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Couverture : Philosophie Magazine n°200

OSE LIRE #4 · 10 JUILLET 2026 · 61 MIN

Philosophie Magazine n°200

juin 2026, spécial 20 ans

LES PÉPITES DE LA LECTURE · LES TIMECODES LANCENT LA VIDÉO

Je les ai réécrites au calme après le direct, pour livrer l'idée intacte sans les hésitations de l'oral.

Le protéger ou te protéger ?

« Quand tu n'oses pas dire la vérité à quelqu'un, c'est pour quoi : pour le protéger ou pour te protéger, toi ? Ce sont deux choses totalement différentes. Dans la plupart des cas, la vérité n'est pas dite parce qu'elle est inconfortable pour celui qui doit la donner. Il n'a pas envie d'être confronté à la peur, à la tristesse, à la colère ou à ses propres erreurs. Et pourtant, dire la vérité résout énormément de choses toutes seules. »

Le test de la pieuvre

« Une pieuvre a deux tiers de ses neurones dans les bras : chaque bras résout localement, sans demander la permission au centre. J'ai demandé à Claude de s'en inspirer, en direct, et sa réponse m'a bluffé : « en m'interdisant de centraliser, j'explore des chemins que ma logique convergente aurait coupés trop tôt ». La curiosité pour le vivant ouvre des possibilités créatives délirantes. »

La claque Butterfly Effect

« J'avais écouté Butterfly Effect aux États-Unis, et elle ne m'avait pas marqué. Un an plus tard, dans le métro de Stockholm, la même chanson m'a mis une méga claque, et elle est restée. Ne restons pas trop accrochés à nos premières sensations. Un livre qu'on n'a pas aimé mérite parfois d'être rouvert cinq ans après : notre niveau de conscience a changé, et lui non. »

Aucun âge n'est le plus beau

« « Aucun âge n'est plus beau que les autres. Tout dépend de ce que nous en faisons. » Cette réponse de Charles Pépin incarne ce que je vois en coaching. Beaucoup se disent qu'il est trop tard pour écrire, d'autres trop tôt. Trop tard pour qui ? Trop tôt pour quoi ? On retombe sur la théorie du moment parfait, alors que le seul moment qui compte vraiment, c'est celui qu'on est en train de vivre. »

Ce qu'on fait de nous

« « Ce qui importe, ce n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous. » Cette phrase de Sartre, que Fanon met en pratique, est extrêmement responsabilisante et très porteuse d'espoir. Elle veut dire que les choses peuvent changer, et que c'est toi qui as le pouvoir de les faire changer. Elle inspire les intentions de toute ma trilogie. »

Coacher ses personnages

« Mes outils de coaching sont des web apps sur mon site : le blason, la grille d'identité, la roue des permissions, le quadrant d'Ofman. Et j'ai remarqué qu'ils sont hyper intéressants pour construire des personnages. Rien de mieux qu'un quadrant d'Ofman pour ajouter une part d'ombre à ton héros, ou qu'une roue des permissions pour trouver ses trous. J'interroge tous mes personnages avec, et je conseille aux auteurs de faire pareil. »

Plus ingénieur à 30 ans

« À 25 ans, j'ai dit à une amie qu'il était hors de question que je sois encore ingénieur à 40 ans. Je le disais avec une vision complètement floue, sans aucune idée de ce que je ferais d'autre. À 30 ans, je n'étais plus ingénieur. Et je reste très content de ce diplôme : cette rigueur d'ingé m'accompagne chaque jour, dans l'écriture d'un livre comme dans les accompagnements. »

La lecture mot à mot

LE DIRECT INTÉGRAL · LES TIMECODES LANCENT LA VIDÉO

La machine a transcrit toute seule, et un direct de lecture la met à rude épreuve : des coquilles traînent forcément. Au moindre doute, la vidéo fait foi.

Intro : une journée bancale, une détente lecture

Coucou mes très chers amis, bienvenue dans ce nouvel épisode où nous allons lire le numéro 200 de Philosophie Magazine. Sachez, en préambule, que j'ai, en théorie, énormément de choses à faire cet après-midi. Mais, mais, mais, mais, la journée n'est pas top, top. Donc je me suis dit, je vais la rendre cool avec une petite détente lecture. Pour tout vous avouer, ça fait en plus longtemps que j'ai pas lu, je crois que j'ai pas ouvert un bouquin depuis...

Non, j'exagère en vrai, mais ça fait bien deux semaines que j'ai pas lu, peut-être même trois. Et quand j'ai reçu Philosophie Magazine, je me suis dit, ouais, je vais le faire, je vais le faire. Et là, vous voyez, j'enregistre le 30 juin, donc tout va bien, je suis encore dans les temps. Mais voilà, voilà, donc journée pas terrible. J'avais en plus ce rendez-vous avec mon expert comptable, mais en fait, j'avais rendez-vous demain.

Donc je suis arrivé, j'ai fait, hello, c'est moi. Et la dame de la quête m'a regardé en mode, je crois que la dame que vous venez voir, elle est en déplacement, vous êtes sûr que... Eh bah, j'étais sûr jusqu'à être devant la dame de l'accueil et me rendre compte que j'avais rendez-vous demain et pas aujourd'hui, quoi. Voilà, petit détour pour rien, on adore.

Mais bon, c'est ça qui fait la vie. Et après, les autres trucs un peu challengeants, écoutez, on va les traverser tranquille et puis tout ira bien. Mais du coup, besoin d'un petit peu de détente avant de se replonger dans les milliards de trucs à faire. Par ordre chronologique, je pense qu'après m'être détendu, je vais probablement écrire un peu, enregistrer peut-être une vidéo YouTube un peu plus courte que j'aimerais bien explorer.

Et après, il y a les matchs, franchement, fan de la Coupe du Monde, moi, que vous voulez, que vous voulez, que voulez-vous plutôt ? J'adore, j'adore, j'adore en plus quand il y a des matchs intercontinentaux, tu vois, Norvège, Côte d'Ivoire, ça trop stylé, on voit que ça qu'à la Coupe du Monde. Et puis après, France-Suède, bon, voilà. Ne prenons pas nos adversaires de haut, les Allemands en ont payé le prix. Bref, cela étant dit, nous allons partir dans la lecture de Philosophie Magazine numéro 2 champ.

On change d'air. Ok, j'ai pas du tout ouvert le magazine, je sais que c'est un numéro important, forcément, 200, on est quand même sensible au nombre arrondi. Et il y a plein de questions, comme ça, où est passé le plaisir ? Sommes-nous en avant-guerre ? Un autre monde est-il encore possible ? L'IA sera-t-elle notre animal de compagnie ?

Le numéro 200 et ses grandes questions

Pourquoi on ne regarde plus de la même manière les paysages ? Peut-on vivre sans croire ? L'océan est-il notre avenir ? Putain, il y a plein de questions incroyables. Je pourrais, premier degré, je pense que je pourrais vous parler là 45 minutes, juste en lisant les questions, et puis en blablabla,

vous commencez à me connaître. Mais nous allons pas faire ça, nous allons quand même lire un petit peu des pages. Le numéro, alors c'est peut-être un sentiment, mais il me paraît plus épais. Alors je suis peut-être fou, j'avoue que je lis pas forcément. Putain, je vois des petits dessins et tout, j'ai trop hâte là.

Oh là là, j'ai trop hâte, j'ai trop hâte. On va plonger dedans, et puis let's go, je vais commencer par l'édito d'Alexandre Lacroix. À chaque fois, il me met une petite claque, donc je suis très très content de commencer par là. Écoutez, dès que je vois quelque chose d'intéressant, je vous attrape, et c'est parti. Tiens, je crois que je vais mettre dans ma liste de rêves d'un jour avoir la chance d'échanger avec Alexandre Lacroix.

Je trouve ça passionnant, et ça du coup me donne envie de voir ce qu'il a pu faire d'autres par ailleurs. Mais il y a tellement, déjà rien que l'édito, il y a beaucoup de choses que j'aimerais dire. Il parle du fait qu'ils sont une équipe qui a commencé ensemble, et pour la plupart, ils sont restés ensemble tout du long sur les 20 ans d'aventure de Philosophie Magazine 2006-2026. Et puis tous ceux qui sont rentrés sont en fait des stagiaires qui ensuite ont été formés, puis hop, intégrés à l'équipe. Et il dit que finalement, peut-être la clé de tout ça, c'est qu'ils sont effectivement un foyer de contradictions,

au sens qu'ils ne sont pas toujours d'accord et pas sur tous les sujets. Et c'est, en fait, c'est trop drôle parce que c'est tellement ce que j'avais envie d'aborder moi dans la première trilogie, la de Carnoie. C'est vraiment ça qu'on ressent dans le tome 1, c'est l'enjeu du tome 2. Et le tome 3 est justement de, ok, une fois qu'on a compris que la contradiction était importante, qu'est-ce qu'on en fait ? C'est un sujet qui me passionne, la différence, l'opposition.

Pour quelles raisons on est tellement fascinés par ça, notamment en France, où il y a cette espèce de truc de contradiction, où être d'accord avec quelqu'un avec qui t'es pas censé être d'accord, et genre un espèce d'affront horrible. Bref, c'était déjà un sujet que j'ai abordé dans la lecture du magazine d'avant. Mais je sais pas pourquoi ça me paraît toujours important de le soulever. Si dans les questions, il y a toujours les réponses, ça n'a aucun sens.

Frantz Fanon et l'éloge de la différence (« on parle de vous »)

Si on est tous d'accord, il n'y a plus rien de sens. Et moi, ça me renvoie toujours à cette phrase de Franz Fanon qui disait, quand on dit du mal des juifs, tendez l'oreille, on parle de vous. Et c'est tellement vrai. Quand tu chasses une différence, à la fin, tu te retrouves avec un groupe homogène en apparence.

Mais une fois que ce groupe vit, t'identifie de nouvelles différences. Et le combat de la différence est un combat que tu peux passer toute ta vie à mener. Et ça n'a pas de sens, en fait. Et c'est pour ça que les différences, à mon sens, sont quelque chose à célébrer. Mais c'est magnifique, la différence.

C'est magnifique de ne pas être d'accord avec quelqu'un. C'est magnifique de pouvoir débattre. Voilà. C'est... Bref.

Et c'est toujours intéressant. Pourquoi je raconte encore ça et que je parle de mon livre ? Pour faire ma pub, évidemment, clin d'œil, clin d'œil. Mais au-delà de ça, c'est... Vous voyez, là, j'ouvre le magazine.

J'ai pas d'attente particulière. Mais je peux pas m'empêcher de me poser la question. Ok, si aujourd'hui, ça t'est pris comme une envie de pisser, de te poser devant le magazine, c'est qu'il y a quelque chose que tu dois lire dans ce magazine et sur lequel t'as besoin de t'interroger. Et donc, à chaque fois que je lis un texte, je me dis, ok, pour quelle raison j'avais besoin de le lire aujourd'hui ?

Et là, quelque part, vous voyez, ça donne encore plus de corps à l'intention première de ma trilogie. Et moi, qui suis dans la fin d'écriture du premier jet du tome 3, c'est le moment où, justement, cette intention, tu dois encore t'en saisir et la garder bien accrochée jusqu'au bout, tu vois. Et c'est vraiment l'enjeu que j'ai aujourd'hui. C'est, ok, dans ce monde où, finalement, ok,

ils ont compris que les différences devaient être au centre de quelque chose. Mais comment on construit un monde autour de ça ? Et je trouve ça très intéressant. C'est une question à laquelle j'essaie, à ma humble échelle, de répondre. Mais je trouve ça passionnant.

Et donc, voilà. Merci, Alexandre, de me replonger direct là-dedans. En plus, il y a toujours une petite citation d'un aphorisme de Nietzsche. Je suis toujours aussi fan des aphorismes, mais ça, vous savez pourquoi. Et qu'est-ce qu'il y a d'autre qui m'a marqué ?

Oui, alors ça, par contre, nous nous sommes aussi livrés un exercice délicat qui consiste à choisir un livre qui a marqué les esprits pour chaque année. Ça, c'est un exercice de dingue.

Les livres et les musiques qui nous marquent (Butterfly Effect)

C'est incroyable. Ça me donne envie de le faire aussi, cet exercice-là. Et de dire, OK, mais pour quelle raison il m'a marqué ? Qu'est-ce qui fait que ce livre, cette année-là, il était tellement important pour moi ? Et c'est pour ça qu'à chaque fois, moi, je suis étonné.

Tu vois, tu as des gens qui te demandent, OK, quel livre tu me conseillerais pour X ou Y ? Et tu peux tendre n'importe quel livre, mais il ne résonnera jamais de la même manière chez quelqu'un. Il y a des livres qui m'ont extrêmement marqué, qui sont dans mon dos là, qui peut-être, vous, vous irritent ou sont des livres que vous n'aimez pas. D'ailleurs, j'ai aussi des livres que je n'apprécie pas forcément derrière, tu vois. Et c'est génial de voir l'effet que ça.

Et d'ailleurs, des livres que je n'apprécie pas, tu peux les lire cinq ans après et te dire, mais attends, mais merde, mais pourquoi je ne l'apprécie pas ? Ça me fait ça aussi avec la musique. Vous savez quoi ? Ça me fait ça. Je vous le partage tant qu'on est là. C'est go partage.

Ça me fait ça avec la musique aussi. Il y a des musiques, je les écoute et je suis là genre, nah, c'est pas pour moi, j'aime pas ça, tu vois. Et je les réécoute genre peut-être, je sais pas, deux ans après et là, je prends une méga claque. Moi, ça me fait ça pour une des musiques que j'écoute le plus tout le temps, Butterfly Effect de Travis Scott. Et je me rappelle que j'étais en Suède quand je faisais mon double diplôme d'ingé là-bas.

Un moment, en rentrant chez moi, il y avait tout le métro, l'équivalent du RER suédois, de Stockholm plutôt. Et puis après, j'avais genre 15 minutes de marche. J'habitais à Fleming's Burgh pour ceux qui connaissent. Et là, j'écoute Butterfly Effect et je me dis, attends, mais cette musique est dingue, elle est incroyable. Et je vais voir le clip et je vois que le clip, je l'avais déjà vu.

Et je me dis, attends, j'ai déjà écouté. J'ai un espèce de flashback et je me revois l'écouter et faire, ah non, pas ouf. Et le pas ouf, c'était, il n'y a pas tellement longtemps avant. C'était peut-être même pas un an avant parce que c'était quand j'étais aux Etats-Unis. Évidemment, quand j'ai atterri aux Etats-Unis en stage de deuxième année, tu t'imprègnes de tout ce qu'il y a.

C'était en plus à l'époque où Kendrick Lamar sort son album Dame, je crois, qui s'appelle. Enfin bref, celui où il y a notamment Humble. C'est une époque, il y a Drake en plus qui est quasiment au pic de sa forme. C'est une époque où le rap US a beaucoup de place. Et donc j'écoute un peu de tout et ce Butterfly Effect ne me marque pas.

Et je l'ai pris plus d'un an après et des années après, des chansons que j'écoutais à cette époque-là, genre Humble, je ne l'écoute plus du tout puisqu'elle me parle moins.

Charles Pépin : aucun âge n'est le plus bel âge de la vie

Mais Butterfly Effect, elle est restée. Et donc ne restons pas trop accrochés à nos premières sensations parfois. Autorisons-nous à réexplorer les choses qu'on a pu déjà avoir explorées. Et quelque part, ok, si ce truc me réapparaît aujourd'hui, pour quelles raisons ? Peut-être qu'il y a un niveau de compréhension et un niveau de conscience qui fait que tu es plus à même d'apprécier quelque chose ou d'en tirer des conclusions qui sont intéressantes.

Enfin bref, voilà. Bah écoutez, ça commence bien. Je suis en forme, là. Ça fait, je ne sais pas combien de temps ça fait que ça filme, mais je parle. Il y a plus de 10 minutes.

Génial. Allez, j'espère que vous vous amusez bien. On est à la première page. À dans trois heures. Je suis toujours estomaqué par les écrits de Charles Pépin.

Je suis désolé, je vais en parler à chaque épisode, mais en même temps, il écrit à chaque passage. Je vous lis le début parce qu'il répond à la question 20 ans, est-ce le plus bel âge de la vie ? Cher Paul, je vais vous répondre peut-être un peu brutalement. L'idée qu'il y ait un âge qui serait le plus bel âge de la vie me semble n'avoir aucun sens. À chaque moment de notre vie, il nous faut trouver la meilleure façon de vivre avec l'âge que nous avons.

Aucun âge n'est plus beau que les autres. Tout dépend de ce que nous en faisons, des ressources que nous trouvons pour nous ajuster au temps qui passe, pour inventer la manière d'être la plus adaptée à la période de notre existence que nous traversons. C'est tellement l'incarnation de ce que je prêche en coaching que ça me touche énormément. C'est fou.

C'est fou parce qu'il y a beaucoup de gens qui se disent « C'est trop tard pour que j'écris ». Bon, trop tard pour qui ? Trop tard pour quoi ? C'est exactement ça. Et il y en a qui disent « Oui, mais c'est trop tôt pour que j'écris. Il faut que je vive plus ».

Et quelque part, c'est ça qui est fascinant. C'est que ça nous renvoie toujours à cette espèce de théorie du moment parfait. Et c'est très... Enfin, je trouve ça très amusant à quel point, à un moment, on a un espèce de déclic en se rendant compte que le seul moment qui compte vraiment, c'est celui qu'on est en train de vivre.

Et quelque part, ok, mais qu'est-ce que tu as envie de faire là maintenant tout de suite ? C'est fou, c'est fou. Donc ouais, là, je ne veux rien dire. Et c'est vrai que d'un point de vue totalement personnel, en fait, la vingtaine était géniale. J'ai adoré ça.

Mais c'était... Maintenant, je le regarde avec un œil tendre. J'y retournerai pas, je pense.

De la vingtaine à la mission : aider les gens à écrire

Tu vois, les soirées, les amis, les étés, où tu fais rien d'autre que d'être là, tu vois. C'est des trucs... Ça a tellement nourri mon cœur, ça a tellement nourri ma créativité, ça a tellement nourri mes relations humaines que je... Pour rien au monde, je changerais quelque chose.

Maintenant, aujourd'hui, avec la vision de... Ok, mais en fait, j'ai envie que le plus de gens possibles accomplissent leurs rêves. Et je vais commencer par ce que je maîtrise le plus, à savoir l'écriture. Donc j'ai envie que le plus de gens réalisent qu'ils ont ce qu'il faut pour écrire un livre. En fait, je me sens vraiment comme investi d'une mission.

Et je ne pourrais plus passer un été à rien faire, tu vois. Même le concept de vacances, pour moi, il est très lointain. Parce qu'en fait, j'ai l'impression d'être en vacances quasiment tous les jours. J'aime trop ce que je fais. J'aime trop ce que je fais.

Et je me souhaite de pouvoir vivre ça le plus longtemps possible. Et je ferai tout en sorte pour vivre ça le plus longtemps possible. Pour aider le plus de gens, accompagner le plus de gens, voir le plus de livres s'écrire. Et les miens y compris. Donc ouais.

Et ça, je l'ai vécu depuis mes 30 ans, en fait. Donc peut-être que c'était la bascule que j'attendais. Ouais. Voilà, ça me fait toujours sourire de penser à l'âge. Parce qu'à l'époque, à une amie, je devais avoir peut-être 25, je ne sais plus, 25, 26.

Je ne sais plus exactement. Je me rappelle lui dire, non mais de toute façon, c'est hors de question que je sois encore ingénieur à 40 ans. Et en même temps, je disais ça, mais avec une vision tellement floue. Je n'avais aucune idée de ce que je pourrais faire d'autre. Mais je l'avais dit, quoi.

Et ça m'a marqué. Et aujourd'hui, je me dis, finalement, je peux le dire, à 30 ans, je n'étais plus ingénieur. Bon, je dis que je n'étais plus ingénieur, mais ça, c'est une construction par opposition un peu court-termiste. Je suis très content d'avoir un diplôme d'ingénieur. Et je suis très content de tout ce que ça m'a apporté.

Et de tout ce que ça m'apporte quotidiennement. C'est cette rigueur d'ingénieur, notamment dans l'écriture d'un livre et notamment dans les accompagnements. Parce qu'au-delà de la partie humaine, au-delà de la partie créative, la partie rationnelle, c'est ça aussi dont les gens ont besoin parfois. Un peu un mix des trois, bien évidemment.

Bref, on va partir sur le premier vrai article. C'est absolument passionnant, les petites capsules qu'ils ont faites par année, là, sur les sujets qu'ils ont pu traiter.

20 ans d'actualité : Fukushima et mon passé d'ingénieur nucléaire

Et ce qui me marque, alors je suis là pour l'instant, je suis à 2011, avec la catastrophe de Fukushima, qui, vous doutez bien, avec mon passé d'ingénieur nucléaire, me parle tout à fait. Ce qui me marque, c'est à quel point, en fait, les enjeux d'hier sont déjà les enjeux d'aujourd'hui. 2006, la question, c'était un autre monde est-il possible ?

Aujourd'hui, 2026, en fait, on se pose encore la question. Et met à vie qu'on n'aura, en fait, jamais vraiment de réponse à ça, quoi. Depuis 2007, je vois un débat Sarkozy-Onfray, personnage dont on entend encore parler aujourd'hui. Je vois 2008, un avis de René Girard sur les extrêmes,

et sur sa phrase. « Nous sommes arrivés à un stade où le milieu humain est menacé par la puissance même de l'homme. Il s'agit avant tout de la menace écologique, des armes et des manipulations biologiques. » Bon, bah, looks like it's accurate, bro. C'est fou.

Et puis, après 2010, Wikileaks, et c'est fou parce que je me rappelais pas que c'était aussi vieux. Ça fait 16 ans. Et pourtant, c'est dans ma tête, j'ai l'impression que c'était hier, quoi. Et là, pour le coup, j'aime beaucoup son postulat vis-à-vis de la transparence, où il dit « Quant à la transparence », je vous lis en entier parce que je trouve ça passionnant.

« Quant à la transparence, je ne l'investis pas d'une valeur axiomatique. Au risque de vous surprendre, et contrairement à ce que l'on a pu prétendre, je ne suis pas un grand femme de la transparence. Je crois plutôt que l'histoire montre qu'en se transmettant des informations vraies sur leur environnement, les hommes se donnent les moyens de prendre les bonnes décisions pour agir sur cet environnement.

C'est là une philosophie bien sommaire. Et effectivement, c'est très philosophique comme avis. C'est une posture, c'est vraiment un système de valeurs. C'est là une philosophie bien sommaire, mais je suis convaincu de sa vérité. Le seul argument valable contre un tel axiome que je suis capable d'entrevoir,

c'est celui des ennemis de la civilisation. Vous pouvez en effet objecter que plus nous avons un stock important d'informations, plus nous créons des structures et des interactions complexes, donc plus nous nous éloignons de notre élan naturel, de notre état naturel, pardon.

Cet argument anti-civilisation est peut-être valable. Cependant, si l'on n'y souscrit pas, on arrive à la conclusion que le comportement civilisé qui produira le moins de souffrance est celui qui sera le mieux informé. Et bon, moi, ça rejoint un postulat,

Assange, la transparence et le pouvoir de la vérité

c'est que je pense qu'en fait, la vérité résout énormément de problèmes. Quand tu dis la vérité, bizarrement, il y a énormément de choses qui se résolvent toutes seules en fait. Alors, elle se résolve toutes seules, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des émotions désagréables

ou parfois inconfortables. Oui, la vérité peut rendre triste, peut faire peur, peut mettre en colère, mais c'est quoi le but ? De jamais ressentir ce genre de choses ? Ça n'a pas de sens.

Et puis, il y a un autre truc aussi avec la vérité, et ça, j'en ai déjà parlé, je crois, mais je ne sais plus dans quel épisode de podcast, mais il y a un truc avec la vérité qui, moi, me chiffonne encore beaucoup aujourd'hui.

C'est-à-dire que quand tu n'oses pas dire la vérité à quelqu'un, c'est pourquoi ? Pour le protéger ou pour te protéger toi ? Et c'est deux choses totalement différentes. Et c'est important d'aller mettre un niveau de conscience

et d'être vraiment au clair. Et mettre à vie que dans la plupart des cas, la vérité n'est pas dite parce qu'elle est inconfortable pour celui qui doit la donner. Il n'a pas envie de se retrouver confronté

à peur, tristesse, colère, ou à son propre échec, ou à ses propres erreurs, etc. Mais ça, c'est, excusez-moi du terme, c'est une posture à la fois égoïste, complètement irresponsable,

et carrément manipulatoire, en fait, presque. Et c'est terrible. C'est vraiment terrible. Enfin bon, moi je partage son avis là en l'occurrence. Je trouve que la vérité et donc l'accès à l'information

est peut-être le point crucial. Et encore une fois, l'accès à l'information, genre quelque part brut, ou en tout cas, qui sous-entend pas que

tout ce que tu pourrais penser peut être faux. C'est mal dit ce que je veux dire. Mais ce qui est intéressant, c'est de laisser la place aux gens qui entendent d'en faire leur tambouille.

Il n'y a rien de pire que, enfin en tout cas, j'exagère, mais un article à charge sur quelque chose, j'ai parlé de Fukushima avant,

donc le nucléaire par exemple. Bon, vous aimez, vous aimez pas. Bon, voilà. Deux, je travaillais quasiment huit ans là-dedans,

il y a énormément d'articles de presse qui m'ont extrêmement piqué, parce qu'ils étaient, au-delà de pas factuels, ils étaient carrément orientés.

Et avec un article orienté, bien évidemment que tu obtiens un résultat qui est biaisé, et bien évidemment que tu transmets quelque chose

Articles orientés : laisser le lecteur se faire son propre avis

qui est une espèce de vérité détournée. Et c'est valable dans tous les sujets. Donc à mon sens, c'est important de... Il s'agit pas de pas y mettre d'une autre,

ou pas y mettre du cœur, ou pas y mettre d'argumentaire, ou de pas y mettre d'idées, etc. Il s'agit pas de ça. Mais, quelque part, parfois,

laisser la place au lecteur de se faire son propre avis, je trouve ça presque plus beau. C'est en plus très responsabilisant. Bon, ça, c'est un avis que je porte.

Et vous voyez, c'est pas encore très clair dans ma tête. C'est-à-dire que j'ai conscience de ça, mais j'ai pas encore réussi à bien argumenter sur l'équilibre de l'ensemble.

Parce que l'idée, c'est pas que tous les textes ne disent rien. C'est au contraire hyper intéressant d'avoir des textes qui véhiculent une idée, et donc qui, de facto,

sont porteuses de... Pas de l'opposé de l'idée. Donc, est-ce que c'est si mal que ça d'avoir des articles à charge sur le nucléaire, par exemple ?

Bah, probablement pas, parce que ça met en lumière aussi des vrais enjeux. Je sais pas, l'enjeu des déchets, l'enjeu de la souveraineté énergétique,

l'enjeu de la sûreté. Moi, je bossais en sûreté. Bon, bah, on était les mecs casse-couilles, en fait. Parce que c'est à cause de nous que ça coûte des milliards.

S'il n'y avait pas la sûreté, ça coûterait bien moins cher. Et voilà. Sauf que la sûreté, elle permet plein de choses.

Par exemple, bah, comme c'est expliqué là, en... en...

2011, Fukushima. Vous imaginez pas le nom de choses qui ont changé en sûreté nucléaire après l'accident de Fukushima.

Alors qu'on n'était pas d'un pays de séisme. Mais maintenant, on se tape des... des études de séisme pas possibles.

et ça coûte... Bref, je pourrais en parler longtemps, mais... Mais bon, vous êtes pas là pour écouter un Rex

de mon aventure... de mon aventure d'ingénieur en sûreté nucléaire. Cela étant dit, je suis assez marqué

par le partage qu'ils font sur cet événement-là. Et notamment le... Donc à l'époque, ils contactent du coup

des gens au Japon qui ont une réaction qui est... Wow ! Tu vois,

c'est... c'est impressionnant. Que pouvons-nous y faire ? Pouvons-nous échapper à un tel désastre ?

Personnellement, je ne pense pas que nous puissions prédire exactement les phénomènes naturels. Bon, ça,

ça renvoie au signe noir et à Nassim Nicolas Taleb qui est cité d'ailleurs après. Il y a deux attitudes possibles face à un risque important.

Nous pouvons tenter de lui échapper ou bien nous pouvons nous y confronter.

Nassim Taleb, les faibles probabilités et la sûreté

Autrement dit, nous organiser pour surmonter le désastre lorsqu'il se sera produit. Et...

C'est dur le lâcher prise sur ce genre de sujet, tu vois. Où est l'équilibre

dans tout ça, tu vois ? Parce que... Et là, ça titille mon côté

ingénieur rationnel. Ne pas prévoir les risques, vraiment ? Je ne sais pas, c'est difficile

tous ces sujets-là. Et ce qui est assez fascinant là-dedans, c'est de voir les différences

qu'il y a entre les morceaux de civilisation. Tu vas au Japon, tu vas en France,

tu vas aux Etats-Unis, tu vas n'importe où ailleurs. C'est... La vision n'est pas la même. Donc ça veut dire

que la réflexion philosophique derrière n'est pas la même. Donc ça veut dire que le système de valeur derrière n'est pas le même.

C'est génial. Et c'est là que tu trouves la granulométrie du truc, c'est qu'il y a autant

de systèmes de valeur et de philosophie que de personnes sur Terre. C'est incroyable. T'imagines le...

À quel point... À quel point on peut toujours être curieux, quoi. Tu rencontres quelqu'un dans la rue,

tu sais qu'il y a un fonctionnement différent, il a quelque chose à t'apprendre. C'est génial.

Le champ des possibles, à mon sens, ça rejoint tout ce que je disais avant, mais le champ des possibles est justement

autant ouvert et aussi grand parce que chacun est unique et chacun a son système de valeur

et sa manière de philosophie. De philosopher. Passionnant. Passionnant, passionnant. Et bon,

je vous lis la petite citation de Nassim Nicolas Taleb que j'aime beaucoup parce que je le trouve

toujours un petit peu piquant, mais je l'adore. Depuis près de 20 ans, je m'évertue à expliquer à des financiers obtus

et à qui veut bien m'entendre qu'il faut s'abstenir d'utiliser la notion de faible probabilité dans quelque domaine

que ce soit. La science est incapable de les gérer. Les invoquer pour rassurer l'opinion publique

révèlent, relèvent d'un comportement irresponsable, à moins que l'on ait affaire à des systèmes naturels qui perdurent depuis

3 milliards d'années et non à des systèmes créés par l'homme où les probabilités sont purement théoriques.

Pour le nucléaire, les données avérées remontent à une soixantaine d'années. Ouais.

Bah ouais, ouais, ouais. Et puis alors là, les études probabilistes en nucléaire, je vous raconte pas.

C'est d'ailleurs, voilà, je vous fais un petit partage, c'est d'ailleurs un des grands enjeux

qu'il y a eu à Flamanville parce qu'il y avait globalement un argument qui était

l'impossibilité physique de rupture de quelque chose. Bon, je vous le fais en simplifié,

je suis même pas sûr que ce soit exactement ça, mais globalement, la manière de réfléchir derrière,

c'était OK, on va prouver que ce truc, c'est impossible

que ça arrive. Donc, probabilité nulle. Mais ça, c'est super dur.

Du « risque zéro » au probabiliste : l'exemple de Flamanville

Alors, c'est pour ça que maintenant, on fait de manière probabiliste,

le truc va arriver à 10 moins 8 par an ou j'en sais rien, tu vois. Donc,

des probabilités très faibles. Et ça, c'est beaucoup plus facile à démontrer

qu'une impossibilité physique et parce que le risque zéro existe jamais. Donc,

c'est là qu'il y a des vrais sujets d'enjeux, de sûreté

confrontés à la réalité financière des projets, confrontés à la réalité

calendaire des projets. Et c'est assez passionnant en vrai de vrai.

C'est assez passionnant. Bref, je continue ma lecture. 2016, il parle des théories

du complot. Ça me fait toujours réel. Il y a une question que j'aime bien poser aux gens.

Je ne sais pas si je l'ai déjà partagé quelque part, mais c'est parmi toutes les théories du complot,

quelle est celle que vous pensez la plus probable ? Tu vois, je trouve ça trop drôle

parce que du coup, c'est toujours intéressant. Ça lance des petites discussions sympas quand tu es autour

d'un apéro à 18h30. Ça m'a fait penser à quelque chose, le petit extrait

du coup du doute de principe sur les théories du complot. Il y a cette question

de quelque part, quel est le coût, ce coût qu'on nomme épistémique est en comparaison

des bénéfices et comptés totalement excessifs pour les théories du complot.

Supposons ainsi que l'homme n'ait jamais marché sur la lune, que l'annuinissage

ait été tiré en réalité filmée à Hollywood. Quelle quantité de mensonges

de dissimulation aura-t-elle été requise pour diffuser et maintenir

un tel secret ? C'est intéressant, ça c'est beaucoup de choses à dire sur ça.

Parce que là, au-dessus, il y a la question aussi de si je devais accepter

la méfiance systématique envers les journaux, chercheurs, médias, qu'adviendrait-il ? Je ne pourrais au fond

me fier à aucune de mes croyances. C'est assez passionnant parce que ça rejoint ce que je disais déjà

un peu tout à l'heure et ça rejoint le partage d'Assange sur le niveau d'information.

Déjà, il y a quelque chose dont on n'a pas parlé, c'est l'intention qu'a la personne qui veut transmettre

le message. Et après, il y a un côté responsabilité des deux côtés, c'est-à-dire que

tu es responsable de ce que tu dis, tu n'es pas responsable de ce que les gens entendent.

Ok, très bien. En fait, je ne suis pas sûr que accepter la méfiance systématique soit vraiment négative.

Mais alors peut-être que c'est le mot de méfiance

Théories du complot : de la méfiance à la confiance

qui me touche moi. Pourquoi elle me dérange cette phrase ? Parce qu'en fait, je n'aime pas trop

partir du principe que tout ce que je peux entendre ou lire ou voir est vrai. peut-être.

Parce que comme je disais, par exemple, les exemples sur le nucléaire, en étant moi très pointu sur le sujet,

je voyais bien qu'il y avait des trucs qui étaient factuellement faux dans ce que je pouvais lire. Donc quelque part,

ça m'a fait développer une méfiance pour les organismes généraux. Et quelque part, j'ai un peu fait

de cette occurrence une règle qui peut être débattue. Donc il faut presque que je mette de la méfiance

sur ma propre méfiance. Et en même temps, c'est tellement plus simple de faire confiance. Bon, voilà,

là on retombe, c'est ça. C'est le mot qui me manquait. C'est aussi la confiance. En fait,

c'est la confiance qui est importante. C'est vraiment ça. C'est l'inverse de la méfiance peut-être.

Et vous voyez, là, je suis en process dans ma tête là. Parce que finalement, si je reprends cet exemple

du coquet, du journal qui dit une connerie sur le nucléaire, finalement, ça touche la confiance

que j'ai en ce magazine ou en ce journal. Je ne sais plus qui c'était d'ailleurs. Ça touche cette confiance

et donc j'ai du mal à refaire confiance. OK. En vrai, c'est vrai dans plein de domaines.

C'est vrai dans le domaine du couple. C'est vrai dans l'accompagnement aussi. La confiance, c'est vraiment la clé

d'un processus. Je n'ai pas démêlé ça encore. Je pense que faire confiance, c'est important. Je pense qu'être au clair

sur les intentions qu'on a quand on transmet un message, c'est important. Je pense que quand on a

un doute sur la réception du message, c'est important de pouvoir questionner, s'autoriser la question

pour justement aller challenger à la fois ses intentions et savoir s'il peut y avoir de la confiance derrière.

Donc, ça demande à s'autoriser aussi, comme je disais tout à l'heure, le passage des émotions

qui peuvent être inconfortables, colère, peur, tristesse. OK.

Ouais, c'est pas mal déjà comme début, comme réflexion. Qu'est-ce que vous en pensez,

vous ? Dites-moi ce que vous en pensez. Ça, ça va cogiter dans ma tête. Et après,

c'est marrant, mais la quantité de mensonges requises pour diffuser et maintenir un tel secret, en fait,

je sais pas, moi, parfois, j'ai l'impression que c'est pas si...

Je pense pas qu'il y ait des gens dans une pièce, un jour, qui se soit dit

OK, on va tout faire pour maintenir tel ou tel secret, quelque part,

de manière un peu aléatoire et systémique

Secrets, complots… et les aliens (le théorème de la forêt sombre)

et parce que chacun a des enjeux personnels avec ce secret-là, quelque part, assez naturellement,

ça se maintient. C'est très branque-ballant parce que dès qu'il y a un maillon qui saute, quelque part,

tout saute. Mais je sais pas si c'est vraiment impossible, je sais pas si c'est un argument recevable

de dire oui, mais imagine tout ce qui aurait dû être mis en place

pour que ce secret reste un secret. en fait, ça passe peut-être juste par une espèce

de synchronicité des ambitions, des enjeux de chacun à un instant T et qui fait que

du coup, personne ne dit rien. Bon, j'imagine ça. En même temps,

j'ai plutôt tendance à penser que tous les secrets se savent à un moment ou à un autre.

laquelle de mes croyances est fausse ou en tout cas peut-être challengée ?

C'est une très bonne question. Tout ça pour dire que les aliens existent, en gros. Bref,

je pense que c'est celle-là. Mais ça, je ne sais même pas si c'est une théorie

du complot parce que oulala, le complotiste. Il n'y a vraiment

qu'un complotiste pour dire ça. Non, blague à part. Quand je pense

à l'infinité qu'est l'univers, je me dis statistiquement, c'est quasiment

hautement improbable qu'il n'y ait pas une autre espèce vivante quelque part. Alors,

définition vivante, je l'entends, mais qui se cache quelque part. Voilà.

Donc, avec cette notion d'infinité et la quasi-certitude que c'est impossible

de dire que c'est impossible, j'aurais tendance à dire qu'il y a beaucoup plus de chances que les aliens existent,

qu'ils n'existent pas. D'ailleurs, ça me fait penser à un des bouquins qui est derrière,

la trilogie de Liu Xinchin, Le problème à trois corps, où il y a cette magnifique notion du théorème

de la forêt sombre qui explique pour quelles raisons on n'a pas trouvé des aliens.

Et j'adore ça. Bon, je vous laisserai aller découvrir ce livre parce que je ne veux pas

vous spoiler, mais c'est très intéressant. Ça parle de Game of Thrones la 2019. Putain,

Game of Thrones, comment c'était une claque. Ah là là, c'était incroyable. C'était vraiment incroyable,

cette série. Mais je ne sais plus à quelle saison, c'est vraiment... Moi,

j'ai pris le train saison 3, je crois. J'ai pris le train saison 3.

Et après, là, ça a été le train jusqu'au bout. C'était incroyable.

C'est marrant parce que ça fait tout de suite penser aux créations de personnages

parce que c'est quand même un des très gros points forts de Game of Thrones. C'est qu'il y a vraiment

des personnages de fous et ils ont tous

Game of Thrones : les outils de coaching pour créer des personnages

leurs différences, tous leurs enjeux, tous leurs noirceurs. et elle est très bien illustrée.

Et ça me fait penser à... Il y a toujours sur mon site, là,

vous pouvez trouver... J'ai mis pas mal de web apps qui sont des outils de coaching

que je peux utiliser. Le blason, la grille d'identité, la roue des permissions, le cadran d'offman,

bref. Tout ça, c'est des grilles de lecture en coaching. C'est très intéressant.

OK. Mais en fait, ce que j'ai remarqué, c'est que c'est des outils hyper intéressants

pour construire des personnages. Il n'y a rien de mieux qu'un cadran d'offman pour ajouter une part d'ombre à son personnage.

Pareil pour une roue des permissions pour savoir, OK, quels vont être les trous de son personnage. Et tout le reste,

en fait. C'est impressionnant comme c'est hyper utile. Du coup, en fait,

j'ai pris pour habitude maintenant, quand je construis mes personnages, de m'interroger

avec ces outils-là. Je conseille d'ailleurs beaucoup les auteurs aussi de le faire. Pardon pour le baillement,

mais vous savez quoi, je suis quand même déjà étonné de ne pas mettre endormi face caméra. Ouais,

c'est des super outils. C'est des super outils à utiliser. Donc, je vous conseille

de les explorer pour construire vos personnages. Et Game of Thrones, quelle époque ? Quelle époque ?

Je me demande si on revivra, probablement, le passé ne présage pas du futur,

bien évidemment, mais on l'a retrouvé un petit peu avec House of the Dragon parce qu'il y a quand même

des dragons, c'est incroyable. Il y a des dragons en plus. Je ne sais pas, peut-être un jour,

il y aura une nouvelle série. Mais bon, la nostalgie a l'air d'avoir une sacrée emprise quand même

sur les productions en ce moment. Quoique, en vérité. Moi,

j'avoue que je regarde assez peu de choses. Vous voyez, là, je suis en train de me dire

House of the Dragon saison 3 qui sort. Je vais peut-être quand même me trouver un petit peu de moment

pour pouvoir regarder ça. Mais je n'ai plus d'abonnement, rien du tout. Donc,

peut-être que je vais prendre deuxième baillement. Je vais quand même prendre l'abonnement HBO Max

pendant un mois pour pouvoir regarder cette série parce que j'ai envie de voir

des dragons en fait. J'adore trouver les dragons. Là, il y a le moment du Covid

et c'est marrant parce que j'ai vu le mot Covid apparaître. Je me suis dit

putain, ça me fait penser à un épisode de podcast que j'avais entendu d'André Comte-Sconville

et il est cité là juste avant. Et en fait, ça m'avait marqué parce que je me rappelle

qu'il avait mis le doigt sur encore une fois une question philosophique et où il n'y a pas de bonne réponse

si c'est celle qu'on porte en nous. Mais de se dire en fait, toutes les mesures

liberticides

Covid : Comte-Sponville, sauver les vieux ou les jeunes ?

et le confinement ont été prises pour protéger notamment les personnes à risque

au détriment de celles qui ne l'étaient pas. Et le parallèle qui était fait,

c'était de dire pour sauver nos vieilles personnes, on a en quelque sorte détruit

certaines années de nos jeunes personnes. Et quand vous voyez l'impact que ça a eu

sur les jeunes de tout faire à distance, de ne pas pouvoir vivre leur jeunesse

et leur adolescence, la question mérite d'être posée quelque part. Et je me rappelle

qu'à l'époque, quand j'entends Sponville dire ça, ça me fait vraiment un truc,

je me dis c'est fou, j'y avais pas pensé. Et là, effectivement,

il y a un débat entre lui et Francis Wolff où Wolff dit qu'il faille sauver

les vieillères aussi bien que les jeunes allant dans la sang. c'est l'affirmation que tous les êtres humains

ont une valeur égale. Et à la fois, je suis d'accord avec lui, à la fois,

j'entends son argument de dire c'est peut-être une des premières fois dans l'histoire

de l'humanité que l'humanisme a gagné parce qu'on a été prêt à individuellement

sacrifier beaucoup de choses pour en sauver le plus grand nombre. Et en même temps, je ne peux pas

m'empêcher de penser qu'effectivement, il y a eu un choix entre qu'est-ce qui est plus important

entre la santé des vieilles personnes et le bon développement des jeunes. Et je n'arrive pas à...

Voilà, c'est pareil, c'est un débat philosophique. Je suis d'accord un peu avec les deux. J'ai du mal

à complètement dénouer ce nœud dans ma tête. Mais...

Mais... Mais ouais. C'est fou quand même. C'est... Quand...

Putain, quand on repense à cette période, quand même, c'était fou.

C'est fou ce qui a pu se passer à ce moment-là. C'est fou parce qu'il y a vraiment des... Il y avait vraiment

des sujets philosophiques sur ce truc. Et c'est dommage, ils ont été un peu oubliés,

mais... Bon, là, en l'occurrence, pas dans Philosophie Magazine, a priori,

auquel je n'étais pas abonné à l'époque. Ça m'aurait fait du bien de lire ces débats-là. Parce que pour moi,

ça a été... quand j'y repense... Ouais. Quelque part, j'ai très bien vécu

le confinement en vérité, mais après, en fait, j'avais moi-même développé presque une espèce

de peur de sortir, quoi. Et... Et en fait, quand j'ai...

Mais en fait, c'était une peur que je n'étais pas capable d'expliquer. C'était très diffus,

très confus dans ma tête. Puis il s'est passé plein de choses à ce moment-là aussi,

Ce que le confinement m'a vraiment fait vivre

dans ma vie perso. Et... Ouais, c'était compliqué. C'était compliqué. Et...

En fait, je me rappelle qu'après, en fait, quand j'avais entendu

André Comtes-Montville parler de ça, en fait, ça avait commencé à mettre des mots

sur ce qui pouvait me faire peur et commencer à avoir une prise de conscience ou en tout cas,

une nouvelle hauteur sur tout ce qu'on pouvait avoir, voir et entendre autour de ce sujet-là.

Et encore une fois, là, vous voyez à quel point la philosophie est importante. À quel point

avoir des points de vue différents est important. Et...

Peut-être... Bon, je suis passé par le chemin par lequel je devais passer, mais peut-être que

si j'avais été mis plutôt en contact avec, justement, des... Des postures philosophiques

différentes autour de ce sujet-là, je parle pas des décisions, des complots qu'il y a pu avoir

autour... Enfin, des idées complotistes tout ça, c'est pas tout ça

dont je parle, mais simplement de ce que ça représentait de faire un confinement. Tu vois ?

C'est ça qui m'a... Je pense que c'est ça qui m'a manqué dans le... Dans mon développement

à ce moment-là. Très intéressant ce sujet-là. Quelle ne fut pas ma surprise de voir l'offre spéciale 20 ans au milieu du magazine.

Je suis là en mode attendez. Si j'achetais tous les numéros que j'ai pas,

qu'est-ce que je pourrais bien faire ? Putain, ça me ferait... Ça me ferait plaisir, mais en même temps,

je n'arriverais jamais à tout lire. Mais là, je vois les hors-série

Nietzsche sur l'antisystème, Pascal, l'homme face à l'infini. Ça,

ça me parle de fou. Le... Foucault, le courage d'être soi. Machiavel,

comment le pouvoir se prend, se garde ou se perd. Putain, c'est des trucs que j'ai envie de lire.

L'art de ne rien faire. Ça aussi, ça me parle bien, ça. Ouais, il y a des petites...

Peut-être, je sais pas, peut-être craquées. Ça me fait plaisir parce que du coup,

il y a un article sur Peut-on fermer les yeux sur nos origines ? Et évidemment, et citer le grand

Franz Fanon. Et ça ne m'étonne pas. Et masque... Masque... Masque blanc.

Peut-on noire, masque blanc. Que je dise pas de bêtises, bon. Peut-on noire,

masque blanc, exactement. Donc je suis content. Voilà, j'avais visé juste.

Cet article sur le... Peut-on fermer les yeux sur nos origines ? Il est réellement passionnant. C'est difficile

de résumer tout, mais je vais du coup lire juste le commentaire

Fanon & Sartre : faire quelque chose de ce qu'on a fait de nous

de Norman Ajary sur Franz Fanon. Et... Parce qu'en fait, il y a une phrase

qui me marque, mais qui... Bon bah... Voilà quoi. Fanon met en pratique

la formule de Sartre selon laquelle ce qui importe ce n'est pas ce qu'on fait de nous,

mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous. Certes, le regard raciste du blanc

crée le nègre, mais le noir peut transformer cette condition. Être noir dans un pays esclavagiste

comme les Etats-Unis, être antillais ou algériens sous la domination du gouvernement français, on n'a pas le choix

d'être algérien dans l'Algérie coloniale, mais on peut créer une manière d'habiter différemment

la condition imposée. Impossible de dire la question noire ne me concerne pas, car il n'y a rien de pire

que d'être dans une pièce où on est le seul à ignorer que l'on est noir. Tous les autres

le savent bien et nous traitent comme tels. Fanon applique cette logique à la question du voile dans l'Algérie française.

Le dévoilement fantasmé et imposé par le colon force les Algériennes à modifier la valeur qu'elles donnent

à ce morceau de tissu. Même si elle ne lui accordait auparavant aucune importance, sa signification

devient tellement surinvestie par le pouvoir qu'il devient un symbole de rébellion. La lutte gagne ainsi

tous les aspects de la vie quotidienne au point que les individus eux-mêmes deviennent des champs de bataille.

Putain, c'est fou quand même. Il m'impressionne énormément. A chaque fois, c'est ma mère qui me l'avait fait découvrir.

Il m'a marqué à tel point qu'il est une des inspirations des intentions de mon livre,

de ma première trilogie, de trois livres carrément. Et ce qui importe, ce n'est pas ce qu'on a fait de nous,

mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous. C'est ce qui est incroyable dans cette phrase.

Alors, c'est à quel point elle est responsabilisante. C'est-à-dire que oui, voilà, tu n'as pas choisi d'être X ou Y,

mais en fait, finalement, ce que ça veut dire ou ce que ça peut vouloir dire ou ce qu'on aimerait

que ça puisse vouloir dire, c'est à toi d'en faire ce que tu veux. Et en fait, c'est fou parce que

c'est là que ça me gratte, c'est que c'est des sujets tellement sensibles que j'ai l'impression que parfois,

tu n'as presque pas le droit de dire ça. Et en même temps, je veux dire, Fanon le disait,

qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, je peux ne pas pouvoir oser le dire ? Je ne sais pas.

Peut-être parce que j'ai du coup une posture moi de privilégié.

Responsabiliser plutôt que culpabiliser

Donc, c'est difficile de dire ça à quelqu'un. Il y a sûrement un peu de ça.

Mais ça rejoint cette notion que j'abordais dans l'épisode, je ne sais plus, 122 du coup, entre responsabilisation

et culpabilisation et que le meilleur moteur pour faire bouger les gens, c'était justement une posture responsabilisante

plutôt que culpabilisante. Et c'est sûr, quand tu te répètes ce qui importe, ce n'est pas ce qu'on fait de nous,

mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous, c'est extrêmement responsabilisant. Et c'est aussi très très porteur d'espoir,

je trouve. C'est aussi très très porteur d'espoir. Parce que ça veut dire que les choses peuvent changer et que c'est toi

qui as le pouvoir de les faire changer. C'est magnifique en vrai. C'est trop bien. Il est passionnant

ce Franz Fanon. Il n'y a pas à dire. Il n'y a pas à dire. Il y a un sujet sur Lya là, sur Lya sera-t-elle

notre animal de compagnie. Et c'est trop passionnant en vrai. C'est trop passionnant. je trouve,

il y a cette question. Bon alors, il y a évidemment plein de questions derrière.

Vous connaissez un peu mon avis sur Lya. Je reste toujours partisan du fait qu'elle ne remplacera jamais le chemin

qu'on décide de parcourir à la main. Comme pouvoir prendre le vélo ou la voiture n'a jamais remplacé

la joie de parcourir le chemin d'entraînement d'un marathon. Là où c'était physique, ça va devenir mental.

Donc ça va probablement demander un effort supplémentaire d'accepter par exemple d'écrire un livre

tout seul sans demander à Claude ou à ChatGPT de le faire.

Ok. Et là, cette question de faire des machines non sachantes.

Alors je vous lis le paragraphe. Lya, telle qu'elle est majoritairement développée aujourd'hui, est avant tout

une IA d'entreprise calquée sur la recherche de rentabilité, l'extractivisme et la croissance financière.

Elle reflète une vision dangereusement étroite de l'intelligence forgée par l'exceptionnalisme humain

et la logique de domination. C'est très vrai et l'objectif est vraiment c'est utilisé que pour dans la très grande majorité

des cas, améliorer la productivité. D'ailleurs, c'est ça qui est terrible quand on se met à l'utiliser.

c'est que virtuellement, on abat plus de travail, mais en fait, on comble le vide de ce travail-là

par d'autres travails. Donc en fait, on travaille encore plus et c'est assez fascinant

L'IA productiviste et l'idée de « machines non sachantes »

de voir à quel point ça martèle notre crâne. quoi. Et donc,

on en a une utilisation qui est purement productiviste, effectivement. Une autre voie est possible

dès lors qu'on décorèle la curiosité envers l'IA de certaines attentes concernant notre productivité. Bon,

bah voilà. Bridal plaide pour en faire des machines non sachantes, c'est-à-dire les configurer

pour qu'elles acceptent davantage l'inconnaissable et l'imprévisible. Ça, ouais,

putain, ça m'agace quand une IA, tu lui dis un truc, elle dit oui,

oui, tu as raison et puis la phrase d'après, tu lui dis le contraire, elle dit oui,

oui, tu as raison. Alors je grossis le trait, c'est pas tout à fait vrai comme ça que ça se passe.

Elle peut avoir une posture challengeante, mais globalement, elle est très peu imprévisible,

quelque part. Et elle, ouais, elle est très peu imprévisible quand même.

C'est-à-dire les configurer pour qu'elles acceptent davantage l'inconnaissable et l'imprévisible

et s'inspirent d'intelligence non humaine pour évoluer dans le monde. Après tout, pourquoi ne pas mimer

l'intelligence décentralisée des pieuvres ou les réseaux racines et de champignons sous nos pieds ?

Putain, mais ça sera alors ça, par contre, ça serait tellement incroyable. Je me demande

si je lui demandais là à Claude, tiens, bah écoutez, écoutez,

on va le faire en direct. Alors je coupe le son parce que je vais taper sur le clavier, quoique je peux vous le laisser

en vrai. Je vais lui demander en direct là, voilà, je vais lui demander,

je vais lui faire. Je lis un article sur le fait, de sortir Lya

de sa posture simplement productiviste. Il est évoqué le fait

de pouvoir s'inspirer de d'autres manières

de réfléchir et donc de d'autres manières et donc

de différentes intelligences plutôt. Différentes intelligences. Si je te demandais

de mimer l'intelligence décentralisée d'une pieuvre ou

les réseaux de racines sous nos pieds, serais-tu capable

de le faire ? Et la question sous la chante derrière, c'est ou alors

est-ce que la manière dont elle est créée, est-ce que c'est intrinsèquement impossible

La SPA de l'IA : et si nos machines étaient des animaux ?

qu'elle puisse le faire ? attendez, déjà,

je vais lui poser cette question. Je suis curieux, je suis curieux de savoir ce qu'elle va me dire.

En attendant, là, il y a un Adoptez-les tous, la SPA de l'IA,

donc il y a le puceron, le chien, le poisson rouge, le ver de terre et la mule.

Lequel ? Franchement, je lis juste les titres. Sans le texte en dessous, il y a le puceron

et la domestication inversée. Donc ça, c'est j'imagine... Oui, c'est ça,

c'est-à-dire qu'en fait, on passe beaucoup plus de temps à les réparer et à faire en sorte qu'elles fassent des trucs

et en fait, on est leur parasite quelque part. On a comme une relation de codépendance

presque à force, quoi. Putain, il ne faudrait pas qu'on arrive dans un stade

où si on n'a plus d'IA, on n'est plus capable de vivre, quoi. Ça serait assez terrible. Ok,

le chien, le meilleur ami, la mule, corvéable à merci, le ver de terre,

un composteur algorithmique. Alors ça, c'est curieux, ça. Une multitude de petits programmes invisibles

qui tournent en arrière-plan de nos ordinateurs avec des systèmes de modération. Putain !

pour représenter, enfin, pour copier le monde vivant qui est plein d'animaux

que nous ignorons mais qui travaillent pour rendre notre planète habitable. Putain, ce serait dingue, ça.

En fait, ça le fait déjà un petit peu quand on leur demande de traiter une grande partie des datas.

C'est pour faire un travail qu'on ne regarde même pas. Le compostage algorithmique, ça, j'aime bien.

Et ça, c'est une thématique de nouvelles, science-fiction, dystopie,

utopie, vous trouvez ça où vous voulez, mais c'est stylé. Et le poisson rouge,

un miroir vide. Moi, franchement, je pense que si je devais... Moi, c'est un peu...

Parfois, c'est un peu mon meilleur ami. Je crois que je lui parle comme un pote en vrai de vrai,

je pense. C'est peut-être pour ça que l'utilisation est le plus agréable parce que je ne le vois pas

comme quelque chose de... Il ne voit pas une servitude. Je ne sais pas. C'est une très bonne question. Alors, sa réponse.

Ok, elle est un peu longue. Je vais vous la lire quand même. Oui, mais il faut que je sois honnête sur ce que ça veut dire parce qu'il y a deux niveaux

très différents derrière ta question et c'est justement là que ça devient intéressant. Le premier niveau, le plus facile,

c'est l'imitation esthétique. Écrire d'une manière qui ressemble à de la pensée décentralisée. Texte fragmenté,

plusieurs voix, pas de fil conducteur, des idées qui poussent en parallèle. Ça, c'est du costume. Je peux le faire très bien,

mais ça reste un effet de surface. Ok. C'est un peu ce que je disais tout à l'heure en disant bon, finalement,

elle a été conçue dans une logique productiviste et donc humaine.

L'intelligence décentralisée : pieuvres, racines et mycélium (test en direct avec Claude)

Lequel démasque, mais finalement, ça reste qu'un masque. Le second niveau, beaucoup plus réel,

c'est de changer la structure de la méthode. Pas l'apparence du résultat, mais la manière dont j'arrive au résultat.

Et là, je touche mes vraies limites puisqu'elles sont même éclairantes. Une pieuvre, c'est environ deux tiers de ses neurones dans les bras.

Chaque bras, gouttes, touche, résout localement sans demander la permission au centre. Le cerveau ne microgère pas. Les racines et les réseaux

micoriziens, c'est encore plus radical. Aucun centre du tout. C'est dingue, en vrai. Les possibilités créatives.

C'est un truc, j'avais jamais pensé à faire ça. Mais c'est exceptionnel. C'est encore plus radical. Aucun centre du tout.

De la signalisation lente, de la redondance, du partage des ressources, un comportement collectif qui émerge sans personne aux commandes.

Moi, architecturalement, je suis l'inverse de ça. Je suis un point qui parle. Je ne peux pas vraiment faire tourner

huit bras autonomes en parallèle dans une seule réponse. Mais je peux m'imposer la discipline

d'une intelligence décentralisée. C'est un peu la logique avec l'utilisation du multi-agent qui l'envoie comme ça.

Laisser plusieurs bras générer leur trouvaille localement sans que je sache encore où ça va. Refuser la synthèse prématurée.

Résister à l'envie de tout ramener à une thèse. Laissez les choses rester plurielles. Travailler sans plan maître.

Ne pas décider de la conclusion avant d'avoir raté, tâter le terrain, pardon. Oula, l'absus, rater le terrain,

est-ce que du coup, ça serait un échec par essence ? Faire émerger le sens après coup en regardant ce qui a poussé

plutôt que de le décréter au départ. C'est moins une imitation qu'une contrainte volontaire. Ok, il dit

Le truc honnête, c'est que la valeur n'est sans doute pas dans le fait que je devienne une preuve.

Elle est dans ce que la contrainte fait surgir. En m'interdisant de centraliser, j'explore des chemins

que ma logique convergente aurait coupé trop tôt. C'est assez passionnant. Là, c'est mon côté geek qui parle.

Là, c'est bon. Là, il y a un truc. J'ai envie de tester des trucs. Je me dis mais imagine.

Là, vraiment, j'ai des idées. J'étais dit C'est un truc de dingue. Alors, des idées

d'utilisation, évidemment, parce que ça pourrait être rigolo. Mais surtout, j'avais jamais pensé à cette intelligence

des pieuvres qui ont du coup une partie de leurs neurones dans les bras, comme c'est expliqué.

Alors ça, il faudrait que je fact-check du coup, parce que j'en ai aucune idée. Je vous dis ça comme ça,

je n'ai pas vérifié. Mais j'avais jamais pensé. Imaginez, imaginez. Absolument hypothétique.

Demain, il y a un accident nucléaire et je suis à côté d'une pieuvre. Je deviens pieuvreman ou l'homme pieuvre.

L'homme pieuvre, c'est un petit peu plus stylé.

L'homme pieuvre : et si chaque bras avait sa personnalité ?

Imaginez, je suis l'homme pieuvre. Comment du coup, mon intelligence se passe ? Est-ce que chacun de mes bras

a une personnalité ? Premier degré, j'ai envie d'écrire les aventures de l'homme pieuvre. Ça existe ou pas ?

Attendez, je vais taper homme pieuvre sur Internet. Homme pieuvre, qu'est-ce qu'on trouve ?

Le mystère de l'homme pieuvre. L'homme poulpe. Un réalisateur fou commence le tournage d'un film sur un mi-homme,

mi-pieuvre. Oula. Ok, ok. Je tombe sur un débat. Attendez, attendez.

Alors déjà, l'homme poulpe. C'est un film sur Prime Vidéo. Ok, je ne vais pas louer ce truc-là.

Comédie horreur, ça m'aurait étonné. Tiens, dis donc. Je ne peux pas avoir un peu de détails sur ce film,

s'il vous plaît ? Je serai à ça. J'aimerais trop regarder l'abandonnement. Par contre,

il est très mal noté, sans vouloir. Et ça n'a pas l'air ouf. Pas à vous mentir. Par contre,

je suis tombé sur aussi qui gagne. Est-ce que le question de l'intelligence, est-ce que ça te donne

un avantage d'avoir de l'intelligence dans tes bras ? Il y a trop de questions là. Il y a trop de questions sans réponses.

Allez, je replonge dans l'article. Je vous laisse avec ce sujet de l'homme pire. Putain,

attendez, il faut que je me reconcentre parce que là, c'est quand même assez incroyable tout ça.

Ok, l'autre article là, c'est peut-on vivre sans croire ? Alors,

je n'ai pas lu, mais quelque part, moi, j'ai envie de me dire, je pense que tant qu'on vit,

on croit. Ah, j'ai envie de dire ça moi. Mais croire en quoi ? Croire en qui ?

Croire en soi pour croire dans le monde. Est-ce que quand on creuse, on ne trouve pas forcément

des choses dans lesquelles on croit ? Quand on dit croire, tout de suite, on pense à la religion,

mais il y a plein de gens non-croyants, mais ils croient quand même à quelque chose. Après,

ça peut être croire en mère nature, par exemple, croire à certaines forces ou pas,

croire en soi, croire en un système de valeurs, croire en plein de choses. Je pense que quand on creuse,

on a forcément des clés sur ce en quoi on croit. Voilà, la croyance ne porte pas que sur des objets religieux,

il convient de distinguer croire en et croire à. Je suis tout à fait d'accord. Pierce répond par la négative à la question.

Ouais, ben on est d'accord. Voilà, et les croyances propres à un homme

sont bien souvent ce qu'il y a en lui de plus intéressant et de plus précieux. Je suis totalement d'accord

parce que, c'est ce que je disais tout à l'heure, il y a toutes les croyances qu'on porte

et qui révèlent notre unicité. C'est un peu comme une espèce d'arborescence quand on tire tous les fils.

On se remarque qu'on croit en plein de choses et c'est tellement vaste et tellement aléatoire que c'est exactement,

quasiment, si on parlait de probabilité

Peut-on vivre sans croire ?

tout à l'heure, c'est impossible de trouver une combinaison similaire. Toutes les expériences

qu'on a vécues, tout l'impact qu'a l'inconscient collectif sur notre vie et la manière

dont on l'exploite fait qu'on cultive une unicité qu'on est les seuls à pouvoir cultiver.

Donc, la nature même de notre unicité fait que, tant qu'on vit,

on croit, je pense. Je le fais en mode speedrun parce que, oh putain,

j'ai plus de batterie. Attendez, attendez, attendez. Je suis là,

moi je parle, je parle, je parle et puis j'ai ma caméra qui a plus de batterie.

Mais en même temps, je parle, je fais que parler. Ok, article sur le fascisme

qui redevient sexy. Bon, ça, je ne le trouve pas très sexy moi personnellement

et je suis assez d'accord que c'est des sujets qui sont inquiétants, mais je vais sauter cet article.

Pourquoi nous ne regardons plus de la même manière les paysages de la Terre ? C'est Alexandre Lacroix qui l'a écrit en plus.

Merde, j'ai très envie de le lire du coup. Ok, alors attendez, qu'est-ce que je fais

parce que là, il va falloir que j'y aille, il est 16h. Aïe, aïe,

aïe. Ok, je vous partage rapidement ce que je pense de la manière de voir

des paysages de la Terre. Je pense qu'effectivement, on s'en éloigne énormément. Les réseaux sociaux, les écrans,

les séries, la perpétuelle connexion, l'impossibilité de s'autoriser à rien faire, l'incapacité d'être oisif,

d'être passif, etc. fait qu'on ne se tourne même plus vers l'extérieur. Et moi,

j'ai un sentiment assez fou à chaque fois que je me retrouve devant l'immensité d'une montagne, d'une mer

ou d'un ciel étoilé. J'ai l'impression que le temps a plus d'emprise. Il y a quelque chose de très apaisant

à voir l'immensité de la nature. Et en fait, je pense que la nature a un côté très régulateur

sur qui on est et que c'est important d'aller se, quelque part, se confronter à la nature,

de voir la nature, de s'intéresser à la nature. Et vous voyez, l'exemple de regarder comment fonctionne

l'intelligence d'une pieuvre, c'est déjà ça. On est déjà dans la curiosité de la nature et tout de suite,

ça ouvre un champ des possibles qui est délirant. Et vous n'avez pas idée de ce qui peut se passer juste en fixant une montagne,

en fait. Ça paraît débile, mais c'est incroyable. En plus, ils utilisent le mot d'inflexion,

putain, c'est incroyable. Bon, en fait, j'ai pas pu m'empêcher de lire, il est trop passionnant.

Alexandre, je t'aime, sache-le. Et tain, c'est fou. Je suis obligé de vous le lire parce que ça me parle énormément.

Ok, donc, jugement déterminant, jugement réfléchissant. Tac, tac, tac. Donc,

le déterminant,

Kant, le jugement réfléchissant et l'émerveillement devant les paysages

c'est globalement celui qui se rabat sur des concepts universels. Tu vois une perruche, tu dis c'est un oiseau,

très bien. Le jugement réfléchissant, c'est de dire auquel paysage il est beau. J'aimais un jugement,

mais celui-ci n'est fondé sur aucune connaissance. Il n'est pas non plus démontrable. Suis-je en train de raconter n'importe quoi ?

Non, mon jugement se rapporte à une finalité dont j'ai l'intuition, sans en matriser la définition.

C'est incroyable. Je vois le paysage et j'ai l'intuition d'un concept sans contenu, la beauté

auquel je le rapporte. Cette admiration, écrit Kant, élargit l'esprit en le rendant capable

en quelque sorte de pressentir encore au-delà des représentations sensibles quelque chose où peut se trouver,

bien que nous n'en ayons pas la connaissance, le fondement ultime de cet accord. Ou encore,

il est évident que ce n'est pas là un principe pour la faculté de juger déterminante,

mais seulement pour la faculté de juger réfléchissante, qu'il est régulateur et non pas constitutif

et que nous obtenons par là uniquement un fil directeur. Un fil, fin de citation

de Kant, pardon, un fil qui nous mène à Dieu et à la fin ultime de toute chose,

à l'essentiel, à l'énigme de l'univers et de la vie, appelons cela comme on le voudra.

Dans le jugement réfléchissant, ma conscience s'ouvre à un inconnaissable, quelque chose se délie et s'ouvre en moi,

c'est pourquoi l'émerveillement n'est pas juste une émotion agréable mais une expérience

authentiquement métaphysique. C'est exactement ce qui se passe quand tu regardes une montagne.

Voilà, ou n'importe quel truc naturel. A l'heure de la crise écologique, ma crainte est que nous ne soyons plus capables

ou seulement de moins en moins d'émettre ce type de jugement réfléchissant. Parce que nous voyons partout des atteintes

faites aux écosystèmes terrestres, nous émettons des jugements déterminants là-dessus. Nous rapportons

les séquences de pluie intense aux dérèglements climatiques, donc aux émissions de gaz à effet serre et aux énergies fossiles.

Nous rapportons l'absence de papillons et d'insectes pollinisateurs au glyphosate et au nez.

Nous rapportons la luminosité du ciel nocturne aux éclairages urbains et aux satellites Starlink. Et bien sûr,

il y a des solutions politiques à rechercher, un changement de trajectoire à envisager pour la civilisation industrielle.

Mais en deçà de ces solutions pratiques qui seront mises en œuvre ou non, par les contraintes

ou non, à cet égard, le blocage du détroit d'Hormus pourrait accélérer la bascule vers

les véhicules électriques. Drop the mic et c'est parti, je m'en reviens.

Alexandre Lacroix : au cœur de la nature blessée

Je rigole bien évidemment, mais c'est incroyable. Incroyable. Je vais aller lire ce qu'il a écrit du coup

Alexandre Lacroix, là ils mettent Au cœur de la nature blessée. Alari édition. J'irai,

je vais aller voir si, je ne dois pas les avoir sur Insta je pense. Alari, Alari édition.

Incroyable. Incroyable. Ok. Très bien. Où est passé le plaisir ?

Bon. Ok, je garde cet article pour un autre jour. Un autre monde

est-il encore possible ? On a vu que c'était la question de 2006, donc la réponse est bien évidemment

oui. Voilà. Ok, voilà, je voulais faire le dernier truc,

les 20 livres de nos 20 ans. Je suis obligé de faire ça, je vais probablement pas connaître

la moitié des livres, mais écoutez, c'est pas grave, c'est le moment de découvrir

et c'est incroyable. Alors, ok, 2006, après la finitude,

je ne connais pas. Je vais regarder plutôt ce qu'en fait, il y en a que je connais mais que je n'ai jamais lu.

Je vais regarder ceux qui me marquent. Et vous savez ce qui est ? Ok, j'ai l'impression

que je ne vais pas en avoir lu beaucoup. à celui-là, à l'opportunité de vivre de Sponville,

si effectivement, je l'ai lu. Ok, ok, vous savez quoi ?

En fait, ce qui est impressionnant dans tous ces livres, parce que du coup, c'est difficile pour moi

de vous en parler parce que je ne les ai pas lus, en fait. déjà, je remarque qu'il y a énormément

de livres que je n'ai pas lus. C'est plutôt une bonne nouvelle. J'ai encore tant de choses à apprendre.

C'est incroyable. Ensuite, ce qui me touche, c'est que si ces livres ont été sélectionnés

pour être genre, tu vois, comme étant un espèce de point d'inflexion de l'année,

ça veut dire qu'ils portent quelque chose qui est probablement très important. Tu vois ?

Et du coup, ça donne encore plus envie de les découvrir. Ok, je m'arrête sur celui

qui me donne le plus envie de lire et je lui dis son truc. Bah écoutez, en fait,

là, assez naturellement, je suis attiré, je ne sais pas pourquoi, pour la couverture

de Les Transformations Silencieuses qui est écrit Pour Tous de François Julien. C'est un essai,

ça ne m'étonne pas. J'adore. Bon, je vous lis juste le texte, comme ça,

je conclurai là-dessus. Penseur de la décoïncidence, François Julien tisse au fil de ses ouvrages un dialogue fécond

entre la philosophie européenne et celle de l'Empire du Milieu. J'entends pas le Mordor.

Trop souvent relégué sous nos latitudes au rang de sagesse vague. Cet essai s'inscrit dans cette veine.

On ne sent pas pardon, on ne se sent pas vieillir, affirme l'auteur. Pourtant,

un beau jour, en regardant une ancienne photo, on réalise combien

François Jullien : les transformations silencieuses et la fluidité de la vie

le temps a passé. Le résultat d'un film de venir accumulé nous saute aux yeux. La vieillesse appartient

à ces transformations silencieuses, continues mais imperceptibles qui tisent pour François Julien la trame du réel. Notre tradition philosophique,

héritière de la Grèce, a le plus grand mal à penser ces phénomènes à bas bruit. Focalisé sur l'être,

la forme bien délimitée, les événements circonscrits, elle manque le processus, la maturation, la fluidité de la vie.

J'adore cette thématique, la fluidité de la vie. Il en va tout autrement à l'autre bout du monde en Chine, où le flux est premier.

En découle une pensée de l'action bien différente du volontarisme. Pas question de plaquer sur le réel nos projets, d'imposer aux choses

nos plans rigides. L'essentiel, dit Lao Tzu, est d'induire, d'aider ce qui vient tout seul.

Ça c'est hyper, c'est tellement dans le lâcher prise et tellement dans OK, se faire confiance et tellement dans

la confiance en notre capacité à infléchir ce qui nous est amené. Et donc cette responsabilisation

de dire OK, voilà les cartes avec lesquelles je me retrouve, mais maintenant, qu'est-ce que j'en fais ?

En s'appuyant sur la situation, ça pente ses potentiels. L'approche de Julien, qui entend faire bouger nos catégories ossifiées

et mobilisables en stratégie, en politique, en économie. Pas étonnant,

quel effet des émules ? Magnifique. Eh bien écoutez, je vous laisse sur ça. Je suis très content

d'avoir découvert ce 200ème numéro. Ça m'a énergisé de penser à l'intelligence de la pieuvre.

Et sur ce, des bisous. C'était Ibélion. A plus.

Et ton livre à toi

Ces lectures nourrissent mes propres textes, la série est née comme ça. Si ton livre attend son tour, l'atelier offert d'Ose Écrire est une bonne première marche.

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Ybelion — Samuel Le Parc

DERRIÈRE OSE LIRE

Ybelion

Samuel Le Parc · écrivain et coach ICF

Ancien ingénieur en sûreté nucléaire, j'ai tout quitté pour l'écriture. J'anime Ose Écrire et j'accompagne les auteurs autour de trois clartés : le rythme, l'identité, l'intention. Toi aussi, tu as un livre qui attend ?