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Pochette de l'épisode 141 du podcast Ose Écrire

ÉPISODE 141AVEC INVITÉ9 SEPTEMBRE 202675 MIN

J'écris le vendredi matin, et c'est tout - Discussion avec Julie Neveu

ClartéRythmeLe comment : la discipline, la régularité, le processus, la méthode, l'organisation, les outils.
SujetsMétier d'écrireLe craft : premier jet, réécriture, structure, personnages, worldbuilding, dialogues, bêta-lecture, technique en second rideau.
BlocagesDiscipline fragileDiscipline fragile & attente de la condition idéale. Une régularité installée puis perdue, attendre la motivation, l'inspiration ou la condition idéale, des plannings qui paralysent.Syndrome de l'imposteurImposteur, illégitimité & comparaison. « Qui suis-je pour écrire ça », pas d'études, pas capable seul, la comparaison aux autres auteurs et à soi-même.PerfectionnismePerfectionnisme & boucles de correction. Le 20 sur 20, réécrire sans jamais valider, la première page refaite mille fois, la peur de l'irréversible.
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FACE A — LES 29 CHAPITRES · CLIQUE POUR ÉCOUTER

Julie s'accorde une matinée par semaine pour écrire, et rien de plus.

CE QUE RACONTE CET ÉPISODE

C'est le vendredi matin. Elle a trois enfants, dont un de sept ans, un métier de thérapeute, et des ateliers d'écriture et de danse-thérapie qu'elle anime à Concarneau. Si le vendredi saute, elle attend simplement le vendredi suivant.

Elle a essayé l'inverse. La première année, elle s'était donné beaucoup de temps dans la semaine, elle avait la tête dans le guidon, et ça grignotait tout le reste. Elle s'est rendu compte que ce format ne lui faisait pas tant de bien. Alors elle est redescendue en pression avec elle-même.

Ce qui reste tient dans un rendez-vous. Elle le compare à la course à pied : si tu sais que tu cours le mardi soir, ton corps se prépare. Tu ne feras pas la même performance tous les mardis, et ça reste ton créneau, celui où tu prends plaisir. C'est ça, la Clarté de Rythme : le tien, celui qui tient dans ta vie à toi.

Reste la question du compteur. Son groupe d'écriture se retrouve chaque semaine en visio pour faire le point. Les autres annoncent mille, mille cinq cents mots. Elle annonce trois haïkus, et elle est la plus contente de la table, parce que trois haïkus, c'était son objectif de la matinée.

Dans l'épisode 141, on parle aussi d'Amours saisons, son recueil de haïkus qui raconte le cycle amoureux en quatre saisons, de ce que 17 syllabes obligent à couper, et de ces dix minutes de larmes qui l'ont rattrapée après une lecture à voix haute.

Si tu culpabilises de ne pas écrire assez, commence par regarder ce que tu mesures.

LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE — CLIQUE UN SLIDE POUR L'AGRANDIR

Face B — le transcript

L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE

Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !

Tu cherches un passage précis ? La table d'écoute passe les transcripts de tous les épisodes au peigne fin.

Introduction

Ybelion — Bienvenue, aujourd'hui j'accueille Julie, on parle de son recueil Amour et Saison. Du coup évidemment, on parle d'amour, on parle de haïku, on parle de vers libre, on parle de trouver son propre rythme d'écriture dans une vie parfois chargée, et on évoque aussi un tas d'autres sujets, comme la danse thérapeutique ou les ateliers d'écriture. Je vous souhaite une très bonne écoute. Moi c'est Sam, Ibéléon de Monon Plume. Je suis écrivain, coach ICF, et j'ai créé Ose Écrire, un accompagnement pour celles et ceux qui veulent enfin accomplir leur rêve d'écrire un livre. Ce podcast a la même intention. C'est ton rendez-vous inspiration, discipline et passage à l'action. Et si ça te parle, abonne-toi, mets 5 étoiles et partage autour de toi, parce que plus il y a de gens qui osent, plus d'autres oseront à leur tour. Allez, c'est parti, et bonne écoute ! C'était comment le marché de la poésie ?

Le marché de la poésie place Saint-Sulpice

Julie Neveu — C'était super, c'était une totale découverte pour moi, même en... comment dire ? Je n'avais pas eu l'occasion de le faire en mode visiteur non plus. Et j'ai trouvé ça très chouette, parce que déjà le format où tu as l'impression d'être... Enfin, tu es dehors, tu es sur la place Saint-Sulpice, donc nous on avait des petits bancs devant, les arbres, tout ça. Et puis c'est très vivant, parce qu'il y a une scène où tu as des lectures, des lectures-performance, de la musique, plein de choses. Donc il y a plein... Je ne sais pas combien de maisons d'édition sont représentées, mais il y a quand même beaucoup, beaucoup de choix. Donc non, c'était une très chouette expérience, et de rencontrer aussi les lecteurs et lectrices, c'était chouette.

Ybelion — Il y a quelqu'un qui t'a marqué plus que d'autres dans les gens que tu as pu rencontrer ?

Julie Neveu — En lecteur-lectrice ?

Ybelion — Ouais, en retour, plutôt qu'on aurait pu te faire à toi.

Julie Neveu — Ouais, c'est rigolo, parce que moi j'avais en tête que j'avais plutôt un lectorat féminin. OK. Parce que c'est un... Le recueil Amour-Saison raconte l'amour, et d'une manière assez raccourcie, si tu veux, je m'imagine avoir plutôt un lectorat féminin, bien que j'ai des hommes qui m'ont bêtalu, et qui avaient vraiment accroché au projet. Et sur le marché de la poésie, j'ai un jeune homme qui est passé au début, je pense qu'il n'avait même pas une vingtaine d'années, et qui a posé pas mal de questions sur le recueil et sur d'autres. Et au début, j'avais l'impression que c'était un peu plus de la politesse, parce que sa mère n'était pas très loin, ou la personne avec qui il était n'était pas très loin, et qu'il ne voulait pas rester sans rien dire, enfin, je ne sais pas. Mais on a discuté, c'était intéressant. Et il a fait son tour du marché de la poésie, et il est revenu en fin de journée pour acheter Amour Saison, où il m'a demandé de mettre un petit mot, parce qu'il allait l'offrir. Et j'ai trouvé ça trop génial, parce que pour le coup, je ne l'avais pas projeté dans ses mains-là, et je me suis dit, c'est super.

Ybelion — Comme quoi, on est toujours surpris par les gens qui sont touchés par ce qu'on écrit.

Julie Neveu — Oui, complètement.

Ybelion — Incroyable. Alors du coup, comme j'ai eu Floriane aussi avant, j'avoue être pas mal, et Juliette, j'avoue être pas mal fascinée par la poésie en ce moment.

Julie Neveu — Oui, on dirait.

« Écrire tous les jours ? Non. »

Pourquoi la poésie revient dans tout ce qu'elle écrit

Ybelion — Et toi, t'écris principalement de la poésie, ou tu t'es...

Julie Neveu — En fait, j'écris d'autres choses, mais je pense qu'on retrouve la poésie un peu dans tout ce que j'écris. Là, je viens de terminer la réécriture d'un manuscrit en vers libre, qui est parti en bêta lecture la semaine dernière. et donc un roman vers libre. Et j'ai écrit un autre roman aussi précédemment, qui était en prose, mais où... Enfin, je pense qu'il y a quand même un truc qui fait que la poésie reste toujours assez présente. Et je suis... Je suis toujours en train d'écrire des petits poèmes, des... Enfin, j'ai un journal que je tiens, qui tient plus du journal poétique que du... Que, voilà, du journal intime, entre guillemets, mais c'est toujours là, ouais. C'est toujours là. Et si, je viens de terminer aussi un deuxième recueil de poésie aussi, là, qui est en pareil, qui va partir... Enfin, qui... Là, il n'est pas passé encore en réécriture, mais qui est en train de... La patte est en train de lever. Sous le torchon.

Ybelion — C'est... Moi, ce qui est là, quand tu partages, c'est quoi ce truc qui te fait revenir à la poésie, tout le temps ?

Julie Neveu — Ben le... Alors, c'est assez... Ça va paraître peut-être ambivalent, parce que je ne suis pas musicienne, mais ce qui me fait revenir à la poésie, c'est la musique. C'est que... Il y a... Dans l'écriture, il y a quelque chose qui est très en lien avec le rythme, et... Il y a une... Ouais, il y a une musique, en fait, permanente, et quand j'écris, c'est pour ça que j'aime écrire aussi beaucoup en vers libre, parce que je me rends compte que les idées, elles s'organisent comme ça dans ma tête, en fait. J'ai moins d'efforts de transformation de l'idée entre la manière dont ça s'exprime dans ma tête et la manière dont ça prend forme sur le papier.

Le roman en vers libre, ce que ça change

Ybelion — Le... Alors, je suis un peu profane sur ces définitions, mais le roman en vers libre, qu'est-ce qui change, je dirais, alors je pose la question vraiment naïvement, mais qu'est-ce qui change d'un roman classique, je dirais ? Puisque le vers libre, c'est quelque part, tu fais ce que tu veux.

Julie Neveu — Ouais, ça sera déjà par la forme. C'est-à-dire que... Il y a beaucoup de sauts de ligne et tu t'amuses, en fait, de... Le propre du vers libre, c'est qu'il ne suit finalement aucune règle. Donc, tu peux avoir des phrases très courtes, d'autres plus longues, des... Mais il y a toujours ce saut de ligne, en fait, qui amène ce rythme-là, très particulier, dans le vers libre. Et il y a un roman qui est sorti l'année dernière, qui a fait beaucoup parler de lui, à juste titre, qui est La Petite Bonne de Bérenice Pichat, qui écrit majoritairement en vers libre. Et en fait, dans son roman, toutes les parties où c'est... Le point de vue de La Petite Bonne est écrit en vers libre, et après, les autres scènes ou les points de vue de d'autres personnages sont écrits en prose. Et ça amène... Enfin, on se rend vraiment compte, en fait, en confrontant les deux, qu'il y a quelque chose de très immersif dans le vers libre, beaucoup plus spontané, un peu comme un jaillissement, je dirais, qui est plus difficile, pour moi, encore une fois, je parle pour moi, à retranscrire en prose, en mettant tout un tas de contraintes de ponctuation, de concordance des temps, de syntaxe, plus de liberté dans le vers libre.

Ybelion — C'est fou, parce que je comprends tout à fait, là, avec le partage que tu fais, j'en ai du coup une autre image, mais je pensais presque l'inverse, que quelque part, le vers libre venait y mettre une certaine contrainte, mais en fait, quand je t'écoute, je me rends compte que ce n'est pas le cas. C'est vraiment... Tu te libères presque de toutes les règles que tu es obligé de respecter quand tu écris un roman en prose.

Julie Neveu — Mais en fait, je pense que c'est une contrainte où ça n'est pas en fonction de comment tu réfléchis au départ. C'est que... Pour moi, ce n'est pas une contrainte parce que je te dis, les idées, elles s'articulent comme ça déjà dans... Enfin, c'est comme ça qu'elles émergent, en fait. Et c'est comme si... Il y avait une espèce d'autoroute qui se créait entre... entre ce bourgeon d'idées et puis le papier. Qui... Mais j'aime aussi beaucoup écrire en prose parce que justement, il y a aussi ce côté qui est challengeant de transformer, de romanier, de modeler. Et ce qui reste quand même commun, du moins quand on travaille sur un roman en vers libre, par exemple, avec un roman d'un format plus classique, c'est qu'on a quand même... On suit quand même une trame dans l'histoire avec... On sait ce que nos personnages vont donner. Il y a quand même un arc narratif, il y a quand même des bascules, il y a quand même des petites pistes qui sont... Des petits indices qui sont placés sur le chemin au fur et à mesure pour arriver à l'effet qu'on veut au final. Donc tout ça, c'est la même chose, en fait. C'est plus la forme qui va vraiment diverger.

Construire un plan quand on écrit en vers

Ybelion — J'allais justement te demander comment tu... Toi, tu venais mettre de la cohérence autour des propos que tu voulais que racontes ton recueil ou ton roman. Toi qui écris les deux, du coup, c'est quoi ? Tu vois une différence entre la manière de construire la cohérence d'un roman en prose ou celui d'un roman en vers libre ?

Julie Neveu — Disons que... Dans le fond, c'est plus le détail dans la construction du plan, je dirais. Dans le premier vrai roman que j'ai abouti et qui est en prose, j'avais vraiment travaillé mon chapitrage avec pas mal de détails en fait, de chaque étape et comment j'allais l'aborder tout ça. Et pour le roman en vers libre, et j'avais, pardon, le roman en prose, j'avais vraiment une idée de l'histoire et de ce que je voulais... Pourquoi je voulais l'écrire et comment je voulais la construire. Le roman en vers libre, je suis partie d'un personnage et d'un univers et à partir de là, j'ai commencé à écrire et j'ai construit un plan et dans mon plan, je me suis juste mis deux, trois petits mots. J'ai pas... J'attendais que ça... Et quand je commençais à écrire, je savais quel allait être le thème de mon chapitre mais je me laissais un peu attraper par l'histoire et puis je savais jamais trop exactement où j'allais arriver. Et ça a vraiment été un challenge et c'est là que ça rejoint Amour Saison et c'est ce que je disais à mes collègues la semaine dernière en résidence d'écriture, c'est que finalement c'est parti un peu de challenge de mois à mois en me disant je tente un truc qu'on va voir si ça marche et en fait, je prends plaisir à le faire, je vois que ça marche dans le sens où c'est viable et j'arrive au bout du projet et je me dis c'est cool, c'est vraiment parti d'un jeu au départ avec beaucoup d'amusement et beaucoup de plaisir et j'ai réussi à le construire pour en faire quelque chose qui soit accessible, intelligible et transmissible surtout.

Amours saisons : l'amour raconté en quatre saisons

Ybelion — Et pour basculer, justement, tu parlais d'amour saison, le principal thème, l'amour du coup, j'imagine ?

Julie Neveu — L'amour qu'on peut comparer au cycle des saisons. Ah, ok. Quand on regarde en fait la relation amoureuse, encore une fois, c'est ma lecture, c'est pas... je mets rien d'universel là-dedans, même si les retours que j'ai me font penser que je suis pas toute seule à visualiser comme ça. voilà. Où le début de la relation va être sur le printemps où c'est une saison de découverte, une saison un peu timide mais où l'énergie monte finalement. Ce début de séduction va arriver sur l'été où là, ça va être la saison qui va être la plus sensuelle, le moment le plus sensuel de la relation d'exploration, d'explosion, de découverte vraiment ultime, la saison la plus organique où après, on peut imaginer suivre l'automne qui... où il y a une forme de ralentissement, parfois d'épuisement, parfois de lassitude, mais une forme de dormance qui peut s'installer et puis dans l'hiver, on peut y voir soit une rupture, soit juste un endormissement, un temps off, complet mais comme je suis quelqu'un de très optimiste, le recueil se termine par un nouveau printemps qui est très différent du premier, qui est plus prudent, qui sait aussi un peu plus ce qu'il veut, ce qu'il ne veut pas et comment les choses peuvent se passer et... mais qui reste fondamentalement persuadé que... persuadé et impatient de l'été qui viendra en fait. Donc, c'est comme ça que je l'ai vu et comme ça que je l'avais imaginé.

Ybelion — J'aime beaucoup... je trouve ça effectivement très parlant comme image de prendre les saisons pour l'amour. Là, tu vois, quand je t'entendais parler, effectivement, tu vois même dans des histoires perso, tu arrives à avoir des moments où avec les mots que tu as utilisés, c'est plus été, plus automne ou plus hiver. et... je suis curieux parce qu'effectivement, du coup, tu peux avoir une fois qu'un premier cycle est passé, ok, comment le deuxième cycle commence et finalement, comment il est différent grâce à ce que tu as pu aussi vivre des saisons d'avant. C'est marrant, ça me fait penser à une espèce de boucle d'apprentissage

La dame qui n'arrive pas à sortir de l'hiver

Julie Neveu — assez joli. c'est un peu ça et effectivement, ce que tu disais, c'est marrant parce que des retours que j'ai pu avoir, j'ai une dame, par exemple, qui est venue me voir et qui m'a dit, enfin, qui était hyper touchante et qui m'a dit c'est un livre que mon ami m'a offert et... ben, en fait, moi, j'ai perdu mon mari l'année dernière et j'ai l'impression de vivre dans l'hiver et que j'arrive pas à sortir de l'hiver et c'était super touchant et c'était très beau et du coup, je lui dis et puis elle me fait ben, j'espère que le printemps va arriver et du coup, ben, ça crée aussi une... un échange, en fait, autour d'une thématique plus intime et plus large et... et aussi, j'ai un... donc ça, c'était une dame qui devait avoir entre 75 et 80 et j'ai un monsieur qui devait avoir 60-65 et qui me dit euh... ah, j'ai... ah, c'était super mais on voit que vous êtes jeunes parce que quand on vieillit, on n'est pas exaltés comme ça quand on parle de l'amour et ça m'a fait rire parce que j'ai dit ben, je pense que dans 20 ans j'en parlerai de la même manière en fait parce que c'est quelque chose qu'on ne porte ou pas mais il y avait un espèce de truc de regard d'âge aussi ou... voilà. c'est marrant

Ybelion — parce que ce que tu partages ça fait écho par exemple à ma grand-mère où j'ai l'impression qu'elle a toujours gardé ce regard jeune je dirais que c'est du coup pas le bon terme parce que du coup il n'est pas lié à l'âge mais effectivement c'est quelque chose peut-être un optimisme qu'on porte ou qu'on développe tu vois j'aime pas trop me dire que certains l'ont et pas d'autres tu vois à mon avis tout le monde peut trouver ce qu'il veut mais ouais c'est j'ai trois idées qui se sont percutées à chaque fois après je me perds ce que je trouve touchant dans ton partage et en tout cas la manière dans laquelle tu l'adresses c'est que l'amour de manière générale les relations c'est pas forcément un sujet qui est évident enfin c'est pas forcément évident d'en parler comme ça parce que c'est des sujets qui sont lourds et très personnels et justement le quelque part l'assemblée avec l'image des saisons ça rend aussi peut-être la chose un peu plus facile tu vois c'est plus facile de parler d'hiver froid que de deuil difficile tu vois

Julie Neveu — c'est vrai tout à fait

Ybelion — il y a quelque chose je trouve dans les images qui simplifie une forme de médiation

Julie Neveu — ouais exactement

Ybelion — j'aime bien le terme de médiation c'est intéressant c'est intéressant et pour quelles raisons l'amour du coup

Du poème à rallonge au haïku

Julie Neveu — ça m'a toujours c'est un thème qui m'a toujours passionnée dans le sens où je trouve ça tellement complexe en fait et un sujet sans fin que j'ai toujours c'est ce que j'aime lire c'est ce que j'aime écrire même si c'est pas principe enfin c'est bon là le recueil c'est amour saison donc on n'est pas dans autre chose que de l'amour dans ce que j'écris à côté c'est pas forcément la thématique principale mais c'est toujours je pense que j'aurais du mal à écrire un texte où il n'est pas question d'amour en fait du tout parce que ça reste pour moi le ciment de plein de choses et pourquoi c'est venu là parce qu'en fait j'avais écrit plein de poèmes en vrac sans lien particulier où à un moment je me suis dit tiens est-ce que j'en ferais pas quelque chose et à ce moment là je m'intéressais aux haïkus je trouvais que leurs contraintes étaient intéressantes pour moi qui à l'époque avait tendance à écrire des phrases à ultra rallonge donc je me suis dit est-ce que j'essaierais pas de transformer ces textes sur l'amour en haïkus et donc ce que je te disais tout à l'heure je me suis prise au jeu un peu du challenge allez cap ou pas cap et au final bah j'en ai écrit un, deux voilà j'ai enchaîné et puis je me et un des propos de l'haïkus aussi au delà de sa rythmique qui est particulière donc l'haïkus court poème japonais sur trois lignes en 5-7-5 c'est qu'il y a toujours un lien avec la saison

Ybelion — oui c'est vrai c'est vrai avec les éléments la nature c'est ça

Julie Neveu — et donc c'est là que le parallèle s'est fait un peu spontanément de me dire est-ce que l'amour viendrait pas est-ce que je pourrais pas construire un recueil en format haïkus sur l'amour et m'appuyer sur les saisons pour raconter finalement le cycle amoureux parce que du coup ce recueil ce qui est chouette je trouve c'est que soit tu picores en fait en fonction de tu l'ouvres au hasard et tu picores ce que tu sur quoi tu tombes mais si tu le lis dans la continuité ça te raconte vraiment une histoire comme un roman raconterait une histoire en fait tu as ces deux possibilités là

Raconter tout un monde en 17 syllabes

Ybelion — c'est ça que je trouve assez magique dans la poésie effectivement c'est que tu peux soit la consommer page par page presque ou en entier et tu as toujours un regard différent du coup qui naît le haïku donc c'est vrai qu'il a ce du coup la rythmique impaire la 5-7-5 il est extrêmement court comment on fait pour passer un message précis ou complexe en si peu de mots il faut faire des choix

Julie Neveu — ce qui n'est pas du tout ma zone de confort donc c'est pour ça c'était vraiment un challenge au départ c'est de se dire dans un long poème finalement qu'est-ce qu'elle est l'image que j'ai envie de transmettre ou des fois c'était des mots aussi j'avais des mots ensemble qui marchaient quand on en revient à cette histoire de rythme et de musique où je me disais j'ai envie de construire quelque chose à partir de ça en sachant que dans l'haïku on cherche justement à ne pas faire rimer et donc ça dépendait soit c'était une association de mots qui donnait naissance où je me disais je vais partir de ça soit c'était une idée un peu plus globale mais du coup c'était assez pour moi j'ai trouvé intéressant en tout cas dans mon process d'écriture c'était de ramener une forme de pudeur et d'efficacité dans le fait de raconter l'amour là où j'avais cette tendance avant encore une fois de faire des phrases un peu à rallonge et peut-être de trop noyer en voulant raconter trop de choses finalement on diluait un petit peu le parfum du départ

Ybelion — quelque part ça te permettait cette forme du haïku te permettait aussi de te concentrer sur l'essentiel et d'en extraire vraiment le pur jus du message que tu voulais faire passer

Julie Neveu — ouais c'est ça

Ybelion — ça me fait penser à ce à ce que parfois on dit tu vois de l'amour quelque part on en fait toujours des choses très complexes il y a des difficultés etc et en fait à la fin on se rend compte que l'amour c'est simple en fait c'est censé être facile dans le déroulé et c'est ça que je trouve moi très paradoxal dans l'amour de manière générale c'est que on en fait parfois toutes on se triture les méninges et à la fin les belles histoires sont toujours très simples quelque part

Julie Neveu — oui c'est ça c'est que si à un moment il y a trop de lutte c'est que il y a peut-être quelque chose qui est pas complètement que de l'amour quoi enfin il y a il y a après il y a autant d'histoires que d'amour différentes c'est ça qui est assez fascinant aussi c'est pour ça que le sujet est inépuisable

Choisir entre tous ses haïkus

Ybelion — c'est fascinant c'est fascinant donc parmi tous les haïkus que tu as pu écrire dans le recueil il y en a certains que tu préfères tu vois il y en a un c'est là c'est terrible je te demande de choisir entre tous tes enfants

Julie Neveu — c'est ça alors attends je vais m'aider quand même je vais attraper le manuscrit pour voir si parce que non un enfin spontanément là en fait c'est par moment je pense que là je vais t'en donner un et puis tu me poserais la question dans quelques temps je te dirai autre chose mais si il y en avait un que j'avais il y en a un quand même je suis désolée parce que du coup j'ai fait ça sous les alors il y en a un qui est très simple mais qui ah je peux t'en dire deux ou pas

Ybelion — vas-y bien sûr j'accède

Julie Neveu — alors il y a aurore de café tes lèvres au bord de la tasse vite te retrouver celui-ci je l'aime bien parce que je trouve qu'il est

Ybelion — je suis en train de cogiter moi du coup je réfléchis

Julie Neveu — après voilà donc ça c'était dans le printemps et dans l'été oh c'est dur bon allez je vais dire lui franchement il faut en choisir un mais c'est dire sur l'été par exemple j'aime beaucoup baiser déposé sur l'été de ton ventre nu je peux y mourir

Ybelion — ok

Julie Neveu — voilà

Ybelion — effectivement on ressent très bien enfin spontanément ce qui me vient c'est un peu cette image de passion brûlante tu vois presque dévorante

Julie Neveu — et presque

Ybelion — destructrice à la fin c'est assez fou quand même je trouve le l'effet que peut faire aussi peu de mots oui parce que du coup ça fait ça fait 17 syllabes donc c'est à peine plus qu'un alexandrin à peine plus qu'une phrase quoi et ouais je sais pas c'est fascinant c'est fascinant quand même c'est fascinant

Trois haïkus le matin, 1500 mots pour les autres

Julie Neveu — c'est vraiment cette idée enfin c'est ce qui m'a plu dans le format aussi c'est que comme tu dis avec 17 syllabes finalement on raconte tout un monde toute une histoire et c'est le fait qu'il y ait que 17 syllabes mais que ce soit aussi structuré de cette manière enfin qu'on choisisse tel mot pour tel enfin le voilà des tétrices d'un verset de phrases de ça c'était un vrai travail aussi et j'ai des collègues qui m'ont fait la bêta lecture qui sont musiciens et qui m'ont noté la rythmique en disant là ça se répète trop là ça enfin il y a vraiment eu un travail d'équipe là dessus qui était très chouette et c'est vrai que c'est ça donne quelque chose de très riche avec pas beaucoup de maths enfin pas beaucoup de matière en quantifiable et ce qui était d'ailleurs très drôle c'est que sur ça fait trois ans maintenant que je travaille avec le même groupe d'écriture et on se retrouve toutes les semaines pour travailler ensemble en visio et sur des matinées où on se donne nos objectifs et puis on fait le point fin de matinée sur qui a fait quoi moi j'étais trop contente parce que j'avais fait mes trois aïkus du matin là où eux avaient fait 1000 ou 1500 mots quoi donc on était vraiment pas sur le même ratio et ça donnait quelque chose d'assez voilà d'un peu décalé mais c'était finalement ouais c'est une autre approche encore de l'écriture

Le vendredi matin, et c'est tout

Ybelion — c'est toi comment tu mesures du coup tu vois quelque part comment t'y retournes comment t'aimes le processus parce qu'effectivement de manière générale les gens ont tendance à s'arrêter sur le nombre de mots écrits qui parfois d'ailleurs est une métrique qui parle pas du tout à certains qui c'est pas du tout orienté tête mais beaucoup plus coeur ou corps toi comment ça fonctionne dans ton processus

Julie Neveu — alors moi ça fonctionne de manière très rationnelle c'est à dire que j'ai un laps de temps pour écrire ok et que en fait quand j'ai dépassé mon temps donné bah j'attends la semaine d'après en fait sauf illumination on va dire alors la poésie c'est encore un peu différent parce que parce que j'ai toujours un carnet dans mon sac et je peux noter des petits trucs quand ça vient mais session d'écriture pure et dure jusqu'à présent c'était juste le vendredi matin et voilà et si j'ai raté le coche bah j'attendais le vendredi de la semaine d'après et après par contre j'ai des petits moments dans la semaine où je peux greffer des petites choses mais j'ai pas trois heures consacrées de rang à ça quoi

Ybelion — ok ah c'est hyper intéressant parce que du coup tu n'es pas du tout d'une école d'écriture quotidienne

Julie Neveu — bah je peux pas en fait dans mon organisation j'ai trois enfants le dernier qui n'a que 7 ans et plus le boulot à côté enfin l'organisation au global fait que le soir j'ai pas j'ai pas l'envie et j'ai pas je préfère garder mes soirées pour la lecture je me sens pas fraîche pour écrire le soir à 19h ou à 20h ou plus tard même et par contre voilà mon temps d'écriture que je garde c'est super précieux quoi c'est vraiment je sais que j'ai ma matinée je mettrai rien à ce moment là sauf cas exceptionnel et puis de temps en temps si je vois que le week-end je peux me garder une heure pour ci une heure pour ça je le fais et là où je vais écrire où ça sera plus quotidien ça sera pas enfin c'est sur du fragment en fait j'écris tous les jours mais des petits trucs voilà je vais écrire des petits trucs qui peut-être donneront quelque chose de plus grand un jour mais j'écris pas du tout quotidiennement sur un projet ça j'arrive enfin je j'arrive pas j'ai pris une autre organisation !

Ybelion — c'est top que tu partages ça parce que justement c'est bien ça permet de ça rassure beaucoup les gens aussi de se rendre compte que c'est il s'agit pas d'avoir deux heures par jour enfin de libre absolument pour pouvoir pour pouvoir écrire comment t'as réussi à toi à trouver justement ce rythme qui te va ouais de un coup par semaine parce que tu vois tout de suite moi ce qui me vient pourquoi je te pose cette question ce que j'observe assez souvent chez les auteurs c'est ce côté si j'écris pas assez ça fait une vraie frustration tu vois je devrais je devrais en faire plus un peu de culpabilité aussi derrière et après parfois ça peut dériver sur de la colère ou de la tristesse ouais comment toi t'en es arrivé à cette organisation

La première année, la tête dans le guidon

Julie Neveu — ça je l'ai vécu la première année où j'ai vraiment écrit en fait j'avais suivi donc une formation d'écriture pas créative mais plus dans la structure du roman enfin un peu comme ce que tu proposes et donc je m'étais dit allez là je mais c'était pas individualisé comme toi et je me suis dit allez je me donne du temps pour ça et donc là je me donnais vraiment beaucoup de temps dans ma semaine et ça me flombait pas mal d'autres choses à côté et j'avais un peu la tête dans le guidon et puis bah comme le processus d'écriture est long le processus de maison d'édition est long derrière enfin je me suis rendu compte que ça m'avait pas fait tant que ça de bien en fait ce format là donc je suis un peu redescendue en pression avec moi même en me disant bah tu peux pas dans ta vie personnelle familiale aujourd'hui tu peux pas écrire autant que quelqu'un qui a 10 ans de moins et pas d'enfant ou pas de ci ou pas de ça donc trouve ta façon de faire et fout-toi la paix quoi en gros et c'est vrai que j'avais la chance aussi que la poésie la manière dont j'arrive à travailler sur la poésie soit compatible avec ce côté un peu plus fragmenté et le vendredi matin ça m'arrangeait bien parce que parce que d'une manière très pratique c'était à une demi-journée où j'avais peu de rendez-vous parce que la ville enfin le stationnement fait que c'est pas pratique enfin bref et donc voilà je l'ai mis comme ça et c'est resté comme ça et au final bah ça fonctionne bien et quand je peux je fais la même chose le mercredi matin quand c'est possible

Le rêve qui prend un goût de sang

Ybelion — c'est j'adore ton partage parce que c'est justement tout mon combat alors tu m'as vu réagir un peu parce qu'effectivement moi je fais pas du tout de formation tu vois au contraire je suis beaucoup plus dans le côté coaching accompagnement mais j'adore ton partage parce que je trouve que c'est un c'est un combat parfois qu'on manque dans les partages qu'on peut retrouver de manière générale c'est ce côté en fait je peux vous partager ma méthode moi comment je fonctionne mais ça vaudra jamais celle que vous construirez au regard de la vie que vous avez et tu l'as dit très bien l'écriture c'est long c'est un processus qui prend forcément plusieurs mois alors il y a des exceptions des gens qui écrivent très vite bref tout ça ok mais de manière générale c'est un processus qui est long et si t'es obligé de sacrifier des grands pans de ta vie pour pouvoir l'écrire c'est ça ce rêve il va avoir un goût alors déjà si t'abandonnes pas au milieu et puis le rêve a un goût de sang quoi à la fin c'est super bien

Julie Neveu — que tu dises ça aussi parce qu'en fait on ça c'est quelque chose qu'on m'a pas dit quand j'ai commencé dont j'avais pas conscience et il y a quand même un peu cette notion d'engrenage avec l'écriture quand tu commences à mettre le doigt dedans tu te retrouves vite attrapé par il y a alors autant il peut y avoir des fois des larmes de sang mais il y a aussi quelque chose de très de très heureux dans l'écriture et très agréable et c'est vrai que parfois on peut manquer de discernement sur se retrouver un peu à s'isoler dans ce projet en fait là où ça peut être quelque chose au contraire de très ouvert et de très intégré dans une vie autour quoi donc il y a forcément des moments où on est un peu plus dans l'écriture mais moi je suis assez comment dire contre cette image que pour réussir à écrire et à faire des choses alors encore une fois je parle pas d'être auteur ou autrice à vendre des millions d'exemplaires je parle à mon niveau mais de pouvoir le faire en ayant oui une vie de famille équilibrée une vie sociale en faisant du sport en mangeant autre chose que des paquets de chips devant son écran parce qu'on veut surtout pas les cuisiner ou de boire 14 litres de café par jour mais de ce truc là aussi parce qu'il y a eu toute une vague un peu fantasmée de l'écrivaine ça c'est très féminin de l'écrivaine qui avait réussi parce qu'elle n'avait pas d'enfant parce qu'elle n'avait pas de contraintes parce qu'elle était libre parce que elle était libre pour elle sa liberté c'était ça et ça se déconstruit là je lisais un texte de Julia Kerminon qui est romancière mais qui est poétesse aussi et justement où elle parle de ça de cette dualité un peu de cette difficulté de trouver du temps pour l'écriture et la famille et de se dire qu'on a le droit de tout avoir finalement

Ybelion — je partage totalement ton avis et le partage que tu fais de Julia parce que à mon sens c'est comme ça en plus que l'écriture s'ancre dans la vie et devient presque un réflexe à force et évidemment le début c'est toujours c'est un peu la tempête parce que tu te découvres beaucoup aussi en écrivant tu te confrontes à tes vrais enjeux c'est à dire que quand tu vois cette frustration de pas écrire monter en fait ça t'apprend énormément de choses sur toi sur ce que t'aimerais accomplir la dissonance qu'il peut y avoir entre le résultat que t'attends et les efforts que tu peux y mettre bref tellement de choses et c'est que à ce moment là faire preuve un peu de douceur aussi avec soi et de se dire ok qu'est-ce que j'ai besoin de traverser et qu'est-ce que j'ai envie de mettre en place pour continuer ce process et à la fin en fait j'aime ce processus qu'est-ce qui fait que le matin ou du coup le vendredi pour toi tu te lèves en se disant trop cool je vais écrire

Julie Neveu — c'est exactement ça il y a aussi ce truc ce rendez-vous de la semaine où je sais que cette matinée ça sera ça et que je ritualise et du coup et à force mon cerveau il est disponible aussi sur ce parce que ça c'est une question qu'on m'avait posée de dire quand t'as un créneau si t'arrives pas à écrire qu'est-ce que tu fais alors je dis pas que c'est linéaire tous les vendredis matin mais après c'est aussi une façon de c'est comme la course à pied comme tout le reste un moment si tu sais que tu vas courir le mardi soir et bah tu vas courir le mardi soir et peut-être c'est pas le meilleur jour de la semaine t'es un peu plus fatigué et tu feras pas les mêmes performances tous les mardis mais c'est ton créneau et puis ton corps il se prépare aussi parce qu'il sait que c'est un moment dans la semaine où tu vas faire ça et tu prends plaisir

Ybelion — et il y a une très grande libération d'esprit aussi une fois que tu t'autorises ce cadre là en fait ça te parasite plus le reste parce qu'après tu vois t'as le côté on parlait de la culpabilité de pas écrire bah c'est ça en fait c'est ok mais là je pourrais être en train d'écrire bah oui mais il faut quand même que je veux dire il y a une vie autour de la tienne il y a des impératifs aller chercher les enfants à l'école travailler faire à manger bref tout ça prendre soin de toi dormir ce genre de choses tu peux pas tirer

Julie Neveu — d'autres détails bah ouais c'est ça mais c'est marrant parce que tu vois on parle toujours

Ybelion — des impératifs on pense toujours au travail et on passe notre temps à quelque part chasser le temps en se disant ok sur quoi je peux rogner non tu vois d'abord ok qu'est-ce qui est impératif sur lequel tu n'auras de toute manière pas la main et une fois que tu as identifié tout le reste ok qu'est-ce que tu as envie de faire avec le temps que tu te restes et certains y mettront beaucoup d'écriture d'autres choses et à la fin c'est cet équilibre là qui est en fait très itératif et c'est ça le deuxième piège quelque part désolé je te fais un tunnel là sur ça ah non mais je suis

Julie Neveu — tout à fait d'accord mais oui je suis complètement d'accord avec toi c'est très c'est hyper intéressant

Les « il faut » comme signal d'alarme

Ybelion — le deuxième piège tu vois c'est d'arriver dans le dans je me suis perdu dans mes pensées

Julie Neveu — dans ton tunnel

Ybelion — ouais dans mon tunnel voilà tu vois il est hop il y avait plusieurs branches et je me suis perdu attends c'était quoi le deuxième piège je disais ne pas culpabiliser et bon je le retrouverai c'est pas grave voilà je le trouverai si voilà je voulais dire aussi petit comme ça qui me vient c'est généralement un bon indicateur de quand est-ce que t'es en train de dérailler c'est quand il y a que des il faut qui viennent il faut que j'écrive il faut que j'en fasse plus il faudrait que je fasse ci là généralement c'est le moment ça peut être un peu un indicateur tu vois de bouton pause de dire attends hop je mets un peu de recul et j'ai retrouvé mon truc c'était le côté très itératif de trouver son rythme voilà le deuxième piège c'est d'attendre qu'en claquant des doigts hop on ait notre moteur tout parfait quoi

Julie Neveu — oui c'est ça

Ybelion — bref voilà désolé j'ai fait plein de pas de trucs qui me sont venus

Faut-il avoir écrit à 4 ans pour s'autoriser ?

Julie Neveu — mais oui mais c'est juste et je pense que c'est important effectivement de le dire aussi parce que il y a quand même beaucoup d'a priori autour de l'écriture notamment aussi le fait que pour se revendiquer autrice, auteur écrivain, écrivaine il faut avoir appris à écrire avant de marcher en fait il y a vraiment ce truc de j'ai écrit ma première histoire j'avais 4 ans voilà enfin et alors oui il y a ces profils là aussi mais c'est pas moi je suis arrivée très sur le tard enfin j'ai toujours été en lien d'une manière ou d'une autre avec l'écriture mais vraiment écrire pour écrire en me disant je vais écrire une histoire dans le but d'en faire un livre ça fait pas très longtemps et je pense qu'il y a beaucoup de gens dans ce cas de figure là aussi et qui peut-être osent pas parce qu'ils se disent bah oui mais moi j'ai pas fait de fac de ci ou d'école de ça j'ai pas commencé à écrire à l'adolescence alors que finalement c'est une liberté qu'on peut tous offrir quoi quel que soit l'âge quel que soit le la classe sociale quel que soit un tout quoi où qu'on soit en fait

Les ateliers d'écriture qui ont tout déclenché

Ybelion — ça a été quoi toi le déclencheur qui t'a fait dire j'ai envie de me lancer et d'en faire un roman

Julie Neveu — en fait le j'écrivais j'ai fait j'ai fait une école de communication visuelle où j'avais des cours de conception rédaction et quand j'ai eu terminé mon école je suis pas du tout restée là dedans je suis partie dans le design graphique et le packaging et mon prof de conception rédaction m'a engueulé quand il a su en me disant c'est nul mais j'ai pas j'ai pas enfin il l'a pas forcément développé moi j'ai pas cherché à comprendre et j'ai repensé des années après et donc après quand je travaillais dans la communication j'écrivais des textes pour les clients mais sans associer ça à l'histoire à proprement parler et j'avais toujours eu ce truc un peu d'aimer raconter des histoires mais dans ma tête voilà c'était pas je me suis jamais dit par exemple que j'avais envie d'être autrice ou écrivaine ou jamais et j'ai commencé par contre j'avais envie de participer à des ateliers d'écriture et j'ai eu cette occasion là quand on a déménagé en Bretagne c'était juste après le Covid et là j'ai commencé à écrire sous contrainte des ateliers et ça a été mais une révélation où je me suis dit que j'adorais ça c'était un rendez-vous que j'attendais toutes les deux semaines enfin vraiment c'était non négociable je prenais beaucoup plaisir et puis à force d'écrire sans enjeu particulier juste pour le plaisir j'ai commencé à avoir des idées de me dire ah mais je pourrais peut-être essayer ça enfin j'ai commencé à avoir des idées d'histoires que je voulais raconter et j'ai fait un premier projet qui était plus cathartique comme souvent ça l'est que d'autres donc qui prendra sur mon vie jamais nulle part mais qui a au moins eu le comment dire le mérite de mettre le pied à l'étrier et de me faire me dire à la fin que j'avais réussi à mener un projet de A à Z et donc c'est après que j'ai décidé de me former pour essayer de faire quelque chose un peu plus professionnel entre guillemets et puis après là c'est parti j'avais mis le doigt dedans ce qu'on disait

Ybelion — c'est foutu c'est foutu comme des petits des petits exercices comme ça moi c'est pareil c'est comme toi c'est ma soeur qui m'avait offert un bouquin américain 365 thèmes d'écriture journalier

Julie Neveu — ah génial

Ybelion — et là ça m'a mordu ça enfin ça m'a repris tu vois

Julie Neveu — ouais

Ybelion — et puis là tu vois depuis le 1er janvier 2023 tous les jours c'est je fais un truc comme ça et c'est vraiment ma matière et c'est hyper con mais c'est un petit pas vers t'autoriser ce que tu veux être tu vois

Julie Neveu — c'est exactement ça au début

Ybelion — c'est dur de dire je suis écrivain j'ai envie de devenir écrivain c'est beaucoup moins dur quand ça fait 600 jours que t'écris même des trucs pas terribles tous les jours

Julie Neveu — ouais puis c'est puis je trouve que ça donne des idées sur plein de choses les haïkus clairement c'est parti de ce jeu là le recueil que je viens de terminer de poésie l'idée de départ je l'ai eu en suivant les ateliers que Laura Vasquez propose dans sa newsletter toutes les semaines et en fait ça m'a fait rebondir sur un truc qui est parti d'un jeu et je me suis dit bah tiens je pourrais en faire quelque chose de plus grand et ça je me rends compte assez souvent et j'anime aussi depuis 3 ans des ateliers d'écriture à Concarneau et j'adore m'appuyer sur des textes des textes aussi existants puis de faire de faire essayer des choses aux gens et de leur donner envie en fait de tester des trucs et de se dire bah ça oui non je suis pas à l'aise ou au contraire on s'est régalé quoi

Écrire à son ventre, écrire sans verbe

Ybelion — c'est le tiens curiosité qui me vient là tu parles de d'exercice d'écriture est-ce que t'en as un comme ça qui devient qui est particulièrement intéressant à faire

Julie Neveu — à partir d'un ouvrage particulier ou non pas forcément

Ybelion — je sais pas ce qui devient comme ça ou à partir d'un ouvrage ouais si jamais ouais non celui qui devient

Julie Neveu — alors celui qui me vient c'est pas forcément le plus simple à expliquer mais c'est celui qui a généré ah j'en ai deux je suis chiante à chaque fois comme pour les aïkou je vais faire je vais faire vite le premier c'est Lucie Lelon qui est aussi autrice chez Steren donc copine avec Florian et Juliette aussi qui a écrit un magnifique recueil qui s'appelle et ventre je m'en suis servie en atelier pour faire écrire donc j'avais que des femmes leur faire écrire à leur ventre sachant que le ventre c'est quand même un sujet très complexe pour la femme parce qu'il y a beaucoup de d'injonctions autour du ventre et c'est une zone qui est très sensible et que du coup plus on l'oublie mieux on se porte et à la fois il y a la maternité il y a plein de choses associées à ça au niveau sociétal c'est très complexe et en fait je leur ai fait écrire en dialogue comme si elles conversaient avec leur ventre et donc leur ventre répondait et ça a donné des textes mais qui étaient bouleversants c'est vraiment venu aussi les chercher là où elles ne s'attendaient pas forcément et c'était un exercice qui est fabuleux moi j'aime parce que j'aime bien aussi dans l'approche les choses qui soient pas que techniques enfin je c'est beaucoup d'écriture de soi et là le texte était au service de ça de s'interroger soi-même aussi sur ce qu'on veut en faire et donc là on va dire que c'était challengeant dans le fond et donc l'autre exemple que je vais donner du challenge sur la forme qui est un peu plus récent un texte de un court roman de Loïc Demet qui s'appelle Jeux d'un accident ou d'amour qui est un roman sans verbe qui est qui est pas très épais mais et l'écriture elle est juste parce qu'en fait tu commences à lire et très vite tu oublies qu'il n'y a plus de verbe c'est à dire que c'est pas juste qu'il a il a inventé une nouvelle langue on va dire vraiment et moi c'est un livre que j'ai adoré qui m'a littéralement bouleversée et que j'ai voulu présenter en atelier parce que je trouvais qu'il était génial et là les réactions c'était magique c'est à dire qu'il y a celles qui ont comme le tunnel elles se sont mis dedans elles se sont régalées de le début celles qui étaient en résistance genre non je ne veux pas ne pas mettre de verbe dans les phrases je veux mettre de verbe voilà et qui après coup m'ont fait un retour en me disant mais j'ai réécrit en fait oui je comprends pourquoi ça t'a bouleversée enfin il y a eu vraiment cette maturation mais c'était et puis celles qui disaient ah mais on a le droit d'écrire comme ça en fait on peut écrire sans verbe on peut écrire sans virgule ou on peut écrire il y a cette forme d'autorisation ultime où tu dis que t'essayes un truc et tout le monde le reçoit même encore plus fort que si tu l'avais écrit comme tu l'aurais écrit en temps normal quoi

Ybelion — ouais et il y a quelque chose qui est très fascinant dans ce genre de petit exercice c'est que chacun c'est à dire que la règle quelque part chacun réagit à la règle de manière différente et ça c'est toujours très indicatif aussi de ce qui peut être nos enjeux personnels tu vois complètement là dans le dos j'ai un livre de Jeanne Benhamer qui s'appelle Vers l'écriture qui parle justement d'atelier d'écriture je sais pas si tu connais mais c'est un livre ce livre est peut-être un des meilleurs livres que j'ai lu de ma vie et elle partage justement tu vois qu'un des premiers exercices qu'elle faisait c'était elle donner un truc de journal aux gens et elle leur disait d'écrire et certains écrivaient dans la marge certains écrivaient par dessus et tu vois rien que ça veut dire quelque chose sur la personne c'est là que tu te rends compte de vraiment l'unicité de chacun face à un même exercice et je trouve ça aussi extrêmement c'est un peu inconscient souvent dans les ateliers d'écriture mais je trouve que ça développe ça aussi c'est de se rendre compte qu'on a quelque chose d'unique dans la manière dont on traite l'exercice et c'est génial c'est trop bien

Julie Neveu — c'est trop bien

Animer des ateliers d'écriture thérapeutique

Ybelion — que tu fasses ça tu qu'est-ce que t'avais commencé comment t'avais eu envie de te lancer dans l'animation d'atelier

Julie Neveu — ben en fait je suis psychopraticienne en métier naturopathe psychopraticienne et j'utilisais déjà l'écriture à titre individuel dans l'accompagnement et puis donc je participais à des ateliers d'écriture créative ce dont je parlais tout à l'heure et en fait pendant les ateliers où je participais je me disais mais en fait je pourrais trop le transposer vraiment avec une approche d'écriture thérapeutique en l'orchestrant tout à fait différemment parce que moi ce qui m'intéresse dans les ateliers c'est justement c'est comment la personne va se sentir à l'issue de l'atelier est-ce que ça aura pu on ne fait jamais de retour sur la forme c'est pas le sujet même si des fois il peut y avoir des suggestions mais c'est vraiment on va travailler sur le fond et sur ce qui émerge et c'est ce qui m'intéressait et donc j'ai commencé à réfléchir à des thématiques et à pareil faire un peu ma propre méthode en croisant mes compétences mon métier de thérapeute et puis l'écriture que j'avais pour moi et de participer aux ateliers puis j'ai commencé comme ça avec un petit groupe au début elles étaient deux et puis j'ai ouvert un deuxième groupe l'année dernière puis un troisième groupe et maintenant elles sont sur Concarneau elles sont je sais pas une quinzaine et sur Quimper Caléville à côté j'ai 8-9 personnes depuis quelques semaines qui participent tous les 15 jours c'est trop bien et qui lâcheront pas tu sens qu'elles sont contentes de venir et c'est un accélérateur de lien dans le groupe aussi qui est dingue c'est ce que forcément tu mets de toi dans les textes et ça crée un lien qui est très fort c'est super beau c'est un des moments qui font partie c'est mes pépites de la semaine

L'écriture est moins solitaire qu'on le dit

Ybelion — incroyable c'est ça à chaque fois on se rend compte que l'écriture n'a pas besoin d'être aussi solitaire que parfois on peut la dépeindre et qu'il y a plein de manières de la rendre collective quelque part sans parler du fait qu'après les lecteurs peuvent s'en emparer et donc que ça devient aussi une aventure collective

Julie Neveu — pour le coup c'est vrai que c'est quelque chose qu'on entend beaucoup que l'écriture c'est une aventure solitaire et moi j'en ai une vision mais totalement différente même si forcément à un moment c'est toi et toi enfin il n'y a personne d'autre entre toi et ta faille mais je me suis jamais sentie aussi accompagnée et soutenue que depuis que j'écris en fait parce que parce qu'on a aussi créé voilà une façon de travailler qui fait que il y a une forme de soutien collectif et puis et c'est ce que je c'est pour ça que j'ai voulu aussi animer les ateliers pour amener cette dimension là donc mais encore une fois c'est quelque chose de très personnel c'est qu'il y a des gens qui écrivent c'est impossible pour eux d'imaginer qu'il y a un collectif autour en fait ils ont besoin d'être très seuls dans le process et pendant longtemps et puis à un moment bah oui c'est transmis au public au contraire moi j'aime échanger des projets débloquer peut-être des choses il y a cette émulation que je trouve super intéressante que personnellement j'arrive pas à avoir toute seule quoi et qui m'intéresse pas d'avoir toute seule

Ybelion — c'est là encore une fois qu'on retombe sur le côté très personnel des méthodes et tu vois effectivement moi par exemple j'accompagne surtout des gens de manière exclusivement individuelle et donc qui ont peut-être ce besoin tu vois d'être dans un cocon différent et c'est ça qui est trop bien c'est qu'en fait chacun peut trouver une manière de fonctionner et il y a plein il y en a plein quoi il y en a plein

Julie Neveu — mais à la fois tu vois les gens que tu vas accompagner bah même s'ils sont seuls après dans leur process d'écriture le fait que tu sois là ne rend plus solitaire l'aventure

Ybelion — ah oui non c'est clairement pas solitaire ouais

Julie Neveu — mais c'est ça en fait que c'est ça qui peut paraître effrayant et après quand tu te rends compte qu'il y a plein de manières d'écrire sans être seul en fait et du coup ça c'est rassurant parce que parce que quand on commence à écrire bah de savoir que oui on a quelqu'un à qui on peut se référer interroger être rassuré bah ça permet de rester dans le process quoi

Ybelion — parfois simplement tout va bien se passer tu vois oui c'est ça t'es sur le bon chemin ça c'est parfois c'est ça tu vois moi qui me fascine tiens ça me fait venir une question aussi pour raccrocher après à tes à toi ton écriture mais moi c'est ça qui me fascine c'est les gens c'est que au départ tu vois ils sont aussi dans une recherche de d'être rassuré et c'est normal parce que c'est un processus qu'ils découvrent et puis ça implique beaucoup de changements et petit à petit tu vois en fait qu'ils s'autorisent de se rassurer par eux-mêmes dire que l'écriture développe aussi cette confiance en fait je suis capable de conduire un processus long moi-même en étant confronté à mes peurs mes blocages etc et c'est vraiment fascinant de voir petite pierre pas petite pierre et puis à la fin ça fait des trucs où les gens te disent et tu fais putain jamais j'aurais pensé arriver là tu fais bah ouais c'est parce que t'as eu le courage de traverser ce qui te faisait peur et puis d'écrire dès que t'avais besoin et envie donc c'est fascinant

Entre le génie et la poubelle

Julie Neveu — et puis ce que tu disais je crois que c'est dans je sais pas si c'est ta dernière mais une des dernières vidéos où tu parles de Jekyll et Mr Hyde et il y a aussi vraiment ce truc de se dire que bah oui il y a des jours on lit son texte et on se dit mais c'est génial mon dieu c'est fabuleux il y a une espèce de satisfaction absolue et puis on va relire la même chose le lendemain et on va se dire mais c'est nul quoi c'est de la merde il y a tout à jeter et qu'en fait c'est normal c'est ça fait partie intégrante du process d'écriture et que dans ces moments là il faut juste redescendre en pression mettre ça de côté de se dire bon j'y reviendrai après il y a peut-être une zone entre les deux entre le génie et puis la poubelle qui fait que on sera plus juste à ce niveau là quoi

Ybelion — exactement ça c'est fascinant toujours pour voir ça tous les auteurs l'ont vécu un moment ce truc je suis vraiment un génie je suis le meilleur écrivain que la terre est portée et puis et puis le lendemain de mettre que des mal-dits ou à reformuler oui c'est ça c'est ça c'est vrai que maintenant tu vois je l'aborde avec beaucoup de je pense beaucoup de sérénité mais parce que c'est le processus que je connais aussi à force et je vois très bien je sais qu'il me reste beaucoup de choses à faire et en même temps je suis tellement confiant dans la manière dans laquelle j'ai trouvé de fonctionner que ça me fait plus du tout peur une peur que j'avais vraiment évidemment au début mais plus maintenant donc c'est cool et j'aime bien partager ça parce que tu vois ça permet aussi aux gens de ça permet de dire en fait c'est possible tu vois de partir de j'y connais rien et j'ai pas fait l'étude de lettres à en fait je suis capable d'avoir un processus qui me plaît oui et d'ailleurs ça rejoint la question que je voulais te poser à toi dans le processus d'écriture notamment d'Amour et Saison par exemple qu'est-ce que c'est quoi que t'as appris sur toi que tu t'attendais pas à trouver

Une niche dans la niche, et l'envie de tout jeter

Julie Neveu — déjà de voir que j'étais capable de synthétiser d'aller à l'os comme ça sur les textes ça m'a la persévérance la persévérance aussi parce qu'il y a eu beaucoup de retravail là-dessus et c'est vrai qu'au début dans mes tout premiers projets d'écriture j'ai adoré le premier j'aime et après tout ce qui était réécriture retravaille dessus ça me je prenais aucun plaisir et là j'ai vraiment appris à me sentir capable de bien gérer cette phase-là et d'y prendre plaisir et d'être satisfaite du résultat et ça m'a principalement appris ça et puis là après ce que ça m'a appris aussi alors pas que dans l'écriture mais c'est-à-dire que j'avais mon idée et tout du long je savais que j'étais quand même sur un projet de niche dans la niche parce que la poésie on est déjà dans de la niche et les haïkus on est dans de la niche de niche mais j'avais envie d'aller au bout du projet et en me disant je trouverais ou je trouverais pas une maison d'édition mais au moins j'irais au bout du projet j'ai dans mes premiers lecteurs pas eu que des retours encourageants j'ai même eu des retours qui ont fait tout l'inverse où justement j'ai eu envie de prendre le manuscrit et le foutre à la poubelle et j'ai réussi en fait à dépasser ça à me dire bon là t'es sur un projet de niche là voilà un tel t'as dit que c'était nul que ça n'avait pas de sens que même si c'est des personnes au départ où la vie compte je vais le mettre de côté parce que j'ai aussi un tel un tel un tel qui m'ont dit que c'était vachement bien qu'il fallait que j'y aille et d'avoir réussi en fait à foutre un peu tous ces doutes de côté et oser le présenter en maison d'édition et du coup avoir la chance d'être publié derrière donc c'est je pense que c'est surtout ça en fait que ça m'a que ça m'a appris de bah de me faire confiance même si on peut avoir l'impression que toutes les cases elles sont pas cochées au départ mais de me dire bah écoute t'y crois tu l'as porté enfin tu l'as vraiment t'y as mis bah beaucoup d'amour t'as travaillé dur dessus t'y crois donc ça va le faire quoi

Ybelion — c'est j'adore ton partage je sens le quelque part oser se faire confiance et puis l'audace de se faire confiance et puis de voir qu'en fait ça se passe bien quand on quand on s'autorise des petits pas quotidiens c'est trop cool est-ce qu'on a on a le droit de questionner le thème du prochain du prochain roman ou de ce que t'as fini d'écrire

Le prochain roman : les empêchements de chacun

Julie Neveu — le bah le roman donc le roman alors le recueil de poésie je peux pas en parler sans spoiler donc je dirais pas voilà le roman envers libre c'est un roman qui va parler alors c'est au départ j'avais envie d'inclure la notion de handicap dans une histoire mais pas qu'au sens c'est pas un roman sur le handicap c'est plus un roman sur les empêchements que chacune et chacun ont apporté dans la vie de tous les jours et qui se situe pas toujours de manière hiérarchisée comme on a tendance à le penser ou à le à le mettre en case quoi voilà on va dire donc c'est une histoire de bah c'est des personnages très différents qui se rencontrent et qui bah qui permettent de mettre ça un petit peu en lumière et de faire émerger des choses humaines pas surprenantes dans le sens c'est pas un blockbuster mais c'est juste de mettre en lumière des bah de la beauté en fait dans certains aspects qu'on aurait pas forcément vu de cette manière et voilà avec un une petite histoire d'amour qui vient aussi derrière c'est quand même

Ybelion — toujours un petit peu d'amour ouais c'est intéressant la notion là de handicap ou alors de valise qu'on se traîne tous on a tous un peu des choses ce qui est marrant c'est qu'elles peuvent parfois nous paraître peut-être futiles et en fait quand même extrêmement grosses et c'est encore une fois un rapport très personnel à tout ça c'est assez fascinant ça

Julie Neveu — Ça fait trois ans maintenant que j'accompagne des travailleurs de l'ESAT de Concarneau, qui sont en situation de handicap. Je les ai accompagnés en danse-thérapie et en écriture. C'est le même groupe quasiment que je connais bien maintenant vraiment. J'ai fait beaucoup de séances en inclusion. Tout ça est notamment une des travailleuses qui m'a beaucoup touchée, qui me touche encore beaucoup. J'ai eu envie de faire quelque chose de cette matière-là. Sur cette notion de handicap, d'empêchement, de valise, comme tu disais. Qu'est-ce qu'on se trimballe tous. Et comment chacun, chacune peut se débrouiller avec, dans la mesure de ce qui est possible de faire.

Ybelion — C'est marrant parce que j'allais te poser la question avant, et puis la discussion a fait que non. Mais j'allais te demander comment ton métier t'aider dans ta pratique de l'écriture. Là, tu as commencé à donner un petit élément de réponse.

Julie Neveu — Clairement, on en parlait encore la semaine dernière. Je serais incapable de créer un monde en fantaisie. L'ASF, pourquoi pas ? Si on est sur un truc, pas trop. Parce que je n'ai pas cette lecture, on va dire, un peu du monde. Je pensais de... Même si j'adore en tant que spectatrice ou que lectrice. Mais par contre, effectivement, on va dire, les paysages humains ou les paysages... Les reliefs émotionnels. Ça, c'est des trucs qui me parlent et qui me touchent et que je prends plaisir à raconter, en fait.

Ybelion — J'adore l'image que tu as utilisée. Paysage humain, reliefs émotionnels. Ça me parle vachement, ça. Je n'avais jamais pensé à... Ah ouais, putain, j'aime bien, c'est joli.

Julie Neveu — C'est plus la vision que j'ai de l'écriture. Enfin, de ce que moi, j'arrive à faire en écriture. Enfin, ce que j'ai envie de faire. Ce qui m'est accessible, on va dire.

La danse-thérapie et les émotions dans le corps

Ybelion — Je ne sais pas pourquoi, je suis curieux de la danse-thérapie.

Julie Neveu — Oui.

Ybelion — Qu'est-ce que... Je permets du coup une petite digression. Qu'est-ce que c'est ?

Julie Neveu — C'est assez proche, finalement. Je construis mes ateliers de danse-thérapie comme je construis mes ateliers d'écriture. C'est-à-dire que je trouve un thème de départ et je m'appuie après sur des musiques. Et ce n'est pas chorégraphie, en fait. On travaille beaucoup sur la relation... Enfin, la place du corps, en fait. De soi, son rapport au corps. La mise en mouvement du corps. Parfois, on va se servir de visualisation. Parfois, pas. Enfin, il y a plein d'exercices qui sont très variés. Mais la finalité, c'est arriver à réintégrer et se remettre en lien, en fait, avec son corps et de le refaire devenir ami ou allié là où il a pu, à un moment, peut-être défaillir. Et puis, émotionnellement, aussi, trouver une zone pour exprimer dans le mouvement ce que c'est dans ce mouvement-thérapie. Parce que, finalement, on n'est pas obligé de danser par de grands mouvements. Ça peut être juste des petits mouvements qui font qu'à un moment, on va réussir à libérer quelque chose qui est stagnant, quoi.

Ybelion — Oui. Donc, la finalité, l'objectif, c'est de réussir à déposer ou, en tout cas, à traverser quelque chose. Enfin, un état qu'on connaît à ce moment-là.

Julie Neveu — D'arriver à... En fait, quand les émotions sont vécues, elles viennent se cristalliser dans le corps. Elles laissent une empreinte physique sur les fascias, autour des muscles. Et on sait que maintenant, quand on a vécu des épreuves qui sont traumatiques, si on ne passe pas par la phase de mouvement, la psychothérapie ne sera pas suffisante, en fait. Donc, ça vient vraiment s'inclure dans une démarche intégrative de santé. Et donc là, c'est dans une démarche vraiment de trauma. Mais au quotidien, ça peut être juste pour relancer l'énergie, pour chasser la fatigue, pour évacuer une colère qui est non exprimée ou une tristesse, pareil, qui va être un peu refoulée. Enfin, c'est vraiment un outil du quotidien aussi, quoi.

Ybelion — Je ressens dans ton partage, là, le côté très mouvement, très action, très... Ouais, ce... Bouger, quoi. Histoire de faire sortir tout ça. C'est intéressant parce qu'il y a le côté... Je vois un peu l'écriture comme ça, moi. Tu vois, le fait d'écrire...

Julie Neveu — Mais c'est hyper complémentaire. Voilà.

Ybelion — Effectivement, je le vois comme une manière de se mettre en mouvement par les mots qui, parfois, restent coincés et qui, en fait, nourrissent une... Enfin, quelque chose qui peut être nocif à un moment. Et là, effectivement, c'est vrai que c'est joli de faire danser aussi le corps au-delà des mots.

Julie Neveu — Et j'ai d'ailleurs plusieurs participantes qui viennent chaque semaine en danse-thérapie parce que c'est des séances que je donne toutes les semaines, qui participent à la danse-thérapie et qui viennent aux ateliers d'écriture aussi. Enfin, qui font vraiment les deux, avec qui je travaille les deux. Parce qu'effectivement, c'est hyper complémentaire.

L'intime qui rejoint l'universel

Ybelion — Ouais. Trop bien. Trop bien. Pour reboucler, là, sur Amour et Saison. Alors, tout à l'heure, tu m'as partagé les deux que tu préférais. Volontairement, je ne t'ai pas demandé ce qu'ils portaient comme message parce que, justement, il y a aussi de ça qui est beau dans la poésie, c'est de laisser un peu chacun y trouver ce qu'il veut. Qu'est-ce que tu pourrais me partager sur Amour et Saison qui est un peu... Ou dans son processus de création, peut-être une anecdote un peu curieuse ou loufoque ? J'aime bien toujours boucler avec ces questions.

Julie Neveu — Hum... Ben, j'ai pas réellement d'anecdote... Ben, disons que... Il y a... Je me suis rendue compte dans l'écriture, c'est pas vraiment une anecdote, ça va peut-être faire un espèce de vieux flop, mais... C'est toujours intéressant. Il y avait beaucoup de choses que je puisais dans une histoire intime, enfin, une histoire avec un H, et que... Ou t'as l'impression, effectivement, que tu partages quelque chose de très personnel, presque... Ou se dire, ben, est-ce que si je le mets, c'est pas trop impudique ? Et... Et en fait, que pas du tout, parce que... Ben, parce que... C'est le moment où l'intime a fondu avec l'universel, et que tout le monde a vécu ce que toi t'as vécu, et que... Même si c'était mot à toi, ça a été vécu par d'autres qui auraient peut-être mis d'autres mots, mais... Où les choses se rejoignent, quoi. Mais... Le... Et c'est là aussi que les... Les anecdotes, c'est un peu... Enfin, c'est les retours aussi que j'ai eu de lecture dessus, ce que j'ai pu te partager tout à l'heure, en fait. Des gens qui vont... S'approprier le vocabulaire, en fait, de certains textes pour parler de manière un peu détournée de... De ce qui les engage actuellement, ou des questions qui se posent, et... Et ça, c'est... C'est assez surprenant, toujours, à découvrir, parce que je l'avais... C'est quelque chose que j'avais pas du tout... Du tout anticipé, quoi. Si, je peux avoir une anecdote... Alors, pas dans l'écriture, mais dans le... Quand... Ah, juste avant qu'il sorte, il y a eu les nuits... Enfin, les nuits, moi, de la lecture à voix haute. Et donc, j'ai fait une lecture à voix haute de... C'était la première fois que je lisais à voix haute mon texte. Donc, l'intégralité, étant donné que ce sont des haïkus,

Dix minutes de larmes après la lecture à voix haute

Julie Neveu — ça... Voilà, c'était quand même assez court. Où il y avait des petites transitions musicales. Et... Et j'ai terminé la lecture, et j'avais invité seulement quelques personnes, en fait, que je connaissais. Enfin, donc, j'étais en safe place pendant la lecture. Et j'ai terminé la lecture, et je pense que j'ai pleuré pendant dix minutes, après, de... Comme si je me faisais rattraper par... Tout ce qu'il y avait eu, en fait, depuis le premier mot, dans le carnet de ce projet, jusqu'à, là, cette lecture, avec l'édition, les bêta-lectures, les avis compliqués, enfin, tous les doutes. Comme s'il y avait un espèce de truc de... Ah, c'est là, je l'ai lu, c'est plus chez moi maintenant, c'est chez vous. Et ça, ça a fait une émotion qui était... Que j'ai pas vu venir, pour le coup.

Ybelion — Le vrai point final, quoi. Ah ouais, complètement.

Julie Neveu — C'est fou. C'était... Je vais boucler avec le Japon, c'était ma vague de Okusai, tu vois, où j'ai eu une espèce de truc qui est un peu débordée, quoi. Donc, ouais, c'était une espèce de boucle bouclée, quoi.

Ybelion — Incroyable. C'est toujours une... Très difficile de mettre des mots... Enfin, sur l'émotion qu'on ressent, là, quand on pose le mot fin. Et tu vois, je l'avais jamais... C'est vrai que je l'avais jamais pensé quand tu lis, tu vois, à haute voix, effectivement. Et là, la poésie s'y prête très bien, quand même. C'est ça. Je me permets une dernière question. Oui. Dans ton processus, toi, quand t'écris la poésie, il y a un moment où tu le lis aussi à voix haute pour attester de la musicalité ou en tout cas sentir que ça sonne comme tu veux.

Lire à voix haute pour entendre le rythme

Julie Neveu — Les Haïkou, je ne l'avais pas fait, pour le coup. Et par contre, le roman dont je te parlais tout à l'heure, que j'ai terminé, assez vite, je l'ai mis dans l'oralité parce que j'ai eu aussi la possibilité de lire un extrait lors d'une autre nuit de la lecture à voix haute et de voir que ça marchait. et là, en fait, ce projet-là, quand j'aurai terminé de valider, on va dire, toute la phase écrite, j'aimerais bien, justement, l'adapter pour avoir un format en lecture, enfin, alors, pas le scénariser parce que je ne suis pas du tout comédienne ni rien, mais de pouvoir le travailler pour pouvoir le partager à voix haute parce qu'il s'y prêtera vraiment beaucoup. Et là, oui, dans le cadre de ce projet-là, j'ai beaucoup lu à voix haute ce que j'écrivais. Et c'est ça qui m'a aidée aussi sur mes sauts de ligne, sur les mots que je mettais un peu en exergue sur ce que je voulais, la manière dont je voulais le construire.

Ybelion — La manière de, quelque part, mettre à l'écrit ce que tu aimerais qu'on y retrouve à l'oral, quoi.

Julie Neveu — Ouais. Le dynamisme et le... J'ai eu des premiers retours de bêta-lecture là-dessus et c'est ce qui ressort, c'est de dire, ah ben c'est vrai que ce format-là, ça amène un rythme qu'on n'a pas sur... sur de la prose ou sur... Et c'est ce que je voulais, en fait, qu'il y ait vraiment tout le temps cette notion de musique.

Flaubert qui gueulait ses textes

Ybelion — Ça, du coup, je comprends aussi beaucoup mieux, tu vois, ce que tu partageais sur la différence entre le vers libre et la prose aussi dans le processus de construction avec l'oral. À chaque fois, ça me fait repenser... Je sais pas pourquoi j'étais marqué par ce truc-là, mais le moment où je suis plus au collège ou au lycée où tu étudies Flaubert et mon raconte qu'il gueulait ces trucs dans sa pièce-là. Et tu te dis qu'il est marteau, ce mec. Et en fait, tu vois, maintenant, je comprends de plus en plus. Et du coup,

Julie Neveu — tu gueules ton texte dans ta pièce aussi ?

Ybelion — Alors, je le gueule pas, mais tu vois, véritablement, moi, ça m'arrive assez souvent de le lire à haute voix. Notamment les dialogues que je lis beaucoup à haute voix.

Julie Neveu — Oui, ça, ouais.

Ybelion — Alors, ceux de Small Talk, pas forcément, tu vois, mais les dialogues un peu où c'est chargé émotionnellement.

Julie Neveu — Ouais.

Ybelion — Il y a un truc, quoi. J'aime bien les lire à haute voix. Et je trouve que... Et là, tu vois, c'est très instinctif le moment où ça te semble sonner juste. Mais c'est presque quand il y a de la tristesse, tu vois, t'as presque toi-même les larmes qui montent, quoi. Oui. Et là, tu fais OK. Là, je... Je vois l'endroit. Voilà. C'est le moment après où tu te dis « Putain, je suis vraiment un génie, en fait. »

Julie Neveu — Ouais, je vois.

Ybelion — Et donc, j'ai toujours une petite pensée pour la prof de français qui nous partageait autour de Flaubert. Je me suis dit finalement, il n'est pas si fou que ça. Il avait bien raison de gueuler ses trucs.

Julie Neveu — Voilà. On ne vous l'a juste pas bien expliqué.

Ybelion — Ouais, exactement. C'est un peu les résistances, tu sais, que tu fais quand t'es plus jeune. Enfin, en tout cas, que moi, j'ai faites parce que dans un milieu très scientifique, etc., où les sciences, c'est bien et l'art, c'est une perte de temps. Je grossiterai, évidemment.

Julie Neveu — Oui, oui. Je vois ce que tu veux dire.

Le mot de la fin

Ybelion — Trop cool. Voilà. J'ai reparlé de moi, du coup. Je te rebalance la balle en te disant... Je te laisse le mot de la fin sur Amour et saison qui est du coup disponible partout aux éditions Sterenne.

Julie Neveu — Oui. Bah, écoute, voilà, merci déjà de m'avoir invitée aujourd'hui. C'était très chouette. Très, très chouette et c'est toujours une belle opportunité pour une autrice ou pour un auteur de pouvoir parler de son texte d'une manière un peu différente aussi et de l'intégrer à une vision un peu plus globale comme des coulisses un petit peu qui racontent ça. merci de m'avoir donné cette opportunité et puis, j'espère que ça pourra donner envie aussi parce que c'était aussi un petit peu l'objectif... Enfin, quand j'écris de la poésie, c'est un peu mon objectif de sortir la poésie de cette idée reçue que c'est très hermétique ou pas facilement accessible ou qu'il faut avoir plein de références et c'est vrai que moi, j'aime la poésie quand elle est assez directe même si après, chacun y met ce qu'il veut mais où tout le monde peut s'en emparer facilement et la rendre populaire au sens positif du terme. Donc, même si on est sur laïcou, c'est pas du tout... Enfin, je pense que c'est pas du tout complexe et que c'est... J'ai essayé de... En tout cas, c'est ce que j'ai voulu faire, donner cette accessibilité à la poésie et donner envie aux gens de lire de la poésie en général.

Ybelion — Écoute, mission réussie et c'est vrai que je l'ai pas dit tout à l'heure mais la couverture aussi, je la regardais là tout à l'heure, elle est très jolie parce qu'elle est très évocatrice de tous les thèmes qu'on a abordés. On y retrouve du coup l'amour et puis forcément les quatre saisons.

Julie Neveu — Oui, le livre en entier et enfin, vraiment, c'est un très bel objet. Très bel objet.

Ybelion — Je le mettrai... Du coup, je mettrai tous les liens, vous retrouverez tous les liens dans la description. Merci beaucoup surtout à toi, Merci à toi. T'es venue te plier à l'exercice de quelque part montrer un peu l'envers du décor aussi. C'est trop cool. Et merci pour tous les partages je trouve très précieux que tu as pu faire autour du processus d'écriture, du rythme qu'on s'accorde et c'est très important pour s'autoriser à écrire.

Julie Neveu — Merci à toi. Merci beaucoup.

Ybelion — Merci. Merci d'être là, épisode après épisode. Si ce podcast t'inspire, t'aide ou te met du baume au cœur, t'abonner, mettre 5 étoiles et le partager, c'est le meilleur moyen de m'aider à toucher le plus de gens qui ont un livre en nous. Parce qu'après tout, plus il y a de livres écrits et mieux le monde se porte. A très vite. Ose Écrire.

Épisode 141 avec Julie Neveu

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Julie Neveu

Julie Neveu est autrice, naturopathe et psychopraticienne à Concarneau. Elle anime des ateliers d'écriture thérapeutique et de danse-thérapie en Bretagne, où chacun apprend à raconter son histoire. Son premier recueil, Amours saisons, paraît chez Sterenn Éditions et réunit 86 haïkus qui suivent un amour du printemps à l'hiver. Elle écrit aussi en vers libre, et cherche partout la musique des mots.

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UN AU HASARD, ET LES DEUX D'À CÔTÉ

Ose Écrire, épisode 106

ÉPISODE AU HASARD · N°106

Pourquoi je kiffe autant mon écriture en ce moment

Épisode 106. J'y allais à reculons, et maintenant chaque session d'écriture me fait dire « putain, je suis un génie ». On parle de cette reprise du tome 3 où chaque chapitre me surprend, où des idées qui n'existaient pas il y a deux secondes deviennent évidentes en écrivant. On évoque le paradoxe du démarrage : une liste d'excuses longue comme le bras (le marathon, le boulot, Voltaire à promener) qui finit balayée dès qu'on pose le cul devant la chaise. On aborde l'objectif fou de terminer le premier jet fin mai, le sentiment d'urgence créé avec Cynthia Raymond pour s'auto-motiver à deux, et pourquoi se fixer des deadlines intermédiaires change tout, que ce soit pour un livre ou pour un marathon. On parle des trois niveaux qui font kiffer l'écriture : l'accumulation des petits pas quotidiens depuis 2023, oser se poser les bonnes questions plutôt que rester esclave de ses émotions, et retrouver des personnages qui ont évolué (Toli et sa revanche du geek en tête). On évoque aussi cette phrase qui résume tout : ne surestime pas ce que tu peux faire aujourd'hui, ne sous-estime pas ce que tu peux faire en un an. On découvre enfin que l'acte d'écrire est indescriptible, qu'aucune IA ne pourra jamais remplacer ce kiff, et que la seule chose qui compte vraiment, c'est de se mettre en mouvement aujourd'hui, même pour 100 mots.

Ybelion — Samuel Le Parc

DERRIÈRE LE MICRO

Ybelion

Samuel Le Parc · écrivain et coach ICF

Ancien ingénieur en sûreté nucléaire, j'ai tout quitté pour l'écriture. J'anime Ose Écrire et j'accompagne les auteurs autour de trois clartés : le rythme, l'identité, l'intention. Toi aussi, tu as un livre qui attend ?