux micro-nouvelles et puis quasiment, dès le début, tu as décidé de, quelque part, enfin, même pas, de les lier pour en faire une seule histoire. Donc, elle a pris corps, elle a bien mangé et puis, tu as ajouté aussi ce troisième personnage et en fait, ce qui est très intéressant, c'est que ça rejoint vraiment la même pente que la confiance que tu avais en toi et surtout, la confiance que tu t'autorisais. Et donc ça, ça m'a très fortement marqué dans ton évolution. Un autre point qui m'a marqué, c'est le lâcher prise sur le rythme parce qu'effectivement, tu es arrivé quand même avec une, très, très concentrée en disant, ok, moi, je vais me lever tôt le matin, je vais faire ça. Alors, tu es arrivé en disant, j'ai déjà essayé tous les jours, j'explosais en vol, donc tu es arrivé en me disant, tous les deux jours. Et puis, petit à petit, on en parlait de moins en moins et en fait, tu m'expliquais et ce n'était même plus un sujet qu'en fait, tu écrivais quand tu pouvais. Et ça, ça m'a fortement marqué aussi. Et le dernier qui m'a marqué, je ne sais pas pourquoi, cette image m'est restée c'était un moment, voilà, tu avais, tu étais parasité par d'autres trucs et tu avais cette sensation d'avoir un casque de brouillard et puis, tu t'es rendu compte que ces autres trucs, tu pouvais les gérer de la même manière que l'écriture en te disant, bon ben, je vais quelque part me mettre des créneaux pour gérer ces trucs-là. Et hop, tu avais déposé le casque, je me rappelle, ce casque de brouillard et puis, ça n'a plus été un sujet non plus. Donc, voilà les quelques moments qui m'ont vraiment marqué et puis tous ceux que j'ai oubliés et qu'en relisant nos bilans, on se rappellera, mais qu'est-ce que tu en penses, toi, de ces moments-là ?

Écrire dans les transports, 40 minutes à la fois

Kevin — Non, mais c'est exactement ça parce qu'effectivement, au départ, je venais avec l'idée de, comme tu as dit, mettre le pied à l'étrier, c'est-à-dire, allez, je fais les ateliers avec Sam et au bout de ces ateliers, je saurais comment faire ou j'aurais une façon de faire. Mais on va travailler sur quoi ensemble ? Je voulais aller le plus vite possible. J'avais commencé à broder quelques nouvelles. Je faisais, on va prendre ces nouvelles-là. On va jusqu'au bout et après, hop, j'anquille sur autre chose parce que je saurais comment faire ou j'aurais plus confiance, etc. Et en fait, ces nouvelles, en fait, on s'attache. On s'attache au personnage. On se dit, tous ce temps, toutes ces heures passées à développer la dramaturgie qu'il y a autour d'eux pour, uniquement pour faire un essai. Mais non, c'est débile. Donc du coup, non, on prend plus de temps, on les développe et on essaie de faire quelque chose de cohérent et qui tient à cœur. Parce que voilà, tout ce qu'il y a dedans, c'est ce qu'il y a en moi. Donc autant le faire de la plus belle manière possible et avec les personnages présentables et construits comme il faut pour un possible lectorat. Et ça, effectivement, ça a changé au fur et à mesure. Donc passer de, allez, c'est un entraînement pour la suite. Non, on fait les choses bien dès maintenant. On n'attend pas. on n'attend pas. Donc ça, c'était l'évolution, effectivement, qui a eu. Et aussi, comme tu as dit, pour le côté organisationnel. Dans mon environnement, il y a le côté professionnel, le côté familial. Où est-ce que je situais l'écriture dans tout ça ? C'était forcément pendant des temps qui ne sont pas liés à cela. Donc des temps bien dédiés, bien précis, bien bornés. Et en fait, non, ce n'est pas possible. Parce que quand on s'attache à ces personnages, on a envie de les voir. Donc ces temps d'écriture étaient complètement explosés. Et ça, pour moi, ce n'était pas possible. Ce n'était pas possible parce qu'il faut être concentré, il faut être défonctionnative, il faut qu'il n'y ait personne à la maison ou bien il faut que tout le monde dorme. Mais en fait, non, dans les transports en commun, pendant 40 minutes, j'arrivais à écrire des scènes ou à retoucher des choses ou bien en attendant ma fille devant l'école. Et tous ces temps-là, je n'avais pas idée que j'étais capable justement de les utiliser à bon escient. C'est-à-dire à ces moments qui pourraient être gâchés, de la perte de temps ou pas utilisés de la bonne manière, j'ai réussi à les transformer et à les utiliser pour mon histoire. Et ça aussi, effectivement, comme tu as dit, grosse évolution parce que c'était inconcevable jusque-là. Inconcevable.

Ybelion — Quel regard tu portes ? Non, vas-y, pardon. Non,

Kevin — c'est... Non, vas-y, c'est bon.

Le Kevin d'il y a quatre mois et demi

Ybelion — J'allais dire, tu m'as parlé d'évolution là. Quel regard tu portes aujourd'hui sur le Kevin il y a 4 mois et demi ?

Kevin — Grosse, grosse confiance en soi qui s'est développée. Autant, alors, pas l'aspect créatif, au niveau des idées, c'est pas du tout ça mon problème. Enfin, la page blanche, non. J'aurais jamais de problème de page blanche tellement j'ai de choses à raconter. Mais, c'est vraiment le côté priorisation. Étant dédié à ça, avant, je sacralisais, on va dire, c'était un devoir d'écriture. Il fallait vraiment que ce soit borné et dans des temps bien définis parce qu'il fallait respecter ce travail-là. Mais en fait, non. En fait, maintenant, c'est... Et parce qu'il n'y a pas de choix aussi, c'est comme tu peux et quand tu peux. Voilà. Il va se passer des choses dans la vie où il n'y aura pas forcément le temps. et ma façon de faire évoluer où j'arrive à grappiller, on va dire, des minutes pour écrire et je les accepte. Alors qu'avant, non. Si ce n'était pas le moment, ce n'est pas le moment. Donc, l'évolution, elle est transcendante par rapport à avant.

Ybelion — Comme quoi, quand on met de l'importance sur les projets qui comptent pour nous, tout de suite, en fait, c'est vachement plus facile de se mettre en mouvement parce que, tout simplement, on a conscience de ce qu'on veut faire. Et effectivement, ça rejoint le déclic que tu partageais d'être venu me voir. Mais c'est ça, vraiment, agir de manière congruente entre ses rêves et puis sa réalité. C'est l'action que je mets en place pour aller là où j'ai envie d'aller. Ça, tu l'as pour le dire. Très, très bien fait. Ouais. Et qu'est-ce que ça... Là, on a beaucoup parlé d'écriture. Tu as amené aussi le sujet de la confiance. Mais qu'est-ce que ça a changé pour toi au-delà de l'écriture ?

Demander de l'aide, au-delà de l'écriture

Kevin — Ce que ça a changé, c'est que j'ai une autre perception des choses. Alors, ça va même... Le fait d'avoir fait un appel à l'aide et qui est répondu de manière très, très positive, ça me donne envie, du côté professionnel, de faire appel à l'aide sur d'autres sujets. Il y a des concours que je souhaite passer et maintenant, je me dis, bon ben voilà, autant avant, tu demandais de l'aide à personne. Donc, ça a changé, on va dire, la manière dont je vois les choses et, on va dire, ma relation avec les autres où, maintenant, je suis plus enclin à demander de l'aide, ce que je faisais pas du tout avant. Voilà. Donc, vraiment, ça a eu un impact, enfin, ça a un impact également sur mon côté personnel, côté personnel, familial. Alors après, je ne dis pas que je le ferais, mais, vu l'expérience positive qu'on a eue tous les deux, je serais plus enclin.

Ybelion — C'est... Moi, je me rappelle la première fois que tu te fais aider par quelqu'un, à la fin, la conclusion, c'est un peu... Tu as l'impression d'avoir trouvé les codes dans GTA, quoi. Tu te dis, putain, c'est quand même vachement plus simple, c'est de vrai raccourci, quoi. Ouais,

Kevin — carrément. Et, en fait, tout ce temps, en fait, c'est... On gagne du temps, quoi. On gagne du temps, ça permet de se poser les bonnes questions et... et pas y aller, y aller là, débrouille-toi et on verra ce qui se passe, quoi. Là, on prend les choses en main, c'est ce qui est bien.

Bienveillance et réponses qu'on porte déjà en soi

Ybelion — Exactement. Et tiens, je... Comment tu décrirais... Comment tu décrirais l'accompagnement, toi ? Tu mettrais quoi comme mot dessus ? Je t'avais pas connu

Kevin — cette question. Ouais, non, non. Comme ça, ce qui vient en tête, il y en a eu plusieurs. Ce que j'ai... L'accompagnement... Enfin, là, le premier mot qui me vient en tête, c'est bienveillance. C'est... Il n'y a pas de jugement. Il n'y a pas de... Par rapport à tous les problèmes organisationnels que je t'ai cités, il n'y a pas de... Il n'y a pas eu... Je n'ai jamais eu de jugement. Dans le sens où... Pourquoi tu fais ci ? Pourquoi tu fais ça ? Mets ça de côté. Non. C'est... On prend tout et on voit comment on peut faire avec. Comment tu peux t'organiser pour avancer. Donc, cet accompagnement-là... Donc, la bienveillance était vraiment... était la bienvenue. Et c'est le premier mot qui me vient en tête. Après, il y a aussi... ce qui a été aussi... Enfin, un peu une révélation, c'est toutes les réponses aux questions qu'on se posait, en fait, tu ne me les donnais pas. C'est... C'est à moi de les trouver. Et en fait, les trouver, ce n'est même pas les trouver. C'est que les réponses, elles sont là. Elles sont là. Tu as un problème organisationnel ou même de blocage. En fait, la réponse est là. C'est juste qu'il faut la faire sortir. Donc, ça aussi, c'était quelque chose de très, très positif et de bienvenue dans nos échanges.

Ybelion — Merci beaucoup puisque ça définit bien le métier de coach quand même. La bienveillance, évidemment. Sans bienveillance, il n'y a pas d'espace de confiance et si tu n'as pas d'espace de confiance, tu ne partages pas ce qui te bloque et si tu ne partages ce qui te bloque, tu ne trouves pas tes réponses et si tu ne trouves pas tes réponses, tu n'avances pas. Je suis content que ce soit ce mot-là qui ressorte.

« Rendez-vous avec Sam, mon psy » et la différence avec un coach

Kevin — Après, je ne sais pas si je peux rajouter, mais il y a un petit côté thérapeutique aussi. Un peu, je m'allonge dans le canapé et je dis tout ce que j'ai à dire. pour certains, c'est quelque chose de normal, mais pour moi, ça allait totalement à l'encontre déjà de ma personne. Je ne suis pas quelqu'un qui m'étale, qui dévoile beaucoup de choses de ma vie perso et encore moins sur tout cet aspect créatif. Et là, de devoir le faire, de devoir au départ, parce qu'à un moment, il faut expliquer le contexte, en fait, ça fait du bien. Ça fait du bien. Je dis à ma compagne, j'ai rendez-vous avec Sam, mon psy, tout à l'heure. Donc, laisse-moi tranquille pendant deux heures. Donc, non, ça a été, ça a fait du bien également.

Ybelion — Alors, effectivement, tu vois, c'est la dépose de tout ce que tu traverses et tout ce qui est nécessaire pour aller adresser les blocages qu'on peut trouver, c'est important. C'est pour ça qu'on parle aussi de l'espace de confiance. Et je rajouterais, pour les gens qui nous écoutent, du coup, la petite différence avec un psy, parce que jamais j'oserais m'appeler comme ça puisque c'est quand même à la fois un vrai diplôme et puis derrière, tu as un aspect médical. Et si, pour clarifier pour les gens, la différence entre un psy et un coach, c'est ce qu'ils vont adresser avec la matière que la personne amène. Un psy, il va guérir le passé. Donc, il va toujours te faire creuser dans le passé en allant chercher à la fois les causes racines et puis du coup, quels sont les actes de guérison qu'on peut faire. Et le coach, il va beaucoup plus s'orienter vers le futur. Et donc, ok, j'entends tout le passé que tu me racontes, mais qu'est-ce que ça t'apprend sur toi aujourd'hui ? Qu'est-ce que ça te donne envie de faire aujourd'hui ? Quels sont les leviers, les forces, les valeurs que tu identifies et ce que ça te permet aujourd'hui ? Donc, c'est ça la différence vraiment fondamentale entre les deux. Même si, effectivement, il peut y avoir cet effet un petit peu canapé à un moment au début. Ouais,

Kevin — alors, c'est pas, c'est pas, c'est moi qui l'ai ressenti comme ça. Parce que, t'es pas le seul,

Ybelion — c'est pour ça que je parle de la question. En fait,

Kevin — je parlais plus avec toi pendant nos ateliers. Peut-être qu'avec tout mon entourage, c'est plus dans ce sens-là que je voulais dire. J'y ai beaucoup parlé.

Se déposer pour avancer

Ybelion — Et ça fait quoi, tiens, de se déposer comme ça ? Tu vois, de se libérer de ce qu'on peut avoir dans la tête ou sur le cœur ou dans le corps, tout simplement. À chaque fois, on retrouve la triptyque.

Kevin — Ouais, ça fait beaucoup de bien et en fait, ça aide à avancer parce que le fait d'exposer les blocages qu'on peut avoir toujours liés justement à l'organisationnel, c'est pas forcément des choses qu'on... C'est très souvent des choses qu'on garde pour soi. Voilà, j'ai un problème personnel donc ça me perturbe l'esprit donc j'arrive pas à me concentrer sur l'écriture. Et donc, on arrive à discuter de ces choses-là et à trouver des solutions. et ce genre de choses, c'est très compliqué de le faire tout seul. En fait, ça revient toujours à... On se pose les bonnes questions et ces questions-là, en fait, c'est toi qui les avais à chaque fois. Moi, j'avais beaucoup de mal à... Enfin, j'aurais arrivé à ce stade-là où, voilà, Kevin, maintenant, la question, c'est ça pour pouvoir trouver la bonne réponse ou trouver la bonne méthode. Non, j'aurais pas pu tout seul. C'est pas possible.

À celles et ceux qui hésitent

Ybelion — Et c'est là, ça rejoint le courage que je te félicitais d'avoir. C'est qu'une fois qu'on a entendu cette bonne question, il s'agit de la regarder en face et de voir ce qu'elle nous apprend. Et ça, pour le coup, tu l'as fait avec beaucoup d'honnêteté et c'est pour ça que t'as super bien avancé. Donc, bravo pour ça. Merci. J'aurais une dernière question pour toi. si là, t'échangais avec quelqu'un qui hésite à venir travailler avec moi, tu lui dirais quoi ?

Kevin — Alors, de mettre de côté son égo s'il en a un qui est un peu trop surdimensionné et qui se croit un peu trop fort au point de se dire j'ai besoin de personne, en fait. Je peux faire des choses par moi-même parce que c'est vraiment l'état dans lequel j'étais avant de faire appel à toi. Et si, en plus de ça, ça fait des années qu'il se dit ça, petite remise en question à se faire et passer le pas. Passer le pas parce que j'en suis témoin. Il n'y a pas de regret. Il n'y a vraiment absolument aucun regret. Si, le regret, c'est peut-être de la... Pourquoi je ne l'ai pas fait plus tôt ? Voilà. C'est peut-être ça le regret. mais la satisfaction qu'on en tire surtout à la fin de tout procédé où, ben voilà, je suis arrivé à un point où les écrits, enfin, le document part en correction pour lui donner une vie, en fait. Donc, au-delà de ce que ça m'a apporté, je vais essayer de l'apporter aux autres. et cet état de satisfaction, il est très jouissif. Donc, s'il y a des personnes qui veulent atteindre cet état d'extase et de plénitude en se disant « Ah, j'ai pu accoucher de quelque chose », ben, n'hésitez pas à appeler à l'aide.

Conclusion

Ybelion — Merci pour tes mots. Et puis, je conclue pour boucler la boucle en te félicitant une dernière fois. Bravo. Et j'ai très hâte de voir le résultat parce qu'effectivement, là, du coup, il est parti en correction. Je fais un bisou à Margot si elle passe par là. Et tu me tiendras au courant de comment il prend vie maintenant que le manuscrit est terminé. Ouais, avec plaisir. Avec plaisir. Quel... Comment t'aimerais conclure ?

Kevin — Euh... Ben, je vais pas dire « Croyons en vos rêves », le bateau, mais non, c'est même pas des rêves, c'est... Quand on a un côté, on va dire, une... Enfin, une passion, que ce soit de l'écriture ou de la peinture ou n'importe quoi, ben, faut la souvire, sinon ça pourrit le quotidien et... et le temps passe trop vite. Le temps passe trop vite, donc il faut foncer et faire ce qui... tout ce qui nous tient à cœur.

Ybelion — Ouais. L'autoroute du kiff, comme je l'appelle. Ouais, voilà. Merci beaucoup, Kevin. Merci à toi, Sam. Merci. Merci d'être là, épisode après épisode. Si ce podcast t'inspire, t'aide ou te mets du baume au cœur, t'abonner, mettre 5 étoiles et le partager, c'est le meilleur moyen de m'aider à toucher le plus de gens qui ont un livre en eux. Parce qu'après tout, plus il y a de livres écrits et mieux le monde se porte. À très vite. Aux écrire. Sous-titrage Société Radio-Canada

Épisode 143 avec Kevin

AU MICRO AVEC

Kevin

Kevin est ingénieur en cybersécurité, loin du milieu littéraire selon ses propres mots, avec un milliard d'idées et des projets d'écriture restés en chantier pendant des années. Il a passé cinq mois avec Sam pour en finir un : un texte d'environ cent trente pages qui parle de l'île Maurice, terminé et parti en correction. Il en tire une leçon qu'il ne pensait jamais formuler : demander de l'aide fait gagner du temps.