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SÉANCE 10 · 1 H DE COACHING EN 5 MIN · CLARTÉ D'INTENTION

Par où commencer ton livre.

10

LA FICHE DE SÉANCE

1 H DE SÉANCE 5 MIN DE VIDÉO

À L'ARRIVÉE
Il est planté devant sa toile d'idées, sans savoir par quel fil entrer dans son livre.
À LA SORTIE
Son protagoniste, c'est le lecteur : il repart avec sa fin à formuler, son inverse pour point de départ, et trois débuts à essayer.

L'EXERCICE À EMPORTER

Formule en une phrase ce que ton lecteur doit penser à la dernière page, puis l'inverse, ce qu'il pense à la première. Entre la première et la dernière page, tu tiens ton chemin.

LES CHAPITRES · LES TIMECODES LANCENT LA VIDÉO

  1. « Par où commencer ton livre ? »
  2. Pas étonnant que je cale
  3. Fil après fil
  4. Attendre d'y voir clair, ou écrire
  5. Les questions de sa nièce
  6. Qui est le héros de ton livre ?
  7. Écrire la dernière page d'abord
  8. La phrase de mon roman
  9. L'exercice : deux phrases

LA SÉANCE MOT À MOT

C'est le texte de la vidéo, tel que je l'ai écrit après la séance. Le mécanisme de la séance est intact. J'ai retiré tout ce qui pouvait faire reconnaître la personne.

Un auteur que j'accompagne ne savait pas par où commencer son livre. Ses idées forment une toile d'araignée, et on peut y entrer par n'importe quel fil. À la fin de notre séance, il savait comment trouver sa première page, et la réponse se cachait à la dernière. Je vais te montrer comment avec la toile qui est à côté de ma tête.

Il revient quelques semaines après notre première séance, et il a de l'élan. Il a retravaillé le fond, ce qu'il veut vraiment dire dans ce livre, qui tient plus de l'essai que du roman. Puis il s'est heurté à un mur, et ce mur lui a appris quelque chose. Il cherchait une histoire qui va d'un point à un autre, et son projet a une autre forme. Ses idées se répondent, elles se contredisent, chacune mène à toutes les autres. Il pourrait commencer par n'importe laquelle, alors il ne commence par aucune. Il m'a dit : « pas étonnant que je cale ». Comprendre ça l'a soulagé, mais il reste planté devant sa toile.

Je lui demande comment une araignée construit sa toile, et je lui donne la réponse. Elle la tisse fil après fil, elle part d'un point et elle arrive à un autre. C'est seulement vue de haut, une fois finie, que la toile paraît ronde et sans début. Pour son livre, c'est pareil. Ses idées forment bien une toile, et son lecteur ne la verra jamais de haut : il lira page après page, le long d'un seul fil. Sa toile a donc un chemin, et il reste à trouver lequel.

Pour chercher ce chemin, l'auteur hésitait entre deux façons de faire, et c'est lui qui me les donne : rester au-dessus de la toile en attendant que tout s'éclaire, ou se mettre à écrire et voir où ça le mène. Avant que je dise quoi que ce soit, il tranche. Il choisit d'écrire, sans attendre le bon moment.

Si tu attends toi aussi d'y voir parfaitement clair avant d'écrire une ligne, retiens sa décision, et retiens aussi ce qui lui manque encore. On peut écrire sans avoir toute la toile en tête. Écrire sans savoir où on emmène son lecteur, c'est une autre affaire. Alors je lui propose de se mettre à la place de quelqu'un qui ouvre son livre sans rien savoir. Ça lui rappelle sa nièce. Les questions les plus dures qu'on lui pose viennent d'elle : comment marche le soleil, pourquoi la mer est salée. Ce sont des évidences, et on ne sait pas les expliquer parce qu'on n'a jamais eu à les dire. Il comprend que son livre a le même problème. Pour lui, tout est évident, et rien de tout ça n'est encore écrit pour celui qui lira.

Je lui fais alors remarquer que dans son livre, aucun personnage ne porte le propos. Le protagoniste, c'est donc celui qui lit. Et un protagoniste part d'un endroit pour arriver ailleurs : son lecteur ouvre le livre avec une croyance, et il le referme avec une autre. Le chemin du livre, c'est ce trajet. Pour le tracer, je lui demande d'écrire en une phrase ce que le lecteur pense à la dernière page. Puis d'écrire l'inverse, ce que ce même lecteur pensait à la première, avant d'avoir lu. L'auteur résume : « on commence par la fin ». Le travail commence par la fin, et le livre, lui, commence à l'opposé, à l'endroit où se trouve son lecteur avant de l'avoir lu. La question qu'il m'avait apportée en début de séance a sa réponse.

C'est ça, la Clarté d'Intention : savoir où tu emmènes ton lecteur avant d'écrire. Avec ça, tu peux avancer sans voir toute la toile, parce que tu sais où tu vas à chaque page.

Je fais la même chose pour mes romans. Dans un roman, c'est le héros qui fait ce trajet, et le lecteur le fait avec lui. Pour celui que j'je finis d'écrire (bientot la trilogie bouclée), en caricaturant, mon héros pense au début que les différences sont dangereuses, et à la fin que les différences, c'est cool. Tout ce qu'il vit le fait passer de l'une à l'autre. Cette phrase, il m'a fallu l'écrire plus d'une fois pour qu'elle tienne en une ligne, parce que tant qu'elle restait dans ma tête, je la croyais claire. Maintenant qu'elle est posée, elle ne bouge plus, et quand un chapitre me résiste, c'est elle qui me dit où je vais.

L'exercice que je lui ai donné te prendra vingt minutes. Tu écris en une phrase ce que ton lecteur doit penser à la dernière page. Puis tu écris l'inverse, ce qu'il pense à la première. Entre les deux, tu tiens ton chemin, même si ton livre ressemble à une toile.

Ensuite seulement, tu choisis comment ouvrir. Le point de départ est fixé, et il existe plusieurs façons de l'écrire. À lui, pendant la séance, j'en ai demandé trois, avec une image : trois portes posées sur sa toile. Sans se le dire, il croyait qu'en ouvrir une refermait les deux autres. On peut ouvrir une porte, faire quelques pas, revenir, et ouvrir la suivante. La fin reste où elle est, et les débuts s'essaient.

Il repart donc avec sa phrase de fin à écrire, son inverse, et trois débuts à essayer, trois façons d'amener son lecteur vers la même dernière page, en se mettant chaque fois à la place de quelqu'un qui ne sait encore rien. Il s'est donné deux dates : un premier point dans quelques semaines, et une échéance dans six mois, celle où il fera lire son texte pour la première fois. D'ici là, il écrit un peu chaque jour, dix minutes les jours où il n'a que dix minutes.

À ton tour

Tu as reconnu ton blocage dans cette séance ? J'ai des séances comme celle-là chaque semaine, avec des auteur·ices dont le livre attend depuis longtemps, et l'accompagnement Ose Écrire commence par un atelier offert.

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Ce blocage a sa page : « Par où je commence ? »

Ybelion — Samuel Le Parc

DERRIÈRE LES SÉANCES

Ybelion

Samuel Le Parc · écrivain et coach ICF

Ancien ingénieur en sûreté nucléaire, j'ai tout quitté pour l'écriture. J'anime Ose Écrire et j'accompagne les auteurs autour de trois clartés : le rythme, l'identité, l'intention. Toi aussi, tu as un livre qui attend ?