
OSE LIRE #6 · 24 SEPTEMBRE 2026 · 56 MIN
Philosophie Magazine n°202
septembre 2026
LES PÉPITES DE LA LECTURE · LES TIMECODES LANCENT LA VIDÉO
Je les ai réécrites au calme après le direct, pour livrer l'idée intacte sans les hésitations de l'oral.
Je continue tout seul
« Ils portent un livre depuis des dizaines d'années. Ils viennent me voir, ils me racontent tout ce qui les bloque, et à la fin ils m'annoncent qu'ils vont continuer tout seuls. Je sais que je peux les aider, et je sais aussi que je n'ai aucune main là-dessus. Alors je respecte leur décision, avec le même petit pincement au cœur à chaque fois. »
Complique, puis taille
« Toussaint écrit une phrase, puis il la complique. Il ajoute des incises, des relatives, des adjectifs, jusqu'à dix-huit arborescences. Là, il se relit, il se demande ce qu'il voulait dire exactement, il se le dit, et il l'écrit. Je fais la même chose sur ma réécriture en ce moment : j'ajoute, puis je taille, jusqu'à ce que chaque phrase ne porte plus que son intention. »
Sur ma tombe : ingénieur
« La mort m'effraie beaucoup moins depuis que ce que je fais de mes journées ressemble à ce que je veux accomplir. Il y a quelques années, sur ma tombe, on aurait écrit ingénieur, et l'idée de mourir demain me terrifiait. Aujourd'hui, ce serait qu'il accompagnait des auteurs et qu'il écrivait des livres. Ça ne me rend pas immortel, mais ça rend la peur beaucoup plus calme. »
Le silence vaut un milliard de mots
« Trouver le mot juste commence dans l'écoute. Les mots de la personne en face, mais aussi ses gestes, son regard, son énergie, et tout ce qu'elle garde pour elle. Cette attention te fait capter ce dont elle a besoin avant même qu'elle le formule. Et le mot juste est parfois celui qu'on ne prononce pas : un silence vaut un milliard de mots. »
Une demi-page en quatre heures
« Jean-Philippe Toussaint écrit de sept heures à onze heures. Il en tire une demi-page, rarement plus. Certaines matinées, il juge tout inutile, il ne garde rien et il repart de zéro le lendemain. Il passe aussi énormément de temps à ne pas écrire du tout. Plus de la moitié de ce qu'on écrit finit à la poubelle, et c'est cette moitié-là qui rend l'autre possible. »
Ta nostalgie a une raison
« On ne peut pas vivre dans le passé, et répéter que c'était mieux avant ne change rien au présent. Mais si tu es nostalgique, il y a une raison, et cette raison vaut largement le détour. Va voir ce qu'elle raconte : souvent quelque chose que tu t'autorisais avant et que tu ne t'autorises plus. Tu peux revivre le souvenir et en repartir avec ce qui te manque aujourd'hui. »
Tu protèges qui, au juste ?
« Mieux vaut dire aujourd'hui quelque chose d'un peu déplaisant que de préparer à l'autre une déception plus grande demain. Quand on n'ose pas dire, on croit protéger la personne en face. Très souvent, c'est soi qu'on protège, et on décide à sa place de ce qu'elle a le droit d'entendre. Je crois qu'elle mérite mieux que mon confort. »
La lecture mot à mot
LE DIRECT INTÉGRAL · LES TIMECODES LANCENT LA VIDÉO
La machine a transcrit toute seule, et un direct de lecture la met à rude épreuve : des coquilles traînent forcément. Au moindre doute, la vidéo fait foi.
Intro : le Philomag de septembre et le mot juste
Coucou les amis, j'espère que vous allez bien. Je suis ravi de vous retrouver pour un nouvel épisode d'Ose Lire. On va s'intéresser au Philosophie Magazine de septembre 2026, le numéro 202. Comment trouver les mots justes ? Et j'espère trouver les mots justes, justement. Bienvenue dans Ose Lire. Moi, c'est Sam Ybelion de mon nom Plume. Je suis écrivain, coach ICF et créateur d'Ose Écrire. Dans cette série, je lis en direct des livres et des magazines sur l'écriture, la créativité et finalement ce qui nous rend vivants. Je m'arrête dès que quelque chose me touche et je partage ce qui monte. C'est brut, c'est spontané, c'est une rencontre avec un texte. Installe-toi, on lit ensemble et bonne lecture ! Bref, je suis prêt. Je n'ai pas lu une ligne du magazine. Je vais être en full découverte. J'ai ma petite tasse de roi-boss que je dis avec un accent, je ne sais pas, mais bref, je le dis comme ça.
Délicieux au demeurant. J'avais envie un peu de rien faire en ce samedi après-midi parce que j'ai eu deux coachings à 11h et 13h. C'était intense et c'était cool. Et donc, j'avais une partie de moi qui avait envie un peu de procrastiner. Sauf que la vérité, c'est que j'ai très très fort envie d'écrire mon... De continuer à écrire mon livre. Enfin, en tout cas, ma première réécriture pour l'envoyer en bêta lecture. Je suis en soi un petit peu en retard sur le planning. Mais ce n'est pas grave parce que je ne ressens aucune frustration. Puisque j'avance exactement au rythme auquel j'ai envie d'avancer. Donc c'est très cool. Cela étant dit, j'ai donc eu envie quand même de simplement me poser devant une série et c'est tout. En ce moment, je regarde Scrubs. Je ne sais pas si vous connaissez Scrubs. C'est absolument exceptionnel comme série. Mais je me suis dit, on est déjà quasiment mi-septembre. La semaine prochaine, elle est quasiment pleine.
C'est-à-dire que je sais d'ores et déjà que je ne vais pas avoir de créneau pour enregistrer Ose Lire. Et donc après, ça nous amène à fin septembre. Et fin septembre, il y a quasiment le numéro d'octobre. Et si je commence à avoir du retard, c'est comme la vaisselle sale, je ne le rattraperai jamais. Donc je pars sur comment trouver les mots justes aujourd'hui. Et c'est un sujet qui me touche particulièrement, trouver les mots justes. Parce que c'est tout à fait mon métier de coach, en fait. On passe notre temps à se demander comment je trouve le mot juste pour faire mouche, pour provoquer des prises de conscience, pour provoquer des changements, et aller plutôt emmener tout un chacun à l'état désiré qu'il a envie d'atteindre. En l'occurrence, je m'adresse très principalement à des écrivains. C'est ça qui me passionne le plus. Donc, les gens que j'accompagne, j'ai envie qu'ils arrivent à leur manuscrit terminé. Et donc je suis en perpétuelle amélioration continue pour trouver toujours les mots justes.
Le mot juste, c'est tout mon métier de coach
Je vous fais un partage avant de le lire. Je pense que trouver les mots justes se passe avant tout dans l'écoute. Voilà, ça paraît très bête dit comme ça peut-être. Mais je pense vraiment sincèrement que quand on est attentif à la personne qu'on a en face de nous, et au-delà des mots, c'est-à-dire écoute à la fois du verbal, mais à la fois du non-verbal, c'est-à-dire que les mots qui ne sont pas prononcés sont parfois tout aussi importants. Les mots qu'on sent, mais qui sortent pas, sont très très importants. Les gestes qu'on fait, les émotions qu'on véhicule par le regard, par l'énergie, par la position. Vous voyez depuis le début là, je suis à peu près quand même affalé dans mon fauteuil. Je fais des petits tournicotis, tournicotas à droite, à gauche. Je suis en détente, tu vois. Voilà, là ça se voit que je suis en détente. Et bien c'est toute cette attention qui va nous permettre déjà de capter ce dont la personne a besoin inconsciemment.
Et c'est ça qui va nous permettre de trouver les mots justes. Sachant que les mots justes sont parfois ceux aussi qu'on ne prononce pas. Parfois, un silence vaut un milliard de mots. Et simplement accueillir le regard de la personne en la fixant, et c'est exactement ce dont on a besoin. Le silence est un outil extrêmement puissant. C'est parti, sans plus attendre. Je plonge. Je vous avoue que j'espère que je vais trouver un petit édito d'Alexandre. Parce que je les kiffe bien ces petits éditos. Un jour peut-être. Non, un jour certainement. J'accueillerai Alexandre dans le podcast. J'espère. Bref, c'est parti. J'adore. J'adore les éditos à chaque fois. Peut-être ma partie préférée du magazine. Il y a beaucoup de choses qui me sont venues en le lisant. Déjà, les deux manières de trouver le mot juste. La manière que je résumerais à construite. C'est-à-dire, on sait ce qu'on a envie de dire. On sait la personne qu'on a en face de nous.
Tailler la pierre ou sauter dans le vide
Et donc, on taille la pierre de ce qu'on doit prononcer pour aller vraiment déposer le message. Et puis, il y a la seconde. C'est le saut dans le vide. Et l'accueil de ce qui se trouve après. Et c'est là, généralement, que se passent les plus belles phrases. C'est ce que dit Alexandre là. Seule la seconde manière permet de trouver des formules qui sauvent. Tout de suite, ça fait écho en moi à cette phrase de Wajdi que je passerai ma vie à répéter. On ne sait jamais qui on sauve en écrivant. Parce qu'évidemment, l'art de trouver le mot juste, c'est la parole, mais aussi l'écrit. Et le parallèle avec l'écriture est absolument fascinant ici. C'est-à-dire que tu peux construire ton livre comme avec une volonté de toucher un public très particulier. Avec une volonté de vendre beaucoup, d'être édité par telle ou telle maison. Et puis tu peux tout simplement te lancer dans l'écriture qui te surprend.
Celle qui remue tes tripes et celle qui t'oblige à traverser tout ce que tu as besoin de traverser en écrivant. C'est généralement cette seconde partie qui sauve le plus. Parce que c'est celle-là qui vient toucher au plus profond de notre unicité. Et bordel, c'est magnifique, non ? C'est magnifique. J'adore. Et puis, il y a ce partage autour de... Je vous lis la phrase. Mieux vaut accepter de dire aujourd'hui quelque chose d'un peu déplaisant que de préparer à l'autre, sous peine de le ménager, une déception plus grande demain. Vient donc ici un sujet absolument essentiel qui est ce que je m'autorise pour moi ou pour les autres. Et très souvent, quand on n'ose pas dire en fait, on n'est pas en train de protéger la personne qu'on a en face de nous. On est en train de se protéger nous-mêmes. Tu vois ? Et c'est très important de penser aussi à la personne d'en face, il me semble.
Ça ne veut pas dire vouloir s'oublier. Vous voyez tout de suite, on se retrouve sur un prisme. Il s'agit de trouver l'équilibre. Je ne sais pas pourquoi me vient donc cet exemple de la tromperie. Parce que c'est toujours un fort sujet de débat de valeur. Très intéressant à aborder dans les livres, dans les discussions. Vous voulez mettre un petit peu de piment à Noël ? Lancer des débats de valeur. Bref, pourquoi la tromperie ? Parce qu'il y a toujours ce truc de dire... Alors, la tromperie, mais en vérité, c'est avec toute vérité qui semble bonne ou mauvaise à dire. Il y a ce côté où j'ai envie de dire la vérité à la personne. Et derrière ça, il y a la question de pour quelle raison j'ai envie et besoin de le dire. Est-ce que c'est profondément parce que j'estime que la personne en face doit savoir la vérité ? Ou alors, est-ce que c'est parce que je ne me sens pas capable de porter moi-même le poids de ma faute sans la faire porter à la personne que j'ai en face de moi ?
Le débat de valeurs de la tromperie
Et puis en même temps, ne pas le dire. Est-ce que ce n'est pas une manière de justement ne pas me confronter à la réaction de la personne en face ? Et est-ce que ce n'est pas prendre la décision pour elle de... Est-ce qu'elle doit savoir ou est-ce qu'elle ne doit pas le savoir ? Et c'est là que le débat de valeur intervient. Parce qu'il y a aussi où on place la notion de vérité dans tout ça. Et d'honnêteté. Et c'est assez passionnant. C'est assez passionnant. Et j'ai la sensation que quand vous posez la question, il y a des gens qui vous diront « Non, mais si tu me trompes et que c'était juste un accident, je préfère vivre sans. » Et puis, tu as ceux qui disent « Oui, mais en fait, moi je ne pourrais pas vivre sans savoir. » Parce que forcément, je l'apprendrai à un moment. Et c'est toujours très intéressant de voir comment personne n'est d'accord.
Et qu'à la fin, généralement, j'ai la sensation qu'on choisit toujours un peu pour soi quand même, non ? Je ne sais pas. J'ai l'impression que ceux qui ne diront rien diront que c'est pour protéger l'autre. Et ceux qui diront, diront « Oui, mais je me devais de lui dire. » Mais à la fin, je pense que ça en dit beaucoup plus sur nous que sur eux. Et je crois que c'était ça la conclusion à laquelle je voulais arriver. C'est que toutes ces dynamiques de groupe, en fait, nous en apprennent beaucoup sur nous. Et c'est toujours très révélateur des enjeux qu'on peut rencontrer dans notre vie. Et c'est toujours des bonnes portes d'entrée pour le coaching. Voilà. Les petites... Ces petits moments comme ça. Qui sont toujours liés à des émotions. Et voilà. Par exemple, ce moment où tu ressens du malaise ou de la gêne. Parce que tu sais qu'il y a un truc que tu veux dire, mais que tu n'oses pas le dire.
Cette malaise, cette gêne, est extrêmement intéressante à creuser. Pour aller voir justement ce qui se cache en dessous. Et ce qui, du coup, permet de mieux te comprendre. Et donc, d'avancer beaucoup plus loin dans la direction vers laquelle tu as envie d'avancer. Parce que tu te connais mieux.
Le malaise, porte d'entrée du coaching
Connais-toi toi-même. C'est toujours ça. La conclusion. Bref. Joli édito. Quoique, attends. Non, c'est bon. Je n'ai rien oublié. Probablement des trucs qui me sont passés et qui sont repartis. Mais... Iso. A toute. Putain, je suis page 12. J'ai trop de trucs à dire. Alors déjà, je vois. Il parle d'une invention. La tech contre les moustiques. Une startup qui a inventé des mini drones qui chassent les moustiques. Et je ne sais pas pourquoi. Ce qui m'est venu tout de suite, c'est... En ce moment, on voit bien. Vous allez voir. Je pars loin. Mais tout de suite, ça me donne envie de raconter des histoires. En ce moment, on voit beaucoup de mécaniques de gamification. Comme de prise de pari, tu vois. Comme si on se mettait à exploiter tous les biais cognitifs, notamment liés au pari sportif. Qui, selon moi... Attention, take pas du tout hot. Des gens ne devraient pas devoir en faire la pub.
Et putain, bordel de Dieu, ça ruine tellement de vie. Mais comment... Enfin bref, je sais qu'ils sont blindés de pognon et qu'ils peuvent rincer à balle. Mais je trouve ça... Là, tu vois, je trouve qu'en tant que personne qui partage, on a une responsabilité de ce qu'on partage. On ne peut pas se déresponsabiliser de ça. Et ceux qui partagent notamment tout ce qui a attrait au pari sportif... Je comprends le dilemme de dire... Oui, mais ça me permet de vivre de ma passion, tout ça. Mais bordel, putain. Si ça ruine des vies, est-ce que ça vaut le coup ? Je sais pas. J'ai pas la réponse parce que, encore une fois, je suis pas confronté à cette question. C'est-à-dire qu'aucune plateforme de pari sportif ne m'a proposé un énorme chèque pour parler d'eux. Et j'aime à croire et j'ose espérer que si un jour ça arrivait, je serais en capacité de rester connecté à mes intentions et mes valeurs et de refuser.
Mais le problème, c'est qu'on sait jamais. Parce qu'on n'est pas dans cette situation. Donc c'est très difficile de jeter, je dirais, la pierre à ceux qui le font. Tout en n'ayant pas connaissance des raisons pour lesquelles ils le font. Pour lesquelles ils le font, si c'est ça. Bref, pourquoi je parle de ça ? Parce qu'effectivement, on voit beaucoup de mécaniques de gamification, d'addiction comme ça au fait de jouer quelque part. Et j'ai cette sensation que c'est un truc qu'on va voir de plus en plus. À peu près dans tous les domaines où ça pourra être exploité. Je ne sais pas, est-ce que j'ai des exemples qui me viennent ? Je ne sais pas d'exemples qui me viennent, mais je ne sais pas pourquoi j'ai cette sensation. Je pense que c'est aussi la vibe polymarket, tout ça, où on peut se mettre à parier sur tout. C'est à la fois génial et à la fois hyper dangereux.
Gamification et paris sportifs
Et voilà, quelque part, tu sens qu'il y a ce truc qui touche peut-être aux plus bas instincts de l'humanité. Le gain rapide et facile, l'enjeu très fort, l'adrénaline, etc. Et je ne sais pas pourquoi ça me fait penser. Je suis sûr que le drone pourrait être piloté et tu pourrais dézinguer les moustiques là. Genre, tu aurais ta petite Game Boy là, comme ça. Hop, petite Game Boy. Et tu serais comme ça là. Hop, tu dirigerais ton drone. Et piou, piou, piou, piou, piou, piou, piou, piou, piou, piou, piou, piou, piou. Et tu dézinguerais des moustiques. Et premier degré, je suis sûr, ça marcherait de fou malade. De fou malade. Et là, tu mets une mécanique de gamification, de remboursement, de je ne sais pas, tout et n'importe quoi. Voilà, pour encourager les gens à le faire. Allez, vas-y, comment tu aurais des armées de drones ? Hop, comme ça, des gens qui dégommeraient les moustiques.
Bref. Ça me fait marrer. Et du coup, tout de suite, j'ai envie d'inventer un monde et de raconter une histoire dans un monde où il y aurait ça, tu vois. Et malheureusement, je ne sais pas pourquoi, tout de suite, ce qui me vient à l'idée, c'est un truc un peu dystopique. Où en fait, les gens complètement matrixés par le fait que ça permet de gagner de l'argent se mettraient à déléguer tous ces combats de drones à, par exemple, des pays où le niveau de vie est plus bas. Et donc, où les récompenses sont tellement démesurées que tu peux te permettre de prendre une com' et d'en faire travailler beaucoup pour toi. Comme on a vu sur toute la période où c'était la mode, les play to earn, notamment en récompense crypto. Je pense à Stepin, à quoi d'autre. J'ai oublié le nôtre. Un truc avec des petits chats, là. Bref, j'ai oublié. Où à la fin, c'était complètement délirant.
C'était les gens qui déléguaient ça à des gens en Indonésie ou en Inde pour farmer eux-mêmes. Enfin bref, un espèce de bordel. Bah, t'aurais pareil, là, avec ces petits drones qui tuent des moustiques. Sauf qu'en fait, après, t'aurais un espèce de complot de gens qui dirigent les drones et qui se mettent à tuer des cibles. Et donc, t'aurais, voilà, peut-être un détective, tu vois, qui essaie de remonter à la source de ça. Et qui essaie de trouver, ok, quel est le but de ces assassinats, quelque part. Voilà, je sais pas pourquoi, tu vois, je vois un drone et tout de suite, ça me fait penser à tout ça. Et en plus, y'aurait plein de thématiques, tu vois, toutes celles dont je viens de parler là. Tu pourrais te mêler tout ça, ça pourrait être cool. Bref, voilà pour la première chose que je voulais partager. Et la deuxième, c'est qu'en fait, j'ai lu une phrase et je me suis dit, putain, pas con, c'est vrai que c'est important.
J'invente un monde : la dystopie des drones
Et c'est une citation de Donald Trump. Du coup, je... Bon, je l'ai déjà dit plein de fois, quelqu'un peut dire un truc d'intelligent et être une personne détestable ou carrément mégalomaniaque à tel point de vouloir faire brûler le monde, voilà. Mais tu vois, la phrase, c'est vous devez faire confiance à votre pays parce que s'il ne peut y avoir de confiance, il ne peut y avoir de grandeur. Bon, le mot de grandeur, je pense que, tu vois, là, il est très trumpien pour le coup. Il casse un peu la dynamique de la citation. J'aurais préféré, vous devez faire confiance à votre pays parce que s'il ne peut y avoir de confiance, il ne peut y avoir d'évolution. Tu vois, d'évolution au sens de, ok, comment on sert le bien commun le mieux possible, tu vois. Et je trouve, là, en l'occurrence, que la confiance est extrêmement importante parce que c'est principalement un des gros enjeux de tout notre pays.
En fait, je vais citer un exemple très con, mais quand tu as des ministres, par exemple, avec plein d'affaires au cul de jugement ou des ex-présidents condamnés et donc qui ouvertement ont triché, ont brisé les règles, et bien c'est difficile à ton échelle de dire, moi, je vais les respecter parce qu'il n'y a aucune posture de responsabilisation plus haut, il n'y a aucune posture d'exemplarité. Et c'est peut-être sévère, mais à mon sens, les gens qui dirigent devraient avoir cette posture d'exemplarité parce que tu véhicules les valeurs du pays que tu diriges. Et donc c'est pour ça que la confiance me paraît essentielle entre je peux faire confiance à mes citoyens pour qu'ils respectent mon système de valeurs et les citoyens peuvent me faire confiance parce que je vais le respecter. Et quand cette confiance est brisée, c'est la merde. Tu vois, c'est comme dans un processus d'accompagnement, de coaching ou autre. Je prends par exemple ton coach de sport.
« Grandeur », ou plutôt « évolution »
Si tu n'as pas confiance quand il te dit fais 20 burpees, même si tu as envie de vomir et de crever, tu ne les fais pas et du coup tu ne progresses pas. Et du coup, l'objectif que tu avais, tu n'y vas pas. Donc il n'y a pas d'évolution. Sans confiance, sans climat de confiance, sans espace de sécurité, c'est très difficile d'aller adresser le changement parce que le changement et l'évolution, ça se fait rarement tout seul. On a besoin des autres et donc on a besoin de confiance. Donc le mot de grandeur aurait pu mettre la puce à l'oreille. C'est ce qui me fait dire qu'on y retrouve le côté mégalobaniac de Trump. Mais sur la confiance, j'aime bien. Et alors du coup, il y a une citation d'Alain à côté qui est, il y a une condition de l'existence du despotisme qui peut le faire durer indéfiniment si elle est remplie, c'est la confiance.
Bah c'est vrai et je corrigerais peut-être. Voilà, si j'étais tatillon. Je dirais que c'est la condition d'existence de beaucoup de systèmes, de beaucoup de choses. Quand il y a confiance, tu peux toujours pousser le curseur plus loin quelque part. Et c'est là que tu ne dois pas rentrer dans une dynamique d'abus de confiance. Et dans le despotisme quelque part, j'y prends aussi, il y a un abus de confiance qui n'est pas senti et du coup qui est abusif. Et donc c'est quelque part, vous voyez, on est comme dans un cadre en Doffman où quand tu accordes trop ta confiance sans avoir de curiosité ou de regard critique, et bah tu peux tomber dans... Après c'est, voilà, des spotismes, ça peut aller même beaucoup plus loin. Par exemple, je ne sais pas, des dérives sectaires, c'est ça aussi. Finalement, c'est des gens qui accordent leur confiance à des gens qui sont très mal intentionnés et qui profitent d'abus de pouvoir, d'abus de confiance, etc.
Et c'est très passionnant tout ça. Voilà. Ça donne beaucoup de choses, ça donne envie de réfléchir à beaucoup de choses, ça donne beaucoup de thématiques pour des livres, tu vois. Ça nous renvoie aussi à toute cette fameuse question de, ok, quelqu'un qu'on déteste peut-il dire des trucs intéressants ? Ouais, c'est cool, c'est cool. Allez, je continue. Il y a un sujet sur l'aide à mourir. Et donc, c'est un... C'est un débat pas évident parce que, encore une fois, n'étant pas dans la situation, c'est extrêmement difficile de savoir ce dont on aurait besoin. Par contre, il y a des phrases intéressantes qui sont partagées, je vais juste vous les lire. Vous me direz comme ça ce que vous en pensez. Quand nous sommes, la mort n'est pas. Quand la mort est là, nous ne sommes plus. Ça, c'est la lettre à Ménécé. Spinoza, il dit, l'homme libre ne pense à rien moins qu'à la mort. Maintenant, il y a aussi, dans les lettres à Lucilius, ce n'est pas de vivre qui est désirable, c'est de vivre bien.
L'aide à mourir : Épicure, Spinoza
Montaigne dit aussi, la plus volontaire mort est la plus belle. Je ne sais pas ce que vous en pensez de tout ça. Moi, tout de suite, ça me rappelle à cette peur de la mort qu'on a peut-être un petit peu tous. Et je ne sais pas pourquoi, ça me fait toujours écho à ce truc. Il y en a des docs que je raconte souvent. Je la re-raconte là. Désolé si vous m'entendez radoter. La mort, quelque part, m'effraie beaucoup moins depuis que je sens un alignement entre ce que je fais au quotidien et ce que j'ai envie d'accomplir dans la vie. Comme si le fait de trouver son ikigai, quelque part, évidemment, c'est une recherche perpétuelle, c'est mouvant, tout ça, tout ça. Mais comme si le fait de se sentir sur le bon chemin permettait de calmer ce sentiment de peur. Moi, ça me revient toujours, cet exercice de l'épitaphe. Voilà. Il y a quelques années, j'allais écrire, été ingénieur.
Et là, putain, comment j'avais peur. Je me disais, merde, mais si je meurs demain, c'est la catastrophe. Et là, aujourd'hui, j'accompagne des auteurs. J'écris des livres. C'est ça qui aurait écrit sur ma tombe. Quelque part, c'est déjà hyper cool. Même si, évidemment, j'espère que je vais pouvoir le faire le plus longtemps possible. Ouais. Va ce sujet. Que la mort est la vie. Que philosophiquement, ce que ça nous apprend. Et donc, sujet très compliqué à légiférer. C'est difficile de mettre des critères rationnels sur des... de la philosophie, quelque part. et un rapport très personnel à certains concepts. Bon, là, il y a un autre sujet absolument passionnant, c'est le paternalisme pragmatique sous couvert de... de ce couvre-feu numérique pour les mineurs. Ça, c'est un débat aussi... Oh là là. Absolument passionnant. Euh... Alors... Ouais, putain, je sais pas par quel bout le prendre. Et tu vois, il cite dans l'article le paradoxe que c'est d'entendre ces mesures d'apparence partenaliste portées dans le berceau du libéralisme politique.
Couvre-feu numérique et paternalisme
Le Royaume-Uni et la France. Que dire, que dire. Déjà, je trouve que il y a comme une sorte... Ça, c'est mon côté un peu cynique, tu vois, volontairement. Oula, pardon, attends, désolé, j'ai... Hop, on remet la caméra comme il faut. Voilà, magnifique. Alors, c'est mon côté un peu cynique, tu vois, qui dit... Bon, bah alors, c'était dangereux quand c'était dans un épisode de Black Mirror ou quand c'était fait en Chine. Mais alors maintenant que c'est chez nous, c'est absolument nécessaire. Bon, ça, c'est mon côté un peu cynique, vous l'aurez compris. Je sais pas si c'est un argument réellement recevable que celui-là. Parce que oui, en fait, c'est ça aussi, c'est que on parle des mineurs et c'est important de penser à eux et de les protéger. Maintenant, pour savoir qui sont les mineurs, de facto, tu sais qui sont les majeurs. Donc, ça va au-delà du simple contrôle des mineurs. ça va, ça glisse forcément sur du contrôle des majeurs.
C'est un effet induit, c'est évident. J'arrive pas trop à me positionner parce que quand tu vois toutes les dérives, c'est quand même compliqué de dire non mais les gens sont responsables d'eux. Les parents sont responsables d'eux. Voilà, franchement, il y a des trucs que tu préférais et que les gens ne puissent pas y aller et surtout les mineurs. Donc, sur ça, il n'y a peu rien à dire. Après, philosophiquement, c'est vrai que c'est intéressant de réfléchir à ça. Alors, c'est intéressant parce qu'à la fin, tu vois, ils disent « Il est bien entendu des manières de justifier ces mesures, sans jugement de valeur, sans affirmer que l'État sait mieux que vous ce qui est bon pour vous. D'un point de vue pragmatique, la cigarette provoque de nombreuses pathologies, dont la prise en charge pèse sur les budgets de santé, donc sur les finances publiques. Ce mode de justification apparaît sans doute plus audible. » [passage restitué : Whisper avait collapsé ces 20 s en un seul « Alors, »] Alors, déjà, effectivement, là, il cite plus l'interdiction des réseaux mineurs mais des cigarettes, notamment cette interdiction de les gens nés après 2009 ne pourront jamais acheter de cigarettes. Et alors, c'est marrant mais moi, je trouve que c'est pire comme justification de dire non mais c'est pour l'argent et pas c'est bon pour vous. Et quelque part, je remarque un paradoxe chez moi parce que je passe mon temps, la trilogie que j'écris parle aussi de cette posture providentielle que prennent certains sous couvert de savoir ce que eux savent mais pas les autres.
Justifier par le budget plutôt que par la morale
Donc, cette posture providentielle qui globalement fait dire oui, moi, je suis plus intelligent que toute cette plèbe-là donc je sais ce qui est le mieux pour elle. Et en même temps, j'ai l'impression que c'est un argument qui est plus recevable que si quelqu'un m'expliquerait très froidement qu'en fait, il ne fait pas du tout ça pour moi mais il fait ça pour l'argent. Je découvre, je me découvre aussi ce... Là, tu vois, tout de suite, c'est un conflit de valeurs donc c'est très intéressant mais je sens cette dissonance entre putain, en fait, ça me fait chier que ça soit un truc capitaliste qui décide de tout. Et en plus, après, voilà, ils finissent, ce mode de justification apparaît sans doute plus audible. Alors, effectivement, c'est donc un critère rationnel qui permet d'éviter de rentrer dans un débat philosophique, de savoir qui décide quoi et est-ce que c'est provoqué par une posture égotique providentielle. Très bien. Bref, ce mode de justification apparaît sans doute plus audible, pourtant, il s'agit encore d'évaluer les conduites individuelles à l'aune d'un étalon général, l'équilibre financier.
Prenons garde, tout particulièrement à une époque où les outils technologiques complètent les logiques d'interdiction de logique d'inflexion douce des conduites, le nudge, que cet étalon budgétaire ne devienne un instrument de normalisation des comportements. Et en fait, oui, c'est là que ça devient extrêmement vicieux. Cette théorie du nudge, elle est hyper intéressante. Il y a un bouquin nudge, voilà. The final edition de Richard Taylor et Cass Sunstein. Donc, c'est une vraie, le nudge, c'est un vrai truc imaginé qui est vraiment un espèce de, je ne sais pas, peut-être de, comment le résumer, de trick marketing qui permet d'orienter les comportements. C'est comme, par exemple, dans un restaurant, mettre, ou dans un magasin, mettre, vous savez, les petites friandises sucrées juste au niveau des caisses et bien au niveau des yeux, tu vois. Ça, ça pousse à la consommation des trucs sucrés et des trucs mis en avant. Si tu veux qu'un produit soit moins vendu, tu le mets tout en bas ou tout en haut.
Voilà, ça, c'est du nudge. Et le nudge, c'est extrêmement puissant parce que c'est invisible aussi. C'est-à-dire qu'une fois que, même quand tu sais que le nudge existe, en fait, tu te fais nudger quelque part. Je ne sais pas si ça se dit, mais je le dis comme ça. Et donc, c'est effectivement très dangereux de rentrer, parce qu'en fait, là, par exemple, cette interdiction de cigarette, c'est un nudge très visible quand même. On n'est pas sur le truc invisible, mais voilà, c'est une orientation des comportements sous couvert de rationalité financière. Très bien. Eh bien, effectivement, faisons attention qu'il n'y ait pas de dérive parce que là, on peut rentrer dans des dystopies à la Black Mirror et on peut en inventer plein. On peut en inventer des tas parce qu'après, tu as toute cette question de OK, mais si les... C'est d'ailleurs sûrement un enjeu déjà aujourd'hui, mais à quel point les lobbies, par exemple, ont un impact sur ce qui est étatiquement interdit ou autorisé.
Le nudge : orienter sans qu'on le voie
Par exemple, un exemple tout con. Depuis récemment, là, maintenant, je ne sais pas si c'est vrai ailleurs qu'au McDo, j'avais tellement rarement au fast-food, mais récemment, je suis allé au McDo et j'ai vu que pour boire mon coca plein de sucre, là, pour avoir bien mon pic, là, il fallait que je paye une taxe sucre. Bon, effectivement, ça, c'est un nudge qui te fait dire bon, je vais peut-être le prendre sans sucre. Eh bien, tu peux imaginer toutes sortes de dérives autour de ça. Et c'est ça qui est intéressant. Donc, le paternalisme pragmatique. Après, où est la limite entre la sécurité et la liberté des peuples ? Vraie balance très intéressante. Si ce sont des sujets qui vous intéressent, vous pouvez vous pencher sur mes livres puisque c'est une des intentions, évidemment. Sur ce, je ne vous cache pas qu'il y a un article sur la paix, la guerre, un dialogue entre Dominique de Villepin et Thomas Gomart.
Je n'ai pas envie de parler de guerre et de géopolitique. Donc, je vais gentiment zapper ce dialogue. Par contre, il y a quand même une citation de Villepin qui est marquée en gros qui m'a attrapé l'œil. Le réalisme sans principe nous conduit au cynisme. L'idéalisme qui ne tient pas compte du réel nous conduit à l'impuissance. J'adore. J'adore. C'est très parlant aussi, je trouve, dans n'importe quel domaine de vie avec n'importe quel objectif. Quelque part, le réalisme sans principe, ça pourrait, par exemple, être absolument pas du tout connecté au rêve qu'on a et simplement dire bon, je ne l'ai jamais fait donc allez, vas-y, à quoi bon ? Ça ne sert à rien. De toute façon, je ne suis pas fait pour ça. Hop. Et rideau, on tourne la clé, enfin, on ferme la serrure, on lance la clé. Et ça, c'est très cynique parce que c'est oublier une très grande partie de ce qui nous compose.
Villepin : le cynisme et l'impuissance
Le changement est possible, l'évolution, c'est aussi possible, on peut se projeter vers le futur, on peut tirer des leçons de ce qu'on a appris, on peut y trouver des leviers, des forces, des valeurs, bref, tout ça. Et en même temps, l'idéalisme qui ne tient pas compte du réel nous conduit à l'impuissance. Et bien ça, c'est au contraire avoir une situation bien en tête et jamais se ramener à la rationalité de la tête. Quelque part, là, il fait la balance entre la triptyque tête-coeur-corps en rappelant que si on n'est que dans le corps et le cœur et qu'on oublie la tête, et bien là, ça nous conduit à l'impuissance. Parce qu'à la fin, on se retrouve coincé et à l'inverse, si on ne se concentre que sur notre tête et c'est tout, et bien, on en oublie au moins les deux tiers. L'instinct, les émotions, nos principes, la direction qu'on a envie d'avoir, les rêves qu'on a, même s'ils nous paraissent fous, tout ça, tout ça.
J'aime beaucoup cette phrase parce qu'elle se déporte. C'est une phrase, c'est ça que j'aime bien, moi, dans les petits aphorismes comme ça. C'est qu'ils se décentrent beaucoup du sujet dont ils parlaient initialement et ils peuvent être utilisés un peu partout. J'aime à croire qu'un jour, j'arriverai à écrire des phrases aussi percutantes que ce genre de choses. Il y a un petit article sur les protéines en poudre, là. Alors ça, par vous, comment c'est ? Déjà, il y a eu un petit peu d'évolution quand même. C'est-à-dire qu'à une époque, protéines en poudre, aka la whey, c'était genre tagué comme se doper, c'était l'équivalent de stéroïdes. Il y a une espèce d'immense amalgame propagé par de nombreux reportages partout en fait. Et maintenant, c'est effectivement devenu très marketing. Voilà, ça devient, ça s'intègre partout. il y a eu un changement à partir du moment où les médecins se sont mis parfois à en conseiller. Notamment, par exemple, pour des gens qui seraient véganes, voilà, les sources de protéines peuvent être plus rares et donc ça peut créer des carences et donc voilà.
Mais il y a quand même aujourd'hui énormément de marketing autour de tout ça. Bon, pas bon ? Écoutez, beaucoup de choses à dire. je suis un sportif assidu, je fais vraiment beaucoup de sport donc j'ai des besoins en protéines forcément élevés mais je ne prends pas du tout de protéines en poudre parce qu'en fait, l'alimentation que j'ai me garantit un apport en protéines suffisant. C'est par exemple une erreur que j'ai fait au début quand j'ai commencé la muscu très fort. En fait, je prenais de la whey sans savoir pourquoi j'en prenais. je pense qu'en fait, ce mode de consommation nous en dit beaucoup plus sur ça, sur quelque part le manque de conscience qu'on a sur la réalité des choses parce que là, en l'occurrence, on parle du fait que la plupart d'entre nous avons le traînon nos membres avachis dans un quotidien sédentaire et mollasson et donc, en gros, on n'a pas besoin de protéines.
Les protéines en poudre, et pourquoi ça me touche
Oui et non, en fait, ça dépend. Ça dépend. Et je pense que la base de la base, c'est OK, mais c'est quoi mon mode de vie ? C'est quoi mes objectifs ? Et comment je fais pour subvenir à mes besoins d'être humain normal ? Et ça commence par là, en fait. Ça commence par là.
Il y a beaucoup de gens, ils n'ont pas besoin de prendre de la protéine en poudre. Il y en a assez dans leur alimentation. Et puis, il y en a, ouais, ils n'en ont pas assez. Et donc, ouais, c'est important d'en avoir assez. Donc, je ne suis pas trop d'accord avec cette conclusion. je dois avouer.
Enfin, je ne sais pas, en fait. En fait, je crois que ça me trigger un peu intérieurement parce que ça a été un truc tellement stigmatisé à force que maintenant, dès que je lis un article dessus, j'ai presque un point de vue, tu sais, j'y arrive sur la défensive, tu vois, en mode de, vas-y, allez, qu'est-ce qu'ils vont encore dire de négatif sur ça ? Alors que j'en prends même plus. Je pense qu'en fait, c'est un bon coupable, mais qu'on ne regarde pas au bon endroit. On devrait plutôt apprendre aux gens à comment bien se comprendre. Et je trouve que dans ça, il y a une démarche très coaching, tu vois. Comme en écriture, je passe mon temps à répéter qu'il n'y a pas de méthode miracle, et bah, pour maigrir et aimer le sport, c'est pareil, il n'y a pas de méthode miracle. En fait, c'est toujours, et quelque part, oser écrire fonctionne sur la clarté d'intention, de rythme et d'identité.
Bah, en fait, je pourrais devenir coach sportif et je fonctionnerais exactement pareil. Voilà. Je ferais pareil, clarté d'intention, qu'est-ce que tu as envie d'atteindre, clarté de rythme, comment on fait pour ancrer le sport dans ta vie, et clarté d'identité, qu'est-ce que tu as besoin, de quoi tu as besoin pour devenir la personne que tu as envie de devenir, de quelle autorisation et de quelle permission tu as besoin. Et le travail serait à peu près similaire. Et en fait, en commençant par là, tu verrais si oui ou non, après, tu as besoin de protéines ou pas, tu vois. Mais ça ne se fait pas à l'inverse, tu vois. C'est que tu ne testes pas. Et là, c'est aussi le consommateur. Mais quelque part, tu vois, c'est de... En fait, c'est ça. C'est tellement marketing qu'effectivement, il y a tellement de gens qui en consomment alors que ça ne sert à rien. Mais bref. Ça, c'est marrant que ce soit un sujet qui me trigger autant.
Intention, rythme, identité
Ça me fait rire. Je pense que c'est parce que ça défocalise, ça nous fait nous focaliser sur les protéines alors que ce qui devrait nous intéresser, c'est nous et notre besoin et nos objectifs. Voilà. Petit partage, mais j'ai trop le seum de l'ouvrir maintenant parce que là, je découvre qu'il y a un événement philo live le 3 octobre. J'aurais trop voulu y aller, putain. J'ai trop le seum. Du coup, je suis sur liste d'attente. Je me suis mis là, mais... Putain, merde, fais chier. Ça aurait été trop cool. En plus, il y a Charles Pépin, André Contes-Montville, Frédéric Worms, si on dit comme ça. C'était incroyable. Bon, bah écoutez, on verra bien. L'avenir me dira si j'y vais ou pas. C'est trop drôle que là est la question avec Charles Pépin. Ça se voit sur « Dois-je trahir le secret d'une amie pour l'aider ? » Ça rejoint grave ce dont je parlais tout à l'heure sur où je mets mes valeurs et ce que je fais.
Ce que je parlais de la tromperie, c'est vrai aussi. Par exemple, ça j'ai déjà dû le raconter, ça. C'est forcément, je le raconte tout le temps. De toute façon, je radote, moi, permanence. Si vous avez votre meilleur pote qui vous explique qu'il a trompé sa meuf et vous questionnez sur est-ce que vous devez le dire ou pas, sachant que vous connaissez la meuf, c'est aussi une de vos potes. Et t'as ce truc de « Ok, le plus important, c'est quoi ? C'est l'honnêteté. Donc, je suis au courant de quelque chose, je ne peux pas mentir à qui que ce soit, donc je le dis. » Ou alors, le plus important, c'est l'amitié et la fidélité en amitié et donc, je mens pour respecter cette valeur-là. Ça, c'est un très, très beau débat de valeur aussi. Je vous invite à réfléchir à ça. Et là, en l'occurrence, la question porte sur l'anorexie et je lis juste la citation, je n'ai pas encore lu le texte, mais « La gravité de la maladie de votre ami pourrait vous autoriser à trahir le pacte tacite de votre amitié au nom de quelque chose de supérieur, l'intérêt vital. »
Charles Pépin : trahir le secret d'une amie ?
Et c'est effectivement vrai, c'est-à-dire que bon, si la maladie l'emporte, qu'importe le pacte, tu vois. Donc, parfois, c'est ça aussi, faire des choses difficiles au service de la personne qu'on a en face de nous.
Je vous lis la fin de la réponse de Charles Pépin. « L'animal humain à la naissance ne peut survivre seul, il a besoin des autres pour cela. Malgré cette évidence, nous persistons parfois à vouloir nous en sortir seuls. Mais cela n'a aucun sens, nous sommes des êtres sociaux dépendant les uns des autres. Être, c'est dépendre, écrivait le philosophe Alain. Ne pas le comprendre relève d'une forme d'immaturité répandue chez les jeunes comme chez les moins jeunes. Espérons que vous ou la mère de votre ami trouverez les mots pour lui permettre de le comprendre. » Et en vrai, je le trouve un peu challengeant dans ce qu'il dit, mais je suis totalement d'accord avec lui.
Et moi, ça me fait écho à des situations parfois où je rencontre des gens qui, finalement, arrivent jusqu'à moi avec un problème. ils font le choix conscient d'arriver jusqu'à moi. Ils m'expliquent tous leurs enjeux. Très souvent, je vous fais un résumé et un portrait robot. Voilà, ça fait des dizaines d'années qu'ils ont un livre en tête, qu'ils ne l'écrivent pas, que là, voilà, ils sont bloqués et que c'est pour ça qu'ils viennent me voir. Et à la fin, ils me disent « Non, mais en fait, je vais continuer tout seul. » Et je vois profondément que j'ai ce qu'il faut pour les aider, que c'est sûr que si on travaillait ensemble, ça se passerait super bien. Et pourtant, ils me disent ça. Et là, je dois avouer que ça me touche toujours un petit peu parce que je me dis « T'es un merde, mais si tu reconnaissais que t'as besoin d'aide et que ça te permettrait d'atteindre ton rêve, tu vois. »
Et à chaque fois, c'est un peu douloureux, je trouve, quand on accompagne, de voir des gens qu'on pourrait accompagner. Et comme c'est de la co-responsabilité, s'ils décident qu'ils n'ont pas envie de toi, ils n'ont pas envie de toi, tu vois, c'est tout. Et t'as pas la main sur ça. Et bien, malgré que tu saches que t'as pas la main et que t'es censé lâcher prise, tout ça, à chaque fois, ça me fait un petit pincement au cœur. Donc, ouais, je suis d'accord. Être, c'est dépendre, mais pour moi, c'est pas négatif. Y'a pas de... Ça dit rien sur la valeur qu'on a. Et c'est infiniment mieux de mettre un point final à son manuscrit en étant aidé et encore, aidé, j'écris pas à la place des gens. Je parle pour moi, c'est valable pour plein d'autres choses. C'est infiniment mieux de faire ça plutôt que de jamais l'écrire, non ? Et ça, c'est une question que j'ose pas poser, tu vois.
Finir accompagné, ou ne jamais écrire
Quelqu'un qui me dirait non pour ça, j'oserais pas lui dire donc tu préfères prendre le risque de ne jamais écrire ton livre parce que t'as envie de faire les choses tout seul. Cette question-là, j'avoue que parfois, elle est dure à poser. Y'a un petit dossier sur un gars que je connaissais pas qui est passionnant au demeurant qui s'appelle Pascal Chabot et qui parle de sa théorie des capsules. C'est-à-dire que nous vivons dans des capsules et il considère la capsule comme étant quelque chose qui... Attends, il explique où ? C'est au début, en gros ça, des parois, une porte et des écrans. Non, des parois, des sièges et des écrans. Voilà. Et donc, il dit, y'a des capsules voiture, des capsules maison, des capsules bureau. Et il dit, l'individualisme est donc renforcé par le capsulisme. Ce qui est marrant, c'est qu'on pourrait croire que les écrans nous connectent et donc nous éloignent de l'individualisme, mais non.
En fait, c'est assez intéressant. C'est pas le cas parce que, justement, les écrans connectés nous donnent un accès constant au surconscient. À cela s'ajoute la mentalité optimisatrice et transactionnelle. Depuis sa capsule, chacun commande un repas, une marchandise, une activité, un date. inversement, les pauvres, les défavorisés sont ceux qui n'ont pas accès aux capsules protectrices, mais qui les rendent viables. Les livreurs, etc. Et donc, y'a un lien entre, forcément, l'argent qu'on est prêt à mettre dans sa capsule nous éloigne. Et là, on aurait pu penser que ça permettait de nous connecter, en fait, non. Ça nous individualise. Y'a une autre phrase qui m'a accroché, je vous la partage, c'est se surprotéger, c'est fatalement envoyer à l'autre le message qu'on est sûr qu'il nous attaquera, c'est le provoquer, en somme. On est encore sur une notion d'équilibre. Se protéger, c'est important. Se surprotéger, ça nous fait tomber dans un piège qui nous conduit à exactement l'état qu'on voulait éviter.
Pardon, je fais que bailler. C'est pas impossible que je m'endorme, là. Ça me fait penser, encore une fois, au cadran d'Hoffman et donc à cette qualité qui devient un piège quand on la pousse à l'excès. Quand je me surprot, c'est exactement comme si je montrais à l'autre que j'avais la certitude qu'il allait m'attaquer. Et donc, là, c'est un peu du nudge aussi, finalement. C'est comme si on lui disait qu'est-ce que t'attends pour m'attaquer, tu vois. Donc ça lui susurre à l'oreille qu'attaquer, ça serait quand même pas mal, non ? Très intéressant. Ok, l'article est passionnant, ça me donne envie de lire son livre et je vous lis sa réponse à la dernière question qui est « Vous ne nous conseillez donc pas de sortir de nos capsules comme on pourrait s'y attendre. » Et là, il répond « Ce n'est pas tout à fait mon message. Si j'avais voulu emprunter le chemin de la facilité en philosophie, j'aurais pu vous rejouer le mythe de la caverne de Platon.
Se surprotéger, c'est provoquer l'attaque
Nous sommes prisonniers, non d'une caverne, mais d'une capsule. Nous voyons des reflets, du monde, sur la paroi. Mais voilà que le philosophe arrive et qu'il nous conduit par les marches d'un escalier vers le dehors, le grand air où brille le soleil du bien, du vrai et du beau. Quelle image saisissante, édifiante. Cette doctrine du salut par la philosophie est enthousiasmante à bien des égards, mais elle ne me paraît pas exacte. En réalité, nous ne sommes pas prêts à renoncer au bénéfice de l'encapsulement. Prôner la sortie de la civilisation technique et le retour à la Terre, la décroissance contre la croissance, c'est une démarche tentante mais paresseuse intellectuellement, qui propose simplement d'inverser le progrès utile. Moi, je considère que nous n'avons pas à renoncer aux acquis de la civilisation technologique, mais que l'on peut jouer à l'intérieur de celle-ci l'âme contre le machinisme, la fragilité contre l'optimisation, le lien contre l'individualisme. En somme, replacer l'humain au centre.
Si nous sommes juste avec nos existences, nous voyons qu'elles sont complexes. Il n'existe pas un lieu de la rédemption qui serait aussi le sanctuaire de l'esprit non corrompu par la technique. Je pense que nous avons à rechercher et à trouver des équilibres au sein de la complexité. Je... j'aurais rêvé d'écrire ce paragraphe. Je le trouve extrêmement pertinent. Et ça me parle beaucoup. Cette notion d'équilibre, cette notion d'humanité, cette notion de fragilité, d'âme et de lien. Ça rejoint aussi ce côté de... Voilà, pas de lieu pour la rédemption. Il n'y a pas de miracle. Il n'y a que l'équilibre mouvant sur lequel on va tenter de se placer, quoi. Ouais, c'est très très intéressant. C'est une jolie... une jolie idée que celle des capsules. Ouais, très intéressant. Il y a un petit passage sur la nostalgie. Et... En fait, moi, ça m'évoque qu'une seule chose à la fin. C'est que la nostalgie, évidemment, on ne peut pas vivre dans la nostalgie.
La nostalgie dit ce qui te manque
On ne peut pas vivre dans le passé et on a beau répéter que c'était mieux avant, ça ne changera rien au présent. Par contre, il y a quelque chose de très intéressant dans la nostalgie, c'est... Si tu es nostalgique, c'est qu'il y a une raison. Et c'est cette raison qui est intéressante. Et c'est cool d'aller la creuser pour voir... Souvent, c'est très révélateur de ce qui nous manque aujourd'hui. Quelque chose qu'on s'autorisait avant qu'on ne s'autorise plus. Quelque chose qu'on faisait avant qu'on ne fait plus. Etc. Etc. Et quand tu adresses la nostalgie avec ce point de vue-là, c'est hyper cool parce qu'en fait, tu peux vivre la nostalgie et ce qu'elle... Tout simplement, tu peux revivre le bon souvenir. Et c'est trop bien. Et en même temps, à la fin, c'est OK. Qu'est-ce que ça m'apprend sur ce que j'aimerais faire aujourd'hui ? Qu'est-ce que ça m'apprend sur peut-être ce qu'il me manque aujourd'hui ?
Ou qu'est-ce que ça m'apprend sur ce dont j'ai besoin aujourd'hui ? Et en ça, la nostalgie, elle est extrêmement importante et elle est même cruciale. La nostalgie, c'est le passé. Avoir conscience du passé et de ce qui provoquait en nous, c'est extrêmement important pour s'orienter vers le futur. OK, il y a des trucs trop cools. Alors là, c'est le dossier justement sur les mots justes. Et il y a trop critères du mot juste. Il y a l'attention à autrui. On pourrait répondre que c'est en premier lieu l'attention à autrui. Donc, l'objectif, l'autre. L'authenticité, c'est le deuxième. Déployer sans peur sa subjectivité à être authentique, sincère ou risque de choquer. Et trois, la vérité d'une situation. La troisième option paraît plus austère presque anachronique. Elle est pourtant au cœur de la recherche philosophique. Elle consiste à dire la vérité d'une situation, quel que soit le contexte et le risque pour soi et pour autrui. Je ne vais pas rentrer dans le débat ce que serait exactement de trouver le mot juste.
Mais, autrui, l'authenticité et vérité, en fait, je pense que c'est exactement comme une triptyque tête-cœur-corps. C'est-à-dire que si tu n'es que dans l'attention à autrui, c'est probablement qu'il y a un souci. Si tu n'es que dans l'authenticité, c'est qu'il y a un souci. Et si tu n'es que sur la vérité, il y a aussi un souci. Et c'est l'équilibre entre ces trois points et c'est ta capacité à sentir et être à l'écoute d'une situation pour savoir sur laquelle tu vas pouvoir jouer et le mélange desquels tu vas pouvoir utiliser qui fait que tu trouves le mot juste. Et c'est là que dans la recherche du mot juste, il y a quand même quelque chose de très itératif, de très expérimental. C'est ça qui t'amène au mot juste. Et donc, c'est à force de pratiquer, donc à force de parler, à force de s'exprimer, à force d'écrire, à force de lire, d'écouter, de comprendre, qu'on est capable de sentir les situations et donc de jouer avec les armes qu'on a, les cartes qu'on a en main, les mots qu'on a en bouche ou au bout du stylo et paf, d'aller adresser le mot juste.
Les trois critères du mot juste
Toujours dans cette recherche d'équilibre entre l'attention à autrui, notre authenticité et la vérité ambiante quelque part. L'autre, le commun et nous. Je pourrais le résumer un peu comme ça. C'est très très c'est très très parlant. Et ensuite, alors bon, il y a un truc qui vient de toucher mon petit cœur d'écrivain, il y a une interview de Jean-Philippe Toussaint qui raconte son rapport à l'écriture. Et donc, je trouve ça super cool et c'est tout le propos du podcast quand j'accueille des auteurs. C'est aussi de montrer le rapport à l'écriture de chacun et de montrer à quel point à chaque fois il est différent. Preuve s'il en fallait que les méthodes miracles n'existent pas. Voilà, je suis désolé de vous le dire, les méthodes miracles n'existent pas. La seule chose qui exhauste, c'est votre méthode à vous. Et c'est celle-là qui est intéressante et très importante pour aller au bout de votre rêve d'écrire un livre.
Première question, il demande à Jean-Philippe Toussaint plutôt stylo ou clavier ? Il répond, malgré mon âge avancé, je suis un auteur qui n'a quasiment jamais écrit à la main. Voilà, vous voyez, déjà, première chose qui pourrait être différente pour chacun. Et ensuite, il partage tellement de choses passionnantes. Par exemple, dans une journée de travail réussi, j'écris de 7h jusqu'à 11h environ. J'ai rarement plus d'une demi-page. Mais il y a des matinées où tout ce que j'ai fait me semble finalement inutile et où je ne garde rien. Il me faut repartir à zéro le lendemain. Je passe aussi énormément de temps à ne pas travailler du tout, à ne pas écrire. Pour moi, l'écriture d'un roman, c'est un peu comme un tournage de film. Quand un réalisateur tourne un film en 9 semaines, il lui est impossible de laisser passer 2 ou 3 jours sans rien faire. Si pendant 2 jours d'affilée je suis stérile ou que rien de bien ne vient, je me sens catastrophé. L'autre point commun avec le cinéma, c'est que je ne garde pas toutes les prises. Je fais 4 ou 5 variantes d'une même phrase, mais à l'arrivée je n'en garderai qu'une. [passage restitué : Whisper avait collapsé ces 13,8 s en un seul « Et ça, »] Et ça, c'est incroyable parce que ça souffle sur le perfectionnisme et ça rejoint cette phrase d'Eddings qui dit que plus de 50% des choses qu'on écrit sont inutiles.
50 % de ce qu'on écrit est inutile
Et c'est bien parce qu'elles existent qu'il y a les 50% des trucs qui sont géniaux. Et voilà. Et donc, ça désacralise à la fois le timing, vous voyez, bon, il écrit quand même beaucoup parce qu'il écrit 4 heures par jour, au moins. Et en même temps, c'est pas toute la journée. Donc déjà, d'une croyance de ok, il faut que je ne fasse que ça, on tombe à non. En fait, voilà, chacun son rythme. Et puis, il y a ce truc de en fait, finalement, il écrit assez peu. Une demi-page en 4 heures, tu te dis, ça fait pas beaucoup de mots. Donc, il y a aussi ça. Ça met un peu de baume sur le rythme qu'on devrait s'imposer mais qui devrait nous l'imposer. La seule personne qui peut nous imposer un rythme, c'est nous-mêmes. Et ouais, après, ok, il y a des moments, j'écris des trucs et en fait, je ne l'utilise pas. Et ouais.
Et ça, c'est un beau contre-perfectionnisme ou à la volonté de vouloir faire parfaitement dès le premier coup. Le premier jet, il a juste besoin d'exister. C'est déjà amplement suffisant. Alors après, il parle du travail de la phrase et ça, ça me passionne. Il dit que je commence toujours par une complexification croissante de la phrase jusqu'à une simplification finale. J'écris une phrase, ensuite, en la relisant, je la complexifie, j'ajoute des incises et des expansions, des propositions relatives, des adjectifs un participe présent, que sais-je, une précision factuelle, l'ombre bleutée d'un souvenir. La phrase atteint alors un niveau de complexité extrême avec 25 ramifications, 18 arborescences. Puis, relisant cette phrase devenue tentaculaire et hyper complexe, je me dis mais qu'est-ce que tu as voulu dire exactement ? Je me dis ce que j'ai voulu dire et je l'écris. Tout simplement. C'est pas plus difficile que ça. Et ça, attendez, je me remets droit. Et ça aussi, c'est cool parce que j'ai remarqué que c'est marrant parce que je me suis fait la remarque ce matin.
Alors, je ne suis pas à son niveau à lui, mais est loin de moi, l'idée de me comparer à un auteur comme lui. Mais j'ai remarqué ce matin que dans cette réécriture que je suis en train de faire, je prête surtout beaucoup attention à simplifier les phrases. J'ai envie que les phrases soient genre pure jus, tu vois, qu'elles tapent exactement, que chaque phrase soit juste l'intention de ce qu'elle est censée porter. et donc, c'est passé par de rien à faire des phrases compliquées et puis là, finalement, c'est comme si je taillais, tu vois. J'ai lag, j'ai lag, j'ai lag. Et à la fin, je ne garde que la substance substantielle moelle de la fin. Voilà, après, il dit les noms de personnages, il prend des grands maîtres d'échecs, des grands maîtres d'échecs. Je trouve ça génial. Tout est prétexte à trouver un nom. Tu peux regarder tout et n'importe où, c'est incroyable. voilà, après, il utilise le...
Complexifier la phrase, puis la simplifier
Il est très curieux des mots, tu vois, c'est... Il dit heureusement qu'il reste des écrivains amateurs de mots. Non, il a raison, c'est incroyable d'aller chercher... J'ai une côtier qui fait ça d'ailleurs, je fais une grande dédicace si elle passe par là, mais où elle s'amuse dans chacun de ses chapitres à aller mettre des mots qu'elle connaissait pas. Je trouve ça génial. Ça, c'est une manière de venir mettre du jeu dans notre écriture, de venir apprécier le processus et de venir vouloir y retourner tout simplement. Et il y a ce petit partage qu'il fait sur le mot infinitésimal qui dit l'adjectif fait autant référence à l'infiniment grand qu'à l'infiniment petit et il contient ces deux infinis qu'on devrait toujours trouver dans les livres. J'aime trop ça, je suis hyper fan de ça. Ça, de toute façon, l'infini, vous avez compris, j'adore. En plus, effectivement, l'infini est ce qui boucle entre le très grand et le très petit à la fin et à l'infini et ça fait comme une boucle et donc en fait, ce qui est très petit est peut-être très grand et c'est l'infini qui fait le lien.
C'est absolument génial. Et un livre, c'est ça aussi. C'est chaque petit détail porte un sens dingue et c'est tellement impossible d'imaginer tout ce que peut produire un livre. C'est infiniment grand le pouvoir d'un livre. Et pourtant, à l'échelle de tout ce qui a pu être écrit, c'est infiniment petit un seul livre et un seul mot d'un livre. Et pourtant, ce mot-là porte un pouvoir absolument gigantesque. Je ne sais pas si vous voyez, mais j'adore ce concept. C'est marrant, il y avait un test de quel tchatcher est-on ? Et en lisant les trucs, je voyais le parésiate, vous dites tout, et le diplomate, la communication, c'est ce que l'autre comprend. Et en fait, je vois que je suis beaucoup vers le diplomate et un peine vers le parésiate. Et c'est à peu près... Ça marche plutôt bien, en vrai. Il y a aussi l'authentique et le TSE. Et en fait, je suis beaucoup plus diplomate que TSE.
Enfin, non. En fait, ce n'est pas comme ça qu'il faut lire la grille. J'ai beaucoup plus de tact que de sincérité et un peu plus de justice que de justesse. Donc, ce qui me range plutôt dans la catégorie du parésiate, finalement, mais proche du diplomate. C'est intéressant. Je vous conseille de faire le test. C'est passionnant. Alors là, c'est marrant parce qu'il y a... Ça, il faut absolument que je vous le partage. Il y a un petit passage aussi sur les humoristes. La quête du bon mot, celui qui fait mouche, c'est l'obsession des humoristes. Et il y a... Sur la photo, il y en a deux que je connais. Il y a celui... Adèle Fugazi, c'est ça ? Que lui, j'avais découvert dans... Je crois dans... dans l'émission de... de... de... Eric et Ramsey, il me semble. Et il m'avait fait mourir de rire. Il était trop drôle. Et... l'autre, c'est Nadim. Et alors, lui, vous pouvez pas se voir.
Les humoristes et la quête du bon mot
Lui, c'est une des... Je l'avais vue au... au fridge, à Paris. Au fridge ou à un autre. Ou au Panamart. Je sais plus. Un des deux. Et... Et je vous jure, je... Je l'ai eu mal, tellement il m'avait fait rire. C'était... C'était fou, quoi. Et en plus, c'était de l'humour un peu absurde. Je lui parlais de faire cuire des pattes. Genre, c'était... Et c'était... Mais... J'ai tellement rigolé avec lui. Et je me rappelle très bien, parce que c'était... À l'époque, je venais de vivre une première rupture qui était... qui était compliquée, je me rappelle.
J'étais allé à Paris pour... Bah... changer les idées. On était allé là-bas. Et là, je vous jure, comment ça m'avait fait du bien. Mais c'était... J'étais à se pisser dessus de rire, presque. C'était tellement drôle. Et ça m'a marqué, quoi. Ça m'a marqué de faux malade, en vrai. C'est un truc de fou. Gros big up. J'adore. Écoutez, sur la fin, j'ai pas grand-chose qui m'a accroché. Mais c'est pas grave. Mais je vais quand même vous quitter. Alors, il y a des choses intéressantes, par contre. Néanmoins, d'ailleurs, il y a une petite pub du théâtre de la Colline où je vous conseille d'aller. notamment le serment d'Europe de Ouachdi. Et il y a un dossier sur Edgar Morin et il y a une citation et je pense que elle est importante et qu'elle peut se transformer en mantra de vie. J'apprends, je goûte, je jouis, j'aime, je cherche. et c'est ça un peu la vie en fait.
C'est explorer, apprendre, profiter, goûter. Et la vie est plus simple quelque part quand on l'apprend comme ça. Je vous laisse avec cet épisode d'Ose Lire et je vous dis à très vite. Et surtout, oser lire vous-même et puis oser écrire aussi. C'est important. On ne sait jamais qui on sauve en écrivant. Des bisous. Voilà pour cette lecture. Si tu as relevé une pépite, partage-la en commentaire. C'est comme ça qu'un texte continue de vivre. Et si cette série te plaît, abonne-toi, like la vidéo et partage-la à quelqu'un qui porte un livre en lui. Parce qu'après tout, plus on lit, plus on Ose Écrire. A très vite pour une prochaine lecture. Ose Lire.
Et ton livre à toi
Ces lectures nourrissent mes propres textes, la série est née comme ça. Si ton livre attend son tour, l'atelier offert d'Ose Écrire est une bonne première marche.
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OSE LIRE #4
Philosophie Magazine n°200

DERRIÈRE OSE LIRE
Ybelion
Samuel Le Parc · écrivain et coach ICF
Ancien ingénieur en sûreté nucléaire, j'ai tout quitté pour l'écriture. J'anime Ose Écrire et j'accompagne les auteurs autour de trois clartés : le rythme, l'identité, l'intention. Toi aussi, tu as un livre qui attend ?