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SÉANCE 04 · 1 H DE COACHING EN 5 MIN · CLARTÉ DE RYTHME

Tes objectifs t'empêchent d'écrire.

04

LA FICHE DE SÉANCE

1 H DE SÉANCE 5 MIN DE VIDÉO

À L'ARRIVÉE
Après une semaine à zéro, sans un mot écrit, elle ne croit plus pouvoir tenir un rythme.
À LA SORTIE
Elle programme désormais son temps d'écriture la veille, comme un rendez-vous déjà pris, et laisse tomber les objectifs chiffrés.

L'EXERCICE À EMPORTER

Ouvre ton agenda de demain et pose un créneau d'écriture dans le trou qui reste, sans décider d'un nombre de mots ou d'une durée.

LES CHAPITRES · LES TIMECODES LANCENT LA VIDÉO

  1. « Je suis incapable de tenir un rythme »
  2. De trois chapitres à cinq en une semaine
  3. Le mois de révisions sans planning
  4. Ce que ses bons jours ont en commun
  5. Les journées qu'elle croyait libres
  6. Les deux solutions qui se cassent la figure
  7. Ça se joue la veille
  8. Le rythme que ta vie peut porter
  9. Le rituel de trois minutes

LA SÉANCE MOT À MOT

C'est le texte de la vidéo, tel que je l'ai écrit après la séance. Le mécanisme de la séance est intact. J'ai retiré tout ce qui pouvait faire reconnaître la personne.

Une autrice que j'accompagne est arrivée en séance en m'annonçant qu'elle était incapable de tenir un rythme. Une heure plus tard, elle repartait avec la décision de ne plus se fixer un seul objectif chiffré. Je te raconte l'heure qui a fait basculer ça, et tu comprendras au passage ce que cette page d'agenda vient faire à côté de ma tête.

Elle arrive après une semaine à zéro. Elle n'a pas écrit un mot et elle n'a pas ouvert son manuscrit. Au départ, elle s'était fixé trois chapitres pour la semaine, ce qu'elle trouvait déjà ambitieux. Elle est passée à quatre pour rattraper son retard. Puis un jour a sauté, l'objectif est monté à cinq, et là ça devenait matériellement impossible. Elle est restée bloquée dessus pendant quatre jours en se répétant chaque soir qu'elle s'y mettrait demain. Son bilan de la semaine tenait en une ligne : trop de pression tue la motivation.

Le premier indice, elle me le donne en cherchant un contre-exemple dans sa vie. La période la plus productive qu'elle ait connue, c'est un mois de révisions avant une échéance. Elle y passait huit heures par jour avec une discipline de fer, et son planning tenait dans une seule consigne : tu révises le plus que tu peux. Elle a fait le lien toute seule, à voix haute, en plein milieu de sa phrase : pourquoi je me sens toujours obligée de faire des plannings ?

Le deuxième indice arrive quand je lui demande de regarder ses bons jours d'écriture. Il y en a à trois mille mots, il y en a à deux cents. Je lui demande ce qu'ils ont en commun. Elle me répond qu'elle s'est levée avec l'envie d'écrire, et qu'elle avait envie d'écrire justement parce que personne, elle comprise, ne lui avait dit qu'il fallait. Le jour où elle s'installe au café et n'aligne que deux cents mots, elle rentre contente : elle a fait l'effort d'essayer.

Reste la question du temps, et sa réponse sur ce point m'a surpris. Je lui demande quelles journées lui pèsent le plus. Les journées pleines passent très bien, celles qu'elle sait chargées dès le réveil. Ce qui la démolit, ce sont les journées qu'elle croyait libres et qui se remplissent au fil des heures. Deux heures au téléphone pour rassurer un proche, un service à rendre, un café qui s'éternise, et la journée est mangée. Le soir, elle se retrouve avec une journée entière derrière elle et zéro mot écrit. Et elle ajoute une phrase que peu de gens s'autorisent : je crois que je me cache un peu derrière cette excuse pour procrastiner.

On cherche une solution, et les deux premières se cassent la figure sous nos yeux. Deux cents mots par jour, elle sent immédiatement que ça redevient un chiffre, donc une pression. Trente minutes le matin, pareil, la rigidité la bloque. Elle finit par me dire qu'elle est dans un dilemme permanent.

Alors je lui repose la question autrement. Ses bons jours, qu'est-ce qui les rend bons, précisément ? Elle réfléchit, et ça sort d'un coup : ça se joue la veille. Jamais elle ne se dit demain j'écris, elle se dit demain je vais au café, et j'écris là-bas. Le mot juste, c'est elle qui le trouve. C'est comme un rendez-vous déjà pris. Comme un rendez-vous chez le garagiste que tu as payé en ligne, tu y vas, la question ne se pose plus. Ce qu'elle programme désormais, c'est un temps pour écrire. L'objectif reste dehors. Le rythme qu'elle se croyait incapable de tenir existait déjà, il attendait qu'elle arrête de le chiffrer.

Je lui ai raconté que je fonctionne pareil, y compris en dehors de l'écriture. Je sais en début de semaine à quelles heures je vais courir. Certains soirs je finis à vingt-deux heures, ratatiné, et la séance est mauvaise. Elle a eu lieu, et je n'en demande pas plus. Mon écriture quotidienne tient sur le même fil : certains jours je pose cinq minutes entre deux coachings, et ma série continue.

C'est le cœur de la Clarté de Rythme. Le bon rythme est celui que ta vie peut porter, et il ressemble rarement à ce qui a l'air sérieux sur le papier.

Le rituel qu'elle a posé en fin de séance te prend trois minutes, ce soir. Tu ouvres ton agenda de demain, tu regardes ce qui est déjà pris, et tu poses un créneau d'écriture dans le trou qui reste. Tu ne décides pas combien de mots, tu ne décides même pas combien de temps. Ça peut être cinq minutes avec ton café ou quatre heures dehors. Le seul engagement, c'est d'être devant ton texte à cette heure-là, avec l'intention d'écrire.

Elle a repéré au passage à quel point ce fonctionnement va contre tout ce qu'on lui a appris. Sa dernière phrase de la séance dit tout : c'est quand même incroyable d'avoir peur de ne pas tenir sa promesse de lâcher prise.

À ton tour

Tu as reconnu ton blocage dans cette séance ? J'ai des séances comme celle-là chaque semaine, avec des auteur·ices dont le livre attend depuis longtemps, et l'accompagnement Ose Écrire commence par un atelier offert.

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Ce blocage a sa page : « Quand ce sera le bon moment »

Ybelion — Samuel Le Parc

DERRIÈRE LES SÉANCES

Ybelion

Samuel Le Parc · écrivain et coach ICF

Ancien ingénieur en sûreté nucléaire, j'ai tout quitté pour l'écriture. J'anime Ose Écrire et j'accompagne les auteurs autour de trois clartés : le rythme, l'identité, l'intention. Toi aussi, tu as un livre qui attend ?