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SÉANCE 09 · 1 H DE COACHING EN 5 MIN · CLARTÉ D'IDENTITÉ

Tu n'oses pas écrire ce chapitre.

09

LA FICHE DE SÉANCE

1 H DE SÉANCE 5 MIN DE VIDÉO

À L'ARRIVÉE
Deux chapitres semblent raconter la même chose, et celui qu'il vient d'écrire ne lui convient pas.
À LA SORTIE
Il a nommé ce que son chapitre contournait, et le problème de structure, lui, se règle en cinq minutes.

L'EXERCICE À EMPORTER

Prends l'émotion que ton chapitre contourne et écris ta propre définition, hors du roman : ce que ça fait au corps, aux relations, aux journées.

LES CHAPITRES · LES TIMECODES LANCENT LA VIDÉO

  1. « Un problème de structure, vraiment ? »
  2. Le chapitre qu'il veut restructurer
  3. Les faits sont là, pas le dilemme
  4. La peur de se replonger
  5. Garder ses œillères
  6. Le parachute et l'escabeau
  7. Ce qu'il dirait à son meilleur pote
  8. Mes cartons à moi
  9. Une page, hors du roman

LA SÉANCE MOT À MOT

C'est le texte de la vidéo, tel que je l'ai écrit après la séance. Le mécanisme de la séance est intact. J'ai retiré tout ce qui pouvait faire reconnaître la personne.

Un auteur que j'accompagne est arrivé avec un problème de structure. Deux chapitres lui semblaient raconter la même chose, et il bloquait dessus. À la fin de la séance, il avait nommé ce qu'il refusait de traverser, et la structure n'avait jamais été le sujet. L'escabeau à côté de ma tête sort de sa séance.

Il arrive avec un chapitre qui le bloque. Son roman part de sa propre histoire, et le premier jet touche à sa fin. Ce chapitre-là, il l'a écrit, et il ne lui convient pas. Il lui trouve un défaut : à ses yeux, il raconte la même chose que le chapitre d'avant. Alors il a son explication : il faudrait revoir la structure, fusionner, redécouper. Je lui demande où ça coince.

Pour décrire son chapitre, il choisit un mot : creux. Je lui demande ce que ça veut dire. Il a écrit les faits tels qu'il les a vécus, une formation abandonnée, un poste où il ne se reconnaissait plus, un fossé qui s'ouvre dans le couple. Les faits sont tous là, et le chapitre reste vide. Il le dit à sa façon : « il y a la description du décor, mais il n'y a pas la description du dilemme ». Ce chapitre et ceux qui suivent racontent une introspection, un passage à vide, une question de sens, sans événement pour les porter. Les chapitres à événements, il les écrit sans mal, et ceux-là résistent.

Je lui demande ce qu'il lui faudrait pour être convaincu par ce qu'il écrit. Il aurait besoin d'accepter de se replonger, vraiment, dans ce passage à vide, et ça lui fait un peu peur. Je relance sur ce qui rend la plongée compliquée. Il a peur de le revivre, qu'il redevienne réel. Puis on déroule cette peur ensemble, jusqu'au bout. Il a peur de se rendre compte qu'il est toujours dedans. Et donc ? Il n'aurait pas parcouru de chemin depuis l'époque qu'il raconte. Et donc ? Ce qu'il décrit, il le vit peut-être encore en ce moment.

Ce qui suit vaut pour toi si tu tournes autour d'un chapitre depuis des semaines en parlant de plan.

Je lui renvoie ce que j'entends, en forçant le trait : il sait ce que ça donne de garder des œillères sur ce passage à vide, son roman le raconte, et il compte les garder quand même, histoire d'être sûr d'arriver au même résultat. Ça le fait rire, il dit que oui, il entend, puis il lâche la raison : quand il a la sensation de perdre le contrôle, il s'arrête d'écrire, et devant ce chapitre, son premier réflexe a été de revoir la structure.

« Tout ça, c'est une question de courage », il me dit, et il me donne un exemple qui le fait rire. L'an dernier, il a sauté en parachute, et il n'a pas tremblé. Le même homme est resté dix minutes au pied d'un escabeau, chez lui, avant d'oser monter trois marches pour changer une ampoule. Il tire la conclusion tout seul : « très courageux et très trouillard, les deux, c'est moi ». Je lui demande ce qui fait la différence entre les deux situations. Dans l'avion, le moniteur a donné le signal et il a sauté, sans avoir le temps de réfléchir. Au pied de l'escabeau, il réfléchit. Son chapitre, il le regarde depuis le pied de l'escabeau.

Alors je lui demande : « demain, tu croises ton héros. Il t'explique qu'il reste dans sa relation parce qu'il n'a pas envie de regarder ce qu'il doit traverser. Tu lui dis quoi ? » Il répond sans hésiter qu'il lui dirait de lire les chapitres de son roman. Ce roman raconte justement quelqu'un qui a des questions à se poser, qui ne se les pose pas, et pour qui ça tourne mal. Ce que l'auteur refuse d'affronter, il le refuse à son personnage, donc à l'intention de son roman, donc au roman. C'est pour ça que le chapitre sonne creux et qu'il ne lui convient pas. Le problème de structure, lui, se règle en cinq minutes, et le chapitre sera toujours creux après. C'est la Clarté d'Identité qui se joue là : le chapitre attend que son auteur ose regarder ce qu'il évite.

Moi, j'ai mis deux ans à quitter un endroit où je ne voulais plus vivre, et pendant deux ans j'ai répété que le problème, c'était les cartons. Derrière les cartons, il y avait huit ans de métier, des amitiés, toute une vie à quitter. Mes cartons gardaient l'entrée d'un sujet que je n'osais pas regarder, et son problème de structure garde le même genre de porte.

Je ne lui demande pas d'avoir toutes les réponses. Je lui demande ce qu'il peut faire pour soulever un peu ses œillères. Il pense à une page, écrire juste une page, sa propre définition de ce passage à vide, puis il s'emballe : pourquoi pas une dissertation entière sur le sens de la vie. Je lui demande si ça l'aide à écrire son roman. Il rit, et il revient à sa page.

Cette page, n'importe qui peut l'écrire. Tu peux faire l'exercice ce soir pour mettre en lumière ce qui te coince ! Tu prends l'émotion que ton chapitre contourne et tu en écris ta propre définition : ce que ça fait dans le corps, aux relations, aux journées. Cette page reste hors du roman, et tu la gardes pour toi. Tu la laisses reposer une semaine, et tu reviens au chapitre. Tu verras les noeuds se dénouer.

Avant de partir, je lui ai glissé une dernière précision : lâcher le contrôle, ça ne veut pas dire lâcher la maîtrise. Il m'a demandé la différence. On lâche le résultat, et on garde la main sur la manière d'y aller. Et pour sa grande question, je lui ai dit que la vie n'a peut-être pas de sens, et qu'on peut quand même décider ce qu'on en fait. Il a répondu que maintenant qu'il est là, il est temps d'en faire quelque chose.

À ton tour

Tu as reconnu ton blocage dans cette séance ? J'ai des séances comme celle-là chaque semaine, avec des auteur·ices dont le livre attend depuis longtemps, et l'accompagnement Ose Écrire commence par un atelier offert.

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Ce blocage a sa page : « Ce livre remue trop de choses »

Ybelion — Samuel Le Parc

DERRIÈRE LES SÉANCES

Ybelion

Samuel Le Parc · écrivain et coach ICF

Ancien ingénieur en sûreté nucléaire, j'ai tout quitté pour l'écriture. J'anime Ose Écrire et j'accompagne les auteurs autour de trois clartés : le rythme, l'identité, l'intention. Toi aussi, tu as un livre qui attend ?