SÉANCE 03 · 1 H DE COACHING EN 5 MIN · CLARTÉ D'IDENTITÉ
Pourquoi tu n'arrives pas à écrire le livre dont tu rêves
LA FICHE DE SÉANCE
1 H DE SÉANCE5 MIN DE VIDÉO
- À L'ARRIVÉE
- Il réclame un plan, une intention par chapitre qui lui dirait enfin où il va.
- À LA SORTIE
- Il emporte une consigne pour la quinzaine, revenir en ayant raté, et sa paix intérieure est remontée de trois à cinq ou six sur dix.
L'EXERCICE À EMPORTER
Écris ton épitaphe : tu meurs demain, quelqu'un prononce un discours sur toi, et tu notes ce qui finit gravé sur ta tombe.
LES CHAPITRES · LES TIMECODES LANCENT LA VIDÉO
- « Il me faut un plan »
- Une énergie basse et trois sur dix
- La liste qui l'occuperait des mois
- Ne pas donner le meilleur de soi
- L'autruche qui sort la tête du sable
- Tu as envie d'échouer
- J'ai fonctionné comme ça pendant des années
- Écris ton épitaphe ce soir
LA SÉANCE MOT À MOT
C'est le texte de la vidéo, tel que je l'ai écrit après la séance. Le mécanisme de la séance est intact. J'ai retiré tout ce qui pouvait faire reconnaître la personne.
Un auteur que j'accompagne est arrivé en séance en me réclamant un plan. Une heure plus tard, il m'accordait qu'au fond, il avait plutôt envie d'échouer. Je te raconte l'heure qui sépare les deux, et tu vas comprendre au passage ce que cette autruche vient faire à côté de ma tête.
Il arrive dans une énergie basse. Il a lâché depuis quelques jours, il trouve que tout est brouillon dans sa tête, et il me dit qu'il avance à l'aveugle. Ce qui lui manque, il le sait déjà : un plan. Une intention par chapitre, propre, qui lui dirait enfin où il va. Je lui demande de mettre une note sur sa paix intérieure. Il me répond trois sur dix.
Le premier indice tient dans sa liste. Je lui demande ce qu'il a besoin de faire avant de pouvoir écrire, et il me déroule tout : creuser son personnage principal, se renseigner sur le métier qu'il lui a donné, en inventer d'autres autour, trouver un rebondissement. La liste est honnête, sérieuse, et de quoi l'occuper des mois. À aucun moment il ne me dit qu'il écrit. Je le lui fais remarquer, et je lui repose la question de la séance d'avant : si le plan était vraiment ce qui te coince, tu l'aurais déjà fait.
Le deuxième indice arrive quand je lui demande quelle émotion il traverse à cet instant. Il en pose quatre sur la table : la frustration, la déception, la tristesse, l'insatisfaction. Je lui demande laquelle il a envie qu'on creuse. Il prend l'insatisfaction, et il la définit tout seul en une phrase : ne pas donner le meilleur de lui-même.
Si à ce stade tu te dis qu'il lui manque juste un peu de discipline, garde ça deux minutes. Le troisième indice, c'est lui qui me le donne, en parlant de tout autre chose. On aborde son rapport à la difficulté. Dans le sport, il l'encaisse bien, et dès qu'il faut trouver une solution à un blocage, il fait l'autruche. Alors je lui pose la seule question fermée de la séance : est-ce que tu as envie de continuer à faire l'autruche ? Il me dit non, alors je continue : sors la tête du sable et raconte-moi ce que tu vois. Sa réponse arrive sans passer par la réflexion : je vois que je perds mon temps de façon prodigieuse.
Depuis le début de l'heure, il me liste tout ce qui peut faire capoter son projet. Alors je lui dis ce que ça m'évoque : j'ai l'impression que tu as envie d'échouer, et que tu aimerais pouvoir te dire dans un an que de toute façon, ce n'était pas une bonne idée, que de toute façon, ce n'était pas pour toi. Je lui demande ce que ça lui permettrait. Il répond en trois mots : classer le dossier. Je continue. Qu'est-ce que ça protège chez toi, échouer à écrire un livre ? Il répond : de ne pas juger le résultat. Tant que le livre n'existe pas, il n'a pas à savoir ce qu'il vaut. Le plan qu'il me réclamait depuis deux séances tenait ce rôle : tant qu'il manque, rien ne commence.
Et il va plus loin tout seul. Il me raconte qu'il choisit régulièrement des activités qui l'intéressent moins, justement pour ne pas avoir à questionner ses aptitudes. Puis il nomme son plus gros échec, sans que je le lui demande : ne pas avoir été capable de choisir, pendant des années, par peur de l'échec, des sacrifices et du changement.
Je lui ai dit franchement que ça me touchait, ce qu'il déposait là. J'ai fonctionné comme ça très longtemps. C'est tellement plus confortable de choisir des activités dont on pourra dire qu'on s'en fichait, et de garder intact le fantasme de ce qu'on ferait si on exploitait vraiment ses capacités. Le fantasme coûte moins cher que la vérification.
C'est ça, la Clarté d'Identité : regarder qui tu deviens quand tu écris, et ce que ton blocage protège chez toi, avant d'aller chercher la méthode.
Ce qu'il a emporté, tu peux le faire ce soir en vingt minutes. Tu écris ton épitaphe. Tu imagines que tu meurs demain, que quelqu'un prononce un discours sur toi, et tu écris ce qui finit gravé sur ta tombe. L'exercice a l'air lugubre, et il déplace des montagnes. Je l'ai fait en 2023, j'ai écrit « été ingénieur, n'aimait pas ce métier », et les semaines qui ont suivi, je me suis bougé comme jamais.
Il repart aussi avec une consigne pour la quinzaine. Je veux que tu reviennes en me disant que tu as raté. Tu voulais faire ton plan et tu as écrit à la place, ou l'inverse, peu importe lequel des deux tu loupes. L'entre-deux où l'on ne fait rien reste la manière la plus sûre de ne jamais choisir, donc de ne jamais échouer.
Sa paix intérieure était remontée à cinq ou six. Je lui ai laissé le mot de la fin. Il m'a répondu : faire le choix de faire, et de faire face aux doutes et aux échecs.
À ton tour
Tu as reconnu ton blocage dans cette séance ? J'ai des séances comme celle-là chaque semaine, avec des auteur·ices dont le livre attend depuis longtemps, et l'accompagnement Ose Écrire commence par un atelier offert.
Découvrir l'accompagnementCe blocage a sa page : « Et si je le finissais ? »
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DERRIÈRE LES SÉANCES
Ybelion
Samuel Le Parc · écrivain et coach ICF
Ancien ingénieur en sûreté nucléaire, j'ai tout quitté pour l'écriture. J'anime Ose Écrire et j'accompagne les auteurs autour de trois clartés : le rythme, l'identité, l'intention. Toi aussi, tu as un livre qui attend ?