SÉANCE 06 · 1 H DE COACHING EN 5 MIN · CLARTÉ D'IDENTITÉ
Tu n'écris pas assez vite.
LA FICHE DE SÉANCE
1 H DE SÉANCE 5 MIN DE VIDÉO
- À L'ARRIVÉE
- Elle veut écrire plus vite : mille mots par semaine, elle trouve ça lent.
- À LA SORTIE
- « Je suis capable de faire les choses de façon juste » : elle n'aurait pas prononcé cette phrase en entrant.
L'EXERCICE À EMPORTER
Écris la phrase qui commence par « je ne suis pas capable de », puis liste tout ce qui existe déjà dans ton projet, et note qui l'a fait.
LES CHAPITRES · LES TIMECODES LANCENT LA VIDÉO
- « Comment écrire plus vite ? »
- Mille mots par semaine
- À qui elle se compare
- Le biais du survivant
- La phrase qu'elle gardait en travers
- Devant ceux qui échouent
- « Je ne suis pas capable de réussir seule »
- Quatre questions, une seule réponse
- L'exercice à faire ce soir
LA SÉANCE MOT À MOT
C'est le texte de la vidéo, tel que je l'ai écrit après la séance. Le mécanisme de la séance est intact. J'ai retiré tout ce qui pouvait faire reconnaître la personne.
Une autrice que j'accompagne est arrivée en séance en me demandant comment écrire plus vite. Une heure plus tard, elle repartait avec une phrase sur elle-même qu'elle n'aurait jamais prononcée en entrant. Je te raconte ce qui s'est passé entre les deux, et tu sauras au passage à qui appartiennent ces pages posées à côté de ma tête.
Elle écrit environ mille mots par semaine, et elle trouve ça lent. Quand elle a commencé, elle imaginait qu'en avançant elle finirait par tomber sur une méthode, et qu'elle deviendrait de plus en plus productive. La réalité ne ressemble pas à ça. Et surtout, elle a en tête que les vrais auteurs tournent plutôt à mille mots par jour. Sa demande du jour tient en une alternative : est-ce que j'accepte mon rythme, ou est-ce qu'on cherche ensemble comment aller plus vite ?
Le premier indice arrive avec une question toute bête. Quand tu dis les auteurs, tu penses à qui ? Elle marque un temps et reconnaît qu'elle n'en sait rien. Ses références sont quelques connaissances qui écrivent pour le plaisir, et des gens qui écrivent en direct sur internet. Autrement dit, elle ne regarde que ceux qui produisent beaucoup et qui le racontent. C'est le biais du survivant en pleine action, et il manque tout le reste du tableau : ceux qui n'arrivent jamais au bout, et tous ceux qui répètent depuis dix ans qu'ils écriront un livre un jour.
Et je te parle en connaissance de cause. Le jour où j'ai commencé à dire autour de moi que j'écrivais, j'ai découvert un tas de gens qui voulaient écrire un livre. Ils me l'ont dit avec beaucoup d'envie. Ils n'ont toujours pas écrit.
Personne ne poste ça sur internet. Elle compare son moteur à la carrosserie des autres.
Elle encaisse, elle acquiesce, et je sens qu'il lui reste une phrase en travers. Je lui dis que je le sens, et elle la dépose. Elle se décrit comme quelqu'un de profondément oisif, qui tient rarement les choses jusqu'au bout dès qu'il n'y a personne derrière elle. Elle a déjà voulu s'y mettre pour d'autres passions, elle s'est désistée à chaque fois.
Le troisième indice, je vais le chercher par un détour. Je lui demande ce qu'elle ressent devant les gens qui échouent, en lui interdisant d'avance la réponse théorique. Sa réponse tombe tout de suite, et elle est pleine de tendresse : ça la rend triste, et elle aurait envie de leur dire de revenir, qu'il y a peut-être un trésor juste derrière. Puis elle enchaîne sur elle, dans la même respiration. Que ça ne l'étonnerait pas d'elle, d'abandonner.
Je lui rends sa phrase, telle que je l'entends depuis un quart d'heure. Je ne suis pas capable de réussir seule. Elle la valide dans la seconde. Puis elle m'explique que le jour où son livre sera fini et lu, elle ne sera plus seule, et je l'arrête au milieu : tu viens de rappuyer dessus.
Alors j'ai posé les questions les unes après les autres. Qui a écrit les six premiers chapitres ? Qui a réservé le premier rendez-vous avec moi ? Le bouton sur lequel elle a cliqué il y a des mois, c'était le doigt de qui ? Et le début de méthode qui la fait avancer depuis le début d'Ose Écrire, elle le tient de qui ? La réponse est la même à chaque fois, et à chaque fois la résistance baisse d'un cran. Je lui ai demandé quelle correction elle avait envie d'apporter à sa phrase. Elle a cherché longtemps, et elle a dit : je suis capable de faire les choses de façon juste, et ça, je l'ai vraiment fait toute seule.
Et elle a relié ça toute seule à sa question de départ. Le projet prend plus de temps qu'elle ne l'imaginait parce qu'il lui demande de changer sa façon de faire les choses, en même temps qu'il lui demande d'écrire une histoire.
C'est la Clarté d'Identité qui se joue là, et elle ne parle pas de ton livre. Elle parle de la personne qui l'écrit, et de ce qu'elle se croit capable de faire seule.
Et ensuite ? Écoute, l'engagement avec lequel elle est repartie appartient au secret de notre séance mais il m'a inspiré un exercice.
L'exercice tient en quelques questions, et tu peux te les poser ce soir. Tu écris la phrase que tu te répètes sur toi, celle qui commence par je ne suis pas capable de. Ensuite tu listes ce qui existe déjà dans ton projet, les pages, la décision de t'y mettre, le premier chapitre, et pour chaque ligne tu écris qui l'a fait. Tu verras qu'il existe au moins cent exemples de fois où quelque chose est sorti, et que tu avais juste oublié de les compter.
Quant au résumé de la séance ? Elle a résumé elle-même : nouveau circuit neuronal activé. Cette porte lui paraissait étrange en l'ouvrant, et elle a compris pourquoi : toutes celles qu'elle imaginait avant étaient bâties avec la croyance, et celle-là est bâtie sans. Elle a décidé de prendre cette porte étrange qui porte sa nouvelle identité, loin de la croyance qui la limitait.
À ton tour
Tu as reconnu ton blocage dans cette séance ? J'ai des séances comme celle-là chaque semaine, avec des auteur·ices dont le livre attend depuis longtemps, et l'accompagnement Ose Écrire commence par un atelier offert.
Découvrir l'accompagnementCe blocage a sa page : « Qui suis-je pour écrire ça ? »
UNE AUTRE SÉANCE AU HASARD
03SÉANCE 03Pourquoi tu n'arrives pas à écrire le livre dont tu rêves
DERRIÈRE LES SÉANCES
Ybelion
Samuel Le Parc · écrivain et coach ICF
Ancien ingénieur en sûreté nucléaire, j'ai tout quitté pour l'écriture. J'anime Ose Écrire et j'accompagne les auteurs autour de trois clartés : le rythme, l'identité, l'intention. Toi aussi, tu as un livre qui attend ?