Ep 157 · Introduction et la couverture du Chant des machines00:00
Au chapitre 25 de son premier roman, Néphélie Thomas a perdu son personnage en route.
CE QUE RACONTE CET ÉPISODE
Elle avait ses idées, pensait tenir ses personnages, et elle a avancé tête baissée. Arrivée là, elle ne savait plus comment l'un d'eux devait réagir à ce qui lui arrivait. Elle en a tiré une règle qu'elle applique sur le roman qu'elle écrit aujourd'hui : ses 10 à 15 premiers chapitres, elle les écrit comme ils viennent, puis elle les réécrit jusqu'à ce qu'ils sonnent juste. La suite attendra qu'elle connaisse vraiment son univers et ses personnages.
Une fois ce cap passé, elle ferme la porte aux corrections. Son compteur de mots lui montre quand elle tourne en rond, et chaque nouvelle idée file dans un tableau Excel avec la liste des chapitres qu'elle touchera après le premier jet. Il lui est arrivé qu'une idée plus tardive soit bien meilleure que celle qu'elle avait notée, et elle était bien contente de ne pas avoir réécrit ses premiers chapitres pour rien.
On est en plein dans la Clarté de Rythme : un cadre taillé pour sa personnalité, qui l'autorise à lâcher prise sans se perdre. Ton cadre à toi, il ressemble à quoi ?
LE CAROUSEL DE L'ÉPISODE — CLIQUE UN SLIDE POUR L'AGRANDIR
Face B — le transcript
L'ÉPISODE MOT À MOT · LES TIMECODES LANCENT L'ÉCOUTE
Évidemment, tu te doutes bien que ce n'est pas moi qui ai tapé tout ce transcript à la main… Alors oui, il y a parfois des incohérences et des erreurs. Et sur les discussions, il arrive même que les voix se mélangent. Comme quoi, rien de mieux que d'écouter l'épisode plutôt que de le lire !
Tu cherches un passage précis ? La table d'écoute passe les transcripts de tous les épisodes au peigne fin.
Introduction et la couverture du Chant des machines
Ybelion — Bienvenue dans cet épisode où j'accueille Néphélie qui a écrit Le chant des machines. On parle des thématiques que porte son livre, la famille, les dérives de l'intelligence artificielle, le monde post-apocalyptique, et on en profite pour faire un détour et discuter de son process d'écriture, de ses difficultés et de la manière avec lesquelles elle les surmonte. Je vous souhaite une très bonne écoute. Moi c'est Sam, Ibéléon de Monon Plume. Je suis écrivain, coach ICF et j'ai créé Ose Écrire, un accompagnement pour celles et ceux qui veulent enfin accomplir leur rêve d'écrire un livre. Ce podcast a la même intention. C'est ton rendez-vous inspiration, discipline et passage à l'action. Et si ça te parle, abonne-toi, mets 5 étoiles et partage autour de toi. Parce que plus il y a de gens qui osent, plus d'autres oseront à leur tour. Allez, c'est parti et bonne écoute. Bravo déjà pour le livre. C'est une belle réussite et puis la couverture est trop cool.
Néphélie Thomas — Ouais, je l'aime trop. Ouais, je suis super fan. Franchement, ils ont fait un trop beau travail sur la couverture.
Ybelion — Ouais. T'avais une idée ou pas du tout ?
Néphélie Thomas — Non, moi je suis... Enfin, un petit peu quand même. J'avais qu'une idée pour la couverture. C'est que je voulais vraiment que ce soit... Si on partait sur des personnages, je voulais qu'on les voit entièrement et dans un décor qui prendrait de la place. C'est le seul truc que j'avais en tête. C'était un peu dans l'idée de s'éloigner un peu des plans un peu américains qu'on peut avoir sur pas mal de livres et notamment pas mal de dystopie pour que le roman se distingue un petit peu en librairie en gros. Et aussi, j'adore les couvertures avec des vrais décors travaillés. Du coup, je m'étais dit que je voulais pas des personnages qui prendraient trop de place. Donc c'est pour ça qu'ils sont assez petits pour pouvoir avoir du décor. Et du coup, la maison était assez d'accord avec ça. Donc c'est trop cool.
Ybelion — Ouais. Et moi, j'aime bien la colorimétrie de la couverture. Je trouve que le... Alors en plus, il y a les jachepaz, c'est ça, si je dis pas de bêtises. Ouais. Ouais, ouais. Et le orange-vert. Ouais, il y a un truc, je trouve, tout de suite, c'est ça de place dans l'ambiance. Tu sens que ça va être un truc, ouais, ça fait machine, tu vois. Il y a un truc, c'est trop cool.
Néphélie Thomas — Ouais, ouais. Ça, c'est drôle, tu vois, parce que sur la colorimétrie, là, pour le coup, c'est un peu moi aussi. Parce qu'à la base, l'illustratrice, quand elle avait envoyé les croquis, ils étaient du coup plutôt bleus. Un peu comme le bas, en fait, du roman actuellement, là, qui est un peu bleu-vert. Et moi, j'avais dit à mon éditrice, quand elle m'avait envoyé, ah, ça serait cool que le haut soit plus orange. Parce que ça rappelle à la fois le feu, à la fois l'air pollué et tout ça, comme tu peux avoir au-dessus des grosses villes très, très polluées. Et mon éditrice m'avait dit, ah, orange, je suis pas sûre que ça rentre bien. Mais bon, si tu veux, pour toi, on m'a demandé à faire un test. Elle a été trop mignonne. Et finalement, quand c'est revenu en orange, on a trouvé ça trop cool. Et c'est comme ça qu'on a pris ces couleurs-là. Et après, ils m'ont proposé ce vert pour la dorure du titre. Et franchement, ça rendait trop bien, quoi. J'étais trop contente.
Ybelion — Il y a un truc qui matche très bien, effectivement. Ça va bien avec tout de suite, je trouve, le orange. T'as l'idée, genre, ouais, le rouille, le monde ravagé. Il y a un truc qui connecte bien avec l'univers qui t'a bâti, ouais.
Néphélie Thomas — Ouais, franchement, ils ont fait du super travail. À la fois, l'illustratrice et l'équipe Big Bang qui se chargent du coup du titre et tout. Non, je suis trop contente.
Des Ardennes à ChatGPT, la naissance de l'histoire
Ybelion — Et toi, du coup, dans le... J'entends, alors, la couverture, t'avais un petit peu une idée comme ça. Raconte-moi un peu d'où te vient cette idée-là autour du champ des machines. Ouais, d'où ça part.
Néphélie Thomas — D'où ça part. Alors, j'avais toujours voulu écrire, je pense, une histoire qui allait parler, enfin, un roman qui allait parler un peu plus d'écologie. Alors, à la base, moi, dans ma tête, ça serait plutôt une catastrophe environnementale. Peut-être autour du nucléaire. Et du coup, j'ai gardé dans le champ des machines un passage dans une centrale nucléaire. J'adore. Mais c'est tout. Et en fait, alors, dans ma tête, à la base, je ne sais pas pourquoi, mais ça allait être une fantaisie. Alors que je ne suis pas une très grande lectrice de fantaisie. Et du coup, je n'arrivais pas du tout à écrire mon roman. Et pendant quelques années, j'écrivais un peu les mêmes chapitres en boucle, les six premiers chapitres de ce qui allait être ensuite le champ des machines. Et en fait, j'avais eu vraiment l'idée de cette histoire avec une centrale nucléaire quand j'étais en déplacement pro dans les Ardennes. J'ai travaillé dans le secteur de l'énergie à ce moment-là. Et il y a une grosse centrale nucléaire dans les Ardennes que j'avais vue. Et puis, c'est une région qui est vraiment particulière. C'était super brumeux, très ballonnée. J'avais trouvé qu'il y avait une ambiance très particulière. Et en fait, à ce moment-là, je m'étais dit, tiens, j'aimerais bien écrire une histoire qui se placerait là, finalement. Et peut-être pas, du coup, dans un monde de fantasy. Et donc, j'ai commencé à imaginer une histoire qui prendrait place dans les Ardennes. Je n'avais pas encore, par contre, mes défaillants, mes robots monstrueux. Et du coup, ce côté intelligence artificielle qui m'est venu, donc ça, c'était en 2020, qui m'est venu deux ans après, en 2022, avec l'explosion de l'IA générative, en fait. Avec Chad GPT qui, d'un coup, est apparu dans nos vies. Moi, ça m'avait pas mal angoissée à l'époque. Et du coup, j'avais eu pas mal de réflexions autour de l'IA parce que je fais un métier où c'est très dur d'y échapper, où on attend concrètement qu'on sache l'utiliser, qu'on sache en parler à nos clients, etc. Donc, pour moi, c'était compliqué, en fait, d'échapper à l'IA. Mais du coup, je voulais essayer de la comprendre. Et plus j'essayais de la comprendre, plus à la fois... Ça m'angoissait. Plus à la fois, je saisissais un petit peu les nuances, les intérêts potentiels, etc. Et j'ai eu très vite envie, du coup, d'écrire, justement, à la fois de personnifier un petit peu mes angoisses à travers cette figure du robot qui a une intelligence artificielle ultra développée. Et à la fois, je me disais, ce serait hyper intéressant d'avoir en face des personnages qui utiliseraient l'intelligence artificielle pour des très bonnes raisons. Notamment pour la santé, la médecine, créer des prothèses, etc. Apporter un peu de joie dans l'univers que j'ai créé, qui est très sombre. Et du coup, en fait, ça s'est un peu mis bout à bout comme ça. J'avais très envie de parler à la fois des aspects négatifs et des aspects positifs de ce progrès-là. Et du coup, ça s'est placé dans ces Ardennes que j'avais en tête. Et puis l'histoire est vraiment née comme ça.
Ybelion — C'est incroyable. Tu sais que je suis un ancien ingénieur sur TN, donc quand tu parles... Cécile, là, j'imagine que tu parles de choses. Je ne sais jamais comment prononcer si on dit « chaud » ou « chou » ou « chose ». « Chaux » je pense. « Chaux » plutôt.
Néphélie Thomas — Je parle de « chaud », ouais.
Ybelion — Je ne suis jamais allé sur celle-là, mais je vois très bien. Du coup, c'est hyper cool parce que moi, je suis d'accord avec toi. C'est un peu comme l'IA, mais c'est différent. Alors peut-être parce qu'on est d'une génération qui n'y avons pas connu la naissance du nucléaire. Nous, on connaît la naissance de l'IA, mais le nucléaire a ce côté aussi extrêmement à la fois fascinant et terrifiant. Tu te dis « putain, c'est quoi cette espèce de superpuissance qu'on place dans les mains de quelques bonhommes ? » Et ça rend le truc vraiment passionnant. Et en plus, c'est des sujets méconnus en France. Alors je ne sais pas toi dans quel domaine professionnel, tu avais intervenu là-dedans. Mais c'est vrai que c'est trop cool d'en parler parce qu'en plus, à la fois, c'est méconnu, donc ça te permet de jouer aussi avec quelque part cette peur qu'il y a autour et ça permet de l'explorer aussi, de voir ce qui est vrai, ce qui n'est pas vrai. Après, là, ce n'est pas forcément l'objectif, mais c'est cool, c'est marrant en vrai. Je suis trop content. Ça donne encore plus envie de découvrir.
Néphélie Thomas — Oui, c'est drôle. Tu verras justement, mes personnages passent à chaud à un moment qui, du coup, est fermé depuis très, très longtemps puisque mon roman se passe en 2100 et quelques. Mais oui, moi, j'avais visité, du coup, j'avais travaillé quelques semaines sur cette centrale et en effet, à l'époque, j'avais encore en tête de faire quelque chose autour du nucléaire plutôt. En plus, j'étais pas mal inspirée, je me rappelle, par la série Dark. C'est une série allemande et qui est très autour. Enfin, c'est une histoire de voyage dans le temps, mais tu as toute une histoire avec une centrale nucléaire. Et moi, c'est un monde qui me fascine assez. Les sites industriels aussi. Il y a aussi ce côté un peu fascinant, angoissant. Donc, j'avais vraiment envie de placer un peu mes personnages à un moment sur un site comme ça. Et finalement, c'est parti sur l'intelligence artificielle. J'en suis très contente, mais j'ai quand même ce petit clin d'œil à la centrale.
Ybelion — C'est pour ceux qui savent, tu vois. C'est trop marrant.
Néphélie Thomas — Exactement. C'est trop marrant.
Ybelion — T'as, j'aime bien le hasard de la vie parfois. C'est incroyable.
Néphélie Thomas — Ouais, c'est marrant parce qu'en plus, c'est quand même très spécifique. Enfin, le travail du coup que tu faisais, mon passage sur des centrales.
Ybelion — Ouais. Ah, c'est trop cool. C'est trop cool. Et c'est le... Je rejoins ton avis sur le côté... Je ne sais pas pourquoi, moi, à chaque fois que j'allais sur des sites, alors j'ai beaucoup travaillé... Désolé, du coup, je fais une petite part qui t'emmène un peu sur du perso, mais j'ai beaucoup travaillé surtout sur des sites en démantèlement, tu vois aussi.
Néphélie Thomas — Ouais.
Ybelion — Et où il y a un côté peut-être encore un peu plus... Tu sais, un côté un peu abandonné. Alors, j'exagère parce que ce n'est pas le cas et je ne voudrais pas faire croire aux gens que nos sites nucléaires anciens sont abandonnés, mais plus utilisés, tu vois. Et du coup, tu as cet aspect tout de suite... Moi, dans mes trucs, tu te dis, putain, ouais, effectivement, un affrontement dans un endroit comme ça, tout de suite, je trouve que c'est très, très fertile pour l'imagination. Ouais. C'est marrant. C'est marrant.
Néphélie Thomas — Ouais, totalement. Et d'ailleurs, on voit souvent, c'est un peu un motif du post-apo, je trouve, parce que moi, du coup, c'est du post-apo. Ces sites industriels abandonnés, je pense que ça parle un petit peu à tout le monde, ce côté vraiment gigantesque, un peu aussi summum de la civilisation, quoi, parce que, putain, on a créé des structures de dingue qui produisent des choses de dingue, et il y a un côté vraiment un peu angoissant à les voir abandonnés. Bon, là, dans le contexte du post-apo, en réalité, oui, en effet, les centrales nucléaires ne sont pas totalement abandonnées une fois qu'elles ne sont plus en fonctionnement. Rassurez-vous. Non.
« ChatGPT m'angoissait, j'en ai fait un roman »
Dark, le progrès et les thèmes du roman
Ybelion — Il est au-dessus. C'est... Tiens, je suis curieux, parce que tu as parlé d'Arc, qui est une série qui m'a passionné. Et j'avoue que même pour mon cerveau d'ingénieur, sur la fin, j'étais là avec mon carnet de notes, j'étais là, attends, je crois que je suis perdu.
Néphélie Thomas — Oui.
Ybelion — Elle t'a inspirée, du coup, pour le chant des machines ?
Néphélie Thomas — Ouais, ouais. Elle m'a beaucoup inspirée, plutôt sur l'ambiance. C'est vrai que Dark a ce filtre très sombre tout au long de la série, et puis ils sont beaucoup... Enfin, c'est une petite ville en Allemagne, très proche de la forêt. Ils sont beaucoup en forêt. Tu as cet aspect mystère, centrales nucléaires et tout, qui me plaisait beaucoup. Après, finalement, moi, à part ce côté ambiance et des jeunes qui sont mêlés dans des histoires auxquelles ils ne devraient pas être mêlés, et secrets familiaux, j'aimais beaucoup cet aspect-là de Dark, secrets familial. Moi, je l'ai beaucoup pris dans le chant des machines, mais je ne suis pas partie sur le voyage dans le temps qui me paraît extrêmement compliqué à gérer. Et en effet, Dark, je me rappelle que j'avais suivi très tôt cette série, et donc j'avais regardé les saisons au fur et à mesure qu'elles sortaient, et à chaque nouvelle saison, je devais regarder celle d'avant. c'est impossible de se rappeler tellement il se passe de choses. Mais j'aimerais un jour écrire un roman aussi bien ficelé et intelligent que Dark, qui a un niveau assez dingue. Mais je pense que le chant des machines est beaucoup plus accessible.
Ybelion — C'est... Tu dirais que c'est quoi le... Moi, j'ai retenu que c'était quelque part... Tu questionnes tout le rapport à l'humanité, je dirais, peut-être. Oui. Oui, comment tu résumerais toi, peut-être, je dirais, la grande thématique ou les grandes thématiques que tu abordes dans le chant des machines ?
Néphélie Thomas — Oui, alors je vais les résumer, mais sans spoiler, donc je vais peut-être passer à côté de certaines.
Ybelion — Oui, t'inquiète.
Néphélie Thomas — Oui, il y a totalement... Il y a totalement, en fait, moi, cette notion de progrès. Tu vois, le progrès, c'est censé être quelque chose qui t'amène vers du mieux, un développement vers quelque chose de positif, de mieux que ta situation actuelle. Et moi, il y a toute cette thématique du progrès. À partir de quel moment le progrès n'en est plus ? Est-ce que si on avance vers quelque chose de différent et de plus développé, on peut quand même parler de progrès si ça crée finalement quelque chose de beaucoup plus néfaste pour l'humanité, pour la planète, etc. Donc, il y a ça. Je parle quand même pas mal de transhumanisme. On est quand même dans un univers avec des prothèses, avec des êtres, notamment les défaillants qui sont ces robots où parfois ça paraît absolument fou de se dire qu'ils n'ont pas de conscience sur leur mode de fonctionnement. et c'est là aussi qu'on parle encore de cette notion de progrès avec l'intelligence artificielle où est-ce qu'il faudrait s'arrêter. Question qui est d'autant plus importante d'ailleurs aujourd'hui. Au moment où j'ai écrit le chant il y a deux ans, on n'avait pas encore les patrons des grandes sociétés d'intelligence artificielle qui disaient qu'il faudrait peut-être qu'on freine.
Ybelion — Oui, j'en ai parlé récemment. C'est très intéressant.
Néphélie Thomas — Oui, c'est super intéressant. Et là, moi, je me place dans un monde où justement personne n'a dit qu'il faudrait peut-être qu'on freine. Et donc, voilà, c'est un peu cette thématique autour du progrès. Je parle aussi beaucoup de famille, de liens familiaux, de secrets d'héritage familiaux. C'est quelque chose qui me passionne et je pense que c'est vraiment le point qu'on retrouvera dans plusieurs de mes romans. Et il y a un autre thème dont je ne peux pas trop parler sans spoiler puisqu'il correspond à un retournement de situation. que je laisserai découvrir.
Entrer par la thématique ou par les personnages
Ybelion — Toi, quand tu construis, quand tu construis, quand tu as construit le champ des machines, alors plus largement, c'est peut-être quand tu construis une histoire, tu t'arrêtes sur une thématique puis tu commences à l'explorer ou quelque part, tu récupères au fur et à mesure, tu te laisses plus porter au début. Comment tu construis, je dirais, tes intentions ?
Néphélie Thomas — Oui, moi, du coup, j'étais partie d'une thématique qui était quand même plutôt autour de l'écologie à la base, chose que j'ai gardée puisque je parle d'intelligence artificielle et qu'on ne peut pas correctement parler d'intelligence artificielle sans parler des conséquences environnementales. C'est très présent dans le champ des machines. Donc, j'étais partie de cette thématique, les personnages me sont arrivés à peu près en même temps. Et ensuite, finalement, ce qui est venu nourrir vraiment la construction du scénario, moi qui ai pris du temps, ça ne sera pas pareil pour les prochains romans. Mais celui-là, c'était mon premier. Je ne savais pas trop où j'allais. Et puis, je n'avais même pas d'objectif en tête à la base de me dire allez, je vais écrire et finir un roman quand les premières idées me sont venues. J'avais juste ce truc qui me trottait dans la tête. Et du coup, ensuite, ce qui s'est passé, c'est que du coup, il y a eu, comme je te disais, la chat GPT qui est arrivée qui a commencé à me donner une idée supplémentaire. J'ai lu à peu près à la même période des articles sur le fameux thème dont je ne peux pas parler qui a fait des connexions avec ce truc de l'intelligence artificielle. Et en fait, c'est vraiment en lisant des choses, en regardant ce qui se passait dans le monde que mon scénario s'est construit et j'ai fait des liens mais même parfois sans y réfléchir entre plusieurs choses que je voyais et ça a construit vraiment un peu les grandes étapes, les grands moments de révélation, etc. du champ des machines et je suis allée bâtir l'histoire de mes personnages autour de ça. Donc, je dirais que là, ça m'est vraiment venu de l'actualité et de recherches que j'ai pu faire, etc., de connexions que j'ai faites et ensuite, je suis venue broder un peu mon histoire, j'ai créé mes personnages. Ce n'est pas du tout comme ça que je fonctionne d'ailleurs sur le suivant où je suis beaucoup plus partie des personnages. Mais là, oui, ça m'est vraiment venu ces thématiques, c'est drôle quand j'y pense d'ailleurs. Ces connexions qui se sont faites, c'est un moment qui est né.
Ybelion — j'entends aussi dans le processus du champ des machines, il y a eu, tout s'est clarifié quand justement tu as eu cette thématique où tu t'es dit ok, en fait, c'est par là que j'ai envie d'aller. Et après, c'est ça qui est marrant, c'est qu'en fait, tous les liens se font et quelque part, hop, le dernier article que tu lis, il fait, non, en fait, c'est tellement évident que j'ai envie d'aller dans cette direction-là. Oui,
Néphélie Thomas — et totalement, et c'est cet article-là qui a en grande partie débloqué l'écriture de ce roman, quand il y a cette connexion qui s'est faite, que je ne cherchais même pas, je ne faisais pas des recherches pour écrire un roman, juste, je lis plein, enfin, je lis beaucoup d'articles sur plein de sujets, quoi, et la connexion s'est faite et ouais, c'était parti, je me suis dit, tiens, c'était la pièce manquante de cette histoire, c'était trop bien.
Ybelion — C'est la dernière pièce du puzzle qui, revire le brouillard et là, tu fais, ah, mais en fait, le chemin, il est là-bas et c'est tout droit et j'y vais, quoi.
Néphélie Thomas — C'est vraiment ça, ça a vraiment contribué à donner un squelette à mon histoire que je n'arrivais pas à écrire, que je trouvais, où je trouvais qu'il manquait un élément et je l'ai trouvé un peu comme ça par hasard, quoi.
Ybelion — Et c'est cool aussi, tu dis, là, j'entends sur le second, du coup, que tu es en train d'écrire en ce moment, c'est ça ? Oui, c'est ça. Tu vois que tu peux prendre entre guillemets une porte d'entrée différente, parfois c'est la thématique qui est, je dirais, la clarté principale, parfois c'est le personnage, enfin les personnages qui portent cette clarté-là et c'est amusant de voir, c'est quoi que tu préfères dans la démarche, entre guillemets, entre entrer par la thématique, entrer par les personnages ?
Néphélie Thomas — Alors, je dirais qu'entrer par les personnages, pour moi, c'est un peu plus simple parce que finalement, tu vois, quand je suis arrivée par la thématique, ça m'a pris quand même vraiment longtemps pour faire des connexions parce que je pense que c'est un mode de fonctionnement qui me parle peut-être moins en fait, j'avais envie de parler d'un sujet mais je ne savais pas comment parler de ce sujet alors qu'en arrivant avec des personnages, je savais à peu près ce que je voulais incarner avec ce personnage et après, je devais réfléchir à ce qu'il allait traverser du coup, pour le développement que je devais lui donner et pour moi, ça me paraissait plus simple d'autant plus que pour le coup, pour ce roman-là, ce personnage, il est arrivé aussi avec une ambiance, un début d'histoire et c'était plus fluide pour moi. Là, je pense que si on devait me donner une thématique en me disant écrire un roman là-dessus, j'aurais un petit moment de panique quand même. Ça me paraît plus compliqué mais je sais qu'il y a des personnes qui fonctionnent totalement différemment qui disent je veux écrire sur tel sujet et ça leur vient très naturellement. Moi, c'est vrai que j'aime bien entrer dans les histoires par les personnages et en tant que lectrice, d'ailleurs, je suis pareil, je me laisse vraiment happer par les personnages donc je pense que ça a beaucoup de sens pour moi de fonctionner comme ça.
Ybelion — En vrai, c'est aussi là, tu vois, qu'on retrouve toujours une cité de la méthode en tout cas pour chacun. Chacun entre par la porte qu'il veut et c'est ça qui te fait aller au bout plus que si tu te forces mordicus à faire quelque chose qui te correspond beaucoup moins.
À chacun sa méthode d'écriture
Néphélie Thomas — Oui, c'est clair, ça m'arrive souvent là maintenant en dédicace on me demande des petits conseils d'écriture et tout et c'est vrai que j'ai tendance à dire que il faut tester plein de choses parce que ce qui marche pour moi ne marchera pas pour quelqu'un d'autre et ce qui marche pour moi sur un roman ne marchera pas pour moi sur un autre roman. Donc en fait, c'est vraiment, il faut tester, trouver sa méthode et personne ne peut dire moi j'ai la méthode qui marche. Je n'écouterai pas une personne qui me dirait ça.
Ybelion — Oui, c'est mon combat quotidien de si on avait la recette pour faire des livres miracles on ne serait pas en train de la vendre tu vois. Bon, ça c'est je le dis de manière taquine comme ça après c'est parfois juste une posture marketing tu vois et voilà mais effectivement c'est important de derrière aussi toute cette notion tu vois d'autorisation de j'ai le droit d'écrire avec l'angle que j'ai envie moi de prendre avec les thématiques que j'ai envie d'aborder et je trouve que c'est un très bon conseil de dire aux gens simplement essayer écriver si vraiment vous avez envie de commencer que vous voulez le faire tout seul dans votre coin essayez simplement parce que ça te connecte aussi tout simplement à ce qui ok qu'est-ce que j'aime dans l'écriture qu'est-ce que j'aime pas où est-ce que j'ai envie d'aller et c'est là ça replace l'humain au centre à mon sens c'est important dans un processus d'écriture c'est long alors si on l'aime pas le processus c'est
Néphélie Thomas — oui exactement c'est ça en fait c'est que écrire c'est pas juste raconter une histoire quoi c'est tellement long c'est tellement long c'est tellement fastidieux qu'on a vraiment intérêt à prendre du plaisir dans un grand nombre d'étapes moi je prends pas du plaisir dans toutes les étapes
La peur du premier jet et les 10 à 15 premiers chapitres
Ybelion — bah c'est voilà effectivement c'est ça aussi c'est qu'à la fin bah comme tout rêve comme tout objectif qui est important pour nous bah tout ne nous plaît pas je suis curieux toi c'est quoi c'est quoi l'étape que tu trouves la plus longue et comment tu fais pour la traverser
Néphélie Thomas — alors moi en fait c'est un petit c'est un petit bloc quand j'aborde une histoire après j'en ai pas écrit beaucoup mais c'est la difficulté que j'ai rencontré les deux fois c'est ce moment où bon t'as fait tes recherches t'as à peu près ton plan t'as fait un peu tes fiches personnages enfin moi j'aime bien faire des petites fiches personnages des trucs comme ça et ensuite bah là faut rendre tout ça vivant faut l'écrire faut faire un premier G et en fait tu te rends compte que t'as beau enfin je parle pour moi mais t'as beau avoir créé tes fiches personnages ton univers au final tant que tu ne les as pas t'as pas commencé à les faire vivre dans des lignes dans du texte tu les connais pas vraiment et ces personnages tu les as écrits un peu séparément mais là faut qu'ils s'imbriquent faut qu'ils communiquent les uns avec les autres faut qu'ils communiquent avec leur univers qui s'inscrivent dedans et du coup moi je suis assez terrifiée par l'étape de premier G en tout cas sur les premiers chapitres donc la première fois que j'écris des chapitres de mon roman souvent on va dire c'est sur les 10-15 premiers chapitres c'est le temps qu'il me faut pour on va dire un peu dompter mon univers comprendre mes personnages comprendre vraiment qui ils sont parfois je découvre qu'ils sont un peu différents de ce que moi j'avais imaginé quand j'avais écrit mes fiches personnages je m'étais imaginé des relations des personnages et quand je les écris je me rends compte que ça fonctionne pas du tout donc moi cette étape elle est un peu compliquée elle me fait un peu peur j'y vais à reculons souvent parce que je me dis ouais l'histoire pour le moment tant que je commence pas à l'écrire dans ma tête elle est géniale elle est trop bien et là quand je vais me heurter à la difficulté de la coucher sur du papier enfin sur mon ordinateur ça va être autre chose et du coup comment je surmonte ça bah en fait moi je me pose un peu un truc c'est mes 10-15 premiers chapitres je m'autorise à les écrire comme ils me viennent sans me dire d'un chapitre à un autre j'essaye de me dire bon ok là c'est pas très cohérent ton chapitre 2 par rapport à ton chapitre 1 mais tu vas revenir dessus et en fait je les réécris ces 10-15 premiers chapitres jusqu'à ce que j'ai le sentiment d'avoir vraiment compris mon univers mes personnages et ce que je veux raconter avec eux c'est à dire que tant que j'ai pas compris ça je m'interdis d'avancer plus loin dans l'histoire parce que je sais que si j'avance tête baissée sans avoir vraiment saisi mes personnages et mon univers je vais écrire 50 chapitres ou je vais les perdre de chapitre en chapitre ça m'est arrivé d'ailleurs sur le champ des machines où au début j'avais avancé un petit peu plus tête baissée je me suis dit ok c'est bon là j'ai mes idées j'ai saisi mes personnages j'étais arrivée au chapitre 25 et je m'étais dit mais en fait je n'ai plus aucune idée de comment ce personnage est censé réagir à ce qui lui arrive parce que je l'ai perdu en route j'ai avancé sans vraiment le connaître et du coup je me suis appliquée dans ma réécriture et dans l'écriture du roman actuel vraiment à me dire tu n'avances pas tant que tu ne connais pas tes personnages et pour ça va te prendre peut-être 10, 12, 15 chapitres et ça marche plutôt bien de réécrire ces chapitres jusqu'à ce qu'ils sonnent juste parce que quand ils sonnent juste en général c'est que j'ai enfin compris mon univers et mes personnages et là je peux les emmener plus loin sans risquer de les perdre en route et sans risquer de me dire au chapitre 25 tes personnages sont totalement incohérents il faut que tu recommences à zéro voilà ma technique
Ybelion — j'adore ton partage parce que alors je le trouve très rassurant je m'explique parce que tu vois de manière générale j'ai tendance à conseiller alors tu vois évidemment il n'y a rien qui fonctionne à 100% pour tout le monde tu vois je conseille généralement de s'autoriser le premier jet avant de se replonger dans la réécriture histoire de pas tomber dans une boucle de correction perpétuelle qui peut être alimentée aussi par un peu de procrastination active en demandant des conseils à droite à gauche ou des avis sur un chapitre ou deux tu vois et ce que j'aime bien dans ton partage c'est que en fait c'est régi par la question de quoi j'ai besoin pour aller au bout de mon premier jet j'entends de connaître mes personnages et mon univers et ça je sais que ça me prend 10-15 chapitres et donc je vais m'appliquer déjà sur cette première étape avant de passer à la suivante et tu vois je trouve ça cool parce que ça désacralise encore une fois il faut absolument faire comme ça et ça vraiment on se reconcentre sur la première étape de quoi moi j'ai besoin pour aller à celle d'après tu vois et ça je trouve ça je trouve ça cool et tu vois je crois que t'es la première personne qui me parle d'un fonctionnement comme ça où quelque part il y a une espèce de première réécriture du début jusqu'à ce que tu te sentes à l'aise et c'est cool comment tu sais toi justement comment tu fais pour éviter l'écueil de tomber dans la boucle perpétuelle de correction ouais
Le lâcher-prise sous contrôle : compteur de mots et tableau Excel
Néphélie Thomas — j'ai du mal j'ai du mal c'est très compliqué pour moi on en rigole beaucoup avec mes copines avec qui j'écris parce que c'est très compliqué pour moi j'ai de manière générale j'ai une personnalité où j'aime bien avoir le sentiment que je contrôle un peu les choses donc c'est sûr que tu vois le premier jet t'as quand même un côté lâcher prise
Ybelion — ah bah totalement et c'est ton partage sur les 10 cas premiers chapitres j'ai entendu beaucoup de lâcher prise tu vois justement
Néphélie Thomas — ouais exactement mais ce lâcher prise en même temps si tu vois les choses comme ça il est quand même c'est un lâcher prise contrôlé tu vois c'est un lâcher prise sur 10-15 chapitres avec un but bien précis et c'est très rassurant pour moi et finalement ce premier jet enfin je m'autorise à avancer sur ces 10-15 chapitres mais je n'avancerai pas dans mon roman tant que je les ai pas tu vois écrits réécrits néanmoins ouais je me suis bloqué ce truc des 10-15 chapitres pour ne pas tomber dans ce piège ce piège là sur 50 chapitres donc c'est un lâcher prise sous contrôle je dirais et du coup je m'autorise sur cette partie là à faire pas mal de réécritures mais du coup pour ne pas me donner l'excuse sur la suite de faire 50 réécritures je me dis ok tu connais ton univers tu connais tes personnages là faut que tu avances après tu vas peaufiner du coup ce que j'essaye de faire moi j'ai deux techniques pour m'obliger à avancer déjà c'est que j'écris avec un compteur de mots si tu fais continuellement de la réécriture tu verras jamais ton compteur augmenter et du coup tu verras ton nombre de mots à écrire par jour lui augmenter puisque de jour en jour tu n'avances pas en fait parce que quand on réécrit c'est rare qu'on rajoute vraiment beaucoup de mots on réécrit des petites phrases voire on en supprime donc moi je sais que voilà par exemple d'ici le 1er décembre je dois écrire je sais pas 80 000 mots si je passe un temps fou à réécrire 10 fois mon chapitre 12 au lieu d'écrire le 13 le 14 le 15 je vois que mon compteur de mots ça va pas du tout et je commence à me dire oulala ta deadline tu vas pas la tenir là faut que t'avances là t'as pas le choix faut que t'avances donc moi avoir une petite deadline un compteur de mots ça m'aide beaucoup et un autre truc que je fais c'est que en fait ce qui nous pousse à réécrire aussi souvent je trouve c'est que dans un chapitre on a une idée et on se dit mince j'ai pas mis les trucs en place dans les chapitres d'avant pour mettre cette idée donc tant pis il faut que j'aille reprendre ces chapitres là moi c'est ce que je faisais avant et du coup finalement j'allais rajouter une idée dans le chapitre 9 et puis je me retrouvais à réécrire entièrement le chapitre 9 parce que pourquoi pas
Ybelion — et puis après il y a qu'est-ce que cette modification implique d'autre et c'est là qu'après t'as l'arborescence des modifications interminables exactement
Néphélie Thomas — et c'est hyper tentant même quand t'es en premier jet d'aller corriger tout de suite parce que tu te dis ouais mais c'est pas de la perte de temps comme ça je balise mes chapitres tu vois bien sauf que si trois chapitres d'après tu te rends compte que t'as encore une modification qui va venir impacter aussi les modifications que tu viens d'inclure et ça m'est arrivé plein de fois ben finalement t'as fait tes premières modifications un peu pour rien parce que ton idée que t'as eu qui était géniale elle peut encore bouger en fait juste après donc moi ce que je fais c'est que j'ai un petit un vraiment petit banal tableau Excel dans lequel je vais noter les modifications que je fais sur mes chapitres par exemple je me marque ok chapitre 12 j'ai eu telle idée qui va avoir un impact sur chapitre 3, 9, 10 et je me le note mais je m'interdis d'aller modifier dans ces chapitres sur l'instant et je me dis tu y reviendras à la fin de ton premier jet et d'ailleurs parfois ça m'est arrivé que une idée que j'avais eu bien plus tard était vraiment meilleure que celle que j'avais eue et du coup je me disais heureusement je ne suis pas embêtée à aller inclure cette idée dans mes premiers chapitres parce qu'au final elle ne tient plus et je n'aurai réécrit pour rien et concrètement je pense que c'est ce qui nous arrive souvent d'ailleurs quand on va réécrire des chapitres on les réécrit pour rien parce qu'on se rend compte en avançant qu'on a d'autres idées et voilà du coup moi le côté compteur de mots plus je m'interdis de faire les modifs quand j'ai des nouvelles idées j'attends de finir mon premier jet franchement ça m'aide pas mal
Ybelion — j'adore les petites techniques que tu t'es trouvées pour cadrer justement plus que ce problème cet enjeu que tu peux avoir avec le contrôle tu vois et c'est marrant parce que ça me fait écho tu vois à chaque fois parce qu'en vérité c'est un écueil qu'on rencontre tous plus ou moins à un moment à des intensités différentes et j'aime bien toujours dire lâcher prise ne veut pas dire perdre le contrôle tu vois et justement ok c'est comment le cadre que je peux me poser m'aide à lâcher prise en toute sécurité et c'est ça t'es exactement enfin dans ce que tu décris c'est exactement ça et moi je suis un peu comme toi j'ai un moment remarqué que juste mettre l'idée qui te vient et puis voir à la réécriture si ça a vraiment un impact et en fait parfois c'est surtout c'est j'hallucine où t'as écrit un truc en majuscule dans la marge en disant idée de ouf c'est incroyable tu la relis tu fais ou alors là ça va plus du tout avec ce qui s'est passé ensuite et du coup effectivement rétrospectivement t'es très content de pas t'être plongé dans cette facilité je dirais qui en fait te fait toujours poursuivre un peu la petite étincelle tu vois et quand tu suis la petite étincelle généralement tu tournes en boucle quoi
Néphélie Thomas — ouais ah ouais exactement on parle souvent de l'objet brillant pour passer d'un roman à un autre t'as une idée tu commences à l'écrire tu vas sur une autre mais dans le même roman ça marche aussi dans le même roman c'est hyper piégeux tu peux dire oh là mais cette idée en fait elle est dingue elle est beaucoup mieux et finalement non donc ouais moi je sais que voilà j'essaye de cadrer un petit peu tout ça parce qu'en effet tu peux en fait tu peux réécrire le même roman indéfiniment si tu te mets pas un peu de discipline en tout cas moi avec ma personnalité ma façon de faire je sais que j'ai pas trop le choix quoi de mettre des petits trucs comme ça
Pourquoi une deadline la rassure
Ybelion — j'ai entendu aussi que là typiquement pour ton deuxième roman t'avais une deadline de 1er décembre en quoi ça t'aide tu vois de te cadrer avec des dates dans le processus
Néphélie Thomas — en fait moi c'est quelque chose qui me je pense qui me rassure dans le sens où ça m'évite d'y penser si je sais que j'ai une date et que je sais à peu près combien de mots je dois écrire par jour tous les deux jours pour atteindre cette deadline ça me permet de me concentrer uniquement sur l'écriture et de ne pas réfléchir à quand j'écris est-ce que j'en ai assez fait aujourd'hui est-ce que je suis là où je devrais en être pour rendre mon truc au bon moment etc donc déjà ça me décharge du fait de réfléchir à est-ce que je suis dans les temps d'autant plus que quand je ne le faisais pas parfois j'avais l'impression d'être très en retard alors qu'au final j'étais totalement ok au rythme auquel j'écrivais j'avais pas besoin d'écrire 2000 mots par jour ou un chapitre par jour pour que ça fonctionne donc déjà ça me décharge de ça et ça m'empêche aussi du coup de procrastiner parce que si j'ai cette deadline bah en fait si j'ai envie d'aller faire j'en sais rien un tableau Pinterest ok mais fais tes mots d'abord parce que tu sais que tu as cette deadline donc moi c'est vraiment pas mal ça me ça me capte beaucoup ça me rassure et d'ailleurs c'est pas forcément des deadlines bon là en l'occurrence je vais avoir une deadline de rendu mais je me mets aussi des deadlines par exemple je me dis bon ce texte si je veux vraiment le bonifier ça serait super cool que je le fasse lire à des copines à des bétalectrices donc ça me permet déjà moi d'organiser mon temps et elle un peu de savoir à peu près à quel moment je vais pouvoir les solliciter pour qu'elle relise mon texte ce qui est pas mal à faire quand on fait de la bétalecture parce que ça prend quand même beaucoup de temps en bétalecteur de lire un texte donc prévoir bien en avance quand est-ce qu'ils vont enfin quand est-ce qu'on aura potentiellement besoin d'eux c'est pas mal donc moi ça me cadre un petit peu toutes ces différentes étapes ça me permet d'avancer ça me permet de me rendre compte aussi quand est-ce que je peux souffler sinon je suis un peu en tension constante comme je sais pas où j'en suis tu vois donc de savoir où j'en suis moi ça ouais c'est fou ça me stresse pas du tout c'est l'inverse je sais qu'il y a des gens qui me disent oh là mais c'est horrible le compteur de mots mais moi non ça me décharge d'un truc et pour pas mal de gens aussi à qui j'en ai parlé qui m'ont dit j'ai eu beaucoup de mal à finir un roman je trouve que ça permet de leur donner un peu un espèce de rythme tu vois de se rendre compte que finalement en écrivant quelques centaines de mots tous les temps de jour dans tant de mois on peut avoir fini un roman quoi c'est pas forcément t'as pas besoin d'écrire 5 chapitres par semaine quoi et ça du coup moi je trouve que c'est très cadrant donc ouais j'aime beaucoup ce système là de deadline enfin quand elles sont tenables avoir une deadline tenable c'est mieux
Mesurer ses progrès avec la tête ou avec le cœur
Ybelion — bah c'est après ouais exactement tu vois c'est tout l'enjeu de ok faut que ça soit ambitieux et réaliste tu vois c'est toujours cette balance là à trouver et t'as dit quelque chose de très important effectivement le comment je mesure que j'avance comment je vois mon progrès et c'est ça qui ancre aussi le processus et qui ancre la le rythme ou la routine en fonction du mot qu'on préfère mais et c'est là que ça devient intéressant aussi parce que tu vois moi je suis comme toi j'ai un profil assez tête donc qui est très le l'assiduité le nombre de mots quotidiens qui grossit en fait me fait gomme toute frustration tu vois et donc même si j'en écris que 100 sur la journée parce que j'ai une journée chargée en fait fouf tu vois tout de suite il n'y a pas de frustration et c'est marrant parce que tu vois je remarque à force de travailler avec des auteurs que il y en a ces mesures tête là elles sont très oppressantes et au contraire elles ne font que réveiller la frustration et chez eux ça sera beaucoup plus des trucs coeur au corps tu vois du genre comment je me suis senti ok là j'ai eu la sensation de m'autoriser du temps je me mettrais 18 sur 20 sur cette sensation et ça suffit pour vouloir y retourner le lendemain et à chaque fois je cite cet exemple mais parce qu'il m'a vraiment marqué j'avais une autrice qui m'avait quand je lui avais posé cette question ok comment tu veux qu'on mesure que tu avances qui disait moi j'ai besoin de noter la musicalité de mon texte et donc tu vois c'était vraiment un truc d'intuition de quand je relis ce que j'ai écrit ah je trouve que ça sonne bien hop ça me donne envie d'y retourner et ça je trouve que c'est fascinant de voir encore une fois la pluralité et la diversité des moyens qu'on a pour ancrer un processus tu vois
Néphélie Thomas — ouais c'est clair et tu te rends compte qu'il y a des gens pour qui c'est très il y a quelque chose d'assez viscéral quoi de ok là je sens que c'est le moment d'aller sur mon texte moi j'étais un peu comme ça à un moment d'ailleurs mais le problème c'est que comme l'inspiration je t'apprends rien c'est quand même fluctuant à un moment je m'étais dit bon si tu veux finir un roman si tu te bases uniquement sur ton inspiration tu ne finiras jamais mais ouais je comprends et je pense qu'il y a des auteurs pour qui ça fonctionne hyper bien en effet de ne pas avoir de compteur et je vois très bien l'aspect stressant d'ailleurs mais ouais comme toi et moi du coup on est pareil là dessus il y a vraiment ce côté ça enlève la frustration c'est j'adore je me passe pas de mon compteur de mots
Ybelion — ah non mais moi non plus c'est trop bien tu vois la courbe qui monte tu fais wow incroyable et ça et voilà et puis en plus ça gomme ce qui est alors tu vois c'est là aussi après c'est que les chiffres tu leur fais dire ce que tu veux tu vois et donc tu peux toujours tu vois je me rappelle un moment une autrice qui mesurait donc elle mesurait par jour et donc elle voit elle écrit au début 500 mots puis on travaille on travaille et à force 1000 mots 1200 mots elle arrivait à écrire beaucoup tu vois presque 2000 mots par jour parfois et puis il y a eu ce moment où paf la vie est la vie tu vois et puis hop il n'y a plus que 500 mots par jour et là cette sensation dramatique de dire mais en fait c'est catastrophique tu vois et là tu vois c'est ça la magie des chiffres c'est que hop au lieu de regarder par jour tu regardes juste le total et donc en fait ton total il était à 15 000 il passe pas à 17 000 mais il passe à 15 500 bah il monte quand même et c'est ça là tu vois après les chiffres c'est qu'en fait tu peux les utiliser pour qu'ils t'aident dans le processus tu vois et de voir bon voilà ça c'est après voilà c'est le fameux les chiffres sont les chiffres on leur fait dire ce qu'on veut bon en l'occurrence dans ces cas là ça tue personne et c'est pas mensonger donc autant l'utiliser pour que ça nous aide tu vois
Néphélie Thomas — c'est une petite filoterie en fait je pense que c'est ça il faut juste trouver le truc qui nous qui nous en fait c'est une question de se rassurer finalement mais si ça marche et que ça nous permet de nous mettre de manière détendue devant son ordi parce que comme c'est compliqué d'écrire si en plus t'arrives angoissé stressé en disant oh mon dieu il faut vraiment qu'aujourd'hui je fasse plein de trucs j'écrive énormément parce que parce que sinon je suis super en retard c'est pas fou moi je sais que ça me bloque enfin quand j'arrive super stressé ça me bloque alors je trouve ce que je peux pour me rassurer en général quand j'arrive détendue je crie beaucoup mieux
Le concours Big Bang et la découverte de l'édition
Ybelion — bah ouais c'est clair en fait c'est ça c'est un processus on aime l'écriture donc quand on est connecté à cet amour là c'est aussi simple que bah ouais ça roule quoi ça roule ouais il y a quelque chose qu'on n'a pas dit au début donc si tu l'as glissé le champ des machines il est aux éditions Big Bang c'est une belle maison d'édition bravo et comment ça s'est passé cette aventure là est-ce que t'avais tout de suite l'idée de te lancer dans un processus avec des maisons d'édition ouais comment ça s'est passé
Néphélie Thomas — alors ça m'est venu assez tard dans l'écriture en réalité l'idée de passer par une maison d'édition moi je sais que l'écriture c'est quelque chose qui me faisait du bien donc j'écrivais un petit peu pour moi et en fait ce roman en fait quand j'ai commencé à avoir vraiment des idées sur le champ des machines j'ai découvert que j'adorais vraiment l'écrire qu'il se passait quelque chose avec ce roman et que j'avais peut-être envie de l'emmener plus loin je me suis dit que peut-être que j'aimerais le faire lire à d'autres personnes je l'avais fait bétalire par une amie et j'ai un ami j'ai un ami auteur avec qui j'en avais un petit peu un petit peu parlé aussi des maisons d'édition du fonctionnement donc ça commençait à m'intéresser mais vraiment j'étais j'arrivais vraiment vers la fin de l'écriture du champ des machines et justement parce que j'arrivais à la fin je commençais à me dire je pense ok bon et après t'en fais quoi finalement est-ce que tu passes au prochain lui tu le laisses sur ton ordi et puis on n'en parle plus et en fait à ce moment-là je connaissais très mal les maisons d'édition c'était en 2023 moi je me suis intéressée assez tardivement au monde de l'édition je lisais mais honnêtement j'étais incapable de citer les maisons je ne regardais pas quoi qui publiez quoi je ne connaissais pas trop j'aurais été incapable de citer enfin je ne sais pas moi un rajout DJ Jeunesse pareil quoi je les lisais leurs livres mais je ne savais pas qu'ils faisaient quoi et en fait quand j'ai commencé à avoir du coup cette idée que j'arrivais vers la fin de l'écriture du champ des machines là pour le coup je me suis dit je devrais peut-être regarder ce que j'ai lu ce qui m'a plu quelle maison l'a publié est-ce que ça ressemble un petit peu au champ et notamment donc en 2023 j'avais lu Absolue de Margot Descennes donc chez Big Bang et j'avais beaucoup aimé j'aimais beaucoup le style de la maison j'ai regardé un peu leurs autres publications j'ai fait ça pour plusieurs maisons et ensuite je suis allée du coup aller voir sur les réseaux sociaux ces maisons là et il se trouve que j'ai vraiment eu un super timing parce que au moment que je faisais ces recherches pour le champ que je commençais à envisager de le soumettre en publication sachant que je n'avais aucune idée de comment on soumettait un rembours en publication Big Bang avait lancé son concours d'écriture avec publication à la clé pour le texte lauréat etc donc en fait Big Bang finalement c'est parce que j'avais lu Absolue et qu'ils ont lancé ce concours au moment où je me renseignais que je me suis dit tiens pourquoi pas l'envoyer à cette maison en parallèle je l'ai envoyé à d'autres maisons d'ailleurs il y a pas mal de maisons je ne savais pas comment faire mes recherches vraiment à l'époque et du coup il y a plein de maisons je me dis tiens après coup j'aurais pu envoyer à cette maison cette maison cette maison ou alors au contraire tiens c'est drôle que je l'ai envoyé à cette maison c'était pas du tout l'enligné historiale maintenant que je connais vraiment bien les maisons d'édition tu sais avec du recul je me refais le truc et je me dis tiens c'est drôle mais bon t'es un peu paumé au début quand tu connais pas c'est très nébuleux c'est pas enfin voilà moi finalement alors ce qui m'a ce qui m'a un peu aidé à y voir plus clair c'est justement les podcasts tu vois de ce genre là écouter des podcasts d'auteurs qui eux-mêmes soumettaient leurs textes etc mais bon je l'ai fait un peu tard puisque je l'ai fait après avoir soumis et c'est là que je me suis rendu compte que bon j'avais peut-être fait des erreurs et tout mais c'est pas grave et du coup j'ai soumis à Big Bang comme ça pour le concours presque un petit peu par hasard quoi et ensuite j'ai envoyé donc à plusieurs maisons en même temps et comme les réponses mettent énormément de temps à arriver j'ai laissé ce texte de côté je suis passée à un autre sans savoir si j'allais le publier sans savoir si lui allait être publié je me suis dit bah on va voir en fait j'étais pas dans une espèce d'urgence à ce moment là tu vois de me dire il faut que je sois publié c'était plus comme un on verra tentons l'aventure et ça serait chouette si ça arrive et en même temps j'y croyais pas parce que c'était mon premier roman donc je me disais bon ça va probablement pas le faire mais mon objectif c'était presque plus d'obtenir des retours de maisons d'édition peut-être pour m'améliorer je sais que dans le cadre des concours ils faisaient des retours un peu plus détaillés aux participants donc voilà j'ai vu la lumière je suis rentrée
Ybelion — c'est trop cool j'entends tu vois hop il y a une petite opportunité on s'engouffre et par contre bravo pour le encore une fois le lâcher prise sur ce que tu contrôlais pas en l'occurrence là tu vois la publication ou pas effectivement et tout de suite te dire ok bon bah en fait ce que moi je peux faire c'est continuer à écrire et j'en tirerai ce que j'en tirerai et c'est comme c'est ça aussi c'est ça qui est magique je trouve dans la vie c'est que c'est quand tu lâches prise totalement sur le résultat que bizarrement le résultat apparaît c'est dur c'est fou
Lâcher prise sur la réponse des maisons
Néphélie Thomas — ouais totalement c'est drôle on dit souvent ça en amour tu sais c'est quand tu cherches quand tu cherches pas que tu trouves c'est quand tu cherches et tu trouves pas bah là c'est un peu c'est presque ça finalement parce que en fait moi je l'ai envoyé et je me suis dit dès que je l'ai envoyé c'est drôle je pense que beaucoup d'auteurs ça leur fait ça souvent quand on voit ton texte une fois que tu l'as envoyé tu penses à tous ses défauts
Ybelion — ouais
Néphélie Thomas — et tu dis merde je peux plus le modifier et je l'ai envoyé et en plus moi quand je l'ai envoyé j'ai commencé à écouter des podcasts j'ai commencé à regarder des méthodes d'éclature et du coup je repensais au champ de la machine en me disant non c'est une catastrophe
Ybelion — oui
Néphélie Thomas — je me disais ça va pas le faire il n'y a pas moyen que ça le fasse et du coup en fait j'avais totalement lâché prise en me disant c'est pas grave c'était un entraînement et le prochain ça va le faire parce que j'ai appris plein de trucs sur l'écriture de ce premier roman et du coup j'ai vraiment avancé sur mon deuxième roman en me disant c'est bon là je vois à peu près comment faire on va voir je connais mieux les maisons d'édition là c'est un coup d'essai tout ça et en fait finalement j'ai envoyé mon roman le champ des machines je l'ai envoyé en février 2024 aux maisons d'édition et j'ai pas eu de nouvelles avant juillet donc en fait février juillet j'étais sur mon deuxième roman je ne pensais même pas à la soumission du champ des machines parce que pour moi c'était mort et c'était pas très grave et de toute façon j'avais un autre projet qui m'enthousiasmait beaucoup où je me disais ok celui-là il a un vrai potentiel ça va le faire donc voilà au final j'ai totalement lâché prise alors j'ai beaucoup moins lâché prise attention quand j'ai appris que le champ des machines allait en finale du concours et là je me suis sentie beaucoup plus proche de la ligne d'arrivée et le stress n'était pas le même
Ybelion — ouais tu m'étonnes ouais tu m'étonnes et en même temps du coup t'avais aussi l'adrénaline de dire putain c'est fou ça avance quoi c'est incroyable
Néphélie Thomas — ouais totalement là je me suis dit ok c'est que mine de rien ce roman qui était pas du tout parfait parce que c'est vraiment pas parfait ce que j'ai envoyé mais en même temps les maisons d'étition n'attendent pas qu'on leur envoie des romans des romans parfaits sinon il n'y aurait pas d'éditeur pour travailler sur le texte ben je me suis dit ok il y a quand même un truc qui accroche dedans donc c'est chouette et ça m'a encore plus boostée du coup à avancer sur l'autre de me dire ok il y a probablement des qualités dans ce que tu as écrit qui ont attiré du coup le regard de Big Bang c'était chouette parce que j'avais reçu des noms sinon à part ça oui tiens ça c'est bien de le dire on peut recevoir des tonnes de noms et publier quand même
Les refus et la part de chance
Ybelion — les noms ne disent absolument rien de la qualité d'un texte et c'est aussi une notion tu vois on parlait de contrôle derrière il y a plein de choses qu'on ne contrôle pas le timing la ligne édito un choix fait en interne un mec qui lit ton texte qui n'est pas dans le bon mood ça peut être tout et n'importe quoi alors tu vois je ne dis pas ça pour c'est pas des excuses mais c'est en fait simplement se concentrer sur ce qui est à notre main tu vois et la seule chose qui est à notre main c'est de vouloir continuer à écrire si c'est ça qu'on aime faire et de prendre les feedbacks quand on a la chance d'en recevoir et c'est comme ça après que hop ça se fait
Néphélie Thomas — mais totalement et c'est très vrai ce que tu dis dans le fait d'être publié il y a quand même une part de chance parce que en effet tu peux être ton manuscrit peut être ouvert par une personne qui va passer à côté alors que quelqu'un d'autre dans la maison ne serait pas forcément passé à côté ça peut être là dans les pour l'année suivante la maison d'édition recherche un texte totalement différent ou alors ils ont pris un texte qui ressemble un petit peu au tien et du coup ils ne peuvent pas publier par exemple je ne sais pas deux dystopies cette année-là et du coup ils disent non mais ils auraient peut-être dit oui enfin c'est un mélange de plein de choses et je suis d'accord il ne faut pas baisser les bras pour ça il faut travailler sur ce qui est à notre main jusqu'à ce que ça marche et que les étoiles s'alignent
Rupture de stock : le pouvoir des lecteur·ices et des libraires
Ybelion — exactement et j'ai vu que le succès était au rendez-vous qu'est-ce que ça fait quand on te dit ton livre part en réimpression parce qu'on n'en a pas assez
Néphélie Thomas — c'est fou c'est vraiment c'est vraiment fou en fait c'est super parce que c'est génial parce que sur le champ des machines ce qui s'est passé bon moi évidemment j'avais le stress de premier roman premier roman pas de communauté donc tu dis peut-être que le roman va passer un peu inaperçu en plus on sait qu'il y a beaucoup de sorties etc c'est de la science-fiction c'est pas le genre qui se vend le plus même si la dystopie revient en plus moi c'est du post-apo avec des robots tu vois donc
Ybelion — t'es très actuel quand même ça je ressens
Néphélie Thomas — c'est super actuel c'est super actuel et en même temps c'est vrai qu'on avait un peu cette crainte avec la maison enfin on en parlait du fait que à la fois c'est un sujet actuel donc ça peut jouer ça peut aider à la fois ça reste de la sci-fi la sci-fi c'est pas ce qui se vend le plus c'est pas ce qui parle le plus aux gens c'est la fantasy qui marche beaucoup mieux donc moi je ne savais pas du tout quoi comment attendre surtout qu'en 2025 et 2026 le marché du livre est catastrophique les ventes ont chuté pour toutes les maisons donc voilà et en fait bah du coup je ne m'attendais à rien pour ne pas être déçue et il s'est passé un truc vraiment génial avec le chant des machines c'est que les lecteurs et les libraires qui l'ont lu s'en sont vraiment emparés ils en ont vraiment beaucoup parlé autour d'eux et ça vraiment je ne le dirai jamais assez aux lecteurs je pense c'est parler d'un livre autour de soi qu'on a aimé en parler sur les sites type Babelio etc ça fait vraiment la différence c'est fou sur les sites type Babelio ça fait la différence pour une question d'algorithme et tout ça tu peux être plus facilement remarqué et en fait sinon en parler à des proches à des amis tout ça fait vraiment un effet le bouche à oreille fonctionne énormément sur les auteurs notamment qui n'ont pas de communauté je ne pensais pas à ce point là mais là du coup les lecteurs s'en sont emparés les libraires s'en sont emparés les libraires ne renvoient pas en fait il y a très peu de retours sur le champ des machines c'est pour ça qu'on n'en a plus en stock parce qu'en fait les libraires les gardent et c'est génial tant mieux ils les gardent parce qu'ils les vendent bien quoi donc ouais c'est assez fou c'est assez fou quand on apprend que son roman au bout de 4 mois est en rupture de stock je réalise à moitié je pense mais je suis vraiment contente et surtout super reconnaissante parce que je sais que c'est grâce au lecteur et grâce au libraire qu'ils le portent vraiment et qu'ils en parlent vraiment enfin ils ont un côté très passionné quand ils parlent du champ des machines et ça fait trop plaisir c'est assez fou comme aventure quand même
Ybelion — c'est incroyable félicitations c'est vrai les autres évidemment le lecteur une fois que le livre est libéré a une très grande importance dans sa vie et ouais en parler ça paraît tout bête mais c'est peut-être le truc le plus un vrai pouvoir qu'ont les gens quoi effectivement quand un livre vous plaît déjà prenez le temps d'aller féliciter l'auteur franchement ça donne aussi beaucoup de force quand on reçoit des messages gentils et positifs comme ça et puis prenez le temps s'il vous a plu d'en parler ça c'est sûr
Trouver son lectorat sans communauté
Néphélie Thomas — ça fait toute la différence et ça permet aussi au livre ensuite d'avoir une autre vie par exemple qu'on envisage le format poche le format audio et non vraiment ça fait toute la différence et là j'ai vu sur un livre comme le chant des machines qu'on peut trouver son lectorat sans avoir de communauté et j'entends beaucoup parler de ce sujet là dernièrement et ça c'est vraiment un truc que j'aimerais dire aux jeunes auteurs c'est que non en fait vraiment on peut sans communauté il faut faire confiance au lectorat parce que moi ils ont vraiment porté le livre d'une manière je m'y attendais pas du tout les libraires aussi font un super travail franchement ils sont incroyables les libraires donc ouais parler du livre ça change toute sa vie on se rend pas compte mais il y a des gens qui me disent oui mais moi j'ai que 80 abonnés et je leur dis mais on s'en fiche en fait parce que t'as 80 personnes admettons que même sur ces 80 personnes tu en touches 2 qui en touche 2 et vraiment ça fonctionne comme ça c'est assez incroyable
Ybelion — ouais c'est clair que le encore une fois tous ces chiffres là c'est des choses sur lesquelles on n'a pas forcément de prise alors bon si tu pourrais dire oui mais si je publiais plus oui si bon après c'est voilà aussi une histoire de comment tout ça s'ancre dans ta vie qu'est-ce qui est important pour toi et la communication c'est comme l'écriture en fait c'est un processus long que tu dois aimer comment je l'aime comment je vois que je l'aime et souvent on oublie ça quand on réfléchit il faut que je sois visible il faut il faut il faut et bon voilà ça tout de suite ça fait des choses où tu fais presque des burn-out de communication et en vérité on en voit plein tu vois des gens qui disparaissent non pas parce qu'ils n'ont plus envie mais simplement parce que c'est parfois trop c'est parfois dur
Néphélie Thomas — ouais c'est clair
Ybelion — c'est aussi très rassurant tu vois de voir qu'effectivement il n'y a pas que le compteur de personnes qui te suivent qui définit si oui ou non tu es publié parce que c'est un vrai enjeu tu vois forcément les maisons d'édition leur objectif c'est de gagner de l'argent gagner de l'argent c'est dire vendre beaucoup de livres vendre beaucoup de livres tu pourrais te dire bon bah je prends que des gens qui ont plus de 10 000 abonnés voilà et en fait preuve en preuve s'il en fallait il y a encore des maisons d'édition qui réfléchissent pas comme ça et qui placent l'art et l'auteur au sommet et c'est trop cool
Néphélie Thomas — ouais moi je suis d'accord il y en a il y en a vraiment plus d'une il faut garder l'espoir
Ybelion — ouais carrément c'est ça et puis même en fait quand tu creuses bon j'ai pas eu la chance d'échanger avec toutes mais j'ai l'impression qu'il y en a quand même une majorité des éditeurs qui sont concentrés sur ça quand même plus que sur l'aspect purement business quoi je dirais
Néphélie Thomas — ouais absolument et beaucoup d'éditeurs sont régulièrement à la recherche de nouvelles plumes et vraiment le nombre d'abonnés ça peut être ça peut être un plus mais moi j'avais même pas de compte Instagram quand ils m'ont signé Big Bang donc comme c'est le cas d'ailleurs d'autres de leurs autrices quoi donc non et puis pas que Big Bang quoi vraiment il y a plein de il y a plein de maisons comme ça et heureusement c'est important
Hestia, le personnage qui lui ressemble
Ybelion — carrément et j'ai vu aussi du coup que tu as j'essayais de retrouver en fait j'ai vu le dessin de ton personnage là Thiel qui a été fait par Elio du coup non si je dis pas de bêtises c'est ça incroyable grosse dédicace d'ailleurs à Elio qui c'est toi c'est lui qui nous a mis en contact oui et il est incroyable son dessin et
Néphélie Thomas — il est trop fort ouais c'est clair
Ybelion — et quel parmi les tu vois on disait tout à l'heure quel personnage toi tu as le dans le champ des machines tu as le plus fait comprendre quelque chose sur toi
Néphélie Thomas — sans hésitation Estia qui est donc la une des narrateurs du coup c'est une narratrice les autres étant Orion et Thiel et Estia donc c'est la soeur jumelle de Orion et c'est ce que j'appelle dans mon roman une technologicienne donc qui travaille sur des technologies pour améliorer le quotidien de sa de sa communauté et c'est une personne qui justement des de toute façon je pense qu'on donne toujours un peu des traits de caractère de soi-même ou même de ses proches parfois à ses à ses personnages et moi je sais que Estia c'est un personnage qui est dans le pas mal dans le dans le contrôle et qui doit apprendre à moins l'être et qui a un peu un destin tracé dont elle ne veut pas mais en même temps il y a un côté rassurant donc voilà et qui va être amené dans cette histoire à prendre des décisions qui vont finalement la mettre dans tes positions où elle n'aura le contrôle sur rien où elle sera plus en sécurité et où elle va devoir elle va se rendre compte que finalement elle s'en sort quand même pas trop mal parce que parce que parfois voilà la vie est faite de moments où on n'a pas le contrôle sur les choses et on finit par rebondir et du coup ouais je me suis rendu compte que j'ai donné quelques traits de mon caractère à Estia et que je l'ai poussé vers des chemins justement où elle n'aurait pas d'autre choix que d'apprendre à lâcher prise et c'est drôle puisque j'ai le sentiment d'avoir fait un peu ce parcours moi-même en même temps qu'elle parce que le monde de l'édition de la publication c'est énormément de lâcher prise donc ouais
Ybelion — j'adore quand on remarque tu sais d'ailleurs on en avait beaucoup parlé avec Elio je me rappelle des parallèles qu'on fait vivre aux personnages et on fait attends c'est quand même vachement les enjeux que je rencontre moi-même là et c'est toujours fascinant
Néphélie Thomas — c'est ça qui est fou c'est que c'est super inconscient et même pour mes proches moi j'ai des gens de ma famille qui ont lu mon roman et qui m'ont dit tiens c'est drôle ce personnage là à ce moment là il fait vraiment penser à un tel de ma famille et c'est totalement inconscient et je retrouve dans un peu tous mes personnages au moins peut-être un petit truc de moi quoi mais c'est totalement c'est totalement inconscient et après quand on y réfléchit c'est super drôle c'est fascinant l'être humain
Ce que l'imaginaire dit de nous
Ybelion — c'est clair et parmi les commentaires qu'on a pu te faire comme ça est-ce qu'il y en a un justement où tu as pris conscience d'eux tu vois quand on te l'a dit où tu as fait putain merde c'est vrai en fait
Néphélie Thomas — alors c'est drôle ça me le fait plus sur mon roman actuel ok sur mon roman actuel pour le coup où quand je le pitch des amis me disent ah c'est drôle ça parle de tel truc de ta famille ou ton histoire enfin d'un truc perso et ouais et à chaque fois j'ai répondu en me disant mince c'est vrai j'en avais pas j'en avais pas du tout conscience parce que comme en fait on écrit de l'imaginaire ce que vivent les personnages c'est très éloigné en fait de ce que nous on vit en notre monde beaucoup plus normal enfin normal bon en tout cas notre monde et du coup c'est vrai que c'est drôle parce que l'imaginaire permet d'explorer des choses en fait par des biais très détournés quoi du coup finalement on va parler de soi on va parler de ses proches on va parler des choses qu'on observe dans notre monde mais de façon très différente et quand on l'explique à haute voix finalement on se rend compte que telle créature telle situation ubuesque qu'on ne vivrait jamais dans la vraie vie parle finalement de nous et ouais ça me ça me l'a fait beaucoup là sur mon sur celui que j'écris en ce moment ça me l'a fait un petit peu sur le champ des machines ou ouais avec du recul je me suis là ça c'est vrai c'est vrai que finalement là je parle peut-être un peu de ça que ce soit de moi ou de mes proches ou d'un truc qui se passe dans le monde où j'avais pas conscience en fait de parler de ce truc là quoi c'est trop intéressant je trouve
Ybelion — bah ouais et puis c'est ça aussi qui fait quelque part progresser le l'approche qu'on a de l'écriture et notre posture d'auteur quand on met de la conscience sur tous ces trucs là parce qu'après ça veut dire qu'on peut aussi jouer avec quoi c'est
Néphélie Thomas — totalement c'est assez fascinant
Anecdote : la duologie devenue one shot
Ybelion — c'est assez fascinant qu'est-ce que j'aime bien toujours poser cette question pour conclure qu'est-ce que t'aurais comme anecdote ou ouais ou passage un peu cocasse que tu pourrais raconter sur le chant des machines ou sur la manière avec laquelle tu l'as écrite est-ce qu'il y a quelque chose qui te vient comme ça
Néphélie Thomas — qu'est-ce que je pourrais raconter ça a été une sacrée aventure quand même ce roman ça a été je sais pas si t'es au courant mais à la base c'était une duologie le chant des machines
Ybelion — non je savais pas effectivement j'ai vu que c'était du coup un one shot ouais
Néphélie Thomas — ouais ça je pense que c'est intéressant et notamment pour des auteurs qui débutent parce que je parle beaucoup là avec des auteurs des jeunes auteurs en dédicace et tout qui me disent qu'ils écrivent des trilogies voire plus et c'est vrai que sur le marché du livre qui est très compliqué on a tendance à recommander de faire plutôt des one shots ou des duologies et quand j'en discute avec ces auteurs ils ont souvent du mal enfin ils voient pas forcément très bien comment passer d'une trilogie à une duologie ou d'une duologie à un one shot et moi c'est exactement ce qui m'est arrivé sur le chant des machines sauf que c'était ma décision d'en faire un one shot mais du coup pour l'anecdote ce que j'avais envoyé au concours au concours Big Bang c'était un tome 1 finalement qui correspond à la moitié du roman enfin le roman tel qu'il existe actuellement en fait j'avais envoyé la moitié et la suite devait être un tome 2 et du coup en fait comme j'ai envoyé mon roman en février et que j'ai eu la réponse en décembre presque un an après quand on y pense moi j'avais eu le temps en fait d'avancer sur mon écriture et d'apprendre comment à rendre un roman efficace plus efficace et du coup quand j'avais travaillé vers la fin de cette année là quand on arrivait vers la fin vers presque l'annonce des résultats du concours mon éditrice actuelle m'avait contactée en me disant est-ce que tu pourrais nous envoyer un synopsis du tome 2 j'avais pas gagné le concours à ce moment là elle m'a juste dit ça elle m'envoie un mail donc je me dis ok là le champ est en bonne voie pour peut-être gagner le concours mais ils attendent de voir si mon tome 2 est solide sauf que moi entre temps je m'étais dit je ne veux pas de tome 2 parce que j'avais bossé du coup sur ce synopsis et je me rendais compte qu'il n'était pas il n'y avait pas forcément un vrai intérêt à faire deux tomes pour le champ des machines et je m'étais rendu compte que finalement ça aurait été un gros one shot assez solide et du coup c'est un peu ce que j'ai expliqué ensuite à mon éditrice et on s'est mis d'accord pour finalement que j'écrive la fin du champ des machines la deuxième partie et que ça tienne en un seul et même tome donc finalement le champ entre ce que j'ai envoyé à Big Bang et ce que les lecteurs lisent il y a une grosse différence parce que je ne me suis pas contentée du coup d'écrire la fin de ce qui était ce premier tome il fallait que je réorganise pas mal de choses dans le roman finalement parce que il y a des idées dont il fallait que je me débarrasse pour que ça tienne quand même en un one shot qui n'allait pas non plus faire 800 pages ce n'était pas possible donc en fait j'ai réorganisé plein de choses il y a des communautés dans le champ des machines j'en ai supprimé certaines il y en a d'autres qui arrivaient beaucoup plus tard dans ce qui était mon tome 2 dans ma tête que j'ai passé en première partie parce que j'avais envie de les aborder que ça ne fonctionnait plus donc en fait c'est vraiment ce roman ça a été un peu un patchwork je prends fais des trucs qui étaient dans le tome 2 je les remets dans le tome 1 parce qu'il n'y aura pas finalement de tome 2 et ça a été une grosse réécriture après la signature donc voilà pour l'anecdote le champ des machines était deux tomes à la base c'est incroyablement
Ybelion — c'est incroyablement c'est incroyablement rassurant aussi tu vois décidément on a cassé beaucoup de croyances de croyances je dirais aujourd'hui parce que du coup tu vois je l'entends que tu as fait un gros travail de clarté d'intention tu vois qu'est-ce que ce livre est censé porter et du coup qu'est-ce que dans ce que j'ai mis n'est pas utile à cette intention ou au contraire qu'est-ce qu'il est et que je ne mets pas assez en avant parce qu'il y a le reste et ça ce n'est pas un travail forcément évident parce que derrière il y a quelque part sacrifier des idées qui peuvent nous tenir à cœur mais sauf que en sacrifier c'est toujours en fait choisir ses préférés et pas renoncer et quand ça sert l'intention tu vois preuve c'est que du coup le livre est vraiment beaucoup plus purju vraiment sur ce que tu avais envie de raconter et bravo d'avoir fait d'avoir fait je dirais cet effort parce que ce n'est pas forcément évident quand c'est notre bébé qu'on est en train de réarranger tu vois
Néphélie Thomas — oui ce n'est pas simple mais tu as vraiment très bien résumé ça c'est savoir renoncer à des idées pour vraiment un peu sublimer le livre et ne pas noyer les choses vraiment importantes finalement dans d'autres points qui peut-être nous faisaient plaisir mais ne portaient pas ne soutenaient pas finalement le propos du livre et vraiment je n'ai aucun regret j'ai sacrifié des idées que j'aimais bien j'en ai développé d'autres qui m'ont énormément plu au final et je suis super contente j'ai l'impression qu'il n'y a pas de super flux dans cette histoire et qu'elle dit exactement ce qu'elle était censée raconter et vraiment je n'ai pas de regrets d'avoir fait ce retravail au contraire j'en suis super contente
Le prochain roman et les sept péchés capitaux
Ybelion — bravo et le qu'est-ce que je ne sais pas si tu as envie ou pas mais est-ce que tu as envie de nous dire un ou deux mots sur le roman que tu es en train d'écrire actuellement ou pour l'instant c'est vraiment porte secrète je te l'ai enfin voilà si tu as envie d'en dire deux mots pour teaser un petit peu n'hésite pas
Néphélie Thomas — ok alors ça va être très différent du champ des machines si ce n'est que c'est un one shot également parce que je suis vraiment team one shot en écriture c'est un one shot plutôt young adult qui va être une fantaisie historique trop bien moi ma première passion c'est vraiment l'histoire et du coup j'y reviens vraiment avec ce roman qui va se passer en France dans la première moitié du 19ème siècle et je ne vais pas en dire trop mais c'est une histoire avec les sept péchés capitaux et je l'adore incroyable
Ybelion — ça je trouve que c'est une thématique passionnante les sept péchés capitaux avec tout ce qu'ils représentent dans l'inconscient collectif tout ce qu'on peut leur faire dire avec ce qu'on connait aujourd'hui par rapport à quand ils ont été inventés entre guillemets totalement incroyable très curieux de découvrir ce que tu feras
Néphélie Thomas — franchement c'est un super angle je trouve pour parler de plein de choses sur la nature humaine et parler des péchés capitaux de manière différente moi j'adore prendre des on dit souvent en écriture que tout a été fait mais je trouve ça fascinant de prendre des thématiques assez connues et d'essayer de les explorer différemment c'est vraiment quelque chose que j'adore faire donc je m'amuse bien sur ce texte pour l'instant
Conclusion
Ybelion — trop bien et ouais on est des passeurs d'histoire en fait on en récupère plein et puis il n'y a que nous qui sommes capables de faire ce qui en sort après c'est incroyable trop cool j'étais trop content de discuter avec toi Néphéli je te souhaite plein de réussite avec le champ des machines et ce qui viendra après et merci pour toute la positivité et la rassurance si je dirais que t'as pu transmettre merci
Néphélie Thomas — avec plaisir merci à toi
Ybelion — merci d'être là épisode après épisode si ce podcast t'inspire t'aide ou te mets du baume au coeur t'abonner mettre 5 étoiles et le partager c'est le meilleur moyen de m'aider à toucher le plus de gens qui ont un livre en eux parce qu'après tout plus il y a de livres écrits et mieux le monde se porte à très vite pose écrire Mars
AU MICRO AVEC
Néphélie Thomas
Néphélie Thomas a grandi au bord de la Méditerranée, puis a étudié l'histoire à Paris. Son parcours professionnel l'a menée vers l'intelligence artificielle et les enjeux climatiques et énergétiques, qui nourrissent son premier roman, Le Chant des Machines, lauréat du concours d'écriture Big Bang. Elle écrit les récits qui auraient compté pour elle à l'adolescence. Elio Destrez, qui a dessiné l'un de ses personnages, l'a amenée au micro.
Ancien ingénieur en sûreté nucléaire, j'ai tout quitté pour l'écriture. J'anime Ose Écrire et j'accompagne les auteurs autour de trois clartés : le rythme, l'identité, l'intention. Toi aussi, tu as un livre qui attend ?